Bonjour à tous,
Je suis sincèrement désolée de poster ce chapitre que maintenant. J'ai eu un peu (beaucoup) de mal à écrire ces derniers jours. J'espère que vous apprécierez ce chapitre même si je dois avouer que ce n'est pas mon préféré. Je ne suis pas sure que le titre correspond vraiment mais j'avais un manque d'inspiration à ce niveau-là. Les reviews sont toujours les bienvenus.
Un grand merci à ceux qui lisent, postent et suivent cette fan fiction.
Je remercie particulièrement Kanli et ElodiePotter93 pour leurs commentaires.
Pour en revenir au chapitre 2, la signature de Siobhan ressemble à celle que nous avons.
Bonne Lecture à tous !
Chapitre 3
Le départ
Siobhan était sure à quatre-vingt-dix-neuf pourcent de rêver. La raison à cela ? La scène qui se produisait sous ses yeux n'était autre qu'un souvenir, un détail de sa mémoire qu'elle avait tenté d'oublier depuis tant d'années. Siobhan se remémora l'angoisse qui l'avait tiraillé cette nuit-là, la fraicheur d'une nuit d'hiver, le sang rouge encore chaud sur la neige. Les hommes balancèrent les corps meurtris les uns sur les autres dans un tas impressionnant. Sur le côté, un autre tas de cadavres brulaient depuis quelques minutes et Siobhan se rappela l'odeur immonde qui en émanait. L'aube ne tarderait plus à se lever et il fallait faire vite. La jeune femme donna encore quelques ordres par ci par là, et les hommes s'exécutèrent dans une discipline inqualifiable. Au bout d'une petite heure, les premiers rayons du soleil firent leur apparition tandis que les derniers corps finissaient de bruler. Des cernes sous les yeux, Siobhan tenta de lutter contre la fatigue qui l'assommait depuis la veille. Un seul clignement de ses yeux lui servit à la déstabiliser totalement. Siobhan se retrouva soudainement seule au milieu d'une centaine de cadavre. La neige avait, semblait-elle, disparut et la nuit avait refait son apparition. Siobhan était certaine que son souvenir venait de se terminer et laissait place à un cauchemar. L'angoisse la submergea, elle regarda autour d'elle. Pas l'ombre d'une personne dotée de vie, ni de bruit. Un calme glacial. Des bruits de pas se firent soudainement entendre. Des pas lourds qui se rapprochaient rapidement. Sa respiration se mit rapidement à accélérer, le bruit régulier des battements de son cœur vint lui frapper les tympans dans un rythme beaucoup plus soutenu. Un seul toucher au niveau de son épaule lui suffit. Tout se passa très vite. Les yeux derechef ouverts, Siobhan attrapa le couteau sous son oreiller, effectua une prise de combat pour déstabiliser son adversaire et s'assit sur lui prés de son visage de sorte à maintenir plus fermement le couteau au niveau de la gorge. Ce ne fut qu'à cet instant qu'elle comprit que le cauchemar était terminé. Siobhan se tenait sur Kili. Le nain la regarda, ne comprenant pas vraiment ce qu'il venait de se passer. Derechef, la jeune femme se releva et tendit une main moite au nain. Kili accepta volontiers l'aide de Siobhan.
« Pardonne moi je ne voulais pas te faire peur, s'excusa Kili, gêné.
-Non c'est moi, je ne sais pas ce qui m'a pris.
-Mauvais rêve ? lui demanda gentiment le nain.
-Ouais, s'enquit Siobhan passant une main dans ses cheveux. Kili, encore une fois…
-ça va ne t'inquiète pas, je venais seulement te réveiller et te prévenir qu'on part dans une heure. Tu devrais prendre une douche.
-Bonne idée.
-Siobhan ?
-Oui ?
-ça va aller ? S'inquiéta le brun.
-Non Kili tu ne viendras pas sous la douche avec moi, ironisa la jeune femme.
