Note de l'Auteur :
Bonsoir ou bonjour à toutes et à tous. Déjà, merci aux personnes qui ont laissé des reviews depuis que j'ai commencé ma pause. J'ai récemment repris l'écriture du tome 4 (qui couvre les 4e et 5e années) pour attaquer la 5e année. Et c'est en partie grâce à vous. Je vais d'ailleurs bientôt vous répondre normalement, si ce n'est pas déjà fait.
On attaque ici une petite dizaine de chapitres qui ne me plaisent plus vraiment. Toutefois, ils sont importants pour la suite de l'histoire. Ils seront postés assez rapidement dans les semaines qui suivent, probablement au rythme de deux ou trois par semaine. Probablement trois, histoire d'aller un peu plus vite d'ailleurs.
Dans tous les cas, n'hésitez pas à laissez des reviews. Cela motive vraiment les auteur.e.s à écrire. C'est plus ou moins notre seul salaire. ¨
Chapitre 3 : Rencontres, Premier Amour et Poudlard Express
Dire qu'Anthony était stressé était un euphémisme. Même s'il n'en montrait rien, il était absolument terrifié à l'idée de faire complètement louper la rencontre avec les Abbot. Surtout qu'il trouvait Kathleen particulièrement ravissante dans sa robe bleu nuit qui lui arrivait au niveau des genoux.
Mais son éducation reprit bien vite le dessus et il se présenta dans les formes. Chaque personne présente se salua tandis qu'Elisa gazouillait gaiement, toujours heureuse de voir autant de monde. C'était quelque chose qui réchauffait toujours le cœur de son grand frère. Il adorait sa sœur et était prêt à tout pour qu'elle n'ait pas à vivre dans un monde dominé par Voldemort, ou vivant dans son ombre.
Ils s'installèrent tous dans le petit salon et des elfes leur apportèrent de quoi se sustenter et grignoter un petit peu. La conversation tourna alors principalement autour de la prise de nouvelles des deux familles. Ils n'allaient pas attaquer les choses sérieuses aussi rapidement. Ils avaient encore le temps quand même.
Après une vingtaine de minutes ainsi, Anthony proposa de faire visiter la demeure aux Abbot. Le but était de les familiariser un petit peu avec les lieux. Et surtout de se retrouver seul avec Kathleen. Sinon, il n'en aurait plus l'occasion avant la rentrée. Et il n'était pas certain de pouvoir attendre jusque-là. Evidemment, cela fut accepté et les personnes se répartirent.
Anthony se retrouva donc avec Kathleen. Il lui présenta rapidement le petit salon, ainsi que le grand, pour les très grandes réceptions. Comme il y avait encore du monde à cet endroit du château, il la conduisit jusqu'aux serres, puisqu'il savait qu'elle aimait ce genre d'endroits. Mais ce n'était pas l'endroit rêvé où il pourrait lui parler. Alors il la conduisit jusqu'à une tour.
Le ciel était chargé de nuages et, à l'horizon, des éclairs parcouraient le ciel. Anthony se mit à rêver de pouvoir invoquer ces derniers un jour. Il pensa alors aux éclairs invoqués grâce à la Force dans Star Wars. Et il se jura d'étudier cela de manière plus approfondie pendant l'année. Mais il avait autre chose à faire avant.
« C'est magnifique et terrible à la fois, remarqua doucement son invitée. D'ici, on peut tout voir. Je comprends pourquoi tu aimes cet endroit. Cela doit être magique pendant la nuit.
-Oh, ça l'est. Mais c'est qu'il est surtout complètement isolé. Ici, on peut être vraiment tranquille quand on le veut. En plus, rares sont les personnes à venir, expliqua le garçon. »
Il rassembla tout ce qui lui restait de son courage et se lança.
« Je… J'aimerais que l'on parle du… heu… baiser que l'on a échangé chez toi, commença-t-il en cherchant ses mots. Disons que je l'ai beaucoup apprécié…
-Mais tu préfères que l'on reste amis, termina Kathleen. »
Anthony releva brusquement son visage et vit un air triste sur le visage de l'adolescente. Il remarqua même que ses yeux commençaient à briller. Elle se trompait sur toute la ligne. Il ne voulait pas qu'ils restent simplement amis. Il ne le voulait plus. Peut-être n'était-il pas amoureux d'elle. Mais c'était bien plus fort qu'un sentiment fraternel ou amical qu'il ressentait pour elle.
Il s'approcha doucement et se pencha à son oreille avant de lui murmurer :
« Je ne veux pas que l'on reste simplement des amis. J'ai envie que l'on soit plus. »
Visiblement surprise, Kathleen tourna rapidement sa tête vers lui. Heureusement pour lui, Anthony s'était légèrement écarté. Il remarqua l'espoir infini dans les yeux de son invité. Cette dernière déclara alors, ce même espoir transpirant dans sa voix :
« C'est… Tu es sérieux ? Tu voudrais bien que… l'on soit… en couple, conclut-elle ?
-Oui, fit fermement le garçon, bien décidé à ne pas laissé passer cette occasion. Mais je… je dois t'avertir que ce serait entièrement nouveau pour moi et que si quelque chose ne va pas dans mon comportement… »
Il ne put terminer sa phrase, Kathleen s'étant jetée à son cou. Elle l'embrassa bien vite sur la bouche et il ne se fit pas prier pour lui rendre son baiser. Il était encore plus beau que le précédent. Il avait les entrailles qui se tordaient de joie et qui dansaient une gigue endiablée.
Soudainement, Anthony se sépara d'elle en réalisant que les autres allaient les attendre.
« Il vaut mieux éviter de faire attendre nos familles ou elles se douteront de quelque chose et se mettront à notre recherche.
-Tu n'as pas tort, lui accorda Kathleen. Mais… juste… Je peux dire que l'on est en couple et que tu es mon petit ami, fit-elle en rougissant ?
