Ok, j'ai pas géré, dernièrement. Aucun post alors que les chapitres sont prêts, et j'ai eu le syndrome de la page blanche sur un fichu chapitre alors que la suite est claire dans mon esprit. Et puis l'hiver approche et j'adorerais hiberner pendant trois mois, ouais, vraiment. Dormir H24, le rêve...
Sinon, j'adore couper mes chapitres à un moment de suspens, quand je peux, ça force à tourner la page (même si j'admets que ça doit être encore plus frustrant quand il n'y a pas de page suivante...)

Bref, bonne lecture (je vais essayer de poster deux chapitres d'un coup, pour vous obliger à me rester fidèles, muehehehehe).

Disclaimer : L'univers appartient à J. .

Chapitre 3 : Mesures et sanctions. Ou « comment ça, obligée de … ? »

Lily était assoupie quand le dîner arriva, et c'est une de ses camarades de chambrée qui la réveilla.
Dans la Grande Salle, un silence de mort régnait.
Le regard de la directrice se promena sur l'assemblée.

Lily ne vit James nulle part et recommença à paniquer. Apparemment, ils furent autorisés à manger quand McGonagall s'assit pour ce faire.
La jeune Potter ne mangea rien, rongée par la culpabilité et l'inquiétude. Hugo manquait aussi à l'appel.
Lorsque la directrice finit par se lever, tout le monde releva la tête vers elle, comme affamé d'un discours salvateur, qui détendrait l'atmosphère.

- Bien. Le repas est fini, vous êtes vivement encouragés à aller vous coucher, parce que demain les cours auront bel et bien lieu.

Cette phrase provoqua une vague de grognements dans l'assemblée, mais aussi de questions murmurées ou chuchotées d'une façon absolument pas discrète.

- Quant à notre affaire… Lily Luna Potter, Hugo Weasley et Theonia Withdrawn sont convoqués dans mon bureau à l'instant même où ils franchiront ces portes. Ce sera tout.

La vague de murmure amplifia, et de nombreux regards se posèrent sur Lily, à la fois impressionnés, choqués ou même en colère. Les regards la suivirent alors qu'elle sortait de la Grande Salle, presque précipitamment. Elle n'avait pas vu Hugo, et pourtant il avait été publiquement appelé. De plus, elle ne comprenait pas pourquoi Withdrawn était également convoquée. Elle pensa un instant qu'elle aurait pu vendre la mèche au sujet de son manque de réaction à la potion nacrée et que sa présence en tant que témoin aurait été nécessaire.
Mais la brune l'attrapa par le bras.

- Ne t'imagine même pas que tu m'intéresses assez pour que j'aie été raconté ce que j'ai vu en métamorphose, grogna-t-elle d'une voix basse. J'ignore pourquoi j'ai été appelée moi aussi, mais crois-moi sur parole, si tu me mets dans la merde, je te le rendrai au centuple.

Sa tirade terminée, elle lâcha le bras de la rousse et se rua dans les escaliers. Lily n'arrivait toujours pas à émettre un mot, mais elle sut à cet instant que Theonia ne l'avait pas vendue. Quel intérêt sinon, de nier, vu la haine qu'elle lui portait visiblement ?
Lorsque Lily atteignit l'étage du bureau de la directrice, James se trouvait à côté de la gargouille qui gardait le passage. Grand, bien taillé, ses cheveux noir de jais indomptables dressés sur sa tête, il l'attendait, les mains dans les poches de son jeans moldu. Quand il la vit, il s'avança :

- Salut sœurette. Je clos officiellement notre défi en m'annonçant perdant. Tu as fait fort, vraiment, je suis réellement impressionné, même si ce n'est certainement pas ce que la vieille McGo' voudrait que je te dise. Je suis désolé pour ta punition, j'ai vraiment fait tout ce que j'ai pu… Tu ne seras pas renvoyée.

Lily se retint de sauter de joie, et dit :

- Alors pourquoi clore le pari ? Je veux dire, je suis très reconnaissante et… Même plus que ça, et je ne comptais pas refaire un truc pareil, mais… C'est une passion, faire des conneries.