-J'aurais essayé. »
Kili quitta la chambre suivit de Siobhan quelques instants plus tard. Elle regagna la salle de bain rapidement. Siobhan ferma soigneusement la fenêtre de la salle de bain avant d'ouvrir le robinet d'eau chaude. Après s'être préalablement déshabillé, la femme rejoignit l'eau brulante. Cette sensation lui procura un plaisir intense et de longues minutes passèrent. Siobhan profita de cet instant d'extrême confort pour ne penser à rien d'autre qu'à l'eau chaude qui lui parcourait le corps. Plus d'une demi-heure défila. La seule femme du groupe laissait toujours son esprit vagabonder dans la chaleur qui régnait dans la salle de bain. Un toquement sur la porte interrompit sa sérénité.
« Siobhan ? Lança Thorin.
-Thorin, que me vaut l'honneur de votre visite ?
-Nous partons dans une vingtaine de minute et je pense qu'il serait préférable que vous veniez déjeuner.
-Très bien, j'arrive. »
Rapidement Siobhan se retrouva en compagnie de tous les nains dans la salle à manger. Elle lança un large sourire à son nain préféré qui lui répondit par ce même regard froid que la veille.
« Vous m'avez manqué cette nuit Dwalin.
-Humm »
Elle se faufila entre Balin et Thorin.
« Par où comptons nous passer ? demanda sérieusement Siobhan.
-Par les prairies de l'Est, et le lac de Lanton pour commencer, annonça Gandalf.
-Je connais l'endroit, il faudra être prudent près du lac. Les vagabonds se réfugient souvent là-bas. Les cachettes y sont nombreuses, la viande abondante et le lac constitue un point d'eau non négligeable.
-Comment sont les routes ? La questionna Gandalf.
-Acceptable à cheval.
-Tant mieux, c'est tout ce dont nous aurons besoin, termina Gandalf.
-Qu'en est-il de Bilbo ? demanda Fili.
-Il ne viendra pas, s'enquit Thorin.
-Je suis convaincu qu'il finira par changer d'avis.
-Moi aussi, il est petit, il est discret, il peut nous être très utile, ajouta Siobhan.
-Il est hors de question que l'un d'entre nous le supplie de venir. Il a refusé, la discussion est close.
-Après tout c'est votre quête, murmura la jeune femme, tête baissée.
-Pour une fois nous sommes d'accord, cracha Dwalin.
-Il est temps de tout ranger. On part dans dix minutes, annonça Thorin en se levant. »
La compagnie lui emboita le pas et commença à exécuter les ordres de leur Chef. Les minutes filèrent et les nains terminèrent leur tâche dans un timing impeccable. Tandis qu'ils quittèrent un par un la maison du hobbit, Siobhan attrapa discrètement le contrat du hobbit dans l'une des sacoches de Balin et le posa délicatement près de la cheminée éteinte. La jeune femme lança discrètement un regard autour d'elle et finit par rejoindre ses compagnons de voyages. N'étant pas plus haute qu'un nain, Siobhan avait hérité d'un poney en guise de monture et ce fut intérieurement qu'elle maudissa le responsable de cette plaisanterie douteuse. Elle soupçonna Dwalin qui ne cessait de la regarder une lueur de victoire dans ses yeux gris.
« Je me vengerais, murmura Siobhan pour elle-même. »
Thorin à la tête de la compagnie, cette dernière commença son voyage par son départ de la Comté et les nains ne perdirent pas une minute pour parier sur la venue de ce pauvre Bilbo.
« Quand pensez-vous Gandalf ? demanda Nori. Vous pariez ?
-Je mise sur le fait qu'il nous rejoindra.
-Vous avez tort ! Vous allez tout perdre.
-Vous savez Dori, on ne vend pas la peau d'un ours avant de l'avoir tué.
-Siobhan, ça vous tente ? demanda Bofur sur un air de défi.
-ça m'ennuierait de prendre l'argent de Nori.
-C'est plutôt moi qui serait désolé de vous priver de tous vos biens, s'enquit Nori. »
Les nains s'esclaffèrent à l'exception de Thorin. Ce dernier se tourna vers Nori, le regard noir.
« N'oublie pas ce que je t'ai dit Nori, le menaça Thorin.
-J'ai dû rater quelque chose, s'exprima Siobhan.
-Vous pariez oui ou non ?
-Très bien.
-Non mais qu'elle idée d'amener un hobbit avec nous, lança Ori, c'était une perte de temps de venir ici.
-Vous n'auriez pas dû parier Siobhan, murmura Thorin.