-Je… Je suppose que l'on peut dire cela, confirma-t-il en se sentant rougir. »
Ils s'embrassèrent une dernière fois sur la bouche avant de repartir vers l'intérieur du château. En effet, ils avaient fort à faire. Mais Anthony ne put s'empêcher de sourire de joie. Il s'était senti réellement heureux en haut de cette tour. Et n'avait qu'une hâte, recommencer. Mais ils allaient devoir attendre un petit peu.
Anthony termina de faire visiter les grandes parties du château à sa nouvelle petite amie. Ils ne purent résister à l'envie de se prendre par la main, même s'il n'osa pas la regarder en le faisant. Tout était nouveau pour lui et il avait peur de l'effrayer et ainsi de tout briser. C'était sa plus grande crainte.
Ils finirent par revenir dans le petit salon où tout le monde se retrouva. Puis, ils passèrent tous ensemble dans la salle-à-manger pour le repas de midi. La conversation la plus importante n'aurait lieu que dans l'après-midi. Il fallait faire officiellement connaissance avant cela. Anthony trouvait ces cérémonies plutôt inutiles, mais elles faisaient partie de la tradition, qu'il se devait de respecter.
Une fois le repas terminé, ils allèrent dans le grand bureau, celui où il recevait ses invités pour des questions politiques. Bien que la plupart du temps, c'était sa mère qui les recevait évidemment. Il n'y allait pas souvent, préférant souvent un bureau plus petit et plus chaleureux, surtout s'il devait voir des alliés de longue date.
« Vous aviez parlé à un moment de réformer le fonctionnement du Magenmagot, demanda rapidement John après une courte présentation des lieux ?
-En effet, confirma Anthony. L'assemblée fonctionne particulièrement mal puisque les familles permanentes disposent d'un nombre disproportionné de droits de vote. Mais ce n'est pas le principal problème dans l'immédiat, pour être honnête.
-Que voulez-vous dire, voulut savoir Julia ? »
Anthony remarqua les airs intéressés devant lui et décida d'avancer ses arguments.
« Il y a un certain nombre de problèmes. Le premier d'entre eux est qu'il est impossible pour une personne du Magenmagot, hormis un noble d'une famille permanente de présenter un projet de loi. Pire, il n'y a aucune commission chargée de vérifier la légalité des lois, qui doivent être en conformité avec celles du Royaume-Uni et de l'Habeas Corpus.
-L'Habeas Corpus, osa Jeremiah, visiblement surpris ?
-Un texte qui date d'un peu avant l'établissement du Secret Magique. Il garantit un certain nombre de droits pour les personnes qui sont arrêtées et jugées. De plus, il est totalement antidémocratique de faire juger des personnes par le Ministre de la Magie et le Magenmagot.
-Comment cela, demanda, étonné, John Abbot ?
-En démocratie, l'un des plus grands principes est la séparation des pouvoir, expliqua simplement Anthony. Le pouvoir législatif est détenu par l'Assemblée, le pouvoir judiciaire par la justice et le pouvoir exécutif par le Gouvernement.
Or, dans notre pays, le Ministre est à la fois juge et gouvernement. Les membres du Ministère sont également des juges, pour le DJM. Le Magenmagot est également juge puisque servant de tribunal dans certains cas. Ce qui pose un énorme problème au niveau de l'indépendance de la justice et de l'Assemblée.
-Qu'est-ce que vous recommanderiez pour limiter ces problèmes, voulut savoir Julia ?
-De tout séparer. Le Ministre serait toujours élu par le peuple. Le Magenmagot n'aurait plus aucun pouvoir judiciaire. En revanche, dans certains cas, il lui serait possible de destituer le Ministre de la Magie. De même, la Justice devrait être totalement indépendante, bien que financée par le Ministère pour des raisons évidentes.
On ne devrait également plus avoir la possibilité d'effectuer des donations au Ministère, hormis pour au Département des Mystères pour financer la recherche. Cela augmenterait l'indépendance du Ministère qui est censé servir tous les sorciers du Royaume-Uni et pas seulement certains. »
Toutes les personnes présentes semblèrent réfléchir à ses paroles. Il était convaincu par ce qu'il disait et avait tout travaillé en amont. Il voulait s'aligner sur les démocraties moldues avec une véritable séparation des pouvoirs. C'était la première étape avant même de réduire les inégalités. Cela viendrait de lui-même ensuite.
Mais c'était cette première marche qui était la plus difficile à franchir. Il fallait ouvrir la porte, qui était solidement barricadée par de nombreuses personnes ayant tout intérêt à garder le système actuel en place. Lui allait avoir besoin d'alliés dans cet enfonçage de portes. Il ne pourrait jamais y arriver tout seul.
« Cela va imposer de modifier profondément un certain nombre de lois, fit remarquer Craig McKinnon, son grand-père.
-Je suis au courant, répondit simplement Anthony. Je sais que ce sera long et difficile. Mais je ne pourrai pas tout faire tout seul. Je sais que papa me soutiendrait à fond si je lui avais exposé mon projet. Et il aurait su lui aussi qu'il n'aurait pu le faire seul.
-C'est le début d'une réforme plus profonde, n'est-ce pas, demanda Julia Abbot ?
-En effet, confirma le jeune homme. Le but est d'avoir des institutions solides qui ne puissent pas être déstabilisées aussi facilement que cela par des personnes ou des groupes de personnes comme Voldemort et ses Mangemorts. Ensuite, il faudra réduire les inégalités devant la loi et les supprimer petit à petit. Ce qui se fera aussi en changeant les mentalités.
-Ce qui prendra beaucoup de temps, songea Lord Abbot. Il vous faudra aussi réformer l'enseignement, ce qui sera bien plus difficile sans le contrôle direct du Ministère.
