The Originals

Chapitre 3 : Bloodletting – Partie 2 (« Effusion de sang » )

Auteur : Lovy-San

Genre : Yaoi, OOC, UA, Lemon&Lime, Drame, Romance et Humour

Disclaimer : Je bataille actuellement avec mon avocat. Inventer des personnages inexistants en leur donnant le nom de personnages d'une histoire, c'est du plagiat ? Au cas où, on va dire qu'ils appartiennent à J.K.R :)

Mot de l'auteur : Tadam ! La suite arrive ! Au moment où j'ai écris le chapitre, l'épisode 13 de la saison 2 était sorti la veille, amenant avec lui de nouvelles idées pour la suite (mais pas de spoil tout de même ^^). Ce chapitre fait 7415 mots, il a été assez rapide à écrire et j'espère que ça vous plaira autant ! Je vous souhaite aussi un bon 1er avril et plein de surprises (agréables j'espère ! ^^).

NB : Ma bêta m'a posé la question hier, alors pour ceux qui se la posent aussi : oui, le one-shot "Oliver's diary" a lieu bien après tout ces évènements.

Je signalerais quand il chevauchera cette intrigue, ne vous en faites pas :)

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture :)


La nuit était tombée la Nouvelle Orléans quand Marcus ouvrit brusquement les yeux, ses poumons s'ouvrant douloureusement à la recherche d'air comme il revenait à la vie. Décidément, après plus de mille années d'éternités il n'arrivait toujours pas à s'habituer à la sensation de son corps remis en fonctionnement. Il avait sûrement dû mourir étouffé dans le flot de sang de sa gorge après son évanouissement. La respiration rauque, il remua ses membres et étira son dos, constatant qu'il avait été mis en position latérale de sécurité. Il toussa un moment pour dégager les caillots de sang qui gênaient sa gorge et ses poumons et se releva en voyant Blaise marcher jusqu'à lui en lui tendant une chemise propre. L'hybride s'en saisit et rejeta celle qui portait. Souillée comme elle l'était, elle serait irrécupérable.

- Comment ce petit con a pu boire de la verveine ? siffla Marcus. Je vais lui faire sauter ses jolies petites dents...

- Il a été enlevé, Marcus.

L'hybride originel se tourna vers lui, torse nu. Comment ça, enlevé ? Ce gamin était vraiment un aimant à merde... Enfin, ça il ne pouvait pas trop lui en vouloir. Après tout, Marcus avait toujours été chassé par son père et les ennemis le voulant mort s'étaient répandus partout où il avait posé les pieds. La nouvelle du retour dans sa ville avait dû les attirer et si le lien était connu d'eux, le gamin allait certainement prendre cher...

- Draco est partit à sa recherche et il pense que la verveine était un moyen de le neutraliser pour le transporter.

Le Noir regarda l'autre enfiler la chemise ocre avant de s'essuyer le visage avec un mouchoir en tissus.

- D'abord un lien entre lui et moi. Puis le cercueil d'Adrian qui disparait et l'autre qui se fait enlever. Rien n'est logique, lança Marcus en grattant le sang coagulé sur son menton.

- Que dis-tu ?

- Réfléchis un peu. Attaquer comme ça, sur tout les fronts c'est totalement stupide si c'est pour nous faire sortir de la maison. Ce sorcier doit savoir que nous avons le pieu en chêne blanc, mais ce n'est pas ça qu'il cherche... Le cercueil d'Adrian est le même que...

Ses yeux s'arrondirent alors qu'il se tournait pour attraper le col de Blaise.

- Il cherche le cercueil de notre mère !

- Mais pourquoi ? Elle est définitivement morte, tu l'a tué toi-même, Marcus. Il ferait quoi d'un cadavre ?

- Notre mère était la sorcière la plus puissante de son époque. C'est sa magie qui nous a transformés... Aide-moi un eu peu, bordel ! C'est toi l'ancien sorcier !

- Marcus calme-toi ! Se disputer est la dernière chose que nous devons faire. Tu l'as toujours dit, on doit se concentrer sur les priorités ! Et là, la priorité c'est de sauver le gamin.


Oliver s'était endormi un court instant. Le manque de sommeil, son enlèvement ainsi que la panique qui s'en était suivie avaient achevés de ruiner ses nerfs et il s'était assoupi, maintenu debout par les bracelets de métal. Quand il émergea de son somme, la chapelle était silencieuse. La bougie se consumait lentement sur la table, émettant une lumière chaleureuse dont les ombres oscillaient sur les murs. Un lancement provenait de son épaule à force d'être immobilisé et il n'avait plus de force dans les jambes. Ses yeux lui brûlaient mais il se jura de ne plus pleurer. Ses nerfs mis à dure épreuves lui criaient de se débattre, de s'accrocher à la vie autant que sa condition le lui permettait. Le regard marron du vampire noir restait en lui." Demain, je viendrais te chercher, tu n'es pas en sécurité ". Quel idiot il avait été de l'ignorer. Après mûre réflexion, il voulait bien qu'on vienne le sortir de là maintenant...

Oliver tapa le sol de son pied gauche pour en chasser les fourmis qui l'envahissaient. Il jura quand son orteil se cogna contre quelque chose de dur. En se contorsionnant il remarqua qu'il avait tapé dans ce qui ressemblait au bras cassé d'une statue de pierre usée. Un sourire étira ses lèvres et il secoua la tête de dépit en reconnaissant la pseudo arme de Marcus. Au moins il se sentait moins seul avec ses armes improvisées...

Son pied retourna le morceau de pierre et tapota dessus à un rythme régulier. Ne pas dormir... il ne devait pas dormir... Ce petit manège dura deux minutes puis il s'en lassa comme la fatigue reprenait le dessus. Il somnola de nouveau durant une dizaine de minutes avant de se redresser en entendant la porte s'ouvrir. Theo rentrait de sa petite escapade, le poing gauche remplit de fleurs violettes. Une lueur de panique passa dans ses yeux, depuis l'épisode de la verveine, il était décidé à se méfier de toutes les plantes bizarres que Theo manipulerait.

