Disclaimer : la plupart des personnages appartiennent à Himaruya. D'autres sont historiques et/ou légendaires/

Bien le bonjour ! Bonne fête nationale en retard à mes compatriotes !

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J'ai écrit ce chapitre devant Pirates des Caraïbes, veuillez m'excuser pour les allusions à Pirate!Antonio ;) Bonne lecture ~


Chapitre IV

Samedi 09 juillet 2016, région de Mazzano Romano.

Lovino sortit de la villa, son sac à dos sur une épaule. Il était peut-être le dernier prêt, mais bon, avait-on idée de partir à 7 heures du matin en plein mois de juillet, pendant leurs vacances, par-dessus le marché ? Devant la propriété, la voiture de Romeo était prête, chargée des sacs de chacun pour la journée. Gilbert était installé à l'avant, Ludwig et Feliciano à l'arrière.

Lovino haussa les sourcils. Super, plus de place pour lui. A moins de se serrer entre les deux adolescents presque en voyage de noces, merci bien. Il se tourna vers la voiture voisine. La petite voiture d'Antonio. Roderich s'en approchait. Lovino fit de même.

Alors qu'Antonio était installé à la place du conducteur, l'Italien ouvrit la portière avant du côté passager et se laissa tomber sur le siège, reléguant le pianiste à l'arrière. Du reste, il ne s'en plaignit pas : ça lui faisait plus de place pour ses longues jambes.

« Oh. Bienvenue à bord. » le salua Antonio avec une légère surprise.

« Merci, Capitaine. Votre vaisseau est bien modeste, au passage. »

« Tu as quelque chose contre ma voiture ? »

« Elle est plus petite que celle de Romeo. »

« Mais il y a de la place pour toi, dans celle-ci, alors pas un mot, tu veux ? » ricana Antonio. « Ou je te mets aux fers. »

« Ferme-la et démarre, Capitaine. »

Avec un petit rire, Antonio mit le contact et démarra, suivant la voiture conduite par le grand-père italien en direction de Rome.

« Qu'est-ce que tu fais dans ma voiture, d'ailleurs ? »

« Gilbert a pris ma place dans celle du vieux, à ce qu'il semble. » rétorqua Lovino.

« Il voulait garder un œil sur Ludwig. On ne sait jamais, Vargas est peut-être un chauffard. » intervint Roderich.

Lovino se retourna vers lui avec un regard noir.

« Ce sont les mots de Gilbert. » se déchargea le brun, levant les mains.

« Bastardo. » marmonna Lovino dans sa barbe. « Hey, Capitaine, tu as de la musique dans ta barque ? »

« Boîte à gants. »

L'espagnol restait concentré sur la route. Lovino haussa les épaules et ouvrit la boîte à gants. Il y trouva un coffret rempli de CD divers. Des classiques de la musique, de façon générale. Lovino fut assez content de ne pas trouver les dernières compilations des radios dites « à la mode » et que, pour sa part, il ne pouvait pas supporter. Il y avait quelques CD de morceaux instrumentaux de guitare, espagnols. L'image d'Antonio dansant le flamenco lui vint à l'esprit et il dut se retenir de rire. Il choisit finalement le premier album d'un groupe belge qu'il connaissait vaguement.

Puis il se cala dans son siège pour profiter du trajet à travers la campagne du Lazio.

oOo

Après une longue attente avant d'entrer dans le Musée du Vatican, ils y étaient enfin. Antonio pouvait à peine y croire. Ils se trouvaient dans le Musée Grégorien Égyptien. Les œuvres d'art défilaient devant leurs yeux. Lovino était silencieux, il lisait les explications en italien. Il avait déjà visité le Musée, des années plus tôt, lorsqu'il était enfant. Romeo était un excellent guide, il en connaissait un rayon. Il partageait son savoir avec Ludwig, Roderich et Gilbert, pendant que Feliciano suivait son propre chemin.
Antonio, pour qui tout cela allait trop lentement -il aimait les musées et les découvertes qu'on pouvait y faire, mais il s'en lassait rapidement et gardait un bon rythme pour les visiter- rattrapa Lovino. Il scrutait le visage d'une statue d'apparence égyptienne, qu'une pancarte explicative désignait comme Antinoüs/Osiris.