-Pourquoi ? Je suis sure de gagner de toute façon et puis ce sont eux qui ont commencé.
-Attendez, cria Bilbo au loin, attendez. »
Tous s'arrêtèrent. Bilbo, muni d'un sac de voyage visiblement bien garni, se tenait devant Balin.
« Je l'ai signé, affirma le Hobbit. »
Balin examina le document de plus près sous les sourires malicieux de Gandalf et Siobhan.
« C'est drôle, je pensais que je l'avais récupéré après votre refus d'hier.
-Je l'ai trouvé près de la cheminée, annonça Bilbo. »
Siobhan devint soudainement rouge écarlate. Thorin comprit alors que la jeune femme était derrière tout ça. Lorsque leurs regards se croisèrent le roi nain lui fit savoir que cela lui déplaisait fortement. Siobhan baissa les yeux sur le crin de son poney.
« En route, et donnez-lui un poney, ordonna Thorin.
-ça ne sera pas nécessaire, j'ai déjà fait des randonnées jusqu'à la grenouillère et … »
Kili et Fili ne lui laissèrent pas le temps de terminer sa phrase. Bilbo se retrouva sur un poney répondant au nom de myrtille. Il fit en sorte de garder la tête le plus loin possible de cette créature. Pendant ce temps, Thorin lançait quelques regards discrets à Siobhan qui voyageait près de lui. La jeune femme resta silencieuse un bon moment avant de lever les yeux au ciel exaspéré par les regards silencieux du nain.
« Pour l'amour du ciel Thorin, dites-moi ce que vous avez sur le cœur que ça se termine.
-Pourquoi avez-vous volé le contrat ?
-Volé ? C'est un bien grand mot, je l'ai seulement…emprunté.
-Le hobbit n'a pas sa place parmi nous. »
Pour la première fois de sa vie, Siobhan se sentit mal face au nain. Cette phrase lui rappelait soudainement des événements de son passé qui ne lui plaisait guère et Siobhan avait fini par se lasser de compter les fois où on lui avait craché ces mots. Elle fit ralentir son poney et rejoignit le hobbit qui se trouvait proche de Gandalf.
« Allez Nori il faut payer, lança Bofur. »
Plusieurs bourses de pièces d'or volèrent à travers les nains devant l'air d'incompréhension de Bilbo.
« Vous avez parié ? demanda le hobbit.
-Oui sur les chances de vous voir arriver, répondit sereinement le magicien.
-Et vous Siobhan ?»
Le hobbit obtint rapidement sa réponse en voyant la jeune femme recevoir son dû. Ils se sourirent mutuellement.
« Comme je le disais à Thorin, j'étais sure que vous viendrez.
-J'espère que ce n'est pas une erreur, murmura Bilbo.
-Vous ne pourrez en sortir que plus fort, affirma le magicien. »
Pendant une très longue partie du voyage, Siobhan resta avec Bilbo qui lui énumérait les habitudes des hobbits, leur gout prononcé pour l'herbe à pipe et la bière et l'amour de la tranquillité.
« Sans vouloir vous blesser, il me semble que vous êtes bien plus courageux que les autres.
-Croyez-moi, chez nous, être courageux est un vilain défaut.
-c'est normal d'avoir peur du changement.
-Les Hobbits n'ont pas peur ils sont seulement…
-peu curieux ?
-C'est exactement ça et cela fait plus de trois heures que nous parlons des hobbits.
-Et je trouve que c'est un sujet passionnant.
-Pourquoi ne pas me parler de vous ?
- …Moi ?
-Oui, votre vie. J'ai entendu dire par les nains que vous veniez d'Edoras. Vous y avez vécu toute votre enfance ?
-Vous savez Bilbo ma vie n'est pas intéressante.
-Je suis sûr qu'elle est. J'aimerais sincèrement en savoir plus sur vous, s'empressa Bilbo. »
Gandalf, qui se tenait à quelques mètres des deux personnages, vit l'ombre d'une inquiétude dans les yeux de la jeune femme comme la veille. Il l'a senti mal à l'aise devant l'insistance du hobbit.
« Eh bien, commença Siobhan hésitante, j'ai passé toute ma jeunesse là-bas. J'y ai appris à me battre.
-Tu avais un maitre d'arme ? demanda Fili réellement intéressé.
