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Chapitre 4.

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Harry s'immobilisa sur le seuil du salon.

Draco était là, assit sur un fauteuil il serrait contre lui un coussin tout en se balançant nerveusement d'avant en arrière.

« Allez vous-en, laissez-moi tranquille! Gémissait-il par instant tout en jetant des regards apeurés d'un côté et de l'autre.

Le cœur du brun explosa sous la douleur ainsi que la peine et le remord de les avoir laissé l'emmener, même si il savait qu'il n'aurait pas eut le droit de s'y opposer.

Rapidement il travers la pièce et alla s'accroupir à ses genoux, y posant les mains dessus.

« Draco?

Ce dernier avait cessé de se balancer et son regard s'était posé sur lui, mais il fallut quelques secondes pour qu'une lueur de reconnaissance s'y allume.

« Ha...Harry?

Les larmes aux yeux le brun lui sourit.

« Oui.

« Je...je...

Puis brusquement il recommença à se balancer et à jeter des regards craintifs à gauche et à droite, ne faisant plus aucun cas du brun.

« Ça me brise le cœur de le voir ainsi! Fit la voix de Edan qui se tenait derrière Harry...il est dans cet état depuis qu'il s'est réveillé et ses instants de lucidité ne durent que quelques secondes...ça me fait tellement mal! Termina t-il d'une voix étranglée.

Une bouffée de haine d'une force incroyable faillit submerger le brun qui heureusement lui tournait le dos, car il dû serrer les mâchoires à les faire craquer pour se contenir et ne pas lui bondir dessus pour l'étrangler.

C'était lui qui l'avait mit dans cet état, lui et le médecin, il en était persuadé maintenant, tout sonnait si faux chez l'irlandais.

Mais il n'en avait aucune preuve et il ne pouvait donc rien faire, tout ne se résumait qu'à ce que lui avait dit son ange et à ses propres sensations, avec si peu qui les croirait?

Alors qu'Edan, que tous croyait amoureux et aux petits soins pour Draco, était son époux et avait tous les droits, dont celui de lui interdire de venir au manoir et d'approcher le blond si jamais il agissait de manière aussi idiote.

Dans un effort de volonté titanesque il ravala son envie de meurtre et prit une mine désolée, puis il se releva et se tourna vers lui.

« Le docteur Stanton n'est pas là? Demanda t-il.

« Non il est à Londres, à son cabinet...il passe tous les soirs, ou plus si je l'appelle en urgence...pourquoi?

« J'aurais voulut savoir de quoi souffre exactement Draco...c'est si rapide.

« Paranoïa, délire de la persécution, hallucinations...et encore d'autres troubles dont je ne me souviens plus le nom...c'est atroce Harry...je...

Le visage larmoyant et au désespoir Edan fit un pas vers lui et le brun comprit avec horreur qu'il allait venir se réfugier dans ses bras et pleurer sur son épaule.

Il recula de plusieurs pas, il ne pourrait pas lui cacher plus longtemps la haine et le dégoût qu'il lui inspirait si jamais il l'approchait de trop.

Il prit précipitamment congés, soulagé de s'éloigner de lui, mais la mort dans l'âme de devoir laisser Draco entre ses mains.

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Le reste de la journée Harry le passa à chercher des renseignements sur le docteur Stanton.

Mais il n'apprit rien de plus que ce qui était de notoriété publique.

C'était un psychiatre réputé, très respecté par ses confrères et ses clients, du côté Moldu comme sorcier, il possédait un cabinet à Londres qui ne désemplissait pas ainsi qu'une clinique.

Pour ce qui était de sa vie privée il était très discret, il était gay et ne s'en cachait pas mais n'en faisait pas étalage non plus, on ne lui connaissait aucun amant attitré.

En résumé Harry n'apprit rien de particulier.

Il décida donc qu'il en apprendrait sûrement plus en espionnant Edan et le médecin quand il étaient ensemble.

Et il décida de commencer le soir-même, il sentait que le temps était compté.