« Le musée te plaît ? » demanda Lovino.

« Hum. Oui. Je ne suis pas un grand connaisseur, mais c'est intéressant. Pourquoi cette statue a-t-elle deux noms ? »

« Tu ne sais pas qui est Antinoüs et tu ne lis pas les pancartes. »

« Explique-moi. »

Lovino haussa un sourcil.

« S'il te plaît. » ajouta-t-il avec un sourire.

Alors l'Italien se mit à parler :

« Antinoüs était l'amant de l'empereur Hadrien. Il était jeune, et il est mort dans des circonstances obscures en Égypte. Alors Hadrien en a organisé le culte, il l'a divinisé. On retrouve des statues aux traits du jeune homme dans tout le territoire jadis occupé par les Romains. En Grèce, par exemple. Il y a une statue très célèbre d'Antinoüs à Delphes. On le reconnaît généralement à sa tête baissée, au regard mélancolique. Ici, il a les traits d'Osiris, le dieu égyptien de l'au-delà, qui mourut et naquit à nouveau. »

Antonio se retrouva absorbé. Lovino avait une voix envoûtante, passionnée. Profonde, quoiqu'encore un peu haut-perchée. L'adolescent eut un rire sarcastique.

« J'ai toujours apprécié les Anciens pour la facilité avec laquelle ils se croyaient l'égal des dieux. N'importe quel homme pouvait devenir sacré, n'importe qui pouvait devenir immortel. Quels ambitieux. »

« Mais ils ont réussi. » le détrompa Antonio. « Achille... Alexandre. Hadrien, Antinoüs. On les connaît encore aujourd'hui. Et si c'était ça, leur vraie divinité ? Leur vraie immortalité ? »

« Alors l'inculte connaît deux ou trois légendes, finalement ? » s'amusa Lovino.

« J'ai bien peur de m'en tirer mieux en mythes qu'en art. »

« Pff, tu dois bien avoir quelques connaissances enfouies. »

« Bien profondément, alors. »

« La Chapelle Sixtine, ça te parle, quand même ? »

« Oui, quand même. »

« Allons-y. »

Lovino lui attrapa le poignet et l'emmena avec énergie à travers un dédale de couloirs et de salles en suivant les flèches. Quand ils arrivèrent dans la célèbre chapelle, ils se retrouvèrent devant la Création d'Adam de Michel-Ange. Antonio en resta bouche-bée. Il se sentait soudain si petit et insignifiant face à la grandeur des hommes du passé, sous le poids de l'histoire. Lovino, pour sa part, souriait en posant les yeux sur la fameuse fresque. Il tourna sur lui-même pour apprécier l'ensemble du lieu. Après avoir parcouru la salle du regard à 360 degrés, il se tourna vers Antonio.

« Ferme la bouche, c'en est presque ridicule. »

« Pardon. Mais, oui, je la connais, celle-là. »

« Pas si désespérant que ça. »

Lovino lui montra alors les autres œuvres incontournables. Il traversa salle après salle à sa suite, suspendu à ses lèvres. C'était impressionnant le nombre de connaissances qu'il avait. Certes, il s'aidait parfois des écriteaux, mais tout de même.

« Tu es sûr que c'est ton frère le doué en art ? »

« Feli est peintre et dessinateur. Il se débrouille vraiment bien. Moi, je ne sais rien faire avec un pinceau, mais j'ai eu des cours d'histoire de l'art, c'est tout. »

Ils parvinrent dans les chambres de Raphaël. Là, il désigna une fresque.

« L'école d'Athènes. Je suis sûr que tu la connais aussi. »

« Ce sont les philosophes de l'Antiquité, c'est ça ? »

« Oui. Avec au centre, Platon et Aristote. Mais ne nous attardons par sur la philosophie, ça me file mal au crâne. »

oOo

Après le Vatican, ils étaient allés manger une pizza chez un vieil ami de Romeo, puis Feliciano avait insisté pour qu'ils passent par les rues commerçantes faire un peu de shopping. Après quoi, Romeo insistait pour qu'ils visitent le Colisée en fin de journée.

