CHAPITRE 3 :
-Dit, Raph', tu pourrais venir voir comment faire marcher la télé, je n'y arrive pas...
Dit, Raph ! Salut, Raph ! Hein Raph ! Hé Raph !
Putain, je leur ai dit Raphaël, pas « Raph » c'est quoi cette habitude d'être si familier avec moi ?!
-comme si j'avais la moindre idée de comment marche ses machins, dis-je dans un grognement avant d'aller directement m'enfermer dans ma chambre.
-mais enfin Raph...
Je soupire, la voix de Chad se perd derrière la paroi de la porte.
La semaine est presque passée, c'est bon, maintenant je vais enfin rencontrer ce mec, là, le mafieux (à compter qu'il soit vraiment mafieux, puisqu'avec tous les contacts que je me suis fait pour retrouver Mione et Ry, je m'y perds un peu...) et voir s'il peut vraiment m'aider à y voir plus clair.
Le problème réside dans le fait que je dois exclusivement rester dans le monde moldu, puisque nos agresseurs étaient sans le moindre doute des sorciers... Depuis que je suis dans le passé, je n'ai pas pris le moindre contact avec le monde magique, mes cheveux sont bien trop reconnaissables pour que je m'y aventure, et comme le dit si bien Hermione, « ne changez aaaaabsolument pas le passé ! »
Je suis déjà allé à l'encontre des conseils de ma Mione, bien sûr... mais disons que j'ai (un peu) mûri, et j'ai appris à faire la part des choses !
L'équation est plutôt simple d'ailleurs, voyez :
Tu fais des conneries qui vont contre le règlement, oui, mais que si Harry est là pour se faire pincer en même temps que toi !
La notoriété de Harry m'a souvent dérangé, dans le passé (enfin, le passé de mon présent qui est le futur de maintenant... ouais, c'est pas trop trop simple, cette histoire...), mais il faut avouer que quand on a des emmerdes il me fait assez d'ombre pour que je me prenne pas le plus gros de la punition.
C'est donc le problème le plus embêtant, c'est celui là : comment retrouver deux sorciers en étant coincé dans le monde moldu sans pouvoir contacter le moindre sorcier ?
Bah, la seule réponse que j'ai trouvé, c'est de contacter quelqu'un qui connaît beaucoup de monde et croiser les doigts en espérant que je saurais reconnaître le nom d'un sorcier quelconque dedans qui pourrait se renseigner pour moi...
Mon portable vibre soudain dans ma poche, et je fronce les sourcils.
Monsieur votre rendez-vous est annulé, c'est triste hein ?
-allo ?
« je voudrais parler à monsieur Raphaël s'il vous plaît ? »
-c'est moi, qui êtes-vous ?
-je suis le docteur Morian, il parait que vous cherchez à en savoir plus sur les failles temporelles et ce genre de chose ?
-en effet, je suis bien content que vous acceptiez de prendre contact avec moi. Pourrions-nous arranger un rendez-vous dans les jours à venir ?
-oui, vous savez, mon métier est rarement pris au sérieux, ce qui me laisse un emploi du temps assez dégagé.
-très bien, ça ne vous dérange pas de me donner votre numéro que je vous contacte plus tard pour fixer le rendez-vous ?
-non non, pas de problème, merci.
-merci à vous.
.
-une omelette s'il vous plaît ! M'exclamais-je en m'asseyant face à monsieur-muscle.
Il me regarda d'un air septique avant de hocher la tête.
-une omelette pour le p'tit gars, patronne !
Je souris en refusant de me demander depuis combien de temps plus personne ne se permet de m'appeler p'tit gars. En même temps, j'arrive à me faire passer pour un étudiant alors que j'ai que 15ans presque 16 tant j'ai grandi vite, alors on peut comprendre...
Bref.
-tiens bonhomme, bon appétit.
Hochant la tête, je me mis à dévorer rapidement mon repas définitivement délicieux. La voix de monsieur-muscle interrompit ma dégustation :
-tu cherches toujours tes deux amis ?