-Je pense que ce sera en effet assez compliqué, lui accorda Anthony. Mais pour cela, on peut en parler directement avec le professeur Dumbledore et le Conseil de l'école puisque cette dernière est très indépendante du Ministère. »
Ce qui était loin d'être faux. Le Ministère n'avait qu'une faible influence sur Poudlard. Tout juste se contentait-il d'édicter les programmes officiels. Mais les enseignants en faisaient, dans les faits, ce qu'ils voulaient. Ils s'en servaient souvent comme cadre général et tout était toujours vu au cours de l'année scolaire.
Mais, très souvent, les enseignants allaient bien plus loin. C'était notamment vrai en Potions et en Métamorphose où les professeurs Slughorn et McGonagall poussaient leurs élèves à donner le meilleur d'eux-mêmes, même si pas pour les mêmes raisons.
Le premier voulait voir les éléments les plus prometteurs en Potions pour les avoir ensuite dans son réseau. Et, entrant en Quatrième Année, Anthony songea que les invitations de l'enseignant n'allaient pas tarder à lui tomber dessus. Il serait obligé d'accepter un certain nombre d'entre elles, bien évidemment, et à son plus grand désespoir.
En revanche, leur directrice de maison voulait voir ses élèves être les meilleurs possibles. C'était probablement en partie par fierté personnelle puisque cela signifierait qu'elle serait une excellente enseignante. Par ailleurs, elle était particulièrement stricte avec tout le monde. Hormis Potter et Black doués en Métamorphose. Anthony était certain qu'elle les appréciait intérieurement.
L'entretien continua ensuite et porta sur des détails techniques. Chacun avait des questions sur ce qu'il avait proposé, voire le fonctionnement des institutions dans le monde moldu. Dans ce dernier cas, c'était souvent Ariane qui répondait. Etant née-moldue, elle était la personne qui s'y connaissait le mieux dans le domaine.
Puis, cela se termina en début de soirée. Il était toutefois si tard qu'Anthony, avec l'accord de sa mère, invita les Abbot à dîner chez eux. La raison était simple. Il voulait passer un peu plus de temps avec Kathleen face à lui. Pour cela, il inventa l'excuse d'un dîner plus convivial, pris dans la cuisine.
La raison était assez simple. S'ils le prenaient dans la salle-à-manger, ils seraient obligés de respecter un plan de table parfaitement définis et ils ne pourraient pas être à proximité. En effet, Anthony étant le Lord McKinnon, il serait en bout de table et sa mère à l'autre bout. De plus, entre lui et Kathleen se trouveraient ses grands-parents et les parents de sa petite amie.
Au contraire, dans la cuisine, le placement était entièrement libre. Ainsi, ils purent se mettre l'un en face de l'autre. Le repas fut bien plus gai et les adultes discutèrent essentiellement entre eux. Jeremiah fut accaparé par Elisa. Cette dernière adorait le jumeau de Kathleen et le trouvait fascinant. Ce qu'il lui rendait bien, il fallait le dire.
Soudain, pendant le repas, Anthony sentit un pied se frotter contre sa jambe. En regardant autour de lui, il remarqua le timide sourire de sa nouvelle petite amie. Ayant des chaussures fermées, il ne put guère lui répondre mais voulut tout transmettre dans son regard et son sourire. C'était à peu près tout ce qu'ils pouvaient se permettre en public pour le moment.
Ils parvinrent finalement à s'isoler de leurs familles respectives peu après le dîner. Ils voulaient un petit moment en tête-à-tête. Il valait mieux savoir comment ils agiraient ensuite ensemble, en public avec les familles mais aussi à Poudlard. Et à qui ils le diraient.
« Je pense que l'on doit mettre au point une manière de nous conduire en public, commença l'adolescente en n'osant pas trop le regarder, bien qu'il ne sût pas trop pourquoi.
-Je suppose que tu ne veux pas encore dire que nous sommes en couple, supposa Anthony ?
-En effet, répondit Kathleen. Disons que… c'est un peu neuf et je… j'aimerais que l'on profite un peu de tout cela tous seuls. Sans dépasser les bornes, ajouta-t-elle précipitamment. Mais j'ai envie que ce soit un peu notre secret à tous les deux.
-Nos familles le sauront rapidement, ne pût s'empêcher de faire remarquer le garçon.
-Je sais, lui accorda sa petite amie. Mais je… disons que je ne dirai rien avant qu'ils ne m'en parlent. Ils n'ont pas à tout maîtriser dans ma vie non plus. Et toi ?
-J'attendrai de voir ce que me dira ma mère, fit l'adolescent. Même si elle est plus que probablement déjà au courant. Peut-être que mes grands-parents paternels ne le sont pas. Mais maman l'a très sûrement déjà compris, d'une manière ou d'une autre.
-Qu'est-ce qui te fait dire cela, lui demanda Kathleen en fronçant les sourcils ?
-Elle n'a absolument pas protesté quand j'ai proposé de dîner dans la cuisine pour qu'on soit à proximité. J'aurais préféré qu'on soit l'un à côté de l'autre, mais ce ne sera pas possible tant que ce ne sera pas officiel entre nous.
-Tu penses vraiment qu'elle le savait, s'étonna l'adolescente ?
-Je le penses, confirma son petit ami. Elle m'a même défendu auprès de mon grand-père quand il a un peu protesté. Et mes arrière-grands-parents s'en fichent de savoir si je sors ou non avec fille, même s'ils seront heureux pour moi. Mais oui, je pense qu'elle est au courant. Et elle m'interrogera certainement à ce propos ce soir ou demain.
-Je vois, je vois, conclut Kathleen. Au fait, quand est-ce que tu vas voir la Reine, déjà, demanda-t-elle en sautant du coq à l'âne ?