- Tu es réveillé ? demanda Theo en lui tournant le dos.

Oliver ne répondit pas, la mort dans l'âme. Forcément, il préférait rester éveillé pour savourer les dernières minutes de sa vie. Enfin, au plus profond de lui, il gardait quand même le minuscule espoir qu'on vienne le sauver. Après tout, il ne lui restait plus que ça... Il pencha la tête sur le côté en voyant Theo prendre un grand bocal remplit de poudre blanche qu'il répandit par terre devant la porte. Accroupit, les mains à plat sur ce qu'Oliver pensa être du sel, il murmura encore les paroles incompréhensibles pour le jeune homme. Une fois son sort lancé, il revint vers la table en bois où il étala plusieurs parchemins. Sans adresser un seul mot à son captif, il attrapa un bol au fond duquel il posa le fameux petit couteau. Oliver baissa les yeux au sol en se mordant la joue.

- Theo. Si je te dis où trouver leur arme, tu me délies de lui ? tenta Oliver.

Le brun se tourna vers lui en souriant.

- Tu te sens prêt à marchander ? Désolé mais il est trop tard. J'ai approfondi le lien quand tu dormais. Sais-tu quel jour nous sommes ?

- Le même jour que l'année dernière, non ? lança Oliver, sarcastique.

- Très drôle. Nous sommes le 21 juin, le jour du solstice d'été et la lune possède des propriétés magiques puissantes. Les Originels ont été créés lors d'un évènement similaire. Ce sera ta dernière nuit.

- Pourquoi tu fais ça ? demanda Oliver tandis que l'autre lui tournais le dos à nouveau.

- Je t'ai déjà répondu, c'est nécessaire. Tu ne seras qu'un... dégât collatéral.

- Je te faisais confiance.

- Et je t'en remercie.

Le jeune homme se mordit la langue pour ne pas hurler de rage. De toute évidence, tenter de raisonner Theo était foutu d'avance, il allait mourir de manière horrible. D'ailleurs, comment son ancien ami allait-il s'y prendre ? Le couteau dans le cœur ? Non, son niveau de sadisme semblait s'être accru de plus en plus, alors il envisagea toutes les possibilités les plus cruelles, grimaçant silencieusement. Quoi qu'il pouvait advenir, Oliver jura intérieurement de ne pas crier.

Restes calme, fit une voix retentissante dans son esprit.

Oliver cru d'abord que c'était Theo qui avait parlé, mais la voix grave répéta sa phrase dans son esprit. Puis un sourire franchit ses lèvres et il retint un rire. Allons bon, il devenait schizophrène maintenant...

Cesses de penser à ces inepties. Tu n'es pas fou. Ne paniques pas, continua la voix.

Si je ne suis pas fou, qui es-tu ? Une création de Theo ? tenta Oliver, les yeux obstinément fermés.

Je ne connais pas ce sorcier. Tu n'as pas besoin de savoir qui je suis. Ce que tu dois faire c'est m'écouter.

Je vais vraiment mourir ? Tu es mon ange gardien alors ?

Je ne suis pas un ange gardien et tu ne mourras pas. L'ainé Originel approche de la chapelle. Fermes les yeux et suis ma voix.

Non, Theo va me tuer...

Ne te préoccupe pas de Theo ! lâcha la voix, d'un ton sec et sans appel. Gardes les paupières closes et suis ma voix. Tu vas t'en sortir. Détends ton corps.

Je ne peux pas.

Cesses de lutter. Voilà, c'est bien. A partir de maintenant nous allons compter ensemble.

Oliver s'exécuta en silence, bercé par la voix chaleureuse. Rauque, elle était reposante et avait un ton hypnotisant qui chassa ses peurs. Les yeux clos, sa tête se baissa comme il s'endormait, suivant toujours la voix en lui alors que son rythme cardiaque ralentissait.


Les mains dans les poches de son costume, Draco avançait lentement de son pas mesuré qui tranchait totalement avec son activité intérieure. La chapelle se dressait devant lui, pitoyable et usée par le temps. La nature avait repris ses droits en recouvrant les pierres basses de mousse et le lierre grimpant s'était incrusté sur les murs. Nerveusement, il passa une main sur son visage fermé et rejeta ses cheveux en arrière.

L'Originel s'arrêta face à un parterre de fleurs violettes semblables à celle qu'il gardait enveloppée dans le mouchoir de la poche de son costume. L'envie de brûler les fleurs d'aconit le traversa mais il la repoussa car il avait bien plus urgent à faire. Un courant d'air passa près de lui, dérangeant ses mèches blondes et l'air s'emplit d'une douce senteur de rose. Un sourire étira ses lèvres fines et il ramassa une pierre par terre qu'il fit rouler lentement entre ses doigts alors qu'il avançait près de la chapelle.

- Vous êtes en retard, ma chère.

Un rire cristallin lui parvint et il se retourna lentement en entendant le claquement de talons sur le bord de la route derrière lui.


La lune se levait lentement quand Blaise décolla enfin du divan. Marcus restait immobile, planté devant la fenêtre à contempler l'astre rond. Le Noir s'approcha d'une démarche calme, les mains croisées dans le dos.

- Lugnasad approche, mon frère.

- Elle n'aura lieu que le mois prochain. Et puis plus personne ne la célèbre de nos jours. Le premier août est devenu un jour comme les autres.

Blaise tira le voilage sur le côté et regarda le ciel illuminé.

- Les constellations indiquent une concentration lunaire importante. Mars s'aligne pour une nuit rouge, tout les sacrifices seront acceptés.

- Je sais ce qu'est une nuit rouge, grogna Marcus. Je sais aussi ce qu'elle implique. Draco a retrouvé le morveux ?

- Il est en chemin.

- Je vais le rejoindre. Dis-moi où il est parti.

