DISCLAIMER : —The Walking Dead, Daryl Dixon et les personnages (…) appartiendront toujours à leurs créateurs. « DAMAGED HEROES » appartiendra toujours à MonDieu666, (qui m'a donné son autorisation pour traduire sa fanfiction) ainsi que son scénario et la moindre des lignes qui vont suivre. Je ne suis qu'une humble traductrice.
NOTE DE TRADUCTRICE :
Merci beaucoup aux revieweuses et à toutes les lectrices silencieuses ! Je suis désolée de ne pas avoir pu répondre à tout le monde, mais ce sera fait dès que possible dès que mon programme sera un peu plus allégé. Ouais, c'est le bordel à cette période.
Peu importe, je vous souhaite une très bonne lecture !
CHAPITRE 4
.
.
.
Hormones, décida Beth en se précipitant vers la prison. C'était la faute de ses hormones. Elle pressa le dos de ses mains sur ses joues et les trouva encore trop chaudes.
C'était arrivé quand Daryl avait posé sa main contre son cœur. Beth avait senti les muscles la narguer et les battements de son cœur contre ses doigts. Non seulement elle avait rougi, mais une vague de chaleur avait littéralement transpercé son corps de manière si soudaine qu'elle avait fini à bout de souffle. Inconsciemment, ses doigts avaient agrippé son T-Shirt.
L'embarras la déstabilisa encore alors qu'elle se remémoré être restée debout et démunie face à lui.
Beth avait passé plus d'un an avec Daryl et même si elle appréciait certainement sa contribution au groupe et qu'elle admirait ses compétences en matière de survie, elle n'avait jamais pensé à le regarder de cette façon.
Ce n'était pas que le sexe ne l'intéressait pas. Jimmy et elle en avaient déjà parlé avant que les gens ne commencent à se transformer en zombies, même s'il ne s'était jamais rien passé de sexuel entre eux. Le problème était qu'elle avait encore dix-sept ans. Et Daryl ? Eh bien, Daryl n'était pas un adolescent. Il n'était pas vraiment jeune non plus, même si Beth ne connaissait pas son âge.
Ce qu'elle savait, c'était qu'il était un homme mûr et qu'elle jouait avec le feu. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas été aussi proche physiquement de tout homme qui n'était pas son père, le petit ami de Maggie, ou Carl. Même si elle avait remarqué que Carl l'aimait un peu trop, cela n'avait jamais été réciproque.
Carl était relativement mûr pour son âge et était habituellement adorable, mais Beth, à la veille même de la vraie féminité, n'arrivait pas à le regarder de la même façon que lui semblait le faire. Elle ne le dirait jamais à voix haute, mais il aurait fallu que Carl ait quelques années de plus pour qu'elle soit elle aussi attirée un tant soit peu.
Et ces jours-ci, personne ne prenait le luxe de penser qu'il leur restait autant d'années à vivre.
Donc, qu'est-ce qu'il s'agissait exactement ? Ses hormones lui dictaient ce qu'elles voulaient et Daryl était subitement devenu le seul homme vraiment capable de les satisfaire ? Beth espérait vraiment que ce soit ça, parce qu'une autre alternative aurait sans doute été trop horrible.
Beth savait que d'apprendre à connaître Daryl avait changé son point de vue à son sujet. Elle savait aujourd'hui que toute son agressivité n'était qu'un masque et elle s'était rendu compte qu'il pouvait aussi être drôle. Beth savait aussi que si elle avançait si bien dans son entrainement, c'était parce qu'il la poussait continuellement dans ses retranchements.
Oui. Et la plupart du temps, elle désirait tellement le frapper : fermer le poing, utiliser tout son élan et sa force pour l'atteindre. Mais d'autres fois, quand elle entrevoyait sa vulnérabilité et sa manière bien à lui de se soucier des autres, elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir fortement liée à cet homme.
Beth se mordit les lèvres, sachant qu'elle ne pouvait pas parler de son problème à quelqu'un. La seule personne à qui elle aurait pu en parler était Maggie, mais Beth savait que si elle le faisait, sa sœur ne perdrait pas une minute pour faire comprendre à Daryl à quel point les filles Greene avaient le sang chaud.
Et Beth ne pouvait pas laisser faire ça. Elle ne voulait pas que Daryl ait des problèmes de sa faute. Daryl la regardait comme une gamine. Une ado particulièrement agaçante. Elle ne pouvait plus compter les fois où il soulignait à quel point elle était jeune.