-Le seize, répondit Anthony, en début d'après-midi. On ira directement à Buckingham pour la rencontrer. Je… Je dois avouer que j'angoisse quand même à l'idée de la rencontre, avoua-t-il en détournant le regard. »
La réponse de Kathleen le surprit puisqu'elle se contenta de faire deux pas en avant et de l'embrasser doucement sur la bouche. Il ne put alors résister à l'envie d'approfondir le baiser. Il la sentit mettre ses bras autour de son cou et il la prit délicatement par la taille. Mais, cette fois, cela ne dura pas très longtemps, même si ce fut extrêmement plaisant.
« Tu es belle, murmura Anthony à l'oreille de sa petite amie. »
Cette dernière rougit violemment au compliment et ne put rien ajouter.
« Et encore plus avec cette robe, continua-t-il. Je me demande si tu n'as pas fait exprès.
-Peut-être, avoua Kathleen en se mordant les lèvres. Je… J'avais envie que tu n'aies pas envie de dire non lorsque je te proposerais de sortir avec moi.
-Et tu es satisfaite, lui demanda-t-il doucement ? Ta journée n'est pas perdue ?
-Pas le moins du monde, sourit l'adolescente en le regardant dans les yeux. »
Ils se séparèrent ensuite pour retourner avec les familles, non sans un dernier baiser, beaucoup plus chaste, sur la bouche. Anthony songea qu'il se sentait vraiment bien avec Kathleen. Comme si c'était parfaitement naturel. Bien sûr, il ne croyait pas réellement au destin. Selon lui, chacun faisait ses propres choix. Mais, parfois, il avait envie de croire que cela pouvait exister.
Les Abbot partirent peu après et Ariane ne dit absolument rien à son fils sur sa relation avec Kathleen. Il supposa qu'elle voulait surtout être discrète et ne pas l'incommoder. Ce qui serait tout-à-fait son genre. Mais il était certain qu'elle viendrait bientôt lui en parler. Peut-être après la réunion avec la Reine.
Dans les jours précédents cette dernière, une très bonne nouvelle arriva. Les Abbot apportaient leur soutien au projet d'Anthony et demandaient plus d'informations pour en parler directement aux Bones. Ces derniers seraient aussi des alliés de poids au Magenmagot. Evidemment, le garçon en parla aux alliés habituels de sa famille, qui le soutinrent sans vraiment de réserves.
Le nombre de lettres avec Kathleen augmenta drastiquement. Ils s'écrivaient à peu près une fois par jour. C'était elle qui avait proposé ce système. Cela évitait à la fois de ne s'occuper que de l'autre au point d'en oublier le reste et, en même temps, de se sentir proches malgré tout. Cela lui plaisait énormément et il était impatient de la revoir.
Mais avant, il dût aller à la rencontrer avec la Reine. Il était bien plus angoissé que la première fois. Lorsqu'il avait dû la rencontrer après la mort de son père, il était encore dans une sorte d'état second. Aussi, il n'avait pas pris la pleine mesure de cette entrevue. Là, il voyait beaucoup et réalisait pleinement ce qui allait se passer. C'était radicalement différent.
Le jour prévu, Anthony traina au lit pendant une bonne partie de la matinée. Il n'avait pas vraiment envie de se lever. Même s'il finit par le faire juste avant le déjeuner. Sa mère serait venue le chercher directement dans sa chambre et n'aurait pas hésité à utiliser un sort pour le forcer à descendre.
Puis, après s'être apprêté, il rejoignit son grand-père dans le vestibule. Ce dernier allait l'accompagner jusqu'à Buckingham et attendrait là-bas qu'ils eussent terminé leur réunion de travail. Il ne voulait pas y assister, même si son petit-fils l'avait proposé.
« Ce n'est pas moi le Lord McKinnon, avait-il statué. Tu as pris la succession de Bertus et tu dois te former dès maintenant. Je ne serai pas toujours là. Et tu es parfaitement capable d'être plus que présentable et de faire bonne impression. »
Ce fut ainsi qu'Anthony rencontra pour la deuxième fois la reine Elizabeth II. Une fois les formalités passées, ils entrèrent dans un cabinet qui semblait être celui utilisé en privé. C'était certainement pour échapper à nombre de choses problématiques comme des oreilles indiscrètes pouvant écouter aux portes.
Le garçon avait apporté avec lui un court dossier de trois pages présentant une synthèse de ce qu'il se passait dans le monde sorcier et des problèmes dans les institutions de ce dernier. Il y en avait un autre qui présentait les mesures qu'il préconisait. Il les tendit tous les deux à la reine, qui les lut rapidement.
« Je vois que vous comptez vous inspirer du monde où il n'y a pas de sorciers, fit-elle finalement remarquer, avec un air totalement neutre.
-C'est effectivement le cas, confirma Anthony. Pour moi, c'est la meilleure des solutions puisque c'est ainsi que l'on peut réduire les inégalités et les discriminations entre les différentes parties de la population sorcière.
-Et comment comptez-vous y arriver plus précisément, demanda ensuite la Reine ?
-Ce ne sera pas simple, à cause justement du fonctionnement de nos institutions. Mais j'ai déjà réussi à convaincre une famille très importante de rejoindre mon camp pour cette réforme politique. Et cette même famille tente maintenant de convaincre ses propres alliés de faire de même. Ainsi on pourrait avoir une majorité stable et au moins limiter les prérogatives du Ministre de la Magie, d'une manière ou d'une autre.
-Ce serait pratiquement un coup d'état, objecta la Reine. Je ne peux cautionner une telle chose dans le Royaume, je pense que vous en êtes conscient.
-Justement. Mon but est de remettre le pouvoir là où il doit être et éviter ainsi toute dérive dictatoriale. Vous avez le droit de veto sur la nomination d'un Ministre, et qui est à votre entière discrétion. Mais bien peu de gens le savent, même parmi les plus hauts placés et la haute société.