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Blaise s'arrêta après être descendu de l'autobus, et observa la place du petit village où ils se trouvaient, elle était déserte, on n'y voyait que deux vieillards assit sur un banc et qui les observèrent avec curiosité.

Il était rare que l'autobus s'arrête ici et que des gens en descendent.

« Qu'est-ce qu'on fait maintenant? Demanda Ron qui se tenait près de lui.

C'était les premiers mots qu'ils échangeaient.

« Il n'y a qu'une auberge ici, allons y réserver des chambres...bien que vu la foule des touristes on se battra sûrement pas pour en avoir! Ironisa t-il.

« Je te suis!

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La femme qui les reçut à l'accueil était sympathique et après leur avoir donné leurs clés elle répondit bien volontiers à leurs questions.

Ils apprirent ainsi que la famille d'Edan avait été riche et influente dans le passé, mais c'était il y a longtemps, la lignée avait été décadente, incapable, et tout l'argent et tout leurs patrimoine s'était envolés au fur et à mesure.

Quand Edan était venu au monde il ne restait plus que le domaine sur lequel se trouvait la demeure familiale, à demi en ruine, et sa mère était la dernière de la lignée.

Son père étant mort très tôt, Edan et sa mère avait vécut en solitaire dans la vieille demeure, n'en sortant guère et passant aux yeux de tous pour des excentriques que tous fuyait les rares fois où ils se pointaient dans le village.

Personne d'autre n'y avait vécut depuis le départ d'Edan et la maison était laissée à l'abandon.

Elle ne pu leur en dire plus, elle n'était pas originaire du village, mais elle leur indiqua comment se rendre jusqu'à la vieille demeure.

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« Heu...finalement pour le moment tout ce qu'il a dit semble vrai, et nous n'en savons pas plus! Fit Ron avec timidité alors qu'ils sortaient de l'auberge, après avoir déposé leurs bagages dans leurs chambres respectives et avoir prit un repas silencieux.

Le rouquin aurait bien aimé engagé une conversation pendant qu'ils mangeaient, mais l'air du Serpentard lui avait clairement fait comprendre qu'il n'avait aucune envie de discuter et il n'avait pas oser insister après sa première question tombée dans le vide.

Mais là ce dernier lui répondit.

« Pour le moment oui...peut-être que la maison nous apprendra quelque chose de nouveau.

La demeure se trouvait complètement à l'écart du village, isolée dans la campagne, et une grille fermée à clé leur en interdisait l'entrée.

Blaise prit sa baguette murmura rapidement une formule et elle s'ouvrit.

Ils remontèrent une longue allée de vieux marronniers et furent assez surprit en apercevant la maison, c'était en réalité un manoir très ancien, et encore plus grand que celui des Malfoy.

Mais il était vraiment en ruine, par le toit, dans lequel il y avait d'énormes trous ils virent des nuées d'oiseaux qui entraient et sortaient mais en dehors de leurs cris c'était le silence absolu et une atmosphère lourde et oppressante régnait.

« Cet endroit respire la tristesse et le malheur! Murmura Ron tandis qu'ils montaient les marches du large perron.

« Oui! Approuva Blaise sur le même ton.

Ils franchirent la porte d'entrée, qui ne tenait plus que par un gond, et se retrouvèrent dans un vaste hall encombré par les feuilles mortes, accumulées là certainement depuis plusieurs saisons, et où l'herbe poussait aux endroits où manquait le carrelage.

Un arbre, petit encore, avait même prit racine près d'un grand escalier qui menait à l'étage.

Lentement ils visitèrent les pièces du bas, toutes complètement vides, et à un moment Blaise qui regardait en l'air s'embroncha dans un carreau disjoint et fit une chute.

Ron qui le suivait se précipita vers lui.

« Tu t'es pas fait mal? S'inquiéta t-il tout en lui tendant une main secourable.

« Non, ça va! Répondit le Serpentard qui hésita un bref instant avant de la prendre, puis se décida à accepter son aide.