- Le problème n'est pas là, Lily, c'est simplement ta punition qui m'y force. Je ne vais pas te dire de quoi il s'agit, c'est le rôle de la directrice. Simplement, ton année dépend de ta tenue. Et je te signale que les parents ne seront pas super fiers en lisant la Gazette.

Les parents. Elle les avait complètement oubliés, avec ce renvoi qui lui pendait au nez. Quant à la Gazette…

- Vous savez qui a vendu la mèche aux reporters ?

- Non, et apparemment la source était assez solide pour que le journaliste refuse tous les pots de vins que je lui ai proposés pour se taire, soupira James en se passant la main dans les cheveux, geste qu'ils avaient en commun.

Pour toute réponse et exprimer toute sa reconnaissance, Lily enlaça son frère dans une étreinte qui la réconforta immédiatement. Elle restait à Poudlard, mais devrait faire front à la sanction qu'ils avaient décidé pour elle et accepter celles que ses parents choisiront en complément. Même si la première restait encore un mystère pour elle, elle connaissait parfaitement les punitions de ses parents, les ayant subies à de nombreuses reprises en compagnie de James. Celui-ci se redressa et lui adressa un sourire malicieux.

- Ma petite sœur fauteuse de troubles. J'ai de quoi me vanter auprès d'oncle Georges !

Ils rirent ensemble, en pensant à l'oncle des Weasley le plus espiègle de la famille, qui se disait imbattable dans le domaine des blagues et autres farces. Il allait en avoir pour son grade.
Une fois calmés, elle s'avança face à la gargouille et resta devant, les bras ballants, s'apercevant qu'elle ignorait totalement le mot de passe, en ce début d'année. Elle jeta un regard perdu vers James, qui ne put s'empêcher de sourire de plus belle en lui répondant :

- La friandise que tu détestes parce qu'elle te donne l'impression de manger un animal vivant.

- Oh. Couinesouris en sucre, annonça-t-elle, faisant se lever et s'écarter d'un pas pesant la gargouille.

Elle s'imagina un instant la directrice sous sa forme Animagus en train de manger lesdites Couinesouris et sourit, échangeant un regard éloquent avec James. Leur complicité n'avait pas d'égale.
Elle finit par le saluer faiblement de la main avant de s'engager dans l'escalier en colimaçon.

- Bon courage ! S'exclama James dans son dos.

Elle lui en fut reconnaissante, car une fois devant la porte du bureau, elle en eut besoin pour frapper. Elle n'était que très rarement venue ici, et jamais pour quelque chose d'une telle importance. Un « Entrez » étouffé par le bois lui parvint, auquel elle obéit.
Les murs alternaient entre tableaux d'anciens directeurs et bibliothèques de plusieurs mètres de hauteurs, remplies de livres de toutes épaisseurs. Ils formaient toujours cependant un cercle où se trouvait, au fond, un large bureau aux pieds en forme de serres derrière lequel la directrice la fixait d'un air sévère. Devant elle se trouvait déjà Theonia, installée dans une chaise à dossier, droite. Elle ne se tourna pas vers Lily quand celle-ci avança.
En revanche, Albus Dumbledore la salua d'un geste imperceptible de la tête, depuis son tableau qui se trouvait derrière McGonagall, un peu en hauteur. Severus Rogue, à sa droite, l'imita, avec un sourire bien plus rusé et ouvertement affiché. Lily se retint de sourire. Evidemment, cela devait amuser l'ancien directeur que de voir malmenée son successeur par la fille de celui-là même qu'elle avait toujours soutenu. Elle connaissait l'histoire de l'ancien Prince de Sang-mêlé mieux que quiconque, puisque c'était celle qu'elle demandait le plus à Harry avant de dormir. Même Albus Severus ne s'était pas autant intéressé à celui à qui il devait la deuxième partie de son prénom. Il avait toujours été totalement focalisé sur l'histoire de Dumbledore.
Lily avança vers la chaise à gauche de Theonia, s'asseyant le plus discrètement possible dans le silence qui régnait dans ce bureau. Comme si être bruyante ou maladroite allait empirer sa sanction.
Minerva McGonagall n'y alla pas par quatre chemins et prit directement le taureau par les cornes :

- Amortentia et potion à hérisser les cheveux. À quoi pensiez-vous, exactement, Lily Luna Potter ?