-Vous refuseriez que je fasse usage d'un tel droit, s'offusqua la souveraine ?
-Certainement pas ma'am, nia Anthony en ne s'énervant pas. Mais je déconseille d'en faire usage pour le moment. Il faut déjà leur rappeler qu'ils vous doivent allégeance. Et un certain nombre de gens seront contre cette idée, notamment parmi les suivants de ce Voldemort.
-Alors soit. Mais si jamais le nouveau ministre épouse ses vues, au moins en partie, je me verrai forcée d'intervenir, de gré ou de force. Et ils comprendront ce que c'est que de s'en prendre à la Couronne.
-Bien ma'am, accepta le garçon. Je comprends parfaitement. »
L'entretien continua ensuite autour de la situation générale et de la guerre civile en particulier. Les attaques de Voldemort étaient bien plus rares que par le passé. En général, il n'y en avait qu'une ou deux par semaine, et relativement limitées. Selon Anthony, il ne fallait pas trop s'y fier. Cela pouvait cacher tout autre chose.
Surtout, le manoir Jedusor à Little Hangleton ne semblait plus occupé. Ce qui signifiait qu'ils avaient dû déménager pour établir un quartier général ailleurs. Et c'était ce qui inquiétait l'adolescent. Ils n'avaient aucun moyen de les trouver vu la taille du Royaume-Uni. Ils pouvaient être n'importe où. Même au cœur de Londres s'ils le voulaient.
Le projet de drones enchantées avait pris énormément de retard au fil du temps. Anthony ne le considérait pas comme prioritaire puisqu'il était loin d'avoir les connaissances nécessaires pour fabriquer et concevoir des appareils volants. Surtout qu'il y avait aussi toutes sortes de contraintes, avec notamment l'aviation civile et l'aviation militaire.
Toutefois, il se posait des questions sur ses projets. Il n'en avait pas pour l'année scolaire qui allait débuter. Jusque-là, il avait toujours quelque chose pour s'occuper. Certes, moins en Troisième Année où il avait dû reprendre son ancien niveau au duel de sorciers. Mais il avait débuté la Magie Ancienne. Là, il se retrouvait sans rien et cela l'angoissait.
Anthony n'avait absolument aucune idée de ce qu'il pourrait faire. Il avait pensé à un sortilège similaire à une grenade explosive. Mais leBombardaétait déjà là pour cela. Il avait inventé le Granatus,ce qui était plus que correct. Il savait qu'il valait mieux inventer des sortilèges capables d'être utilisés au combat.
Pour se changer les idées, il feuilletait souvent des magazines aéronautiques ou militaires. Il aimait bien suivre cette actualité, même si cela était bien plus difficile que quarante ans plus tard pour des raisons évidentes, internet n'existant pas encore. En lisant quelques informations, une idée lui vint en tête.
Différentes armées de l'air utilisaient des récepteurs d'alerte radar, permettant de dire aux pilotes de chasse que leur avion était détecté par un radar ennemi. Anthony pensa, naturellement, très vite, au sortilège d'Hominum Revelio. Ce dernier permettait de détecter les êtres humains. S'il parvenait à décortiquer son fonctionnement, il pourrait fabriquer un petit objet qui donnerait l'alerte s'ils étaient repérés. Voire pourrait brouiller le sortilège.
Pour cela, Anthony comptait s'inspirer de ce qui se faisait dans les armées, depuis la Seconde Guerre Mondiale et l'invention des radars. Le but était de ne pas se faire détecter. Ici, l'utilisation serait assez simple, au moins sur le principe. L'objet recevrait le sortilège et le modifierait pour faire croire qu'il n'y avait personne.
Du moins, ce serait possible si cela fonctionnait comme un radar. Autrement dit, si le sortilège était composé d'une onde qui partirait et reviendrait vers le lanceur. Un peu comme la manière qu'avait les mammifères marins de détecter les bancs de poissons. Sinon, il trouverait bien un moyen de parvenir à modifier cela. Cela serait clairement un avantage sur le terrain, ou s'il se faisait pourchasser.
Tout enchanté à cette nouvelle idée, le rouge et or la partagea avec ses amis et sa nouvelle petite amie. Les premiers furent emballés par le projet, mais jurèrent de ne pas interférer. Après tout, chacun avait déjà les siens, de son côté. Ils ne pouvaient pas tout faire à la fois. Les journées ne faisaient que vingt-quatre heures et tout le monde devait malgré tout dormir.
Kathleen, elle, demanda d'abord des précisions à son petit ami avant de le soutenir dans son projet. Et de lui proposer son aide s'il en avait besoin, notamment pour toute la partie sur les recherches. Elle savait que cela allait être long. Ce fut donc avec un plaisir non dissimulé que le garçon accepta son offre. Il voulait prendre la moindre occasion pour passer un peu de temps avec la Poufsouffle.
Deux jours après avoir eu cette nouvelle idée, la liste des fournitures pour Poudlard arriva. Elle ne comportait que peu de surprises. Seule chose marquante, il n'y avait pas de livre pour la Défense Contre les Forces du Mal. Il se demandait qui avait bien pu prendre le poste vacant. Il y avait un nouvel enseignant tous les ans. Ce qui faisait que leur enseignement était pour le moins… anarchique.
Ce qu'espérait Anthony était simplement qu'il serait au niveau. Jusque-là, ils avaient alterné entre le catastrophique et l'excellent. En passant par le moyen. Il espérait que ce dernier serait à la hauteur, surtout avec les temps de guerre qui se profilaient pour leur génération. Il était lucide. Il sentait que sa promotion serait forcée de se battre, à un moment ou l'autre, même si ce serait avant la sortie de Poudlard.