Ils étaient dans la file, désormais. Ça n'avançait pas. Lovino soupirait et soufflait avec insistance.

« On y arrivera pas. »

Il était déjà exténué par le shopping -il fallait être en condition physique admirable pour suivre Feli dans ce genre d'entreprise, et si Ludwig répondait aux critères, ce n'était définitivement pas son cas.

« J'en ai marre. »

« Lovino, s'il te plaît... » le pria son grand-père.

« Ça sert à rien, y a trop de monde, ça va nous passer sous le nez. Revenons un autre jour, ok ? On a deux foutus mois à tuer, de toute façon. »

« Mais... » tenta Romeo.

« Oh et puis merde. Faites ce que vous voulez, moi je me tire. J'vais chercher un endroit au soleil où vous attendre. Ciao. »

L'adolescent sortit du rang avec un signe de la main désinvolte.

« Lovino ! » le rappela le patriarche. « Lovino, reviens ici ! La dernière fois que tu t'es baladé à Rome tout seul, ça s'est mal terminé ! »

« T'inquiète, Papy ! J'ai mon téléphone, et je ferai gaffe aux pickpockets. »

« Lovino, cazzo ! Ce gosse n'a aucun sens de l'orientation, pour l'amour du ciel... »

« C'est bon, Romeo, j'y vais. Je veillerai sur lui. » décréta Antonio en sortant du rang à la place du plus âgé qui commençait à vraiment s'échauffer.

« Mais... » protesta-t-il.

« Ah, Tonio ! Le chevalier servant toujours prêt à rendre service ! » railla Gilbert. « Je te reconnais bien là ! »

L'Espagnol lui adressa un sourire excédé et trottina pour rattraper Lovino, qui lui adressa à peine un regard par-dessus son épaule. Toutefois, Antonio crut deviner un sourire sur ses lèvres.

« Il paraît qu'on a pas le sens de l'orientation, matelot ? »

« Heureusement, j'ai un capitaine qui va m'aider à garder le cap. »

Lovino se laissa rattraper. Après quelques centaines de mètres parcourus dans le silence, il montra du doigt un bar à cocktails :

« Le Capitaine me fait confiance pour lui procurer du rhum ? »

oOo

Antonio et Lovino étaient installés en terrasse, deux mojitos posés devant eux. Lovino avait descendu ses lunettes de soleil sur son nez, ils riaient ensemble à intervalles réguliers. Ils discutaient de tout, de rien. Simplement.

Étrangement, Lovino se sentait bien. Détendu. Bien moins sur les nerfs qu'avec Romeo sur le dos, Feliciano et les patates à surveiller. Antonio n'entrait dans aucune de ces catégories. Il était à part. Tout juste comme lui. En sa présence, l'adolescent se sentait accepté, considéré, remarqué et même... Compris. Et puis, l'interprète était drôle. Incroyablement candide, peut-être un peu naïf en apparence, mais drôle. Actuellement, ils étaient en plein débat sur la cuisine. Lovino soutenait que puisqu'Antonio n'était pas italien, il ne possédait pas la vérité suprême de l'art culinaire. Pour sa part, l'Espagnol maintenait qu'il était plein de ressources, lui aussi, et pouvait surprendre l'adolescent. Il en doutait, mais...

Avant qu'il n'ait pu nuancer, son téléphone portable vibra dans sa poche. Papy Romeo.

« Allô ? »

« Lovino ? Rejoignez-nous aux voitures. Le Colisée n'accueille plus de visiteurs aujourd'hui. »

« Ah ! Je le savais ! Vous n'apprendrez jamais à m'écouter, hein ? »

« Oh, la ramène pas, gamin. Amenez vos fesses. »

Lovino raccrocha et expliqua la situation à Antonio. A regrets, ils vidèrent leurs verres, réglèrent la note, et rejoignirent leurs compagnons en vue du retour à la villa.

oOo

Antonio s'était spontanément proposé pour cuisiner, ce soir. Lovino y voyait une volonté de l'impressionner, mais laissa faire. Romeo, déchargé de sa fonction habituelle pour la soirée, proposa une partie de Bataille corse en attendant que le repas soit prêt. Lovino joua la première manche, puis laissa tomber. Il n'avait pas assez de patience. Il n'était pas du tout mauvais perdant, bien sûr que non.