Lily ignorait si elle était autorisée à répondre, mais elle le fit honnêtement :

- À une plaisanterie bénigne, professeur. J'ignorais que ça allait tourner comme ça l'a fait.

- Ce genre de plaisanterie est à bannir. De telles conséquences trois jours après la rentrée, c'est un record. Et je ne vous complimente pas, Potter. Vous auriez dû y penser, et mieux étudier les effets de ces potions sur les cas isolés.

Lily le savait déjà, elle y avait pensé tout au long de la journée, et la culpabilité l'étreignait.

- Non seulement, votre plaisanterie a entraîné blessures et maux divers, mais en plus, votre cousin se trouve actuellement à l'infirmerie à cause du venin d'une plante en provenance de la serre où vous l'y avez envoyé.

- PARDON ? Cria Lily, à la fois surprise et paniquée.

- Ce jeune homme a subi une éraflure d'une cousine de la Tentacula Vénéneuse, et heureusement pour vous, il s'est présenté à l'infirmerie assez tôt pour éviter que le poison ne se répande en lui.

McGonagall lui jetait un regard dénué de compassion, et Lily ne jugea pas utile que c'était elle qui l'avait envoyé à l'infirmerie. Cela ne l'excusait pas de l'avoir envoyé dans la serre – même s'il avait été volontaire – et de ne pas s'être plus penchée sur son égratignure.

- Je l'ai mentionné dans mon appel, afin que sa culpabilité en tant que complice volontaire soit reconnue, mais il est actuellement sous la surveillance attentive de Miss Pomfresh, luttant pour survivre à l'aide d'un antidote spécialement conçu par le professeur Slughorn, qui aimerait d'ailleurs que vous remboursiez les effets volés dans sa réserve.

La directrice laissa peser son regard lourd d'accusations sur Lily, qui baissa les yeux. Heureusement pour elle, Theonia brisa le silence d'une voix posée, pas le moins du monde touchée par la scène qui se passait sous ses yeux.

- Excusez-moi, professeur, mais comme vous devez le savoir, je n'ai pas participé à cette plaisanterie stupide digne d'un abruti en bas âge, alors je ne comprends pas ce que je fais ici.

Outch, la comparaison faisait mal, mais la rousse ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle le méritait. Elle aurait dû prendre plus de temps pour réfléchir à chaque côté de la blague, mesurant attentivement chaque conséquence. Elle ignorait pourquoi elle s'était autant précipité, jamais cela ne lui était arrivé.
Puis elle comprit que c'était dû à ce besoin de vengeance vis-à-vis de Finnigan et à celui de s'affirmer vis-à-vis de cette fille-là, qui avait défié son orgueil à deux reprises. Lily se fit la promesse silencieuse de ne plus jamais réagir sans réfléchir.

- En effet, mademoiselle Withdrawn. Vous êtes ici, parce que vous êtes l'élément que je juge le plus digne de confiance pour m'aider à appliquer la sanction de cette jeune fille.

Lily releva un regard interrogatif vers la directrice, tandis que celui de l'autre se faisait soupçonneux. McGonagall n'attendit pas leurs questions et poursuivit après une petite pause.

- Potter devra obtenir six Optimal à ses BUSE d'ici à la fin de l'année. Pour ce faire, bien que son niveau soit acceptable, elle aura besoin d'un soutien à la fois éducatif et d'une surveillance rapprochée. C'est ce que vous incarnerez, miss Withdrawn. De plus, vous serez contraintes et forcées de manger à la même table à chaque repas.

- QUOI ?

- PARDON ?

