'Mais puisque je te dis que j'essaye!' s'écria Théa en mordant furieusement dans un sandwich. Il était quinze heures, et cela faisait sept heures peu ou prou qu'ils travaillaient sur l'Occlumencie. Théa avait mal à la tête, elle était fatiguée, elle avait faim, et elle avait très envie d'arracher la tête de l'homme en face d'elle.
'Pas suffisamment, apparemment,' dit Severus d'un ton moqueur. 'Tu n'as pas réussi à me bloquer plus de deux secondes.'
'Ah, parce que toi, tu as réussi en moins de vingt quatre heures, peut-être,' répliqua la jeune femme d'un ton venimeux. Il commençait à sérieusement lui taper sur les nerfs. 'Vas-y,' dit-elle sans attendre la réponse. Elle se leva. 'Réessaye.'
Snape n'attendit même pas une fraction de seconde.
Théa sentait la fureur lui parcourir les veines, comme une coulée de lave destructrice. Elle ferma les yeux, luttant contre l'afflux de souvenirs, de pensées qui remontaient, et se concentra uniquement sur sa frustration et sa colère. Elle érigea de puissants murs mentaux, emplis de barbelés, et se lança à corps perdu dans l'esprit de Severus.
Il était sûrement si surpris qu'il ne réagit pas tout de suite. Théa vit une petite maison à moitié délabrée, et une chambre de la taille d'un grand cagibi. Un petit garçon aux cheveux noirs était recroquevillé sur son lit, le dos marqué de ce qui semblait être des coups de ceinture. Puis, aussi vite que c'était arrivé, la vision disparut, et elle vit une maison en ruines, et un homme en noir qui se précipitait à l'intérieur. Severus tenant le corps de Lily, sanglotant d'une façon qui lui serra le coeur. Severus devant Dumbledore, agenouillé, lui demandant grâce...
Théa fut projetée hors de son esprit avec la force d'un raz de marée. Elle tomba sur les fesses par terre, les yeux écarquillés, et elle leva des yeux un peu craintifs vers Severus.
Il avait la bouche pincée, et ses yeux lançaient presque des éclairs. Ses mains étaient serrées en deux poings, et il semblait sur le point de la frapper.
'Je suis désolée,' dit Théa en se relevant et en s'approchant précautionneusement de lui. 'Je ne voulais pas entrer dans ta tête comme ça.' Elle marqua une pause. 'Bien que toi tu l'aies fait à de nombreuses reprises.'
'C'est une vengeance, c'est ça?'
Théa prit un air faussement vexé.
'Crois-moi, Snape, si jamais je voulais me venger, tu ne t'en rendrais pas compte,' dit-elle d'une voix dangereuse.
Il jeta un oeil rapide vers elle comme pour vérifier qu'elle plaisantait, et eut enfin un petit sourire.
Théa se rengorgea de fierté. Elle avait toujours été douée pour distraire les gens de leurs malheurs.
'Ca veut dire que j'ai réussi, au fait?'
'Un peu trop bien,' admit Severus. 'Si jamais tu fais ça à Albus, il va comprendre que quelque chose ne va pas. Il faut que tu apprennes à pousser délicatement de faux souvenirs, au lieu de foncer comme un taureau enragé.'
'Oui, mais au moins je t'ai bloqué,' dit Théa d'un air suffisant. 'Alors, le grand prodige Occlumens, ça t'en bouche un coin, hein?'
Severus se rassit à son bureau. 'Coup de chance, Johnson, et les circonstances jouent en ta faveur. Je suis épuisé d'essayer de t'enseigner quelque chose. Si j'avais été reposé, tu -'
'Il n'y a que les perdants qui se cherchent des excuses,' le coupa Théa, hautaine. 'Tu as perdu, c'est tout.'
'Legilimens!'
Théa n'avait pas du tout été préparée. Elle sentit l'esprit de Snape inonder le sien, juste pour montrer sa supériorité, et il se retira avant de pouvoir voir ses souvenirs.
'Alors?'
'La ferme.'
Théa prit un autre sandwich. Severus avait appelé un elfe de maison quelques dizaines de minutes auparavant, parce que les grondements de l'estomac de Théa commençaient à se faire un peu trop entendre, et c'était plus que bienvenu. Elle but un peu de jus de citrouille et se renfonça sur sa chaise, fermant les yeux.
'Je suis vannée,' dit-elle à mi-voix. 'Ah, au fait,' dit-elle en se redressant à grand peine, 'Je voulais savoir. Comment ça va se passer, demain? Je suis censée faire comme si j'étais en train d'étudier les potions de haut niveau, sûrement?'