Certes, il y avait le Club d'Apprentissage au Combat. Mais ils n'y apprenaient qu'à se battre, à rien d'autre. Ils n'apprenaient pas les différentes créatures qu'ils pourraient affronter, généralement par manque de temps et aussi d'envie. Après tout, il servait aussi de défouloir géant pour décompresser après une semaine de cours.
Dans l'esprit du rouge et or, les deux enseignements étaient complémentaires. Et c'était justement ce qu'il cherchait à avoir. Néanmoins, le fait de ne pas avoir de livre prévu pour la DCFM le turlupinait sérieusement. C'était une énorme énigme qui lui était posée et il n'était pas près d'avoir la solution. Du moins pas avant la rentrée.
Il envisagea bien évidemment l'hypothèse qu'un proche ait été contacté par Dumbledore pour prendre le poste. Mais il n'en avait pas du tout entendu parler. Personne ne se comportait non plus différemment de d'habitude. Néanmoins, il se souvenait que sa tante, la mère d'Alice, avait été très discrète sur son embauche pendant l'été précédant l'année scolaire. Etait-il possible qu'un de proche lui jouât la même chose ? Il n'en savait rien et ne pouvait pas le savoir.
Toutefois, durant les derniers jours, il se concentra principalement sur les choses qu'il allait devoir faire. Ce qui signifia se rendre au Chemin de Traverse. Ce fut la mère de Marlène qui l'accompagna avec sa fille. Désormais, Ariane et Anthony ne sortaient plus en public ensemble, pour éviter de détruire la famille McKinnon.
Bien évidemment, il y retrouva Kathleen. Mais ils ne s'embrassèrent pas en public, attendant d'être dans un coin isolé de Fleury et Bott pour le faire chastement. Ils pouvaient se faire surprendre à tout moment et ne voulaient pas que leur relation fût déjà révélée au grand jour. Sans compter la petite pointe d'adrénaline que cela ajoutait.
Les achats furent rapidement faits parce qu'en cette matinée pluvieuse, il n'y avait pas beaucoup de sorciers de sortie. La plupart voulaient rester chez eux, bien au chaud et profiter d'un bon feu de cheminée. Ou alors ils allaient travailler, pour ceux qui avaient un emploi. Mais les parents ne faisaient pas sortir les enfants avec un temps pareil. Tout sorcier qu'ils pouvaient être, ils détestaient quand même la pluie.
Les deux amoureux se séparèrent avec quelques regrets, mais se promettant de se revoir très vite. Kathleen manquait beaucoup à Anthony quand ils n'étaient pas proches l'un de l'autre. Il se demandait même pourquoi cela ne lui était pas venu à l'esprit plutôt qu'ils pourraient être ensemble. Il avait quand même dû attendre qu'elle l'embrassât la première avant de se rendre compte qu'elle avait peut-être des sentiments pour lui.
Toutefois, il ne fit pas rien des dix derniers jours de vacances. Il travailla en avance un certain nombre de cours et lut tous les livres des cours qu'il suivait. Il voulait maintenir son rang parmi les cinq premiers élèves de sa promotion. Il ne visait pas vraiment plus haut. En Potions, il n'aurait jamais le niveau de Lily, pareil en Sortilèges d'ailleurs. Et ile ne cherchait pas vraiment à l'atteindre.
Il travailla également autre chose. La Magie Ancienne. Il s'amusa surtout à la faire apparaître quand il jouait avec Elisa. Cette dernière adorait voir la neige tomber du plafond, même en plein été. Alors il l'imaginait et elle apparaissait, provoquant de joyeux rires de la part de sa petite sœur.
Mais il y avait une autre partie, bien plus violente. Il s'entraînait, encore et toujours, à geler sur place des cibles mobiles. Ensuite, il les dégelait, évidemment. Il le faisait tout en lançant des sortilèges. Il devrait, en combat, utiliser toutes les armes à sa disposition pour vaincre des ennemis.
La veille du départ, Anthony fit tranquillement sa valise. Il ne voulait rien oublier. Absolument rien. Au point qu'il avait fait une liste avec toutes les choses à prendre pour l'année scolaire. Il en oubliait souvent chez lui. Du moins, cela avait été vrai pour les trois années précédentes. Cette fois, il fit en sorte de ne rien oublier.
Puis, alors qu'il venait de terminer sa valise, il entendit toquer à sa porte. Surpris, il rangea quelques affaires compromettantes et autorisa la personne à entrer. Anthony fut encore plus surpris en voyant sa mère entrer. Cette dernière ne venait pratiquement jamais dans sa chambre. Même quand elle venait récupérer Elisa, elle s'arrêtait sur le palier de la pièce.
« Je peux m'asseoir sur ton lit, demanda-t-elle doucement ?
-Bien sûr, lui accorda son fils. Tu veux me parler de quelque chose en particulier, voulut-il savoir à son tour, peu dupe du motif de sa visite dans sa chambre ?
-En effet, avoua Ariane. J'ai… disons… remarqué les regards que vous vous lanciez, Kathleen Abbot et toi, débuta-t-elle. Et j'en ai conclu que vous êtes en couple. Je me trompe ? »
Anthony faillit répondre que oui, elle se trompait. Mais il savait qu'elle saurait instantanément qu'il mentait. Même avec ses capacités d'Occlumancie, elle le verrait clairement et nettement. Sa mère avait toujours réussi à savoir quand il disait des bêtises ou non pour tenter d'éviter les problèmes et mentait ouvertement. Au point qu'il se demandait si c'était un pouvoir spécial qu'elle avait.
« C'est vrai, fit-il à voix basse en baissant les yeux. Je… C'est juste que… hésita ensuite le garçon sans trop savoir quoi dire.