Une main chocolat se posa sur son épaule musclée. L'autre fit rouler ses muscles pour se dégager mais la prise se raffermit. Marcus planta son regard assassin dans celui de son frère, l'enjoignant aussi poliment que possible à le lâcher.

- J'aimerais vraiment que tu puisse venir, mais Draco a été clair. Pas cette fois.

Avant que Marcus ne puisse répliquer, Blaise déplaça sa main sur sa nuque qu'il brisa sèchement, sans cérémonie. Le brun s'effondra dans ses bras comme une marionnette désarticulée et le Noir le souleva pour l'allonger sur le divan. Blaise lâcha un soupir énervé avant de quitter la demeure. A son réveil, l'hybride entrerait dans une colère noire et il aurait beaucoup de chance s'il s'en sortait sans échanges de coups. A l'image de l'homme qui l'avait élevé, le brun ne tolérait pas les traitrises et les coups dans le dos, bien que sa mauvaise foi naturelle faisait qu'il ne se privait pas pour en user lui-même.

Le vampire sortit dans les rues festives. Les lampadaires éclairaient la ville d'une lumière jaune qui se mélangeait avec les couleurs bariolées des tenues de fêtes des touristes déambulant et dansant sur les airs de jazz des orchestres du coin. Blaise se confondit parmi eux, son odorat flairant une odeur suspecte de loup. Il décida néanmoins que ce n'était pas sa priorité et choisit de filer vers la route nationale. Draco lui avait envoyé les coordonnés de la chapelle et il y parvint rapidement, filant aussi vite que le vent.

L'Originel blond était assit sur une pierre, fixant la porte en bois pourri, immobile comme une statue à la beauté froide. Blaise s'avança.

- Elle est arrivée ?

- Oui, elle fait le ménage, répondit l'autre en se levant après avoir épousseté son costume. Comment va Marcus ?

- Il fait une petite sieste.

Les deux frères s'approchèrent de la porte et Draco ramassa une pierre qu'il fit rouler entre ses doigts. Blaise fixa le caillou prendre de plus en plus de vitesse avant que le blond ne mette un pas en arrière. Avec l'agilité et la grâce d'un athlète, le vampire banda son bras en arrière et lança l'objet qui fusa et transperça la porte la bois. Il réitéra la manœuvre et en moins d'un minute, l'obstacle de bois fut pulvérisé. Un coup de pied suffit à ce qu'elle tombe en morceau à l'intérieur mais Draco se brûla en voulant entrer et il recula d'un pas en sifflant d'amertume. Blaise s'approcha et le blond tendit à nouveau une main vers l'encadrement de la porte. La barrière invisible lui brûla la main et il fit claquer sa langue contre son palais. Un jeune homme entra dans leur champs de vision, les mains enfoncées dans les poches de sa veste en cuir. De grande taille et pourtant longiligne, sa silhouette élancée lui donnait une certaine allure, ainsi que son visage clair au sourire narquois et ses cheveux noirs corbeaux aux mèches rebelles décoiffées avec art. Il devait avoir le même âge qu'Oliver.

- C'est ça, Theo ? demanda Blaise en affichant un air faussement déçu. C'est qu'un gosse...

Draco ignora les sarcasmes du Noir et resta droit, fixant les yeux sombres du présumé sorcier.

- Tu n'es qu'un gamin donc nous serons cléments avec toi. Relâches l'humain et je m'engage à ne pas te faire de mal.

Theo ricana et roula des yeux. Il s'approcha de l'encadrement sans pour autant sortir et fixa les deux vampires.

- C'est trop tard. La pièce est immunisée contre les Originels et quand la lune sera à son point culminant, je le tuerais, l'hybride avec. La connexion s'approfondit de plus en plus, ils mourront en même temps et l'équilibre de la nature sera restauré.

Blaise eut un tic nerveux. En anéantissant Marcus, toute la lignée de vampires qu'il avait engendrés allait s'éteindre, ce qui soulèverait le problème de la guerre de clans. Les proches voudraient se venger et tuer tout les sorciers de la Nouvelle Orléans jusqu'à ce qu'ils trouvent le bon. A ça s'ajouteraient les loups qui avaient un pacte avec les sorciers et une guerre civile surnaturelle détruirait la ville, anéantissant tout ce qu'ils s'étaient efforcer de créer... Le gamin savait-il réellement ce qu'il allait provoquer ?

Draco pencha la tête sur le côté et remarqua Oliver attaché, le menton sur la poitrine. Il semblait évanouit mais l'Originel pouvait entendre les battements de son cœur. Ils étaient réguliers mais horriblement espacés, donnant l'impression que le jeune homme était en transe. Le blond préféra garder ses pensées pour lui-même et reporta son attention sur le sorcier. En mille années d'éternités, il avait dû plus d'une fois traiter avec des sorciers, que ce soit pour des sorts de dissimulation ou des traités de paix durement négocié et il pensait avoir tout vu, de la sorcière manipulatrice au voyageur énamouré en passant par le psychopathe qui avait tenté de les tuer. Mais ça, un gamin à peine sortit de l'université et aussi orgueilleux et prétentieux, il ne l'avait jamais vu...

Le sourire mauvais de Theodore s'agrandit et il écarta les mains en un geste se voulant ouvert. Blaise le fixait, étudiant chacun de ses mouvements.

- Je dois vous laisser, fit Theo en désignant l'astre lunaire. J'ai à faire, vous pouvez admirer le spectacle, libre à vous.

Le sorcier retourna à ses préparatifs sous le regard des deux vampires. Draco le menaça une fois de plus mais c'était comme s'il parlait dans le vide.

- Laisse, autant pisser dans un violon, on aura le même résultat...

Draco passa sa main sur l'encadrement de pierre. C'était à l'intérieur-même de cette pièce qu'il avait sauvé Marcus et tué son père. Paradoxalement, c'était dans cette pièce aussi que la vie de son jeune frère était de nouveau menacée, à part que cette fois-ci, il n'était qu'un spectateur impuissant. Dans la pièce, Theodore commençait à incanter, les yeux fermés en tenant un petit couteau argenté. Draco attrapa Blaise, lui broyant presque le bras dans sa hâte.

