Bonjour tout le monde! Alors que les vacances commencent (victoiiiiiiiiiiire), je ne vous torture pas plus longtemps, et je vous poste le chapitre 4! J'en profite au passage pour remercier deux nouveaux followers : LovesArwenShuleSnowing et Gargouilles!
Après le précédent chapitre plus que mouvementé, il est temps de se poser un peu; des questions doivent être posées et des choses expliquées!
Bonne lecture!
Chapitre 4
Le retour dans la Grande salle avait été quelque peu chaotique. Entre un Lancelot très faible soutenu par Gauvain et Merlin, une Gwen dont les nerfs avaient rompu face à un trop plein d'émotion, et le visage glacé d'Arthur, l'ambiance était franchement délétère. C'est du moins ce qu'estimait Gaius en pénétrant dans la pièce sous le regard effaré des courtisans. Dans d'autres circonstances, il aurait pu trouver la situation drôle tellement leur cortège était surprenant. Mais le drame qui était en train de se jouer l'empêchait de sourire.
Sans la moindre cérémonie, le roi s'effondra sur les marches du trône, la tête entre les mains. Il fallait qu'il se pose, qu'il réfléchisse un instant. La haine et la douleur submergeaient son cœur, l'empêchant de penser correctement et lui donnant le tournis. Agravain. Gwen. Lancelot. Les trois prénoms tournoyaient dans sa tête. Lancelot ensorcelé, Lancelot séduisant Guenièvre mais n'étant pas lui-même, Lancelot libéré par Merlin en employant la magie... La magie... La magie qui était à l'origine de sa naissance d'après son oncle... Il aurait pu rejeter cette idée, mais l'homme aux cheveux corbeaux était le second à le lui affirmer avec Morgause. Et à sa connaissance, aucun des deux ne s'était jamais rencontré. Et puis, Agravain était trop haineux quand il le lui avait craché en pleine face. Ce n'était pas les paroles d'un menteur. Pas à ce moment-là. Une brusque idée lui vint soudain à l'esprit. Relevant la tête, il se tourna vers Merlin, assis à coté de l'ancien chevalier :
"Tu m'as dit que Morgause mentait."
Le sorcier cligna un instant des cils, surpris par l'attaque, avant de comprendre. Il grimaça, et baissant les yeux, murmura:
"Vous alliez tuer votre père. J'aurai dit n'importe quoi pour vous en empêcher."
Une raison tout à fait valable, en effet... Mais Arthur n'arrivait pas à effacer ce gout de trahison dans sa bouche. Devant le trouble de son ami, le valet se leva et vint s'agenouiller devant lui, sa main se posant doucement sur son épaule.
"Arthur, regardez-moi."
Le blond lui jeta un regard complètement perdu. Le cœur du magicien se serra devant l'expression dévastée du jeune souverain. Celui-ci ne savait absolument plus où il en était. Il ne savait plus qui croire, ni vers qui se tourner. Merlin inspira profondément, avant de murmurer, assez fort cependant pour que tout le monde l'entende:
"Vous n'êtes ni un imbécile, ni un monstre. Oui, c'est vrai, vous êtes né de magie. Cela ne veut pas dire que votre père ne vous aimait pas. Il avait beaucoup de mal à montrer ses sentiments, parce qu'il avait vu tellement d'horreurs qu'il s'était retranché derrière des centaines de barrières pour ne plus souffrir. Il pensait se protéger en agissant ainsi. Et vous protéger... Ce n'était peut-être pas très malin de sa part, mais cela ne l'empêchait pas de vous aimer à la folie. Rappelez-vous, quand il était sous l'enchantement de la troll, c'est votre prétendue mort qui lui a redonné ses esprits. Pour l'avoir vu se battre contre Catrina, je peux vous assurer qu'il vous considérait entièrement comme son fils."
Le silence tomba alors qu'il reprenait son souffle. Les yeux bleus remplis de larmes du fils du défunt roi fixaient le jeune homme avec une telle intensité que ce dernier déglutit. Il souffla:
"Il a commis des erreurs... parfois des énormes... Comme tout le monde... La différence, c'est que lui était roi, et que ses fautes avaient des conséquences bien plus énormes que celles d'un simple paysan. Mais il n'en restait pas moins qu'un homme. Il... Je ne sais pas comment cela s'est passé pour Morgane – Il vit le blond tressaillir. Touché – La seule chose dont je suis là encore certain, c'est de son amour. Lorsque... lorsqu'elle a disparu la première fois, il a perdu la tête, vous vous souvenez? Il vous a envoyé partout dans le royaume, et quand elle est réapparue, c'était comme s'il avait repris vie. Lors... lors de son accident.."
Gaius sursauta. Merlin, mon garçon, que fais-tu?!