Les deux exclamations fusèrent en même temps, la première lancée par une Theonia outrée et la seconde par une Lily choquée et paniquée.
Elle n'y arriverait jamais. Pas manger à la table des Serpentards. Le fait d'obtenir six Optimal était impensable pour une fille qui se contentait d'Acceptable de manière générale.
Theonia intervint la première :

- Vous savez très bien que cela ne peut pas se faire, professeur. De plus, je pense que ma propre volonté est en droit d'intervenir dans cette histoire.

- Pourquoi cela ne pourrait-il pas se faire, outre le fait que votre refus ne soit pas envisageable, exactement, mademoiselle ?

La brune sembla frôler la crise de nerfs et fit preuve d'un self control hors du commun en reprenant d'une voix posée après avoir inspiré et expiré profondément.

- Premièrement, je ne vois pas pourquoi mon refus serait inenvisageable, puisque je n'ai rien fait qui mérite une telle punition.

- Vous êtes l'élève la plus douée de votre génération, et en ce qui concerne ce que vous avez « fait », je vous rappelle que vous êtes préfète, et que votre rôle se prête donc à la chose. De plus, je ne peux confier cette jeune fille à quelqu'un d'autre que vous, puisqu'elle influence rapidement ceux autour d'elle, alors que je suis pratiquement sûre que cela ne vous arrivera pas. Enfin…, continua McGonagall avant d'être interrompue par ce qui semblait être une harpie en furie.

- Vous savez parfaitement qu'avec mon problème, je ne peux pas m'occuper d'une personne, professeur, donc, sauf votre respect, je crains de devoir refuser, tonna la jeune fille à la droite de Lily, qui se sentit étrangement vexée par leurs paroles.

- J'y viens, lui répondit tranquillement la directrice avant de se tourner vers la rousse. Mademoiselle Withdrawn ci-présente porte depuis sa naissance une malédiction qui réinitialise sa mémoire concernant ses amis et proches tous les lundis de chaque semaine. Par exemple, si elle venait à devenir votre amie, elle l'oublierait le lundi suivant, et vous seriez forcée de faire face à ses doutes.

- Je vois… Mais elle ne voudra jamais être mon amie, vu son comportement à mon encontre, alors je ne vois pas où se situe le problème, fit Lily sans réfléchir avant de se morigéner intérieurement d'avoir trouvé une bonne raison pour que la sanction soit applicable.

Puis elle réalisa qu'elle aurait certainement besoin de soutien si elle voulait atteindre l'objectif imposé par McGonagall, et sut à cet instant que son dernier espoir se situait en Withdrawn, puisque tous les autres élèves la mépriseraient sans doute pour ce qu'elle avait fait. Theonia la fixait avec un regard suspicieux, le sourcil levé. Puis elle se tourna vers la directrice, qui, contre toute attente, sourit.

- Précisément. Et si cela devait arriver malgré tout, je vous réserve un hibou, Miss Withdrawn, qui vous livrera tous les lundis à partir de la semaine prochaine une missive contenant les détails de notre affaire et votre rôle. Quand vous vous en souviendrez, il vous suffira simplement de la brûler sans la lire. Notre affaire est-elle entendue ?

Withdrawn soupira, lassée, mais répondit tout de même par l'affirmative. McGonagall les congédia donc :

- Vous êtes libre de choisir la méthode, Potter, mais six Optimal minimum. Bon courage.

Lorsque la lourde porte en bois de hêtre se referma derrière elles, Theonia n'accorda pas un mot à Lily. Il était l'heure de retrouver les dortoirs, alors Lily, une fois que la gargouille soit retournée à sa place, se dirigea vers le portrait de la Grosse Dame en empruntant le chemin normal, sentant le regard inquisiteur de la brune sur sa nuque. Si déjà elle était condamnée à la supporter toute l'année, il n'était pas question qu'elle repère ses passages secrets.
La Grosse Dame la jaugea d'un regard hautain et finit par ouvrir le passage à la salle commune après que Lily ait dit le mot de passe. À savoir « Aurum gryps ».
Les Gryffondors étant encore debout, assis éparpillés dans les différents fauteuils rouges de la salle commune, levèrent leurs regards vers elle, et au lieu de la saluer, comme ils l'avaient toujours fait, lui jetèrent des regards noirs, déçus ou bien même se contentèrent de l'ignorer.
Lily déglutit et avança vers le dortoir des filles. Là, elle se dirigea immédiatement sans prendre le temps de se changer sous son épaisse couette, ayant fermé hermétiquement les rideaux de son lit à baldaquin. Elle tenta de s'endormir, mais les pensées de tout ce qui était arrivé ce jour-là la torturèrent pendant des heures avant de la laisser tomber dans un sommeil sans rêves libérateur.