- La chapelle est immunisée contre les Originels, n'est-ce pas ? rappela Draco à voix basse.

Ses long doigts fins effleurèrent la pierre brute comme ses yeux gris fixaient le Noir. Blaise pencha la tête sur le côté, scrutant les prunelles du blond. Le message silencieux fut compris. Un cri résonna dans la campagne vide avant de se terminer brutalement. Draco s'adossa au mur calmement, les mains dans les poches de son pantalon, son menton se dirigeant vers le ciel. D'autres cris suivirent, faisant tiquer le sorcier dans ses incantations. Blaise ricana en l'imitant. De toute évidence, quelqu'un était en train de faire le ménage aux alentours de la chapelle.

- Elle est venue seule ? demanda Blaise.

Draco secoua la tête et se redressa en entendant des bruits de pas. Une silhouette émergea des arbres, elle était fine et menue, les deux hommes purent distinguer de longs cheveux bouclés attachés dans son dos. Elle s'avança vers eux en silence. Blaise étudia les battements de son cœur saccadé. Elle avait peur, chacun de ses gestes était automatique et elle respirait bruyamment.

- Une humaine ?

- Une sorcière, corrigea Draco en s'avança vers la nouvelle venue. Tu peux annuler son sort ?

- Je... non, c'est trop compliqué. En revanche, je peux le faire dériver. Quand il essaiera de tuer le garçon, la lame n'atteindra pas son cœur. C'est tout ce que je peux faire en attendant de rompre la barrière qu'il a instauré.

Blaise hocha la tête en signe de consentement.

- Parfait, Miss Je-Sais-Tout. Maintenant au boulot, on n'a pas de temps à perdre, lança Draco en levant les yeux vers la lune.

La jeune femme lui lança un regard furieux avant de s'assoir en tailleur devant la porte. Les mains ouvertes tendues devant elle, elle rejeta sa tête en arrière et commença à psalmodier lentement. Au loin, les cris continuèrent jusqu'à ce que le silence retombe, faisant sourire les deux vampires.

- J'en ai compté neuf, lâcha Blaise pour faire retomber la tension.

- En fait il y en a eu onze, deux avant que tu viennes, corrigea Draco avec un air amusé.

Un craquement retentit de nouveau, suivit d'un hurlement d'agonie.

- Douze, firent les deux vampires en souriant.

Draco eut un léger rire, causé par l'ironie de la situation. Devant la porte, la sorcière se tourna vers eux, les sourcils froncés. Draco se posa de nouveau sur la pierre, reprenant sa position initiale. Les incantations se firent plus rapidement et Draco se rapprocha en voyant la bougie tressaillir à l'intérieur. Le visage extrêmement concentré de Theodore se crispa quand il sentit l'intrusion magique. La bougie flancha, menaçant de s'éteindre, étirant le sourire de la jeune sorcière.

- Ça devrait plus être très long, commenta Blaise. Quand la chandelle s'éteindra, le sortilège de ce sale gosse sera rompu...

- Il est minuit, répliqua Draco. Elle doit faire vite.

Une goutte de sueur dégoulina sur la tempe de la jeune femme et ses incantations redoublèrent d'intensité. Draco vit ses paupières trembler sous l'effort et un mince filament de sang coula de son nez comme elle s'efforçait de concentrer un maximum d'énergie magique. Un friselis parvint des arbres, provoqués par une brise qui s'intensifia, dérangeant les mèches pâles de Draco qui les ramena en arrière d'un mouvement sec. La chandelle fut soufflée instantanément, plongeant la campagne dans l'obscurité. Blaise soupira de soulagement mais fut interrompu quand la flamme se ralluma, brillant d'une nouvelle vigueur. Draco resta bouche bée quand Theo se tourna vers eux, le petit couteau dans la main.

- Vous croyez vraiment que vous m'arrêterez avec cette petite fille ? Stupides créatures ! Regardez-là, elle ne vaut rien !

Blaise fixa la jeune femme aux cheveux châtains qui pinçait l'arrête de son nez. Les yeux brillants, elle était épuisée et vidée de son énergie. Theodore pouffa avant de se tourner vers Oliver qui ne se réveillait toujours pas. Draco se mordit la lèvre inférieure et Blaise avança jusque devant l'entrée, la main posée sur l'encadrement de pierre. Chacun à leur manière, les protagonistes espérèrent que leurs sortilèges aient fonctionné.

- Si tu fais ça, je t'arracherai le cœur de mes propres mains, lâcha Draco en regardant le jeune sorcier relever le visage d'Oliver.

- Trêve de cérémonies.

Theodore saisit le couteau et le brandit, ses yeux noirs fixant l'Originel blond dans les yeux. Le coup partit instantanément et la lame fila vers le cœur du jeune humain inanimé. Cependant, au lieu de prendre le trajet prévu, le bras de Theo échappa à son contrôle et dévia vers l'abdomen d'Oliver où le couteau s'enfonça jusqu'à la garde. Le corps n'eut aucune réaction et Theo recula soudainement. Ses yeux reflétèrent toute sa fureur quand il se tourna vers feu la porte.

- Vous avez osé détourner mon sort ?

- Blaise ? appela Draco en croisant les bras sur son torse, montrant qu'il ignorait le sorcier.

Le Noir sourit et franchit la barrière de sel, provoquant un hoquet de surprise de la part de Theodore.

- Comment peux-tu entrer ? s'écria le brun en se remettant de ses émotions.

Blaise éluda la question. Il n'était pas nécessaire d'avouer au sorcier qu'il n'était qu'un simple vampire car tant qu'il le croirait Originel, il le craindrait et le Noir souhaitait garder cet avantage.

- Tu fais moins le malin, sans ta petite protection maintenant, minauda Blaise en l'attrapant par le bras.