'Oui,' dit Severus en mordant à son tour dans un sandwich. Il fouilla dans un tiroir et lui tendit une liasse de parchemins. 'Apprends par coeur les trois premières fiches pour demain, ce sont les cours de la journée.'
Théa y jeta un oeil. C'étaient en fait trois potions, toutes lui étaient inconnues. L'une servait contre les maux de tête, l'autre était un baume anti brûlure et la dernière était un poison, qui était atrocement compliqué.
'Je ne peux pas dire que je suis malade, plutôt?' dit Théa d'un air plaintif. 'Je ne vais jamais réussir à répondre à des questions là-dessus. Ou alors, j'observe simplement?'
'Tu peux observer, je suppose,' dit Severus en fronçant les sourcils. 'Le premier cours est à neuf heures demain matin dans la salle de potions.'
Théa hocha la tête. Elle n'avait pas vraiment hâte de commencer l'assistanat de Severus. Déjà, elle n'était pas spécialement pédagogue. Elle n'avait pas la patience pour ça, en fait. En plus, elle n'y connaissait strictement rien, et ça n'avait vraiment pas grand chose avec la chimie Moldue. Et finalement, on lui avait complètement imposé ce poste.
Elle soupira, et se renfonça sur son siège, le dernier sandwich avalé. Elle allait un peu mieux à présent, mais le mal de tête subsistait. 'Plus d'Occlumencie, aujourd'hui, par pitié,' dit-elle les yeux fermés en levant une main. 'Passons à la magie.'
Lorsque la porte se referma enfin derrière Théa, Severus ferma les yeux, épuisé. Elle progressait vite, admit-il, non sans une certaine répugnance. Qu'elle ait réussi à le bloquer en si peu de temps était modérément impressionnant, surtout pour une Moldue. Mais elle devait faire bien mieux que ça si elle espérait duper Albus. Si jamais il découvrait ce qu'ils s'apprêtaient à faire... Eh bien, il n'avait aucune idée de ce qu'il pourrait bien y faire. Probablement les enfermer dans un cachot obscur en venant leur proposer des friandises quand cela lui plairait.
L'idée lui donnait des frissons. Il fallait vraiment faire travailler Théa.
Elle se débrouillait mieux en Magie, également. Il lui avait fait apprendre le Protego, et l'Expelliarmus. C'étaient des sortilèges qui, bien que faibles, pouvaient lui sauver la vie. Ah, et il faudrait qu'ils voient les sorts de soin très vite...
Severus releva la tête, et se rendit compte que s'il restait là, il finirait par s'endormir. Il soupira. Le week-end avait été long, et il s'agissait à présent de recommencer à enseigner à toutes ces têtes de pioche.
Rien que pour éviter ça à l'avenir, il était bien content de partir.
'Weasley!' aboya Severus d'un air mauvais. 'Je peux savoir ce que vous êtes en train de faire?'
Théa releva la tête du parchemin où elle gribouillait depuis une demi-heure. Une tête rousse, qu'elle n'avait pas remarquée auparavant, leva la tête vers Severus d'un air craintif. 'Je...'
'Vous aidiez Karson à ne pas rater lamentablement sa potion, comme d'habitude? Eh bien, j'ai le plaisir de vous annoncer que c'est raté,' dit le professeur d'un air sadique. Théa haussa un sourcil. 'Evanesco. Vous avez ajouté les ailes de Billiwig avant les épines de porc-épic?'
La potion du dénommé Karson disparut de son chaudron, d'après ce que Théa pouvait voir du visage décomposé de l'élève. Il hocha la tête.
'Cinq points en moins pour Gryffondor, chacun,' susurra finalement Severus. 'Karson, pour avoir raté votre potion, Weasley, pour avoir mal conseillé votre camarade.'
Eh bien. Les bouquins faisaient preuve d'un euphémisme certain en disant qu'il était un salaud avec les élèves. Les Gryffondor tentèrent de protester, mais Weasley, probablement Bill ou Charlie, les calma rapidement d'un signe de tête. Brave petit.
Snape continua ainsi tout le long de la leçon. Il rabaissait tous les élèves, la classe étant en commun avec les Serdaigle et non pas les Serpentard, mais se révélait particulièrement mauvais avec les Gryffondor. Théa secoua la tête, un sourire moqueur au coin des lèvres. Il fallait vraiment qu'il finisse par régler les griefs qu'il avait contre les Maraudeurs.