Le lendemain, un vendredi, alors qu'elle commençait avec un cours de Sortilèges à dix heures, elle se leva à huit heures et fit un détour par l'infirmerie pour voir Hugo. Elle sembla bien tomber, car Miss Pomfresh lui dit qu'il était réveillé. Elle s'assit sur la chaise vide à côté de son lit. Il était pâle comme un mort, mais il sourit lorsqu'il la vit.

- Salut la fauteuse de trouble.

Sa voix était faible au possible, mais il continua sur sa lancée.

- Je sais que tu t'en veux, mais c'est pas mon cas. Au final, cette satanée plante m'aura évité d'être puni comme toi… Tu dois faire quoi ?

- Six Optimal aux BUSE, soupira Lily sur un ton blasé mêlé de compassion pour son cousin, allongé là, qui avait sûrement dû souffrir lorsque ce fichu poison s'était diffusé dans son corps. Je suis vraiment désolée, Hugo. J'aurais dû plus réfléchir à tout ça et moins me précipiter.

- Wow, sacrée punition, tu penses y arriver ? Et t'en fais pas, va, je reprendrai fièrement le flambeau et je ferai attention aux détails, fit-il avec un clin d'œil.

- J'ai un soutien éducatif avec qui je devrai désormais manger. Finies les inévitables prises de bec avec Finnigan, quelle tristesse.

- C'est qui ? Demanda le malade après un léger rire qui devint une quinte de toux.

- Withdrawn. Ménage-toi, Hugo, je compte sur toi pour prendre la suite et représenter notre famille avec efficacité. Soigne-toi bien.

Sur ces mots, alors qu'Hugo était à la fois stupéfait et flatté, elle se leva et sortit de l'infirmerie, sous le regard soupçonneux de Pompom P. Pomfresh.
Et ce n'était pas le dernier regard qu'elle devrait subir. Quand elle entra dans la Grande Salle, ce fut une sorte de remake de ce qu'il s'était passé la veille dans la salle commune des Gryffondors. Ces derniers semblaient d'ailleurs prêts à lui rendre la monnaie de sa pièce coup pour coup. Mais quand elle se tourna vers la table des Serpentards, les Lions se détournèrent, un air mauvais sur le visage. Les Serdaigles se contentaient de l'observer avec mépris, et les Poufsouffles semblaient l'ignorer.
Certains Serpentards, quant à eux, affichaient un rictus admiratif, quand d'autres lui jetaient des regards mauvais. L'addition « potions + plaisanterie qui fait grogner les autres Maisons » lui avait apparemment fait gagner des points auprès des Serpents.
Lily ne vit pas Withdrawn, mais s'assit à la gauche d'Adrian, qui se pencha vers elle :

- Tu as eu l'approbation de Severus Rogue, hier soir, quand on a parlé de ce qu'il s'était passé. Grâce à ça, les Serpentards te laisseront toujours venir à leur table. C'est pas génial ?