Il se remit debout, tiré par le rouquin, et ils se retrouvèrent face à face, leur mains se tenant toujours et se fixant.

Chamboulé par ce simple contact les yeux de Ron s'embuèrent et devinrent suppliant.

« Blaise! Souffla t-il.

Mais ce dernier se détourna brusquement.

« Allons voir à l'étage! Dit-il sèchement.

Dans un soupir malheureux le rouquin le suivit.

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A l'étage toutes les pièces étaient vides aussi mais dans ce qui avait dû être une chambre de belles dimensions ils découvrirent un placard mural, à peine visible tellement il était bien intégré dans le mur, et fermé à clé.

L'ouvrir fut un jeu d'enfant pour eux et à l'intérieur ils y découvrirent tout un tas de robes et autres artifices féminin suspendus sur des cintres, ils étaient couverts de poussière et certains étaient mangés par les mites.

« Pourquoi sont-ils restés là alors que tout le reste à disparut? S'enquit Ron...et à qui appartenaient-ils? À la mère d'Edan tu crois?

« A qui d'autre puisqu'ils ont été les derniers à vivre ici? Répondit Blaise qui écartait les cintres un par un.

Il avait l'impression de les avoir déjà vu et, fronçant les sourcils il les examina avec plus d'attention.

« Qu'est-ce qu'il y a? Demanda le rouquin qui le regardait faire.

« C'est bizarre mais j'ai déjà vu certaines de ces robes! Fit le Serpentard d'un ton songeur, il cherchait dans ses souvenirs...Narcissa! S'exclama t-il soudain...la mère de Draco, c'est sur elle que je les ai vu.

« Bah!...la mère de Draco et celle d'Edan devait avoir les même goûts vestimentaires! Fit Ron dans un haussement d'épaules...et elles ont achetés les mêmes sans le savoir.

« Non c'est impossible, jamais Narcissa n'aurait porté une robe qu'elle aurait risqué de voir sur une autre...elle était bien trop arrogante et imbue de sa personne pour ça, elle ne l'aurait pas supporté...toutes ses robes étaient des créations uniques, faites sur mesures et exprès pour elle, d'ailleurs la plupart elle les dessinait de sa main.

« T'es sûr?

« Absolument.

« Peut-être que la mère d'Edan faisait pareil et qu'elles ont eut par hasard les mêmes idées de modèles? Hasarda le rouquin, guère convaincu lui-même par sa théorie.

Blaise fit une moue plus que sceptique.

« Honnêtement ça te paraît plausible?...une fois bon peut-être, à la rigueur...mais plusieurs?...enfin pratiquement toutes d'ailleurs...le hasard et la coïncidence ont quand même des limites tu ne crois pas?

Tout en parlant le Serpentard continuait d'examiner les vêtements, les écartant, les tâtant, soulevant les manches, et à un moment un rectangle de papier rigide s'échappa de l'un d'entre eux et tomba sur le sol, près des pieds de Ron qui se baissa pour le ramasser.

« Qu'est-ce que c'est? Demanda Blaise.

Le rouquin se releva lentement, les yeux rivés sur ce qui était en fait une photo, puis les leva sur lui, dubitatif.

« C'est une photo...d'un enfant et d'une femme inconnue...Edan et sa mère non?

Blaise la prit et la fixa longuement en silence, sans répondre à Ron, l'examinant avec incrédulité.

En dehors de leurs couleurs de cheveux, bruns tous les deux, et de leurs traits qui ne leur ressemblaient pas, ils étaient la copie de Draco et sa mère, même vêtements et même coiffures.

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A la nuit tombée, tout vêtu de noir, Harry traversa en catimini le parc du manoir Malfoy et arrivé près de la porte d'entrée, il se cacha derrière un massif de rosiers.

Sous son tee-shirt noir, coincée entre la ceinture de son jeans et sa peau, il portait sa cape d'invisibilité bien pliée.

Elle n'était pas vraiment pratique pour se déplacer rapidement et il ne l'avait donc pas mise, mais à partir de là elle devenait nécessaire.