Beth garderait son problème d'hormones pour elle et cela passerait. Sans doute quelques semaines de plus à subir les insultes de Daryl et à suivre son entraînement intensif et elle serait guérie de toute cette folie.
Voyant à quel point le soleil s'était déplacé dans le ciel, elle se dépêcha. Elle devait aider Carol pour le dîner. Beth espérait qu'elle ne remarquerait pas les cloques au creux de ses paumes. Carol pouvait être très attentive si elle sentait que quelque chose clochait. Beth ne pensait pas qu'elle aurait désapprouvé son entraînement avec Daryl, étant donné qu'ils étaient amis, mais Beth ne pourrait pas courir le risque qu'elle raconte tout à Hershel.
Encore un peu de temps et elle aurait dix-huit ans. Après ça, elle pourrait agir comme elle le voulait. C'était peut-être trop optimiste. Quelques semaines n'effaceraient jamais l'instinct paternel de son père et l'obéissance de Beth ne disparaîtrait pas non plus.
.
.
.
— Relax.
— J'arrive pas à me détendre si tu me fixes tout le temps, se plaignit Carl.
— Merde, (Daryl était assis sur le sol, le dos appuyé contre un arbre) tu veux faire joujou avec mon arbalète, tu crois que j'vais pas te surveiller ?
Daryl crut voir Carl rouler des yeux, mais il baissa un peu les épaules. Le prochain tir de Carl faillit atteindre la cible que Daryl avait gravée dans un arbre. Le visage du gamin s'illumina d'un sourire.
— Merci, dit-il.
Daryl haussa les épaules en se redressant :
— Qui sait ? La prochaine fois, tu toucheras p'têtre la cible si t'écoutes bien c'que j'te dis.
Carl hocha respectueusement la tête. Il avait énormément changé au cours de ces dernières semaines. Au moins, il se comportait différemment quand ils étaient ensemble. Dans la prison, il était resté un petit con, mais dans les bois, Daryl retrouvait le gamin bien caché en lui.
Daryl sentait qu'il tenait le bon bout. Le grand secret que Beth connaissait sur Carl n'avait pas encore été évoqué. Bientôt, il serait bien trop lourd à porter, mais au moins, il aurait quelqu'un vers qui se tourner quand cela arrivera.
T'aimes ça, pas vrai ? Jouer au mentor pour des gamins torturés… La voix de Merle se moquait à nouveau de lui. Quelques années auparavant, son frère n'avait jamais pensé que Daryl était quelqu'un qui valait la peine d'être écouté. Mais Daryl pensait cependant que Merle en valait la peine, parce qu'à ce moment-là, chaque mot qui sortait de sa bouche semblait venir de Dieu lui-même.
Daryl sentit ses lèvres s'étirer en pensant à toutes les excentricités de Merle.
— Bon Dieu, t'étais un vrai con.
— T'as dit quelque chose ? demanda Carl.
Daryl réalisa qu'il avait parlé à voix haute.
— J'ai dit que mon frère était un connard.
Carl avait l'air surpris :
— Mais tu aimais ton frère.
— C'veut pas dire que j'étais aveugle.
Carl haussa un sourcil, réfléchissant clairement à cette affirmation. Daryl se rendit compte qu'il avait raison d'y réfléchir.
— Eh bien, je ne suis plus aveugle.
— Je suis désolé qu'il soit mort, déclara Carl avec sincérité.
— Merci. Il était son propre ennemi. J'pense qu'une partie d'moi savait depuis toujours que ça allait finir comme ça pour Merle.
— Tu savais qu'il allait devenir un rôdeur ?
— P'tit malin. Tu sais c'que je voulais dire.
Même s'ils parlaient de la mort de Merle, Daryl souriait. C'était étrange d'avoir le sentiment que Carl comprenait. Il avait aimé son frère, mais il l'avait également détesté.
— Est-ce que Beth t'a forcé à faire ça ? demanda subitement Carl.
— Ca quoi exactement ?
— M'emmener avec toi ?
Daryl songea à mentir, mais à quoi cela servirait-il ?
— Elle m'en a parlé, mais elle m'a pas forcé. Y'a personne qui puisse me faire faire un truc que j'veux pas faire.
Carl soupira. Il avait l'air bien jeune en cet instant.
— Je sais qu'elle s'inquiète pour moi.
— T'as qu'à arrêter de l'inquiéter, suggéra Daryl avec désinvolture.