Le brun tendit une main et une brusque rafale envoya le vampire valser dans la pièce mais Blaise se ressaisit et le coinça de nouveau. Ses yeux virèrent au rouge et il planta ses dents dans la carotide du brun qui poussa un hurlement de douleur mêlé de colère. Quand il le relâcha, le sorcier tituba en arrière et se laissa glisser contre le mur, la main contre sa gorge ensanglantée. Blaise se saisit du bol qui trainait sur la table et lui donna un coup violent au niveau de la tempe, envoyant Theodore au pays des songes.

- Pourquoi tu ne l'a pas tué ! cria Draco. Arrache-lui le cœur, bordel !

- Sers-toi de ton cerveau de blond deux secondes ! Si je le tue, il ne nous dira pas comment défaire le lien !

- Si tu ne le tue pas il va recommencer ! Tu crois qu'il va s'arrêter ? Lugnasad approche, la concentration magique sera beaucoup plus forte s'il recommence à cette nuit ! Imagine alors s'il fait ça à Samain !

- Chaque chose en son temps, Draco ! siffla le Noir.

Les deux immortels se toisèrent avant que Draco ne siffle de dédains, laissant raison à Blaise.

- Que voilà une manière bien étrange de se retrouver, fit une voix de femme derrière eux.

Draco resta face à Blaise qui eut un large sourire.

- Pansy chérie, heureux de te revoir.

- Bonjour, Blaise.

La nouvelle arrivante s'approcha de Draco et posa une main sur son épaule. Plus petite que l'ainé de quinze centimètres, elle arborait néanmoins les même pommettes hautes et l'attitude droite, bien que son joli visage possédait des yeux vifs et un sourire ravageur. Ses prunelles grises comme un ciel d'orage étaient mis en valeurs par son carré plongeant nouvellement devenu noir. La cadette secoua ses bras pour chasser le sang qui maculait ses mains et son chemiser. Pansy se retourna vers la sorcière qui se reposait, les genoux ramenés contre sa poitrine.

- Eh bien, qu'avez-vous fait pour l'épuiser autant ? J'en ai besoin, vous savez ?

Draco leva les mains en signe de paix.

- Je t'en prie, nous avons d'autres priorités. Mais Blaise bon sang, retire cette lame, il va crever sinon !

Le Noir se retourna et chercha rapidement le pouls du jeune humain. Il battait faiblement mais régulièrement. Il retira précautionneusement le couteau en guettant une réaction d'Oliver, cependant, ce dernier restait totalement immobile. Le couteau dans une main, il essaya de tirer sur les anneaux aux murs, sans succès.

- Quelque chose empêche de le libérer...

- Regardes au dessus de sa tête, lança Pansy en désignant de son menton la poupée vaudou.

Le Noir tendit le bras vers la réplique de l'humain mais ses doigts brulèrent aussitôt. Il retira sa main en jurant et se tourna vers sa fratrie.

- Elle est pleine de verveine.

- Comment ça se fait qu'il ne se vide pas de son sang, s'exclama Pansy. Tu a retiré la lame, il devrait avoir une hémorragie, pas trois gouttes de sang !

Le regard des deux vampires convergèrent vers la blessure qu'arborait Oliver. Son rythme cardiaque était encore faible mais étrangement toujours régulier alors qu'il était gravement blessé. Draco ferma les yeux pour se concentrer sur la fréquences de ses battements de cœurs.

- Il existe une technique très rare qui consiste à entrer en transe et ralentir le flux sanguin en conservant un certain débit vital pour limiter les hémorragies. Les fakirs l'utilisent pour résister à la douleur mais cette technique demande des années d'entrainement, il n'a pas pu entrer en transe tout seul...

- Draco, on s'en bat royalement ! Dans tout les cas, s'il se réveille encore attaché, il va mourir de sa blessure si elle n'est pas soignée à temps.

Blaise se tourna et remit précautionneusement la lame dans la plaie stopper le flux sanguin avant de se diriger vers les débris de la porte. Du bout de sa chaussure, il balaya le sel de l'entrée et les deux Originels pénétrèrent dans la pièce. Draco tenta à son tour de s'emparer de la poupée vaudou mais il dû renoncer. A la place, il attrapa un morceau de la statue brisée au sol et entreprit de déloger l'immonde instrument de magie noire avec. Sans le faire exprès, la pierre dérapa et déchira une partie de la poupée. Blaise cria quand une immense entaille apparu au même endroit sur le l'épaule du châtain.

- MAIS C'EST PAS POSSIBLE D'ÊTRE AUSSI CON ! hurla-t-il en poussant le blond sur le côté.

- Je n'ai pas fait exprès ! Tu avais peut-être mieux comme idée pour le déloger ?

- Arrêtez, tout les deux ! s'écria Pansy en se mettant entre eux. Je vais chercher Hermione.

La jolie brune tourna les talons et revint plus tard en soutenant la jeune sorcière épuisée.

- Tu peux la détacher ?

La jeune femme hocha la tête après avoir grommelé une phrase incompréhensible sur la politesse légendaire des vampires. Méticuleusement, ses doigts travaillèrent à retirer la réplique d'Oliver qu'elle tendit finalement à Blaise. Draco força sur les anneaux de métal et les brisa, accueillant le corps d'Oliver contre le sien. Avec précaution, il l'allongea sur le dos et prit son visage en coupe d'une main. Après ça, il mordit son propre poignet, perçant son artère qui laissa échapper un mince filet écarlate.

- Draco, tu n'y pense pas..., demanda Pansy.

- A défaut de médecins, seul le sang de vampire peut le soigner pour le moment. Avec le processus de guérison de Marcus seul, il mourra avant que nous ne rentrions. Au pire s'il meurt en chemin, il sera en transition.

La jeune femme capitula, braillant que s'il voulait se retrouver avec un jeune vampire sur les bras, libre à lui de faire ce qu'il voulait.