Il semblait toujours aussi content de lui – et vu qu'il avait échappé aux cheveux hérissés et au ridicule de tout le reste grâce à elle et ses manipulations, il n'y avait rien de plus normal – mais elle s'étonnait qu'il ne s'attarde pas plus sur le nombre de blessés et de traumatismes, lui qui était si attentionné de manière générale.
Elle secoua la tête et se servit des œufs brouillés ainsi que du bacon. Après avoir fini de manger, elle vit le hibou de ses parents, qui lui tendait un parchemin accompagné de la Gazette du jour. Le hibou semblait de bonne humeur, contrairement à ses parents, au vu du contenu de la lettre :

Lily Luna Potter,

Ton père et moi sommes plus qu'humiliés et dégoûtés de ton comportement. Ce que tu as fait était un acte irréfléchi et mauvais. Nous te pensions plus sensée. Nous t'épargnons la Beuglante, car nous pensons que tu as besoin de réfléchir de toi-même à tes actes et comment les réparer, et que l'humiliation que tu dois ressentir doit venir de toi et non de nous.
James nous a raconté l'histoire du pari, et il sera puni, crois-moi sur parole. Quant à toi, nous avons eu vent de la sanction prise à ton encontre par Minerva, et ton père pense que c'est amplement suffisant. Garde-toi de recommencer, jeune fille, sans quoi la directrice n'aura pas à te renvoyer, nous te retirerons nous-mêmes de Poudlard.

Est-ce bien clair ?
Ne prends pas la peine de répondre,
Ta mère.

Lily soupira profondément. Elle avait compris la leçon et n'était pas prête de recommencer, loin de là. Elle replia le parchemin et le glissa dans une poche de sa robe de sorcier.
Elle prit ensuite l'exemplaire de la Gazette et vit en une « LA DERNIERE POTTER FAIT DES RAVAGES A POUDLARD : REBELLION OU BESOIN D'ATTENTION ? » et dessous l'image animée de la panique des élèves et professeurs aux cheveux hérissés courant partout en criant.
Elle n'eut pas envie d'en lire plus, mais Finnigan arriva avec le jumeau de son exemplaire entre les mains.

- Alors, Potter, tu aurais un « manque d'attention à combler » ? C'est vrai qu'avec la célébrité de ton cher père, ça doit te manquer. Ou alors c'est parce que tu veux « briller comme lui à son époque » sauf que comme « il n'y a plus de Seigneur Noir à vaincre », tu crées toi-même les emmerdes ?

Elle savait qu'il citait les paroles de l'article, puisqu'il mimait les guillemets à chaque fois. C'était d'ailleurs un geste plutôt agaçant, et ses paroles aussi. D'ailleurs, il continua sur sa lancée, bien décidé à lui rendre la monnaie de sa pièce.

- Au final, j'aurais pas eu besoin de faire quoi que ce soit, tu t'es plantée toute seule, et en beauté, en plus. C'est dommage, j'aurais vraiment aimé être la cause de ta descente aux enfers…

Il fut interrompu par une voix féminine qui arriva derrière lui :

- Ferme-la et fous-lui la paix, Finnigan. McGonagall s'est chargée de son cas, donc inutile de continuer à en parler.

Lily vit avec surprise que c'était une Withdrawn à l'air blasé qui venait de dire ça. Et alors que Finnigan allait répliquer, Scorpius arriva à son tour et prit la parole avant qu'il puisse en placer une :

- À moins que tu ne veuilles qu'on parle du fait que tu te sois frotté à Jacobs pendant deux heures d'affilée sans qu'on réussisse à te décoller de lui… Fit le blond, goguenard.

Finnigan prit une teinte écrevisse, et, entre colère et honte, s'en alla d'un pas rapide.

Une fois parti, Withdrawn s'installa à la gauche de la rousse, se servant à manger et à boire sans lui adresser un mot et Scorpius s'assit à sa droite.

- Tu aurais vraiment dû être une Serpentard, Lily. Le galon de la Maison aurait été redoré immédiatement, plaisanta-t-il. Plus sérieusement, j'ai vraiment eu du mal à me décoller de Rose, et elle a détesté la coupe « pilier grec », donc si tu pouvais nous consulter, avant de faire ce genre de mélange, j'apprécierais.

- Désolée, ça n'arrivera plus, marmonna Lily, les yeux baissés sur son assiette, évitant ceux, gris perçants, du copain de sa cousine.

- De toute manière, comme a dit Withdrawn, tu es punie, donc inutile de ressasser ce qui s'est finalement bien passé.