-ouais, répondis-je en enfournant une grosse bouchée.
-au détour d'une conversation, j'en ai parlé avec un ami, il pourra t'aider.
Je lève des yeux choqués vers big-boy et le regarde longuement avec des gros yeux.
-mais heu... heu... pourquoi ?
-l'occasion se présentait, se contenta-t-il de répondre.
-je veux pas de charité... marmonnais-je.
Il plaça alors sa grosse main sur mes cheveux et me les a ébouriffé vivement. Tellement vivement que j'ai cru qu'il allait m'arracher la tête.
Quand il recula sa poigne, j'ai cru que mon cerveau continuait de bouger à l'intérieur de mon crâne... C'était, heu... déstabilisant, mais assez marrant aussi.
-vous voulez quoi en échange de l'aide de votre ami ? Demandais-je.
Bah oui, tout le monde n'est pas griffondor dans l'âme, et puis les moldus étaient tellement tordus... je sais jamais à quoi ils pensent !
-je veux que tu continues de venir manger l'omelette ici, j'aime bien voir ta petite tête à la maison. Quand à ce que tu dois à mon ami... et bien tu verras ça avec lui, il est spécial, mais pas méchant.
J'entends presque le « je crois » dans sa voix...
Hyper rassurant, mais au pire, pourquoi pas, qu'est-ce que je risque contre un moldu ?
-bah... ok, je reviendrais et on verra ça...
-bon p'tit gars.
Je finis mon assiette rapidement et jette un coup d'œil à ma montre.
Mince de mince c'est bientôt l'heure !
J'abrège les politesses en engloutissant les dernières miettes et saute sur mes pieds en fouillant mes poches pour trouver mon porte-feuille.
-si t'es pressé p'tit gars, déguerpis, tu reviendras payer la prochaine fois de toute manière.
-merci m'sieur à la prochaine !
Et je me précipitai en dehors de peur que mon rendez-vous me rate et me prenne pour un lâche.
Sûr que je ne compte pas imiter les serpentards moi.
Je cours presque tout du long et effectue un léger dérapage pour ralentir avant le tournant. Je passe une main dans les cheveux pour les organiser, inspire une fois et reprend mon pas.
Ils sont déjà là, et ne me remarque pas.
Ils ne sont que deux, jouant aux cartes d'un air concentré, certainement persuadé que je n'allais pas venir.
Grossière erreur, il ne faut pas sous-estimer un griffondor, même si officiellement il n'en est pas un à cette époque et qu'ils ne seraient pas au courant de toute manière.
…
C'est dans les veines d'être griffondor, on s'en fiche du reste !
Je toussote et retins un sourire en les voyant sursauter et glisser une main dans leur veste, apparemment près à dégainer leurs armes si c'était la police.
Enfin...
La police n'aurait sûrement pas « hum-humer » pour les alerter, mais bon...
Bref.
-alors comme ça tu es venu... constata celui qui se reprit le plus vite.
-je vous l'ai dit, je ne suis pas peureux et je suis près à aller à la rencontre de Tommy. Je tiens parole, c'est tout.
-le chef a dit que tu pourrais être intéressant, fit l'autre en le regardant d'un air dubitatif. Donc on est venu te chercher.
Une voiture noire, vitres teintées, débarqua alors dans l'impasse, se garant à quelques mètres d'eux. Pas moyen de savoir comment le conducteur à fait pour savoir à quel moment il fallait entrer, c'était peut-être juste une question de timing ?
- Max, bande-lui les yeux.
Ron grimaça, peu emballé par l'idée.
Il jeta alors discrètement un sort au bandeau noir pour voir à travers quand on lui posa sur le visage.
Attends, on a beau dire, c'est prudent un griffondor !
Enfin, des fois...
On le fouilla rapidement, personne ne détecta la baguette magique (dissimulée par un sortilège, au cas où) et on en conclu qu'il était venu sans arme.