— C'est pas aussi simple que ça, répliqua-t-il.
Daryl leva les mains devant lui pour apaiser le gamin.
— Bien, bien, il le fixa d'un air spéculatif, tu vas chialer maintenant ? Parce que j'ai pas d'mouchoirs.
— Tais-toi, je ne vais pas pleurer, lança Carl, mais il pouvait sentir un rire derrière tout ça.
— Parfait. Alors on rentre à la maison.
Le mot « maison » était sorti tout naturellement de sa bouche. La prison était chez lui, maintenant et c'était une réelle maison qu'il semblait avoir laissé derrière lui, remplie des membres de sa famille. Daryl ferait tout pour protéger cet endroit. Avant, il pensait qu'il s'agissait juste de risquer sa vie, mais maintenant, il préférait penser qu'il se battait pour garder l'intégrité du groupe.
Daryl songea à l'heure qu'il aurait à passer avec Beth cet après-midi et espérait qu'il n'aurait pas à utiliser « intégrité » dans un sens particulièrement ironique.
.
.
.
Beth avait toujours vécu dans une ferme. Elle avait grandi là-bas, fait ses premiers pas là-bas, elle avait reçu son premier baiser sous un arbre, là où son père ne pouvait pas la surveiller. Mais Beth n'y connaissait rien en agriculture.
Beth faisait plutôt des corvées et nourrissait leurs animaux, mais les choses qu'on devait faire pousser sortaient de ses connaissances. Pourtant, aujourd'hui, elle se retrouvait à labourer le sol.
Le soleil était juste au-dessus d'eux et le dos de Beth commençait à être traversé par des spasmes. Prenant sa première pause, elle étendit ses bras au-dessus de sa tête en grimaçant.
Tyreese le remarqua et il parut profondément concerné :
— Tu vas bien, Beth ?
— Ouais, je vais bien.
Elle lui lança un sourire rassurant, refusant de se plaindre. Tyreese arrêta son labeur et attrapa quelque chose sur sol.
— Bois au moins un peu d'eau.
Il lui tendit la bouteille et Beth l'accepta avec reconnaissance. Elle but et ignora le sourire complice de Tyreese.
— Fait vraiment trop chaud ici, déclara-t-il en essuyant son front nimbé de sueur.
Tyreese participait beaucoup à l'organisation de leur vie en communauté et il faisait un travail efficace. Il était familier avec les autres habitants de Woodbury et affichait clairement une affinité pour Rick.
— Je suis d'accord, répondit-elle.
L'une des femmes appela Tyreese pour un conseil et, avec un sourire en guise d'excuse envers Beth, il alla la rejoindre. Beth soupira et retourna à son travail, en essayant de ne pas grimacer. Le manche en bois dans sa main frottait désagréablement sa peau.
— Ca fait mal, pas vrai ?
Beth releva la tête, surprise. Elle remarqua un garçon, un peu plus jeune qu'elle, appuyé sur sa pelle.
— Pardon ?
— Creuser. Si t'es pas habituée, tu vas avoir des cloques.
Il avait les yeux verts et son nez était couvert de taches de rousseur. Beth le connaissait de vue, mais n'avait jamais eu l'occasion de lui parler.
— Je parie que tu en as déjà, insista le garçon avec un sourire.
— Tu as un nom ? demanda-t-elle avec méfiance.
— Sam. Samuel, si c'est pour m'engueuler.
Et il lui fit un clin d'œil. Beth ne connaissait plus personne qui lançait des clins d'œil aujourd'hui, mais quand Sam le faisait, cela avait l'air authentique et drôle. Beth sentit un sourire étirer ses lèvres, prenant la place de sa méfiance initiale. Sam attendait qu'elle réponde, avec patience.
— Oh, Beth. Je m'appelle Beth.
— Eh bien, Beth… c'est cool de pouvoir te parler.
Il tendit la main et Beth la prit, pour la secouer légèrement.
— Ben merde, j'pense pas que tu devrais t'inquiéter au sujet des cloques… T'as eu quoi à la main ?
Beth se figea. Sam faisait allusion à ses doigts écorchés et meurtris.
— Tu creuses avec tes doigts ?
Il avait sa main droite encore serrées entre les siennes, l'examinant.
— Je me suis fait ça- elle faillit dire « en me battant- en faisant autre chose.
— Femme mystérieuse, hein ? (il remua les sourcils) T'es donc une dure ?