-Non.
-Alors qui ?
-Mon père. Il était forgeron mais maniait l'épée comme personne.
-Tu as des frères et sœurs ? La questionna Kili.
-Non je suis fille unique.
-Où avez-vous appris autant de chose sur l'art du raisonnement ?
-Un sage…me l'avait enseigné.
-Comment s'appelait-il ? Peut-être le connaissais-je.
-Il ne venait pas d'Edoras.
-Mais je connais beaucoup de monde dans cette terre jeune fille.
-Ce n'est pas comme si vous aviez fait toute la Terre du milieu.
-Ah oui ? Quand savez-vous ?
-Si on prend comme acquis le fait que vous soyez resté quelques temps à chaque endroit visité afin d'y rencontrer du monde plus la route plus le nombre… »
Dwalin leva les yeux au ciel, exaspéré par les calculs inutiles de la jeune femme. Il soupira brièvement.
« Et la voilà qui recommence, s'indigna Dwalin.
-donc cela vous ferez…non, j'ai dû me tromper. Vous n'avez quand même pas…
-L'âge est un détail qu'on ne mentionne pas pour les vieux hommes comme moi, l'interrompit Gandalf.
-En parlant de ça, quel âge avez-vous ? demanda le hobbit à la seule femme. »
Les poneys s'arrêtèrent soudainement, semblant attendre la réponse de la jeune femme. Aucun d'entre eux ne s'était vraiment posé la question.
« Alors ? demanda impatiemment Dwalin.
-Je tiens à préciser que je suis majeure…pour la race des hommes.
- L'inverse aurait été très contraignant, déclara Balin. »
La nuit commença à tomber quelques heures plus tard. La compagnie prit congés sur une falaise qui bordait de petites rivières d'eau fraiche. Thorin avait transmis à tous une tâche bien définie. Lorsque Bombur eut terminé la préparation du repas qui consistait à une soupe à la viande, tous se rassemblèrent autour d'un feu.
« Pour notre premier repas, je m'attendais à pire, murmura Bilbo.
-Moi aussi. »
Le repas terminé, les premiers nains s'endormirent rapidement. Seul Kili, Fili, Gandalf, Bilbo, Siobhan et Thorin étaient encore éveillés. Le magicien s'était réfugié sous un arbre, fumant sereinement sa pipe. Bilbo se trouvaient près des neveux de Thorin. Ce dernier avait trouvé refuge à quelques mètres de la compagnie, sur un gros rocher plat. Siobhan l'observait depuis quelques minutes et elle se décida alors à le rejoindre. Au bruit de son arrivée, le roi nain tourna brièvement le regard vers la jeune femme avant d'esquisser un sourire.
« Vous n'avez pas été très bavard ce soir, observa Siobhan.
-J'étais perdu dans mes pensées.
-Que signifiait ce chant hier soir ?
-Le malheur des nains d'Erebor.
-C'était une très belle chanson.
-Les chansons les plus tristes sont souvent les plus belles.
-C'est un fait.
-…Combien est-ce la majorité chez les hommes ? La questionna Thorin.
-Est-ce une façon dérisoire de me demander mon âge ?
-ça aussi c'est un fait.
-Je ne sais pas si c'est une bonne idée.
-Quoi dont ?
-Que vous ayez connaissance de mon âge, lui répondit Siobhan.
-De quoi avez-vous peur ? »
Siobhan se posa soudainement la même question. Ce fut rapidement, beaucoup trop selon elle, que la réponse lui vint. Elle craignait qui la trouve trop jeune. Siobhan comprit que la véritable question n'était pas de connaitre l'origine de cette peur mais plutôt de savoir si elle craignait son jeune âge pour l'aventure ou le beau nain. Il était certain qu'elle le trouvait séduisant. Et ses yeux, d'un bleu gris si clair que la première fois où leur regard s'était croisé dans l'auberge du poney fringant elle avait eu l'impression de perdre tous ses moyens, subjugués par tant de beauté.
« Vingt-cinq ans, murmura-t-elle, j'ai vingt-cinq ans.
-L'équivalent de l'âge de Kili.