La journée se déroula comme un escargot paresseux. A la fin du deuxième cours de deux heures, Théa s'ennuyait terriblement, et elle n'avait qu'une hâte, c'était pouvoir enfin se dégourdir les jambes dans le parc, et apprendre un peu de magie.
Elle s'était rendue compte qu'elle avait très envie de progresser. Elle acceptait enfin sa situation – plus ou moins pleinement, il lui restait le chapitre de sa famille à régler – et elle embrassait la chance qu'elle avait de pouvoir faire toutes ces choses dont elle avait tant rêvé plus jeune. Elle prit la résolution de dévaliser la bibliothèque de Severus dès qu'elle le pourrait. Elle ne pouvait pas utiliser celle de l'école, bien sûr. Madame Pince aurait sûrement posé quelques questions en la voyant emprunter des livres réservés aux élèves les plus jeunes.
Les élèves du dernier cours de la journée entrèrent dans la salle. Théa jeta un oeil à l'aide mémoire que Severus lui avait préparé – les Septième Année de Serpentard et de Gryffondor. Oh. Elle leva un oeil interrogatif à Severus, qui secoua discrètement la tête – non, ce ne serait pas une partie de plaisir.
Et en effet, ce ne le fut pas. A la seconde où Severus dit aux élèves d'aller chercher leurs ingrédients, tous les garçons se levèrent d'un bloc. Elle avait bien remarqué que certains se retournaient fréquemment pour la regarder, mais elle pensait que ce n'était que de la curiosité – après tout, elle aussi, lorsqu'elle était au lycée, avait dévisagé assidument tous les visages inconnus qui faisaient leur apparition. Mais elle comprit lorsque Severus leur ordonna de commencer leur potion.
La classe était composée de six garçons et quatre filles. Si les filles se contentèrent de lui sourire plus ou moins froidement, les garçons, dans leur grande majorité, en profitèrent pour essayer de discuter avec elle, en se donnant un air charmeur. Théa, dans un premier temps, fut aimablement froide. Mais vint un grand brun à l'air extrêmement arrogant, qui lui tapa directement sur les nerfs, et qui portait un uniforme rouge et or.
'Miss, vous êtes nouvelle alors? Comment ça se fait que vous soyez là? Vous connaissez bien Poudlard? Vous voulez que je vous montre?'
Théa déclina froidement l'invitation. 'Je vous remercie, mais je pense pouvoir me débrouiller. Je vous prierais de retourner à votre table, maintenant.'
Severus était en train de fustiger un élève qui avait pris les mauvais ingrédients, et Théa se retrouvait donc seule. Ce que comprit très bien son interlocuteur. 'Pourquoi vous avez pris un apprentissage avec Snape? C'est le bâtard des cachots, faut faire attention à vous, Miss. Y'en a qui disent que c'est un vampire.'
Théa ne put retenir un sourire moqueur. 'Faites attention lorsque vous dites ce genre de choses à son apprentie, alors.'
Malheureusement, le crétin prit ça pour une plaisanterie intéressée, et il se mit à rire doucement. 'Si vous voulez, on peut se retrouver ce soir, au Troisième Etage... Tu sais, près de la statue de Wilfried l'Affreux*.'
'Merveilleuse idée, Spencer,' dit une voix traînante derrière lui. 'Nous n'avons qu'à y aller à trois.'
Les Serpentard éclatèrent de rire et l'élève se retourna, mortifié. 'Euh...'
'Faites attention, Spencer,' enchérit Théa d'un air moqueur. 'Ce n'est pas vous qui m'avez dit que c'était un vampire?'
'Retenue,' l'acheva Severus. 'Samedi, bureau de Rusard, et si vous êtes en retard, ou si vous ne venez pas, ce sera le double. Vingt points en moins pour Gryffondor.'
Le garçon, vaincu, retourna d'un air piteux à sa table et n'ouvrit plus la bouche de la leçon.
Lorsque le dernier élève fut sorti, Théa émit un grognement guttural.
'C'est l'enfer,' dit-elle d'une voix douloureuse. 'Et tu fais ça depuis deux ans? Il faut te sortir de là. Même moi, j'aurais réussi la potion de ce crétin de... de Vayne ou quelque chose comme ça.'
'Vallance, raté,' dit Severus sur le même ton. 'Et, oui, je confirme, pour les deux. Il est temps de préparer un plan.'