Draco l'ignora et porta la plaie à la bouche du blessé, laissant le liquide rouge couler dans sa gorge. Après une demi-douzaine de minutes dans le silence de la chapelle, les plaies du jeune homme se refermèrent lentement. Même si les tissus étaient refermés, ils savaient tous que la restructuration des chairs internes prendrait plus de temps. Il fut décidé que Draco porterait Oliver jusqu'à leur demeure pendant que Blaise prenait tout les parchemins du jeune sorcier qu'il jugeait utile pour trouver le moyen de défaire le lien. Pansy traina le corps de Theodore et l'abandonna contre un arbre avant de faire demi-tour pour mettre le feu aux plantes d'aconit devant la chapelle. Après cela, la famille retourna à son foyer.


Blaise ainsi que Pansy et Hermione rentrèrent rapidement dans la grande demeure. Draco choisit de ne pas rentrer trop vite pour ne pas aggraver les blessures du malade et rentra à allure modérée. Le temps qu'il franchisse les grilles de la cour interne, Pansy s'était installée avec la sorcière dans la chambre qu'elle possédait à l'époque tandis que Blaise veillait Marcus dans le salon. Draco se dirigea dans sa propre chambre et allongea l'humain inanimé sur le grand lit à baldaquin. La pièce avait gardé son style ancien, comme tout le reste de la maison avec ses meubles entièrement en merisiers, sa tapisserie vert émeraude et sa cheminée en pierre magnifiquement ouvragée dans laquelle il alluma un feu pour réchauffer la pièce avant de se retourner vers son jeune protégé.

Les habits du jeune homme étaient entièrement souillés de sang séché notamment au niveau du menton au de l'abdomen où la dague l'avait blessé. L'Originel entreprit de lui retirer ses habits, lui laissant tout de même son boxer noir avant d'aller chercher un gant pour le nettoyer au mieux possible. Le sang de Draco avait son œuvre, toutes les plaies étaient refermées et il put aisément laver Oliver avant de le rhabiller avec une chemise blanche et un pantalon noir de sa propre garde robe.

Il vérifia ensuite son rythme cardiaque et fut soulagé de constater qu'il battait à nouveau régulièrement et à un rythme normal. La transe était terminée et il devait être endormit de fatigue. Il savait qu'il avait fait une bêtise en donnant son sang à Oliver car tout humain décédé avec du sang de vampire dans les veines finissait par en devenir un et ils n'avaient aucune idée de ce qu'il se passerait à cause du lien. Il était impossible de savoir si sa mort aurait tué Marcus ou si la transformation transformerait Oliver en hybride, cependant Draco restait persuadé que le jeune homme n'aurait jamais survécu jusqu'à son transfert dans leur demeure.

Mais il mentirait s'il disait que c'était uniquement pour sauver Marcus. S'il n'avait pas montré d'expression à la découverte du visage d'Oliver, il en restait bouche bée. Le jeune homme était la copie conforme d'Astoria la femme qu'il avait aimée et faillit épouser mille ans plus tôt. Il avait ce même visage aux traits harmonieux, le même petit nez droit et l'Originel pouvait imaginer les intenses yeux couleur caramel derrière ses paupières closes. Si Astoria avait été blonde, Oliver avait des cheveux courts châtains aux reflets dorés à la lueur des flammes de la cheminée. Sans être trop musclé il avait la silhouette élancée d'un sportif et avait des abdominaux finement développés, suggérés sous sa peau légèrement hâlée par le soleil de début juin.

Au cour de sa longue existence, Draco avait fréquenté beaucoup de jeunes hommes et de jeunes femmes, dont des doubles mystique au physique identique à celui d'Astoria, en revanche c'était la première fois qu'il voyait un double masculin. Sûrement Blaise avait-il raison, la jeune femme devait avoir donné naissance à un bâtard et Oliver était probablement de sa lignée.

Un coup léger fut porté à la porte et il se tourna vers Pansy qui était anxieuse.

- Draco, je partirai une fois qu'Hermione sera reposée.

- Tu peux rester plus longtemps, si tu le souhaites.

La cadette secoua la tête et désigna Oliver de son menton droit.

- Tu m'explique pourquoi Astoria a des couilles ?

Le blond eut un rire absurde et s'assit sur le rebord du lit. L'ancienne blonde avait toujours eut un langage aussi poétique que Marcus.

- C'est le double mystique auquel Marcus a été lié. Pour ta question, je ne sais pas comment ça se fait que ce soit un garçon. Mais c'est justement à cause de son sang qu'il a été lié à lui. Le problème c'est que cette ville est devenu le carrefour des loups-garous, des sorcières et des vampires. La situation est délicate dans tout les cas. Si la nouvelle se répand, soit les sorcier vont vouloir son sang pour lier des sorts importants, soit pour tuer Marcus comme a essayé de le faire ce sorcier.

- Je te sens énervé, répondit la brune en s'asseyant à ses côtés. Parlons d'autres choses. Blaise m'a dit que tu as rencontré quelqu'un, c'est vrai ?

Le sourire de l'ainé s'étira. Pansy posa une main sur sa cuisse, l'enjoignant à parler.

- Je ne l'ai jamais rencontré en vrai. C'est une des applications que j'ai téléchargé.

Le sourire de la jeunette s'étendit. Draco était le membre de la famille le plus réticent aux nouvelles technologies, bien que leur fonctionnement attise sa curiosité. S'il savait utiliser son smartphone pour téléphoner, Pansy était surprise qu'il se mette aux sites de rencontres. Elle camoufla son sourire derrière sa main et écouta son grand frère raconter sa relation platonique pour le moment avec un certain Scar07*.

- C'est quelqu'un de très cultivé. Selon ses propos il vit aux alentours de la ville.

- Tu aimerais le rencontrer ? Après trois mois que tu parles avec lui, tu devrais peut-être, non ? Si c'est l'homme de ta vie, tu pourras le transformer.

- Je me suis juré de ne plus transformer mes compagnons. On a déjà assez de problème avec Marcus et ses mini-armées, pas la peine d'en rajouter.