-Je ne sais pas comment je dois le prendre, avoua Siobhan. »
Siobhan posa son regard dans les yeux bleus gris de Thorin. Le roi nain sentit soudainement les pulsations de son cœur s'accélérer. Elle venait de le toucher. Ses lèvres s'écartèrent en un magnifique sourire et Siobhan ne put s'empêcher de lui rendre avec autant de convictions. Cet instant si beau pour la jeune femme fut soudainement réduit par un cri sourd.
« Qu'est-ce que c'était ? demanda Bilbo, inquiet.
-Des orcs, annonça Siobhan.
-Des orcs ? Paniqua le hobbit.
-Ce sont des égorgeurs. Il y en a des dizaines dans le coin.
-Les terres solitaires en sont infestées.
-Ils attaquent au petit jour, vite sans un bruit sans un cri mais des mares de sang. »
Le visage de Bilbo passa du rose au blanc. Bien qu'il ne savait guère à quoi ressembler un orc, le hobbit tenta d'effacer toutes images de monstres de son esprit. Devant ce spectacle les deux frères ne purent empêcher de rire brièvement. Thorin se leva alors, et rejoignit ses deux neveux le regard mauvais. Les sourires moqueurs disparurent soudainement.
« Vous trouvez ça drôle ? Vous pensez qu'une attaque d'orc est une plaisanterie, s'énerva Thorin.
-On ne pensait pas à mal, s'excusa Kili.
-Non vous ne pensiez pas. »
Pendant ce bref instant de tension, Siobhan était revenu près de Bilbo qui avait pris place contre un rocher près du feu de camp. Thorin, quant à lui, était retourné là où il avait été précédemment. Le cri perçant de l'orc avait réveillé Balin qui venait à l'instant de se joindre aux autres.
« Ne t'en fais pas mon gars, Thorin a plus de raison qu'un autre de détester les orc, s'exprima Balin. »
Balin raconta alors la bataille d'Azanulbizar. Peu à peu les nains se réveillaient écoutant silencieusement le sage. Balin prononça le nom d'Azog et un long frisson glacial parcourut la colonne vertébrale de Siobhan.
« Après que le dragon ait pris la montagne solitaire le roi Thrain voulait reconquérir l'ancien royaume des nains. Mais notre ennemi était déjà sur la place. La Moria avait été prise par des légions d'orc conduite par le plus ignoble de toute leur race : Azog le Profanateur. Le grand orc de Gundabad s'était juré d'éliminer la lignée de Durin. Il commença par…décapiter le roi. Thrain, le père de Thorin devint fou de chagrin. Etait-il prisonnier ou mort ? Nous n'en savions rien. Nous étions sans chef, vaincu et la mort nous guettait. Et c'est là que je l'ai vu. Un jeune prince nain affrontait l'orc pale. Il se battait seul contre cet ennemi redoutable. Sans arme ni bouclier, seulement avec une branche de chêne pour se protéger. Azog comprit alors qu'il ne serait pas si aisé d'éliminer la lignée de Durin, continua Balin, nos forces se rassemblèrent et repoussèrent les orc. Notre ennemi avait été vaincu. Mais il n'eut ni chant ni joie cette nuit-là. Nous étions très peu à avoir survécu. Et c'est là où je l'ai vu et je me suis dit alors qu'il en aurait un que je pourrais suivre, un que je pourrais appeler roi.
-L'orc pâle, qu'est-il advenu de lui ?
-Il a regagné le trou d'où il était sorti. Cet être infâme est mort de ses blessures depuis longtemps. »
Le regard inquiet qu'échangèrent Gandalf et Balin n'échappa pas à Siobhan.
« Dormez maintenant, Kili, Fili, vous prenez le premier tour de garde, ordonna le roi. »
Les nains à l'exception des frères regagnèrent leur place. Quelques instants plus tard, tandis que tous se trouvaient dans les bras de Morphée, Siobhan ne semblait en aucun cas apte au sommeil. Allongée dans une couverture chaude, les yeux grands ouverts, cette nuit-là fut terriblement longue pour la seule femme du groupe.
Sur la falaise opposée, cachée par la nuit et le brouillard, un orc fixait le camp de la compagnie. Un sourire victorieux sur les lèvres, il demanda aux autres de lui amener le messager du groupe.
« Dis au Maitre que nous avons retrouvé ces sales nains et que La fille du feu est avec eux. »