Théa hocha la tête. En effet, il était temps. Severus passa à son bureau, Théa derrière lui, fit apparaître du thé, et s'assit.
Enfin, une soirée où il ne passerait pas son temps à regarder dans sa tête.
'Alors,' dit-il d'un air un peu tendu. 'Dis-moi comment on tue le Seigneur des Ténèbres.'
Ce fut une longue discussion, et le thé se rendit utile, tant la bouche de Théa devenait sèche. La jeune femme lui parla d'Harry Potter, de la prophétie, des Horcruxes, et du plan de Dumbledore. Lorsqu'elle eut terminé, il était huit heures passées.
Et quelqu'un frappa à la porte.
Severus releva la tête d'un air alerte, et fit signe à Théa de ne pas faire de bruit. Il la fit passer par une porte presque invisible dans son bureau, et elle se retrouva dans une pièce plongée dans la pénombre.
'Severus,' dit une voix un peu étouffée venant de l'autre côté de la porte. Théa était presque sûre que c'était Dumbledore.
'Albus,' répondit Severus d'un ton neutre. Théa se mordit la lèvre, inquiète.
'Cela fait un moment que je ne t'ai pas vu dans la Grande Salle, et Théa non plus,' dit le vieil homme d'une voix affectueuse. Théa n'y croyait pas une seule seconde, et se mit à nerveusement mordiller l'ongle de son pouce. Ce n'était pas bon.
'Ah,' dit Severus d'un ton parfaitement égal. 'Oui, nous avons pris votre conseil très à coeur, et je passe le plus clair de mon temps libre à lui apprendre la magie. Nous mangeons généralement ici.'
'Je suis heureux de voir que vous vous entendez si bien,' dit Dumbledore d'une voix bonhomme. 'Une telle alchimie entre vous, pour que vous passiez autant de temps ensemble! Et où est-elle, à présent, je te prie? J'ai à lui parler.'
Théa ferma les yeux, paniquée. Severus, lui, ne laissa pas transparaître d'émotion dans sa voix.
'Je n'en ai aucune idée,' dit-il d'une voix égale.
'Oh, voyons, Severus,' dit Dumbledore, abandonnant la fausse amabilité. 'J'ai entendu deux voix dans ce bureau quelques secondes avant de frapper. Je t'en prie, ne me prends pas pour un imbécile.'
Théa n'y tint plus. Elle respira profondément, et ouvrit la porte.
Severus la regarda d'un air furieux, mais elle n'y prêta aucune attention, cette dernière étant focalisée vers Dumbledore. 'Bonjour, Monsieur le Directeur,' dit-elle poliment.
'Ma chère Théa,' dit-il avec un sourire, 'Je vous ai déjà dit de m'appeler Albus.'
Théa se força à sourire et hocha la tête. 'Désolée, Albus. Il y a une explication à cette... supercherie.'
Dumbledore hocha la tête d'un air intéressé et Théa essaya de se donner une contenance, sentant le regard furieux de Severus lui brûler la nuque.
'La vérité, monsieur,' dit-elle d'une voix ferme, 'c'est que nous voudrions éviter que l'ensemble du corps professoral sache qu'on est si... proches. Nous ne voulons pas alimenter les ragots.'
Albus haussa les sourcils. 'Les ragots? Se pourrait-il qu'il y ait autre chose qu'une relation strictement professionnelle entre vous?'
Théa serra la mâchoire, mal à l'aise, et jeta un regard incertain à Severus. Celui-ci soupira, en une promesse muette de lui faire la peau plus tard, et tourna les yeux vers Dumbledore. 'Disons que nous sommes amis, ce qui est déjà plus que ce que les autres professeurs doivent savoir.'
'Je dois admettre que certains de nos éléments sont des commères de la pire espèce, dit Dumbledore d'un air guilleret. Théa s'efforça de fermer son esprit le plus possible, mais elle ne semblait pas y arriver. Elle n'était pas assez calme, elle n'avait pas pu se concentrer... Et les yeux de Dumbledore restaient fixés sur elle. Elle s'efforça à penser à Severus. Au fait qu'elle l'appréciait, au fait qu'elle le comprenait, et qu'ils s'entendaient bien, mais qu'il n'y avait rien d'autres. Elle ne savait pas si elle avait bien fait.
'Très bien,' finit par dire Dumbledore. 'Je vais vous laisser à votre... magie, alors.' Il inclina la tête en direction de Severus et de Théa, et sur un dernier regard vers Théa, sortit.
'Il sait,' dit Severus à la seconde où la porte se referma.