-C'est juste que vous voulez garder cela pour vous, n'est-ce pas, termina Ariane pour lui ? »
Son fils lui sourit, reconnaissant. C'était exactement cela qu'il avait voulu dire.
« Votre secret est en sécurité avec moi, le rassura Ariane. Je ne dirai rien à personne tant que vous n'aurez rien annoncé. Mais j'aimerais juste que tu me préviennes avant de le faire, demanda-t-elle gentiment.
-Je le ferai, accepta le garçon, désireux de passer à autre chose. »
Toutefois, il n'allait pas s'en sortir aussi bien, il le sentait. Et quelque chose lui disait qu'il n'allait pas vraiment aimer la suite de la conversation.
« Je ne suis pas venue que pour cela, continua alors Ariane. Vous allez passer tous les deux pratiquement une année ensemble et vous voir tous les jours.
-Comme depuis trois ans, plaisanta son fils. Rien ne va changer.
-A part le fait que désormais vous êtes en couple, répondit plus sérieusement sa mère. Et que vous pourriez avoir envie d'aller plus loin que de simples bisous sur la bouche. »
Pour toute réponse, Anthony rougit fortement. Il n'avait pas souvent pensé à cela. C'était trop neuf avec Kathleen. Pour lui, un couple ce n'était pas que coucher ensemble. Et il n'était pas pressé de le faire. Il supposait que Kathleen non plus d'ailleurs. De toute façon, il n'en avait pas envie.
« Et il est de mon devoir de mère de te parler de cela, poursuivit cette dernière. Papa n'est plus… ne pourra pas t'en parler mais je suis là, et c'est à moi de le faire.
-Tu sais que tu n'es pas obligée, tenta-t-il lamentablement. Je sais…
-Parce que tu l'as déjà fait, peut-être, haussa-t-elle les sourcils ? Tu ne vas pas tenter de me faire croire cela, non ? »
Il baissa le regard, sa stratégie d'évitement ayant été très facilement contrée.
« Je pense qu'en effet, je n'ai pas besoin de t'expliquer comment cela fonctionne sur le principe. »
Il fut soulagé de ne pas avoir à parler de cela avec sa mère. Il avait toujours en tête l'image d'elle couchant avec son père quand il était enfant et qu'il avait voulu aller les voir pour leur demander quelque chose.
« Mais je dois te dire une chose essentielle. Avant de faire l'amour la première fois, vous devrez en parler tous les deux. Faire l'amour ce n'est pas seulement un acte de reproduction. C'est aussi donner du plaisir à l'autre. Et pour cela, il faut l'écouter attentivement. Si un seul des deux prend du plaisir et l'autre non, le couple risque de ne pas durer. »
Bon, ce n'était pas aussi gênant que ce qu'il avait pensé. Mais c'était tout de même intéressant, il fallait le dire. Il n'y avait pas trop pensé jusque-là.
« Et pensez aux sortilèges ou potions de contraception, poursuivit Ariane avec un petit sourire. J'aimerais bien être grand-mère, mais attend d'avoir fini ta scolarité avant d'être père. »
Elle dit cela avec une telle décontraction qu'il en fut irrémédiablement choqué et plaça ses mains sur ses oreilles pour ne rien entendre. Toutefois, la dernière phrase de sa mère lui fit un plaisir fou.
« Je suis content pour toi et pour elle. C'est une fille bien. Vous semblez heureux ensemble en tout cas. J'espère que ça durera longtemps. »
Puis, elle sortit de sa chambre, le laissant seul. Il rangea la conversation dans un coin oublié de son esprit. Il la ressortirait le moment venu. Mais il ne comptait pas coucher avec qui que ce fût avant très longtemps. Bon, il préférait que ce soit avec Kathleen, bien sûr. Mais pas avant longtemps. Très longtemps. Des années même.
Il avait bien d'autres préoccupations de manière générale et ne concevait pas son couple avec Kathleen de cette manière. Surtout qu'ils ne s'étaient que très peu vus depuis qu'ils sortaient « officiellement » ensemble. Ils étaient encore très loin de cette étape. Sans compter qu'ils étaient encore un peu jeunes.
Mais la journée se termina sans encombre et il se préoccupa de bien d'autres choses, comme le futur voyage en Poudlard Express.
Le premier jour du mois de septembre arriva bien vite. Après une dernière vérification, Anthony put partir avec sa cousine Marlène, emmenés par la mère de cette dernière. Ariane ne sortait pratiquement plus de Caisteal Maol. En général, c'était pour se rendre au Ministère au Magenmagot. Elle tenait à rester en vie pour ses enfants.
Les protections autour de Caisteal Maol étaient très solides. Mais elles allaient être renforcées. Désormais, même des sortilèges de magie noire particulièrement puissants ne pourraient franchir les immenses boucliers faits de magie et renforcés par des runes. Le nouveau Lord McKinnon allait même devoir apprendre au cours de l'année tout ce qui composait exactement ces défenses et comment les renforcer.
Mais Anthony se concentra d'abord sur le voyage en Poudlard Express. En arrivant à la gare, il retrouva, Lily, Severus et Saphir. Ils allèrent rapidement dans un compartiment, rapidement rejoints par Alice, l'autre cousine du garçon. Ils avaient grandi tous les trois, comme des frères et sœurs. Le rouge et or les aimait autant qu'il aimait Elisa.
Le trajet débuta bien trop vite à leur goût. Ils se racontèrent leurs vacances respectives, bien que s'étant souvent écrit pendant ces dernières. Il y avait toujours de petites anecdotes qui n'étaient racontées dans les lettres et qui ne pouvaient l'être que face à face pour faire rire.
Bien évidemment, Anthony hésita à parler du fait qu'il était officiellement en couple. Mais il était en bonne compagnie. Il s'agissait de ses amies et de sa famille. Ils ne le trahiraient pas, il le savait. Et puis le secret serait ainsi moins lourd. Sans compter qu'ils pourraient le couvrir et inventer des excuses auprès des autres élèves quand il voudrait retrouver Kathleen.