Il comptait tout bêtement entrer par la porte, il savait que Draco n'utilisait plus de barrière magique tout comme lui, le monde était en paix et ce n'était plus très utile, mais sans la cape il risquait de se retrouver nez à nez dans le hall ou ailleurs avec Edan ou le médecin, ou peut-être les deux en même temps.

Comment justifier sa présence à l'intérieur sans qu'il se soit annoncé? Ça paraîtrait sûrement suspect.

Inutile de prendre des risques inutiles, avec elle il pourrait les épier et les écouter tout à loisirs.

Il s'en revêtit, disparaissant ainsi totalement, et allait s'avancer quand la porte s'ouvrit en grand, il se plaqua aussitôt contre le mur et s'immobilisa.

Il vit Edan et le docteur Stanton sortir et s'arrêter sur le deuil.

Ils étaient accompagnés de deux autres hommes qui ressemblaient fort à des médecins eux aussi, la suite le conforta dans cette idée.

« Non cher confrère! Disait l'un d'entre eux...je suis désolé de vous le dire mais vu son état j'ai bien peur qu'il n'y ait pas d'autre choix que l'internement.

« Non! Gémit Edan qui se prit le visage entre les mains...non...sortez-le de là je vous en supplie!

« Allons, allons gardez espoir! Le calma Stanton en posant une main apaisante sur l'une de ses épaules...je vous ai dit que j'allais essayer un traitement que j'ai mit au point...je commencerais dés demain...soyez courageux.

Harry fronça les sourcils.

Le toubib n'était-il pas déjà en train de lui donner un nouveau traitement d'après ce que lui avait dit Edan?

Pourquoi mentait-il à ces hommes-là?

« J'ai bien peur que ce soit inutile! Intervint l'autre inconnu...je vous souhaite quand même bonne chance, il est normal pour un médecin de tout tenter pour son patient, et si une guérison était possible vous seriez sûrement le plus apte de nous tous à le lui amener, malheureusement je ne crois pas qu'elle soit possible...enfin faites ce que vous pouvez bien sûr, et je vous remercie de nous avoir présenter ce cas très intéressant, on retrouve chez lui plusieurs symptômes qui sont rarement réunis...j'espère que nos avis vous seront utiles et vous aideront, mais j'en doute!

A cet instant Harry comprit, c'était le traitement qu'ils lui donnaient qui faisait sombrer Draco dans la folie et ils l'exhibaient comme un animal de foire pour avoir des témoins de cette soi disant folie.

Aux yeux du monde le blond allait être considéré comme un pauvre malade mental, et plusieurs médecins pourraient en témoigner de bonne foi.

Ces deux toubibs se retrouvaient complices malgré eux, comment pouvaient-ils se douter qu'on leur avait présenter un malade fabriqué par deux monstres qui l'avaient eux-même amené à cet état?

Quelle raison auraient-ils de douter d'un confrère?

Stanton était réputé et apprécié de tous ses collègues, personne n'irait mettre son intégrité en doute en l'accusant d'une chose qui d'ailleurs ne leur viendrait certainement même pas à l'esprit.

Harry fut même certain qu'ils seraient outrés et indignés si quelqu'un leur en laissait seulement sous-entendre la possibilité.

Il serra les poings de colère et de haine.

Il ne parvenait toujours pas à comprendre ce qui les poussait à s'en prendre à Draco de cette façon, l'argent?

C'était une possibilité bien sûr et pour être honnête il n'en voyait aucune autre, même si quelque part ça ne le satisfaisait pas, ça ne collait pas, pourquoi ne pas tout bêtement le faire disparaître pour de bon dans ce cas? Ce serait plus facile et rapide.

Mais il n'y réfléchit pas plus, une seule chose s'imposait à lui pour l'instant, il devait absolument sortir Draco d'ici et le mettre hors de leurs portées.

Le blond n'était plus capable de se défendre lui-même, il était le seul espoir qu'il lui restait.

Sa décision fut vite prise, il n'abandonnerait pas son ange.

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A bientôt!