- Tu as toujours été trop sage, ainé Malfoy. La vie est faite pour être vécue, amuses-toi un peu.

Le regard gris perçant se planta dans le sien comme le blond pointait Oliver du doigt.

- Comment veux-tu que je m'amuse ?

- Arrêtes de toujours vouloir tout porter seul...

Un grondement leur parvint. Presque animal, profond, et annonciateur d'une colère sourde. Draco se leva souplement et quitta la pièce pour rejoindre le petit salon où Marcus venait de se réveiller. Blaise avait quitté la demeure et l'hybride tournait en rond comme un lion en fureur, prêt à laisser libre cour à son courroux. Pansy resta en arrière, cachant son visage pendant que Draco s'approchait. L'ainé recula cependant de deux pas en voyant le regard jaune de l'autre. Il leva deux mains en signe de paix.

- Blaise est sorti.

- Où est ce fils de chienne ?

- Il règle une affaire avec le sorcier. Calme-toi nom de dieu ! Tu n'avais pas les capacités pour venir ! Alors cesses de faire l'enfant ! Oliver est couché dans ma chambre, il est en vie alors tout va bien.

Le brun resta figé, tous les muscles tendus. Draco soutint son regard et les yeux du cadet reprirent leur couleur originelle. Il passa sa langue sur ses dents blanches et serra les poing. Enfin, il s'avança vers la femme.

- Le noir te va mal, lança-t-il d'un ton acerbe.

- J'en avais marre du blond, répondit Pansy en reculant d'un pas.

Marcus la toisa puis se détourna en soupirant. La plus jeune pencha la tête sur le côté. Son regard croisa celui de Draco qui secoua la tête.

- Je suis trop fatigué pour me disputer encore avec toi, lança Marcus en s'approchant du bar. Aujourd'hui, c'est à Blaise que j'en veux. Bourbon ?

Le verre fut tendu sans attendre de réponse et la brune s'assit sur le divan, aux côtés de Draco. Marcus sirota son verre et plus aucune parole ne fut échangée.


Après avoir surveillé Marcus et laissé Draco et Pansy entre eux, Blaise avait préféré faire un tour. Il savait d'expérience que s'il voulait espérer passer une journée de plus parmi les vivants, il ne devrait en aucun cas être présent au réveil de Marcus. L'hybride n'avait jamais réussi à faire la part des choses quand il était en colère. Son côté animal refaisait surface et il était sans pitié. Draco était le seul à le calmer en général. Il restait la seule personne que le brun respectait, un peu comme si le blond était son garde-fou. Il fallait aussi ajouter une nouvelle donne dans la colère du brun.

Pansy était revenue. Une querelle stupide s'était dressée entre eux autrefois et il était allé jusqu'à menacer de mort la cadette qui avait fui au loin. Personne ne connaissait la raison de leur embrouille sinon eux-mêmes et après réflexion, Blaise ne voulait pas y être mêlé. Ses pas l'avaient dirigé d'eux même vers la chapelle. Au passage, il repéra les cadavres des vampires à la solde du sorcier que Pansy avait exterminés pour leur laisser le champ libre. Le sorcier n'avait pas bougé, abandonné près d'un arbre, son corps inanimé était couché sur le côté et la morsure qu'il lui avait faite continuait à laisser couler un peu de sang. Le vampire l'attrapa par le col et examina la blessure avant d'entrer dans la chapelle. Ses pas écrasèrent les débris de bois de la porte qui craquèrent sous son poids quand il entra. Blaise déposa Theo sur la table puis il mordit son poignet et fit boire le sang au sorcier avant de s'asseoir par terre contre le mur en pierre. En attendant que Theo revienne à lui, il ferma les yeux.

Il avait cruellement besoin de réponses et le sorcier était le seul à pouvoir les lui donner. Avant d'être vampire, Blaise avait été un sorcier. Pas assez longtemps pour regretter la perte de son don à sa transformation, mais suffisamment pour avoir une connaissance étendue. Quand il n'était encore qu'un esclave dans la famille Malfoy, il avait sans le vouloir usé de magie pour la première fois. Le souvenir le hantait encore. Il devait à l'origine nettoyer la chambre de la maitresse de maison, seulement, à l'âge de douze ans, personne ne lui avait dit qu'il ne devait pas ranger les parchemins de la femme. Le jeune illettré encore à l'époque avait regardé les dessins et les cercles incompréhensibles. La complexité des motifs lui avaient plu et au lieu de travailler, il avait passé une heure assit sur le grand lit à regarder les cercles tracés à la mains sur les vieilles feuilles. Il n'avait jamais su qu'alors la grande femme blonde le regardait, droite dans l'encadrement de la porte. Elle l'avait vu un jour quand elle ramenait Marcus avec elle dans sa chambre que Blaise devait ranger. Le Noir avait cru qu'il allait recevoir la correction de sa vie mais la dame l'avait ignoré et il avait remarqué que son fils tremblait contre elle.

Narcissa avait calmé l'enfant aux yeux rougis par les larmes et avait fait signe à Blaise de s'approcher. Blaise avait regardé l'enfant aux épais cheveux noirs pleurer en silence, la mâchoire serrée. Narcissa l'avait fait assoir sur la table et Blaise avait pu voir qu'il avait la jambe ensanglantée. Le Noir savait d'où venait la blessure. Le père de famille avait l'habitude d'apprendre à ses enfants l'art de manier les armes. Ses favoris, les ainés Terence et Draco s'en sortaient bien et il était correct avec eux. Cependant, Blaise ne comprenait pas l'acharnement qu'il avait contre le brun. Le pauvre garçon était maladroit mais faisait tout pour essayer de plaire à son père, alors il encaissait sans rien dire, comme un homme qu'il essayait d'être sans y parvenir.