"J'étais dans l'infirmerie... Je l'ai vu parler avec Gaius... Il lui a demandé d'employer tous les moyens possibles pour la sauver... Tous les moyens..."
Il avait insisté sur ce mot, afin que son fils en comprenne le sous-entendu. Et en effet, l'intéressé plissa les lèvres.
"Pourquoi il ne m'a rien dit?!, chuchota-t-il, prenant enfin la parole.
"Vous dire quoi? Que Morgane était votre sœur? Qu'il avait trompé son meilleur ami avec sa femme? Vous l'auriez vraiment vu vous dire ça?"
Malgré tout le drame de la situation, le noble ne put retenir un léger rire. Amer, mais un rire. Non, en effet. Ce n'était pas le genre de choses qu'on lançait ainsi à table.
"Tu as l'air de mieux comprendre mon père que moi...
"Peut-être parce que je suis neutre... Vous êtes son fils, voir et accepter ses défauts vous est pénible, c'est normal!"
Un lourd soupir s'échappa des lèvres de son ami.
"Je comprends mieux sa haine des sorciers maintenant... Il pensait qu'on l'avait manipulé... ou alors il était trop orgueilleux pour reconnaitre sa faute et s'est vengé comme il le pouvait..."
La dureté de son ton peina le groupe. Arthur avait vraiment un lourd passif avec son père.
"En fait... tous ces morts depuis vingt-cinq ans ont été causées par ma faute...
"Non!"
Le cœur de Merlin s'était serré d'effroi devant de telles paroles. Sans réfléchir, il le saisit par les épaules.
"Non Arthur! Ne culpabilisez pas! Vous le faites déjà assez! Vous n'y êtes pour rien, d'accord? Personne ne vous reproche la Purge!
"Tous les sorciers de tous bords veulent ma peau!
"Pas tous!"
Un silence subit tomba alors que Merlin se taisait brusquement, se mordant les lèvres. Tous les regards étaient rivés sur lui, l'inquiétude de Lancelot et Gaius se lisant en eux. Arthur le fixait, son souffle effleurant son visage alors que sa main se refermait sur son bras.
"Comment ça, pas tous?"
Le sorcier détourna le regard.
"Ce n'est pas la magie qui est mauvaise, Arthur. Ce qui compte, c'est la façon dont on l'emploie. C'est comme une épée: vous pouvez tuer ou protéger avec. Vous n'êtes pas un monstre, parce que vous en êtes né. De même, ceux qui l'utilisent ne sont pas tous des criminels. C'est à force de les persécuter que beaucoup ont mal tourné. La plupart ne demandent qu'à vivre en paix et à être acceptés.
"Pour qui parles-tu, Merlin?"
Un voile de tristesse passa dans les yeux du jeune homme. Le regard scrutateur de son royal ami tentait toujours de lire en lui, passant de ses yeux à ses lèvres plissées, signe de stress chez lui. Ses paroles avaient touché plus qu'il ne le pensait le maitre du pays; elles remontaient en lui des doutes et des questions qu'il avait depuis longtemps sur la magie, et auxquels il cherchait désespéramment une réponse différente de celle de Morgane.
"Morgane était venue me voir.."
Un frisson secoua l'assemblée en entendant le nom de l'être le plus recherché de tout le royaume. Gaius retint une grimace: visiblement, son apprenti avait décidé de jouer franc jeu.
"Elle avait des rêves violents.
"Je m'en souviens.
"Ce n'était pas de simples rêves. On a vite compris avec Gaius qu'elle voyait l'avenir... tout comme ce n'était pas le vent qui cassait ses fenêtres. C'était ses pouvoirs qui se déclenchaient instinctivement quand elle avait peur... ici ses cauchemars. Morgane avait la magie en elle depuis sa naissance; elle n'a jamais rien demandé."
L'aveu du serviteur manqua provoquer un arrêt cardiaque à presque toute l'assemblée. Les yeux de son frère s'écarquillèrent, alors que de vieux souvenirs lui revenaient à l'esprit. Merlin s'était libéré, marchant nerveusement dans la salle sous leurs regards.
"Je.. j'avais peur de lui dire ce qu'elle avait... Je lui ai conseillé d'aller voir les druides, c'était les seuls compétents à ma connaissance.
"Attend... tu veux dire quand elle a disparu?!"
Merlin grimaça devant le grondement qu'il sentait venir dans la bouche de son ami.
"Qu'est-ce que j'aurais dû faire? Elle me faisait confiance et me demandait de l'aide. Je n'allais pas venir vous voir!"
L'expression du blond se crispa sous l'attaque. Encore une fois, le brun avait raison. Il n'avait jamais compris son amie. A chaque fois qu'elle était venue le voir pour parler, il l'avait taquinée, sans se rendre compte de ses peurs. A leurs cotés, Guenièvre culpabilisait aussi de ne pas avoir compris. Pourtant, elles se connaissaient depuis des années, mais elle n'avait rien vu.
