Je suis rentré chez moi en courant. Il n'était pas très tard, à peine vingt-et-une heures, je devais sans doute pouvoir contacter Jacob. J'espérais juste que Bella mettrait un peu plus de temps à tenir le même raisonnement.

Lorsque je suis rentré, Alice m'a pris dans ses bras.

-Elle l'a plutôt bien pris.

J'au haussé les épaules.

-Ça aurait pu être pire… Carlisle ? Tu peux me passer le numéro de téléphone de Billy s'il te plait ?

Il est allé dans son bureau, et m'a ramené un bout de papier sur lequel était griffonné le numéro.

-Merci, ai-je dit, et je suis ressorti.

Je me suis dirigé vers la vieille verrerie abandonnée qui était en terrain neutre. Je me suis assis contre un arbre, et ai appelé. Billy a répondu au bout de la troisième sonnerie.

-Billy ? C'est Edward Cullen. Il faut que je parle à Jacob, c'est très important. Il n'y a aucun problème et cela ne concerna pas Bella, mais il faut que je lui parle…

-Si ça ne concerne pas Bella, pourquoi veux-tu parler à mon fils, sangsue ?

-C'est vraiment très important, je vous expliquerais tout après si vous voulez, mais il faut d'abord que je parle à Jacob… Pouvez-vous lui demander de me retrouver à la vieille verrerie abandonnée ? Je suis seul et je veux simplement lui parler… S'il vous plait, dites-lui de me rejoindre le plus rapidement possible… C'est vraiment très important…

Je ne savais pas quoi dire pour le convaincre. Il finirait de toute façon, par être au courant de tout, mais je voulais d'abord parler à Jacob, et je ne voyais pas comment convaincre Billy sans en dire trop… Finalement, je l'ai entendu parler à Jacob dans le téléphone, et peu de temps après, sa voix retentissait.

-Qu'est-ce que tu veux ?

Je n'ai pu m'empêcher de pousser un soupir de bonheur en entendant sa voix. Maintenant, elle me semblait si merveilleuse…

-Est-ce que tu peux me rejoindre à la verrerie s'il te plait ? Il faut que je te parle…

-Parlons ici, a-t-il répondu de son habituel ton méprisant, mais seule sa voix m'importais. Je voulais le voir absolument, et parallèlement, l'entendre le plus longtemps possible…

-Je ne veux pas parler de ça par téléphone, écoute, ça ne nous concerne que toi et moi, d'accord ? Pas Bella. Je suis seul, il n'y a aucun danger, mais il faut absolument que je te parle…

J'ai hésité un moment avant d'ajouter :

-S'il te plait…

Pendant un moment, je n'ai entendu que sa respiration dans le combiné, et puis finalement, il a dit…

-J'arrive…

Je n'ai pu que me sentir profondément soulagé. Non seulement il acceptait de m'écouter, mais en plus, j'allais le voir… Je me faisais penser à une lycéenne timide et timorée, mais c'était les seules choses que je pouvais attendre de lui, et il me les avait accordées…

-Merci, ai-je murmuré, avant de raccrocher.

Je l'ai senti arriver de loin, sa délicieuse odeur le précédait… Au son que j'entendais, je devinais qu'il se méfiait, et était sous sa forme de loup… Cette constatation m'a fait mal, mais comment pouvais-je lui en vouloir ? J'étais un vampire, et lui un loup…

Finalement, un gigantesque loup roux a émergé d'entre les arbres. Fier et menaçant, les babines retroussées en signe de menace, jamais je ne l'avais vu aussi beau… Et son odeur était si douce…

Je me suis levé, et me suis approché de lui, mais je me suis arrêté à une distance raisonnable. Je me suis assis par terre face à lui.

Que me veux-tu ? A-t-il demandé en pensée.

-Tout d'abord, merci d'être venu, ai-je commencé. Ecoute, ce que j'ai à te dire n'est pas facile, et cela risque de prendre un peu de temps. Sache juste que je ne te veux aucun mal et que Bella n'a rien à voir la dedans, je l'ai quittée maintenant…

Elle manque de se tuer, elle te suit jusqu'en Italie pour te sauver, et toi tu l'as quittée ?

-Ne cherche pas, tu ne peux pas dissimuler la lueur d'espoir qui s'est allumée dans ton cœur, ai-je dit d'un ton douloureux. J'aimerais que tu m'écoute jusqu'au bout, s'il te plait…

Il m'a regardé d'un air interrogateur. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire, l'expression était si amusante sur son museau de loup… Sans le vouloir, j'ai ainsi aiguisé sa curiosité, et il s'est assis sur son derrière…

Qu'est-ce qui t'arrive, Cullen ?

J'ai soupiré une énième fois pour la soirée.

-C'est assez compliqué à dire… Tu te souviens de quand tu es venu me parler du traité ? J'ai réagi bizarrement…

Tu t'es enfui le plus vite possible en laissant Bella se faire étriper par Charlie et en lui disant que tu n'étais plus sûr de rien…

-C'est ça… Ecoute Jacob… Les loups ont leurs imprégnés… Ne soit pas surpris, Bella m'en a parlé. Les loups ont leurs imprégnés, et les vampires… Eh bien, les vampires ont leurs calices…

Il m'a regardé un instant, sans comprendre, et puis mes paroles ont fait leur chemin, et il s'est reculé, tout en lui, son visage, son museau plutôt, comme son loup ou ses pensées, était horrifié…

Non… Tu n'es pas sérieux…

-Je ne l'ai pas choisi, Jacob. J'aurais préféré que ce soit Bella, tu t'en doute bien… Rassied-toi, s'il te plait, j'aimerais que tu m'écoute…

Il s'est rassit sur le sol, méfiant, mais ne s'est pas rapproché.