« Je… J'ai… un petit secret à vous avouer, commença-t-il quand ce fut à son tour.
-Il y aurait un truc dont tu ne nous aurais pas parlé, fit Lily en plissant les yeux, menaçante ?
-Je… Avec Kathleen Abbot, qui est à Poufsouffle, hésita le garçon…
-Bon, tu en viens au fait, le pressa Saphir, visiblement très intéressée par les ragots ?
-Je… on… nous sommes en couple tous les deux, finit par se lancer Anthony. Mais c'est secret. On ne veut pas le dire à tout le monde, ajouta-t-il très vite. Je vous le dis parce que je vous fais confiance. Mais personne d'autre ne doit le savoir. Seule ma mère et probablement Jeremiah sont au courant.
-Et tu nous dis ça pour que l'on t'aide à vous isoler, demanda Severus, en trouvant des excuses auprès des autres élèves ? »
Anthony lui répondit par un petit sourire timide. Il était certain d'avoir son visage complètement rouge. Ce que le regard moqueur d'Alice ne fit que confirmer. Néanmoins, tous acceptèrent de garder le secret et de ne rien dire à qui que ce fût. Personne ne voulait non plus s'attirer la colère du couple.
Anthony était certes le plus redoutable duelliste de sa génération, et de loin. Mais Kathleen était aussi extrêmement redoutable désormais, surtout quand cela la touchait personnellement. Si elle n'avait pas d'excellents résultats au CAC lors des tournois, elle était tout de même redoutable lors des véritables duels dans les couloirs.
Mais, après quelques questions auxquelles il répondit par la négative, ils ne s'étaient pas souvent vus, la conversation changea de sujet. Et porta sur les nouveaux préfets et préfets-en-chef. A Gryffondor, il s'agissait de Frank Londubat et d'une fille sang-mêlé qu'ils ne connaissaient pas vraiment. Ils étaient en général assez discrets même s'ils savaient se faire respecter.
La chance était avec eux, les préfets-en-chef venaient de Serdaigle et de Poufsouffle. En revanche, Saphir Yaxley doucha leurs quelques espoirs bien assez vite. Elphira Travers était la nouvelle préfète-en-chef et faisait partie des partisans de Voldemort selon elle. Ce qui inquiéta sérieusement Anthony. Si c'était confirmé, les partisans du mage noir auraient une grande liberté d'action et les autres une bien plus faible.
La conversation porta assez vite sur les préfets de l'année suivante. Ils étaient en Quatrième Année désormais, et la question allait se poser bien vite. C'était la dernière année pour se montrer exemplaire pour les élèves désirant le badge. Aussi, ils en discutèrent entre eux sans tabou. Naturellement, Saphir prit les devants, bien renseignée sur tout le monde puisqu'aimant écouter les ragots.
« Je pense que c'est Kathleen Abbot et Wilfried Bones qui seront les préfets de Poufsouffle l'année prochaine, débuta-t-elle. Jeremiah est trop indiscipliné par rapport à Bones. Et sa jumelle est appréciée par tous les élèves les plus jeunes, ce qui n'est pas rien.
-Chez les Serdaigle, lui demanda Alice, intéressée par les informations ?
-A part Boot et Macmillian, je ne vois personne, expliqua la Serpentard. Ils sont les plus doués et les meilleurs élèves. Et ils sont très appréciés par le professeur Flitwick. Sans compter qu'ils sont très bons avec une baguette à la main.
-Chez les Serpentard, les paris sont ouverts continua Severus. Saphir est favorite chez les filles mais Parkinson peut très bien devenir préfète. Pour Carrow, Flint et Crabbe, ce sera compliqué. Elles sont trop discrètes pour cela.
-Chez les garçons, on voit mal les partisans du Seigneur des Ténèbres devenir des préfets. Ce sera soit Rosier, soit Severus, expliqua Saphir. Mais je mettrais une petite pièce sur le deuxième, ajouta-t-elle avec un petit sourire timide. »
En les observant, Anthony remarqua quelques regards timides entre les deux Serpentard. Y aurait-il potentiellement quelque chose entre eux ? Il allait devoir interroger sa meilleure amie une fois à Poudlard. Cela serait vraiment génial de les voir ensemble. Il trouvait qu'ils formeraient un très beau couple.
« Dans votre maison, termina finalement la Serpentard, ça devrait être assez simple. Anthony devrait être le futur préfet et Lily la préfète. Sauf accident, ça devrait être ainsi. On voit mal un des Maraudeurs devenir préfet, à part Lupin. »
Et pour cause. Si les Maraudeurs ne harcelaient plus des élèves en particulier et ne faisaient plus de « blagues » sur des élèves en particulier, ils faisaient des plaisanteries qui visaient tout le monde et qui faisaient rire. Régulièrement, ils demandaient l'accord d'Anthony avant certaines blagues. Ce dernier les refusait parfois et ils respectaient sa décision, histoire d'éviter de se faire battre à plat de couture devant tout le monde.
Mais ils collectionnaient tous les quatre un très grand nombre de retenues, Potter et Black détenant les records toutes années confondues. Selon Anthony, Lupin avait été nommé préfet dans le canon plus ou moins par défaut. Il avait été probablement le seul rouge et or à peu près raisonnable, surtout par rapport à ses amis.
Néanmoins, maintenant que lui, Anthony McKinnon était chez les rouge et or, cela avait probablement changé tout cela. Et il tenait probablement bien mieux les Maraudeurs, puisqu'il n'était pas vraiment ami avec eux, contrairement à Lupin, qui faisait partie intégrante de la bande. Ce qui faisait qu'il parvenait à bien mieux les tenir.