Il rejoignit Antonio dans la cuisine. L'Espagnol avait endossé un tablier, déjà tâché pour la malheureuse demi-heure qu'il avait passée seul dans la cuisine.
« Alors, que nous prépares-tu, chef ? » demanda Lovino, qui s'était arrêté sur le seuil de la cuisine et qui fit par conséquent sursauter le cuisinier.

« Hum, euh... Des arancini au saumon en entrée, et une lasagne aux aubergines en plat de résistance. »

« Pas mal ! » approuva Lovino. « Ça t'ennuie si je te donne un coup de main ? »

oOo

« Alors ? Verdict ? » demanda timidement Antonio à la fin du repas.

« Dio, c'était bon ! » s'exclama Lovino en tapotant sa panse bien remplie.

« Tu te débrouilles bien, Tonio. » confirma Romeo. « Tu dois avoir un peu de sang italien en toi. »

« Nah ! » démentit Gilbert. « Il a juste été obligé d'apprendre pour échapper au Gouda à tous les repas. »

Antonio lui adressa un regard incendiaire. Gilbert était doué pour l'aider à oublier Willem, franchement.

« Tu sais ce qui est encore mieux dans l'histoire ? » demanda Romeo.

« Non, quoi ? »

« Qui cuisine, fait la vaisselle. Amusez-vous bien, les enfants ! Mais pas de bêtises. »

Et soudain, il n'y eut plus personne autour de la table. Tous étaient retournés vaquer à leurs agréables occupations telles que la natation ou les cartes. Lovino et Antonio échangèrent un regard consterné.

« Je lave, tu essuies ? » suggéra Antonio.

oOo

La nuit était tombée et avait enveloppé la villa de ténèbres et de silence. Ils étaient tous allés se coucher quand les deux cuisiniers d'un soir eurent débarrassé la table, fait la vaisselle et rangé la cuisine. Pour l'occasion, et pour se détendre un peu avant d'aller dormir -ils étaient tous deux exténués par leur longue journée qui avait commencé très tôt et se finissait très tard- Antonio déboucha une bouteille de vin rouge qui traînait sur le plan de travail et en servit deux verres.

Ils allèrent s'asseoir à même le sol, sur la terrasse, et goûtèrent un instant le calme absolu et le bien-être procuré par un jour bien rempli et du bon travail. Cette soirée se terminait dans la satisfaction générale. Lovino fut le premier à reprendre la parole :

« Antonio, je pense qu'on forme une belle équipe, toi et moi. »


Le drame arrive dans le chapitre suivant~

Notes

La Chapelle Sixtine est une partie des bâtiments du Vatican.

La Création d'Adam est une fresque de Michel-Ange.

L'Ecole d'Athènes est une fresque de Raphaël, qui se trouve dans la Chambre de la Signature (partie publique des appartements papaux) et représente effectivement les plus grands philosophes de l'Antiquité. Qu'on ne peut pas toujours nommer, mais bon...

! Vu que je ne suis pas allée à Rome comme prévu (notez l'amertume de mon ton) il se peut que la visite du musée du Vatican ne soit pas réaliste.

Il y a une référence à mon OS Before We Go dans ce chapitre. Vous l'avez vue ? :3

Mojito : cocktail assez connu et composé de 6cl de rhum blanc, 1cl de jus de citron vert, 1.5cl de sirop de sucre de canne (c'est meilleur avec du vrai sucre de canne) et 12 feuilles de menthe, remplir de soda (sprite) ou eau pétillante. Ou ajouter du jus de citron si vous préférez.

Merci de votre lecture, n'hésitez pas à laisser une review !

A la semaine prochaine !