Olivia a tourné dans la ville. La colère n'est toujours pas passée. Elle ne sait plus où aller. Alors elle pense aux endroits qu'elle aime bien. Elle revoit le lac, le soleil, le banc et elle s'y dirige, parce qu'elle a besoin d'autre chose que la colère, elle a besoin d'un peu de bonheur. Elle a un peu de mal à retrouver le chemin dans la nuit. Elle y est allée une seule fois, ça fait si longtemps maintenant, comme dans une autre vie, une vie où elle croyait en lui, où elle voyait dans ses yeux des promesses.
Sans le vouloir, ses larmes coulent sur ses joues, elle ne cherche pas à les retenir. Personne ne peut la voir pleurer, alors autant se laisser aller sans bruit. Çà la soulage un peu de ce poids sur elle.
En marchant, elle aperçoit le banc et s'approche. Mais ! Il y a quelqu'un sur ce banc ? Elle est étonnée. Elle n'a pas un seul instant imaginé que le lieu ne serait pas vide, qu'il existait aussi pour d'autres et pas juste dans sa mémoire. Elle se sent bête mais encore plus bête de devoir faire demi-tour, alors elle continue d'avancer.
L'homme est au téléphone. Décidément, même ici, la vie moderne est partout.
Mais en se rapprochant encore, elle reconnaît la voix. Et elle entend :
- Nous deux, c'est fini. ….. Ça n'aurait pas dû commencer. Tu savais que ce n'était pas toi que j'aimais. Je n'aurai pas dû, c'était une erreur…..Je ne viendrai plus chez toi. Adieu Terry
Il raccroche et la voit. Un instant de vide, de silence. Il ne manque que le vent dans les feuilles pour clore le tableau. Leurs deux esprits s'arrêtent de penser.
Elle s'avance et s'assoit, comme prévu, à côté de lui sur le banc. Lui qui s'était levé pour téléphoner se rassoit. Chacun regarde le lac sans un mot.
Après un long moment :
- Pourquoi tu la quitte ?
Il tourne un instant la tête à sa voix, calme, sans agressivité, sans colère
- Je ne pourrais jamais l'aimer
- Pourquoi jamais ?
- Tu sais que c'est toi que j'aim…
- Oh je t'en prie ! Tu as essayé de me le faire croire mais depuis le début, tu étais avec elle !
- C'est faux ! Ça ne fait que 2 mois !
Elle s'arrête un instant et reprend plus calmement
- Tu m'as menti sur tellement de choses. Comment pourrais-je te croire sur ça ?
- J'ai menti sur le cas, c'était le boulot. Je ne t'ai jamais menti sur nos affaires personnelles. Les mensonges que j'ai pu, dû te raconter, je les ai aussi sortis aux autres, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. Toujours dans le cadre du travail, au bureau ou sur un lieu de perquisition. Jamais dans un lieu plus intime, ou si nous étions seuls à parler de nous. J'avais des ordres et j'ai dû les exécuter, c'est tout. Maintenant libre à toi de refuser de me croire.
Elle ne dit rien : a-t-il dit la vérité ? Ai-je des preuves du contraire ?
Il reprend en regardant le lac.
- Je t'aimais … comme un fou. Tu ne sais pas à quel point
Il se tourna vers elle :
- Je n'ai aucune raison de mentir là-dessus. Aucune. J'ai essayé de renoncer à toi, de t'oublier. Je n'y arrive pas. Je n'y arriverai jamais.
Elle ne put s'empêcher de lancer un sarcasme :
- Pourtant, tu avais plutôt l'air de fort bien m'oublier cette nuit dans son lit !
- Même ça ne marche pas. Je ne sais pas ce que tu cherchais chez elle et je m'en fous. Je ne m'en mêlerai pas. Je ne veux plus penser à cette nuit…. À ces nuits. Je ne veux plus penser à rien. … Puisque jamais tu ne me croiras….A quoi bon cet amour.
Il se lève et s'en va. Olivia reste assise. Le jour commence à se lever.