Beth rougit. Elle ne pouvait nier qu'elle aimait la définition qu'il faisait d'elle : une femme, une combattante. Sam lâcha sa main.
— Alors, tu t'y connais en agriculture ? demanda-t-elle en souhaitant changer de sujet.
— Ouais, un peu. Mon père avait une ferme et je l'aidais avant…
Sam s'interrompit, mais Beth n'avait pas besoin qu'il finisse sa phrase pour le comprendre. Pour la première fois au cours de leur conversation, Beth vit une lueur de tristesse sur son visage.
Beth le trouvait sympathique. Ce nouveau monde avait fini par faire en sorte que les gens se battent jusqu'à qu'ils ne soient plus que des animaux, mais Sam était encore un enfant qui avait vu l'enfer, tout comme elle.
— Mais y'avait pas beaucoup de jolies filles.
Son sourire était de retour. Beth savait qu'il essayait de flirter avec elle, mais elle savait qu'il n'avait pas vraiment le cœur à ça. Beth pensait qu'il avait juste l'habitude d'agir comme ça. D'ailleurs, il avait à peine quinze ans, tout au plus.
— Ca faisait moins de distraction, j'imagine.
Une voix rauque venait de retentir derrière eux et Beth sentit ses épaules se raidir. Sam cessa de sourire en entendant la voix de Daryl.
— Je ferais mieux de retourner travailler. C'était sympa. A plus !
Daryl haussa un sourcil et Sam fit en sorte de disparaître.
— C'était quoi ça ? demanda Beth avec calme.
— J'suis désolé. T'voulais que j'vous laisse flirter ?
L'exaspération de Beth atteignit son apogée.
— Ce n'était pas du flirt, c'était une discussion ! Tu aurais dû le savoir si t'étais pas aussi con et bousillé !
Elle lui jeta toute sa haine au visage, en sachant que c'était cruel, mais elle voulait le blesser. Ignorant les yeux écarquillés de Daryl, Beth s'éloigna. Avoir le dernier mot était exaltant… pendant la première demi-heure.
Ensuite, la culpabilité prit place dans son estomac. Beth avait voulu se reprendre, mais plus elle y pensait, plus elle se sentait comme une gamine ayant eu un vulgaire accès de colère.
En dépit de son caractère de brute, Daryl l'avait aidée et Beth ne faisait rien d'autre que de lui cracher dessus.
Elle était assise sur l'un des lits dans le Bloc, en réfléchissant à son comportement. Elle commença à grignoter l'ongle de son ponce.
— Je pensais qu'on avait réussi à venir à bout de cette mauvaise habitude.
Beth leva les yeux vers son père qui s'approchait d'elle. Elle croisa les mains sur ses genoux, avec un air penaud.
— Tu avais réussi, en quelque sorte.
Hershel posa ses béquilles contre le mur et s'assit à côté de Beth. Elle s'émerveillait chaque jour de la manière dont il s'était habitué à la perte de sa jambe, mais il disait que c'était parce qu'il était heureux d'être encore envie avec ses filles et que cela le poussait à continuer.
Il lui prit la main et la tint un moment entre les siennes.
— Tu t'es fait plutôt discrète ces derniers temps. Tu veux me parler de quelque chose ?
— Je me suis mal comporté avec quelqu'un aujourd'hui, avoua Beth, je me disais que je n'arriverais pas à réparer ça.
— Besoin d'aide pour s'excuser ? suggéra son père avec un sourire aimable.
— Il ne pardonne pas facilement, dit-elle sombrement.
— Beth, tu n'as pas une once de cruauté en toi. Et si tu es sincère, tu seras pardonnée.
Beth sentit l'espoir revenir en elle.
— Tu crois ?
— Je le sais. Tu te souviens de la fois où je t'ai pardonnée pour avoir écrit sur les murs ?
— J'avais cinq ans, grommela Beth.
— Certes, mais un seul regard vers ces yeux –là et tout a été oublié. Dis à ton ami que tu es désolée. S'il ne te pardonne pas, alors c'est de sa faute, pas la tienne.
— Merci papa. Tu es intelligent, tu sais ?
— Les mots qu'un père attend rarement de la part d'une adolescente, la taquina-t-il.
— Je ne suis pas exactement une adolescente, sourit Beth.
— Non. Tu es une femme et le portrait craché de ta mère.
Beth sentit un pincement au cœur en songeant à combien de personnes elle avait perdu. Avec un soupir, elle se redressa.
— Où vas-tu ?