Narcissa avait prit alors la main du Noir et l'avait maintenue au-dessus de la blessure. Elle lui avait ordonnée de répéter une phrase dans une langue qui lui était inconnue. Le jeune esclave avait obéit, et après plusieurs essais de prononciations, il avait sentit un courant chaud le parcourir, s'écouler à travers son bras jusqu'au bout de ses doigts. La blessure de l'enfant s'était refermée lentement et la maitresse de maison avait sourit. Elle avait demandé au Noir de rester assit sur le lit pendant qu'elle calmait l'enfant. Après une étreinte chaleureuse et un baiser sur la joue, elle avait laissé Marcus retourner dans sa chambre avant de s'occuper de Blaise. Depuis ce jour, elle l'avait prit sous son aile.

Il était devenu son apprenti, elle lui avait tout appris.

Narcissa était connue pour être une des sorcières les plus puissantes de son époque et elle lui avait légué beaucoup de savoir. Mais même en parcourant ses manuscrits, ses grimoires et ses parchemins anciens, Blaise ne savait toujours pas comment un lien aussi profond pouvait être installé, ni comment il pouvait être brisé.

Dans le noir de la chapelle, un gémissement lent lui parvint. Theo se réveillait et se redressait sur la table. Grâce à sa vision nocturne, Blaise se leva et le cloua à nouveau contre celle-ci. Il sentit aussitôt aussi le sang pulser à vitesse folle contre la gorge du brun. Il était immobile mais il paniquait, sa respiration devenait saccadée. L'assurance arrogante dont il avait fait preuve avait fondue comme neige au soleil. Blaise le lâcha et alluma la chandelle.

- Je vais être bref. Je suis réputé comme étant le plus diplomate des frères Originels, après Draco, mais tu m'a vraiment énervé. Je t'ai fait boire mon sang quand tu étais inconscient. Si tes réponses ne me sont pas satisfaisantes, je te brises la nuque. Tu connais la suite, je suppose. Tu vas mourir mais mon sang va te ramener à la vie ; tu seras en période de transition et alors deux choix s'offriront à toi. Soit tu te nourris de sang humain et tu deviens un vampire en perdant tout tes pouvoirs de sorciers, soit tu refuses de te nourrir et tu te laisses mourir.

Theodore le fixa un instant comme s'il doutait de ses propos avant de passer sa main sur sa gorge. La morsure avait disparue. Il baissa la tête et eut néanmoins un sourire provocateur.

- Est-ce un avertissement ?

- Non, c'est clairement une menace.

Le brun croisa ses jambes et le regarda d'un œil torve.

- Comment tu as pu entrer ? Mon sortilège était sans faille.

- Nous avons une excellente sorcière, mentit Blaise. Parles-moi de toi.

- Que veux-tu savoir ? Ma vie ne te regarde pas.

- Donnes-moi ton nom.

- Theodore Nott.

Blaise secoua la tête.

- Non, ça c'est le nom du gamin dont tu as volé le corps.

Le brun plissa les yeux et laissa échapper un sifflement d'agacement entre ses dents.

- Tu es bien plus intelligent que je ne le pensais.

Blaise leva une main, un sourire narquois sur les lèvres.

- Règle numéros une. Ne jamais sous-estimer l'intelligence d'une créature de plus de mille ans. J'ai beaucoup voyagé, j'ai appris la magie même si je ne peux pas la maitriser. Mais j'ai surtout appris le langage corporel. Quand tu souris, c'est trop crispé pour toi parce que le corps de l'humain n'est pas habitué à sourire.

- A quoi cela te sert-il de me dire ça ?

- Je vais te tuer. Dans tout les cas, ajouta Blaise. Ton organisme mettra beaucoup de temps à éliminer le sang de vampire donc si tu recommences à essayer de tuer mon frère, je te tue. D'autre part, si je trouve le moyens de rompre ton sortilège, je te tue aussi. Ah oui, j'ajoute que je vais trouver ton corps d'origine et le détruire.

- Tu ne sais pas qui je suis, lança le brun, mon corps est trop bien caché. Mais j'aime les défis. Saches qu'à partir du moment où tu te dresses entre moi et ma cible, tu deviens ma proie. Toi aussi, tu ne devrais pas me sous-estimer. Je vais trouver le moyens de te tuer et après ça, je tuerais l'hybride.

- Tu es trop arrogant. Ton orgueil te perdra. Je prendrais plaisir à te transformer puis à te planter un pieu en bois dans le cœur.

Blaise partit, laissant un courant d'air derrière lui.

Une nouvelle bataille était déclenchée et c'était ce qu'il souhaitait. Tant pis s'il n'avait pas ses réponses sur le moment, elles viendraient plus tard. Mais en engageant une guerre personnelle avec le sorcier, Blaise détournait ainsi les assauts contre Marcus. L'orgueil trop important du possesseur de Theodore Nott causerait sa perte mais le Noir essayait surtout de gagner du temps.

Trop de choses étaient encore importantes ; ils devaient trouver le cercueil d'Adrian et protéger le jeune humain Oliver des autres menaces extérieures.


*Oui, c'est un pseudo très cliché, mais j'ai trouvé que ça sonnait plutôt bien. Certains auront peut-être deviné de qui il s'agit, les autres le découvriront plus tard ^^


Voilà, c'est ici que s'achève la seconde partie de "Bloodletting", avec son lot d'action, de présentations et de rebondissements. J'espère que vous avez pris autant de plaisir à lire ce chapitre que moi à l'écrire et je vous donne rendez-vous en mai pour le chapitre 4 qui s'intitulera "Sanctuary".

Comme toujours, j'accepte toute critique tant qu'elle reste polie et constructive, si il y des éléments que vous n'aimez pas ou autres, dites-le, au contraire, ça me permet de m'améliorer et de savoir ce que vous attendez de cette fiction :)

Je tiens également à remercier les personnes qui suivent cette fictions et l'ont ajoutées dans leur favorites, ça me fait très plaisir et je vais faire de mon mieux pour rester à la hauteur de vos espérances !

Voilà, je vous dis donc, à dans un mois ! :)