-Par où commencer… Selon Carlisle et les Volturis, c'est quelque chose de très rare… A un tel point que c'était devenu une sorte de légende à laquelle personne ne croyait… Mais le lien existe, et bien souvent, le vampire n'y survit pas… D'après les Volturis, le lien entre un vampire et son calice est bien plus fort qu'une imprégnation, ne me demande pas sur quoi ils se basent pour affirmer ça, ils n'ont pas voulu me le dire… En fait, le calice est un humain dont le sang est si pur, que le vampire ne peut plus s'en passer après y avoir goûté, et même les autres humains, même la chanteuse n'a plus aucun intérêt à ses yeux… Le calice et le vampire sont des âmes sœur, et les effets du rejet sont plus ou moins identiques à ceux du rejet d'un imprégné, mais apparemment, en beaucoup plus fort… Mais, à la différence du loup et de son imprégné, le calice à le choix… Le calice est la seule et unique âme sœur du vampire, mais le vampire n'est pas la seule âme sœur du calice… C'est pour cela qu'en cas de rejet, ce sera mon rôle de te mettre sur le chemin du bonheur… Je te guiderais jusqu'à ton imprégné, je veillerais sur vous, sur vos descendants, et sur vos réincarnations… Une autre chose qui diffère est que tu as le droit de vie et de mort sur moi… A partir du moment où je t'ai reconnu comme mon calice, je ne peux plus mourir, sinon par ta main, ou bien suite à ta propre mort. Demande moi de mourir, et je le fais sur le champ, plus rien ni personne ne peux me tuer à part toi… Si tu meurs toi-même, mon âme restera alors éternellement sur terre, à veiller la tienne et à attendre son retour dans le monde des vivants… Comme l'imprégné et son loup, tu peux faire de moi ton ami, ton frère, ton amant, mais aussi ton esclave ou ton chien. Tu pourrais m'attacher à un arbre et me demander de ne plus en bouger, je ne bougerais pas sans ton ordre. La seule chose qui pourrait me faire désobéir serait que tu sois en danger, car l'instinct de protection du vampire pour son calice est la seule chose qui soit plus forte que son désir d'obéissance… Je ferais n'importe quoi pour te plaire Jacob. Pour résumer, tu ne t'imprègneras pas de moi tant que tu ne l'auras pas choisi, repousse moi et tu ne pourras de toute façon pas m'empêcher de veiller sur toi. Je souffrirais, mais je n'en mourrais pas tant que tu ne me le demanderas pas. Tue moi, et mon âme restera sur terre et je veillerais sur toi comme je l'aurais fait en vie, tu ne m'auras juste plus dans le paysage… Jacob, je t'en supplie, accorde moi une chance…

Il est resté un long moment silencieux, et je lui ai laissé ce moment parce qu'il avait besoin d'assimiler tout ce qu'il venait d'apprendre. Et puis la réponse tant redoutée est arrivée…

Tu n'es pas sérieux ? Comment veux-tu que je fasse ne serait-ce qu'envisager te laisser une chance ? Tu es un Cullen, bordel ! Un vampire, une putain de sangsue ! Tu crois vraiment que je pourrais accepter une relation avec toi ?

J'ai fermé douloureusement les yeux, et j'ai senti une larme de venin couler sur ma joue… Un fait rare, que seule une émotion très forte, -notamment la souffrance,- peut provoquer… J'ai essuyé ma joue d'un revers de manche.

-Jacob…

Non, laisse tomber ! Oublie-ça, ça ne sera jamais possible, c'est clair !?

J'ai hoché la tête.

-Très clair, mais s'il te plait, je t'en supplie, ne m'empêche pas de rester près de toi… Même au fin fond des bois, je t'en supplie, permet moi de rester proche de toi, que je puisse te voir, t'entendre…

Non mais ça va pas, t'es tombé sur la tête ?

-Jacob, je t'en supplie… Par pitié, ne me demande pas de souffrir plus que je ne le fais déjà, ou alors tue-moi…

Je ne te tuerais pas, par égard pour Bella, est ce qu'elle est au courant au moins ?

-Je lui ai dit. Je l'ai encore fait pleurer, mais elle a compris…

Il est hors de question que tu restes dans la réserve, Cullen !

-S'il te plait…

Non ! C'est hors de question, et de toute façon, Sam et mon père ne voudront pas, ni moi d'ailleurs, donc oublie ça !

Lentement, j'ai hoché la tête.

-Jacob ? Ai-je appelé…

Quoi !?

-Si jamais un jour tu changes d'avis… Si jamais tu choisis de me tuer, pour une raison ou une autre, mon corps se changera en poussière et les Volturi la recueilleront… Et si un jour, à la mort de ton imprégné, par exemple, tu souhaites à nouveau connaitre le bonheur… La porte de Volterra te sera toujours ouverte, et il suffira d'une goutte de ton sang dans mes cendres pour me ramener…

Comme si je pouvais vouloir te faire revivre ! Moins il y a de sangsues dans ce monde, mieux je me porte !

J'ai fermé les yeux. Il n'imaginait pas à quel point ses paroles me lacéraient le cœur… Lentement, je lui ai tourné le dos, je ne voulais pas y croire… Le résultat était couru d'avance, mais je voulais croire qu'il restait un espoir…

-Au revoir Jacob, merci de m'avoir écouté, ai-je dit d'une voix étranglée...

Et rapidement, je m'en suis allé.


Voila la définition du calice selon moi. Alors, verdict? Vous en pensez quoi?