— Réparer les choses, répondit Beth.
Elle se pencha pour embrasser la joue de son père. Elle devait trouver Daryl et Beth savait où chercher.
Il l'attendait à leur coin habituel. Il semblait indifférent au fait qu'elle soit en retard. En fait, il avait l'air parfaitement détendu, regardant les nuages passer en fumant une cigarette.
— Ces trucs vont te tuer, lança Beth.
— J'pense que le cancer du poumon n'est pas mon souci actuel, répondit Daryl.
Pourtant, il écrasa sa cigarette avant d'ajouter.
— J'croyais que t'étais trop occupée avec lover boy pour venir.
La poitrine de Beth se serra. C'était tout lui, ça. Ne pas reculer, même s'il était contrarié. Beth ne mordit pas à l'hameçon.
— Je suis désolée de ce que j'ai dit plutôt. Je le pensais pas.
Daryl était très calme. Il y eut un lourd silence et Beth craignait qu'il ne l'ignore.
— C'est pas grave, déclara-t-il.
— Ca l'est. C'était méchant et après tout ce que tu as fait pour moi, j'ai eu tort de dire ça.
— C'était la vérité, répondit-il simplement, je suis bousillé.
Beth commença à protester, mais Daryl leva un sourcil, l'empêchant de continuer.
— Eh bien, qui ne l'est pas de nos jours ? dit-elle finalement.
Daryl réfléchit un instant avant de répondre.
— Toi.
Beth laissa échapper un rire incrédule.
— Je vis dans une prison. Mon père a perdu sa jambe. Mon meilleur ami est un gamin armé et un redneck me donne des leçons ! Oh et j'ai oublié de mentionner que je risque de mourir parce que les morts marchent sur terre ?
Daryl eut l'air particulièrement surpris de l'hystérie borderline dans sa voix.
— Dis-moi encore à quel point je suis normale.
— Compte tenu de cette liste impressionnante, j'dirais que t'es relativement normale, souligna Daryl en décidant d'ignorer sa définition de lui-même en tant que redneck.
Beth se calma, se sentant ridicule d'oser comparer ses problèmes aux siens.
— Je voulais dire qu'on avait tous nos problèmes, mais que ça ne fait pas de toi quelqu'un de mauvais, de con ou de bousillé.
— Eh bien, c'est une louange de la part de Sainte-Beth en personne.
Daryl la taquinait maintenant, ce qui signifiait qu'il la pardonnait.
— Tu ne diras plus que je suis une sainte quand je te botterais les fesses.
Elle se mit en position de combat. Ils étaient réunis pour une seule raison après tout.
— De bien grand mots pour une petite fille.
Beth songea à ce que son père lui avait dit auparavant :
— Je ne suis pas une petite fille. Je suis une femme.
.
.
.
Daryl était assis à côté de Carol, attendant que Rick commence la réunion de groupe. Le fait que Rick ait renoncé à son statut de leader avait conduit à de nombreuses réunions où chacun devait s'exprimer. Les opinions de Daryl étaient entendues et respectées, mais il était parfois nostalgique de l'époque où Rick donnait des ordres. Cela prenait beaucoup moins de temps.
Beth rit à quelque chose que Sasha venait de lui murmurer et cela suffit à attirer son attention.
Daryl ne savait pas ce qui s'était passé l'autre jour. Il avait vu ce gamin parler à Beth, en train d'essayer de la séduire et il s'était senti particulièrement agacé. Il n'avait même pas eu l'idée que le gamin n'y était pour rien. Probablement parce quelque chose qui ressemblait trop à de la jalousie et que c'était complètement dingue.
Mais son cœur avait presque bondi dans sa gorge quand elle lui avait déclaré qu'elle était une femme, un peu plus tard ce jour-là.
Elle était beaucoup plus jeune que lui, mais elle parlait avec toute la confiance d'une adulte. Et il avait l'impression d'être un sale vieux bonhomme, rien qu'en se permettant de la regarder de cette manière-là. Cela n'aurait pas eu d'importance s'ils avaient été les deux dernières personnes sur cette planète : elle n'était qu'une adolescente. Une adolescente qui pensait qu'il n'était qu'un fils de pute complètement foutu.
Beth avait réussi à lui porter quelques très bons coups lors de leur session de la veille. Certes, ils étaient encore faibles. A tout moment, il aurait pu la contrer, mais cela aurait signifié qu'il aurait dû la bloquer entre ses bras et cette idée le mettait mal à l'aise. Probablement parce qu'il avait envie de le faire.