'Tu crois?' dit Théa d'un air paniqué. 'Je suis désolée! J'ai eu peur, je n'étais pas prête, je n'arrivais pas à utiliser l'Occlumencie!'
'Disons que tu ne pouvais pas faire mieux,' dit Severus d'un ton neutre. 'C'est l'un des meilleurs Legilimens de la planète. Tu n'aurais pas pu lui faire croire quoi que ce soit avant plusieurs semaines, et c'était irréaliste de penser que tu ne le verrais pas entre deux. On doit partir ce soir.'
Théa le regarda, les yeux ronds. 'Ce soir?'
'Tu préfères qu'il attende de tout comprendre? A quoi tu as pensé, lorsqu'il te regardait?'
'A toi,' dit Théa en se forçant à ne pas rougir, pâlir, ou montrer quelque signe d'inconfort ou de gêne. 'Au fait que nous sommes amis, et au fait que je t'apprécie.'
Severus haussa un sourcil et renifla d'un air dédaigneux.
'Arrête, je sais que tu m'aimes bien aussi, au fond,' se força à dire Théa en essayant de cacher le fait qu'elle était un tout petit peu vexée. 'Ce soir, alors?'
'Ce soir,' répéta Severus. 'Il faut qu'on récupère le Diadème avant toute chose.'
Ils avaient décidé qu'ils récupèreraient les Horcruxes dans l'ordre. D'abord, Poudlard, évidemment. Ensuite, il s'agirait d'aller à Little Hangleton, pour récupérer la bague des Gaunt, au Square Grimmaurd pour récupérer le médaillon de Serpentard, au Manoir Malfoy pour le journal de Jedusor, au coffre des Lestrange à Gringotts pour la coupe – si elle y était, en Albanie pour Nagini, et il faudrait régler le problème Harry Potter. Théa n'avait aucune idée de comment elle pourrait bien tuer l'Horcruxe sans tuer Harry. Mais il faudrait voir ça une fois que toutes les autres menaces auraient été écartées.
Programme chargé, en somme.
Ils étaient plongés dans les préparatifs depuis plusieurs heures déjà, et le soleil était couché depuis un petit moment. Severus était exalté. Maintenant que c'était si imminent, il avait de plus en plus hâte de quitter le château. Après tout, il n'avait jamais été synonyme de souvenirs heureux.
Mais il était temps de partir, à présent. Ils avaient tous deux préparé un stock de nourriture, fourni gracieusement par les elfes, et leurs affaires étaient rétrécies et glissées dans leurs poches. Severus avait laissé une lettre adressée à Dumbledore, dans laquelle il disait qu'il ne supportait plus de travailler à Poudlard et qu'il s'en allait. Il savait qu'il n'y croirait pas une seule seconde, mais il avait sous-entendu qu'il partait sur un autre continent – ce qui brouillerait quand même les pistes.
Quand a Théa, il espérait qu'il pense qu'elle était simplement retournée dans son monde, mais il en doutait fortement.
Le jeune homme jeta un dernier regard au château. Ils étaient tous deux sous Désillusion, et Severus avait attiré d'un Accio le meilleur balai de Poudlard. Il était hors de question de transplaner à moins de dix kilomètres du château, Severus savait de source sûre qu'Albus avait des renseignements sur les allées et venues dans ce périmètre.
'J'espère pour toi que tu n'as pas le vertige', dit Severus en enfourchant le balai, une fois les grilles du château passées.
'Attends, tu sais piloter ce truc?'
'A ton avis?'
Théa le regarda d'un air interdit.
'Oui, je sais piloter ce truc,' dit Severus d'un air exaspéré. 'Allez, monte.'
Théa grimpa sur le balai derrière Severus et entoura maladroitement sa taille de ses bras. Sans attendre, il frappa un grand coup de pied par terre, et ils décollèrent.
S'il ne lui avait pas lancé un sortilège de silence informulé, Théa aurait hurlé.
Coucou !
Me voici de retour (pour vous jouer un mauvais tour). Voilà, Théa a déconné et on se retrouve plongés directement dans le vif du sujet! Est-ce que Dumbledore s'est rendu compte de la supercherie, alors? Est-ce qu'ils vont réussir à sauver le monde? Est-ce que oui ou non Severus considère Théa comme son amie ou n'est-elle qu'un moyen pour lui de retrouver sa liberté et de se libérer de sa culpabilité?
La réponse au prochain chapitre!
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.
Bisous,
Nastesia