Lily lui tendit l'article de la Gazette en pointant du doigt le bilan qui était cité et mis en gras au milieu du reste du texte.

- Bien passé ? Releva-t-elle, ironique.

Le blond saisit le journal et le lança dans l'âtre vide de la cheminée qui se trouvait derrière eux.

- Il n'y a pas eu de mort, et tout le monde va bien, grâce à la magie. Inutile de dramatiser. Maintenant, tu vas te calmer et te concentrer sur tes études. Je veux que cette année se passe au top autant pour moi que toi, vu que tu seras sans doute ma cousine par alliance et que je tiens à toi. Si jamais Finnigan revient à la charge, n'hésite pas à m'en parler.

Il avait dit tout ça sur un ton ferme et Lily voyait combien il était honnête. Il se leva, un toast à la marmelade en main.

- Bon je vais en cours, à plus tard, cousine.

- Merci Scor.

Il fut d'abord surpris du sobriquet, puis il sourit en croquant allègrement dans sa tartine, quittant la Grande Salle.

Lily se tourna alors vers sa gauche et se heurta à une paire d'yeux gris tendant vers l'ambre – elle aurait juré qu'ils étaient verts la première fois – qui la fixaient d'une manière neutre. Leur propriétaire se leva et lui dit, plus bas :

- À la bibliothèque après les cours de Sortilèges.

Puis elle s'en alla.
Et pendant le cours, elle s'en tint à l'ignorer, alors que Carmichael, dont la déclaration flambante envers Pompom Pompom Pomfresh – nom fort redondant, par ailleurs – avait été citée dans l'article, s'acharnait sur Lily, la forçant à répondre à des questions dont elle ne connaissait pas les réponses, et lui enlevant moult points par mauvaise réponse, lui attirant encore plus les foudres de sa Maison. Elle envisageait d'ailleurs de dormir dans la Salle sur Demande, si ça continuait. Mais elle se rendit compte de sa lâcheté et oublia l'idée. Carmichael leur donna pour devoir noté deux rouleaux de parchemin à écrire sur le Sortilège de Mutisme, ses propriétés et ses usages. Les devoirs, en cinquième année, étaient la chose la plus redoutée outre les BUSE, et Lily savait désormais pourquoi.
Lorsqu'elle se rendit à la bibliothèque pour son heure de vide, elle trouva sans mal la table où était installée Withdrawn.
Pendant une heure, celle-ci se contenta de lui donner des livres à lire et des conseils sur la façon de décrire ce fameux sortilège.
L'après-midi, en potion, ils eurent un devoir similaire : trois rouleaux sur les philtres d'amour, et leurs effets. Enfin, en botanique, le dernier cours avant le week-end, Londubat leur demanda deux rouleaux sur la Tentacula vénéneuse et les plantes dérivées.
Les deux professeurs la visaient clairement, mais heureusement pour elle, les Gryffondors ne saisirent pas la nuance pour la deuxième matière.
Au dîner du soir, Withdrawn lui donna rendez-vous à la bibliothèque le lendemain à dix heures pour commencer leurs devoirs.

Une fois le lundi arrivé, Lily se rendit compte qu'elle avait passé un dimanche peinard, puisque Theonia l'avait forcée à travailler tout le samedi. Elle remarqua d'ailleurs que sa camarade, assise en face d'elle, n'ouvrit pas le parchemin qui était scellé de l'emblème de Poudlard. Elle se souvenait donc. Pour être honnête, Lily aurait pu douter de cette histoire, mais si la directrice elle-même l'affirmait, ça ne pouvait être que véridique.
Le lundi se poursuivit comme le vendredi, alternant cours et révisions. Sauf l'après-midi, lorsque Withdrawn fut forcée de partir à un cours d'arithmancie, elle laissa des instructions à Lily. Cette dernière les suivit, pensant sans cesse à son objectif. Et de toute manière, elle était bannie des Gryffondors – à part pour dormir – et elle avait été voir Hugo le matin-même. Elle n'avait donc rien à faire d'autre.