"Après l'attaque du camp des druides... elle s'est refermée sur elle-même encore plus. Même à moi, elle parlait de moins en moins; je la sentais s'éloigner sans pouvoir rien faire. Morgane craignait sans cesse pour sa vie; elle pensait que si Uther apprenait l'existence de ses dons, il la tuerait sur le champ."
L'horreur sur le visage d'Arthur était digne de ses pires cauchemars.
"Jamais il n'aurait fait ça!
"Comment pouvait-elle en être sûre? Il l'avait enfermée dans un cachot parce qu'elle s'était opposée à lui. Comment pouvait-elle être certaine qu'il ne lui ferait rien?"
Il aurait voulu pouvoir employer ses pouvoirs pour apaiser la souffrance qui envahissait peu à peu le corps de son ami. Ce dernier laissa sa tête s'effondrer entre ses mains, luttant contre ses sanglots. Jamais il n'avait vu les choses de cette façon. Il avait cru que Morgause avait manipulé sa sœur, la dressant contre eux en lui apprenant la magie à des fins néfastes. Elle avait juste utilisé la terreur de la jeune fille.
"Vous avez vu de vos propres yeux ce que sa peur a pu faire d'elle... Vous avez le pouvoir d'empêcher que cela n'arrive chez d'autres..."
La voix douce de Merlin le ramena à la réalité. Secouant la tête, il se redressa, essuyant d'un geste ses larmes et refoulant profondément en lui sa détresse. Cela faisait beaucoup en quelques heures. Tentant d'oublier les questions que l'attitude de son ami envers la magie faisaient naitre en lui, il déclara d'une voix qu'il voulait calme:
"Nous parlerons de cela plus tard... Pour l'instant, je dois régler le cas de mon oncle."
L'atmosphère changea instantanément. D'émotion, elle passa à glacée. Les visages se fermèrent, chacun attendant la décision du roi.
"La loi m'ordonnerait de le faire exécuter. Mais c'est mon oncle.. Il m'a trahi, mais le tuer c'est devenir le même monstre que lui.
"Que décidez-vous, sire?, demanda sir Léon.
"Pour l'instant, qu'il soit enfermé dans le meilleur des cachots. Vu sa santé mentale, je ne crois pas qu'il représente en cet instant un grand danger."
Hochant la tête, le chevalier saisit les chaines du prisonnier, qui se laissa faire sans protester, les yeux dans le vague. Arthur se demanda s'il avait même entendu toute la conversation. Soupirant, il se tourna vers Guenièvre:
"Vu les circonstances, je ne sais pas si le mariage...
"Ne l'annulez pas, sire."
La voix de Lancelot s'était élevée, tandis que son propriétaire se redressait. A présent qu'il était libéré, il avait retrouvé toute sa grâce naturelle et son aura bienveillante.
"Je n'ai plus beaucoup de temps à passer sur Terre. Je ne veux pas partir sans vous avoir vus tous les deux unis."
Le rappel de sa mort imminente jeta un blanc. Merlin se mordit les lèvres, tentant d'en repousser l'idée, mais c'était trop tard. Secouant la tête, son camarade s'avança jusqu'au blond, avant d'ajouter:
"Vous êtes un homme noble, Arthur. Peu importe comment vous êtes né, peu importe ce que pensent vos ennemis de vous. Vous êtes celui qui m'a donné ma chance, alors que je n'étais qu'un hors-la-loi. Vous osez aller contre tous les préjugés pour penser avec votre cœur. Ne changez pour rien au monde."
Un faible sourire éclaira les lèvres de l'intéressé. Avec son valet, le chevalier venait de guérir en partie la plaie qui lui tailladait le cœur. Clignant des yeux pour retenir son émotion (non sérieusement il avait assez pleuré pour le reste de l'année), il demanda, presque timidement:
"Agravain aurait dû être mon témoin... Accepteriez-vous de le remplacer? Vous en êtes bien plus digne."
Si quelques traces d'ombre avaient pu rester en Lancelot, elles disparurent instantanément face à la question du souverain. Son visage s'illumina, et ce fut la gorge serrée qu'il souffla:
"Ce serait un honneur, sire."
Valaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa! Ah seigneur il m'a écartelée à l'écrire ce chapitre! Il fallait répondre à tant de questions, faire avancer les choses tout en restant crédible, parce que non une révélation aurait été de trop pour moi dans ce chapitre. Arthur en a assez appris comme cela je trouve.
Vos avis? Est-ce trop dans l'émotion? Les personnages sont-ils respectés? Dites-moi tout!