Alors maintenant, Daryl essayait de ne pas grimacer parce qu'elle l'avait frappé dans les côtes. Et bien. Dommage qu'elle ait fini par se blesser en le frappant, mais cela lui avait montré que Beth s'était vraiment améliorée.
Daryl l'avait prise à part avant la réunion.
— Il va y avoir une course de réapprovisionnement, avait-il dit, je veux que tu sois volontaire.
Beth avait pâli.
— Pourquoi ?
— Il faut une expérience pratique.
Elle avait toujours l'air effrayé.
— Ils ne me laisseront jamais y aller, murmura-t-elle.
— Quand tu te porteras volontaire, j'vais proposer d'y aller avec toi. J'pourrais te protéger.
— Tu viendras avec moi ?
— J'te laisserais pas aller dehors sans pouvoir surveiller tes arrières, lui avait-il promis.
Le regard de confiance absolue qu'il avait reçu avait renforcé sa détermination.
Maintenant, ils étaient tous assis et Beth paraissait totalement détendue. Rick entra, Judith dans les bras. Karen lui prit le bébé afin qu'il puisse se concentrer sur la réunion de groupe.
— Merci d'être venus. Je vais tenter d'être bref.
Rick sourit et un petit rire secoua le groupe. Les réfugiés de Woodbury s'étaient rapidement attachés à Rick malgré toute la propagande négative qu'il y avait eu à son sujet avec le Gouverneur.
— Nous sommes à court de fournitures médicales et nous devrions organiser…
— Je suis volontaire !
— … une excursion.
Beth avait parlé bien avant que Rick ne termine sa phrase. Elle devint rouge vif quand tous les yeux se tournèrent vers elle. Ils portaient tous une expression de surprise. Sauf Daryl, qui secoua la tête.
— Beth, je te remercie, mais…
— Mais quoi ? Tout le monde y va. Je suis assez âgée pour y aller.
— Beth, je ne pense pas que ce soit une bonne idée, tenta Maggie en se penchant en avant, soucieuse.
— Pourquoi pas ? Je veux aider.
Daryl nota avec satisfaction que sa voix était purement déterminée. Beth allait se battre, même si c'était quelque chose qu'il l'avait forcée à faire et qu'elle ne voulait pas nécessairement à la base.
Rick semblait chercher par quels moyens dissuader Beth. Il n'y avait pas vraiment de raisons logiques pour refuser sa candidature. Il regarda Hershel à la recherche de soutien.
Beth avait évité le regard de son père jusqu'à maintenant, mais Daryl regardait le vieil homme. Son visage ne dévoilait rien en particulier et Daryl était surpris qu'il ne se soit pas aussitôt interposé.
— Tu en es sûre, Beth ? demanda Hershel.
Elle hocha la tête.
— Tu es capable de prendre tes propres décisions. C'est tout à toi, Rick, je ne m'opposerai pas à ce que tu décideras.
La voix d'Hershel était cependant empreinte de douleur et Daryl se sentit coupable. Il avait tout orchestré.
— Très bien, répondit Rick, mais tu iras avec quelqu'un qui a de l'expérience.
C'était à son tour, cette fois. Daryl ouvrit la bouche pour se proposer.
— J'y vais !
Daryl referma la bouche immédiatement. Maggie ne s'était pas portée volontaire, elle donnait un ordre à Rick.
— J'y vais aussi, déclara Glenn tranquillement, mais déterminé.
Daryl avait envie de se gifler. Pourquoi ne l'avait-il pas vu venir ? C'était évident que Maggie irait. Beth était sa petite sœur.
Daryl ne trouva aucune raison valable de s'interposer. Maggie et Glenn avaient tous les deux de l'expérience avec les rôdeurs. Glenn était l'un des meilleurs éléments lorsqu'il s'agissait de sortir d'une situation délicate. Non, tout cela était trop sensé pour que Daryl puisse s'interposer.
La seule raison pour laquelle il avait envie de se plaindre, c'était à l'idée que Beth puisse y aller sans lui lui tordait le ventre. Daryl lui avait fait une promesse. Et en regardant l'expression horrifiée sur son visage, il comprit qu'elle savait qu'il l'avait brisée.
Vous avez aimé, détesté ? Une question à poser ? N'hésitez pas, je transmettrai vos avis à MonDieu666 et vous répondrai dès que possible !
A très bientôt.
Votre Humble Traductrice.