Ron fit mine de trébucher à plusieurs reprises quand on l'emmena jusqu'à la voiture.
Une fois attaché au siège passager, la voiture prit la route, roulant prudemment. Sans pouvoir s'en empêcher, Ron se rappela la fois où il était allé enlever Harry avec les jumeaux quand il était enfermé chez ses idiots de moldus... Ah c'était la bonne époque ça !
Bon, le coup du saule cogneur était moins amusant, c'est sûr, ni l'engueulade de Snape.
Mais quand même, qu'est-ce qu'il avait gueulé quand sa baguette s'était fracassé, et que Ry courait après la voiture avant qu'elle s'enfonce dans la forêt interdite, et quand...
-on est arrivé.
Merde.
Il avait pas du tout regardé le chemin, ça servait à quelque chose de rendre le bandeau invisible, tiens !
-tu descends, ordonna le dénommé Max.
Je me retins de justesse de faire une remarque ironique, en territoire ennemi, mieux vaut rester prudent, moldu ou pas.
On m'amène à l'intérieur d'une grande maison en briques sombres et aux grandes fenêtres, et cette fois je fis gaffe à mémoriser l'itinéraire qu'ils me firent emprunter, au cas où faudrait fuir.
Enfin, fuir, on fera tout pour l'éviter... au pire, si je fais tout péter, ce n'est plus considéré comme de la lâcheté à ce moment là, non ?
Je vais quand même éviter d'en arriver à de telles extrémités...
Une fois devant une grande grande porte en bois brut, on m'enleva le bandeau.
-tu te comportes correctement devant Tonny, sinon on t'expose la cervelle.
-compris, répliquais-je en me retenant de leur tirer la langue.
La lourde porte pivota lentement et je me retrouvais face à une grande salle pratiquement vide à part une table basse en son centre, entourée de deux sièges au rembourrage en velours et avec des dorures sur le bois.
On se croirait dans une famille de sang-pur en voyant les fauteuils... Heureusement que le reste de la salle est soft, sinon j'aurais un peu étouffé ici...
-alors voici le fameux jeune homme ? Asseyez-le.
Vous avez remarqué ? Apparemment je ne suis même plus capable de m'asseoir tout seul, il me faut de l'aide.
NON MAIS TU M'AS BIEN VU ?! C'est pas parce qu'il a des hommes à ses ordres que les autres ne sont plus capables de comprendre une demande !
M'énerve...
-je peux aussi le faire tout seul.
Dédaignant ''Max'' et l'autre type qui m'escorte depuis l'impasse derrière l'industrie, je me choisi d'autorité un des deux siège et m'y assis en dévisageant l'autre.
Grand, blond, yeux noirs, air arrogant, costume trois pièce simple mais bien taillé.
Il a l'air satisfait de mon comportement, vu son sourire.
Tant mieux pour lui...
-et bien et bien, quel est ton nom, gamin ?
Gamin toi-même, le vieux...
-Fabien, mais vous le savez déjà.
-en effet, je sais aussi que ce nom n'existe pas.
-évidemment, répliquais-je en levant les yeux au ciel. Je ne suis pas si imprudent !
Ou presque.
Le type eut un autre sourire satisfait, ça m'énerve un peu mais je dis rien, c'est à lui de parler. C'est comme une partie d'échec, on joue chacun son tour, déplaçant un pion à la fois, parler que d'une seule chose à la fois pour ne pas trop en dire et de cette manière assurer ses arrières.
-j'aime ça.
-pas moi, mais je n'ai pas le choix.
-je comprends.
-pourquoi avoir accepté de me rencontrer ? je demande en le fixant.
Parce que je suis pas stupide, s'il le voulait, j'aurais put galérer pendant des mois sans jamais pouvoir le rencontrer. Enfin, en théorie, vu qu'en pratique j'aurais peut-être forcé le passage au bout d'un moment.
La patiente et les griffondor, c'est pas bien compatible, vous comprenez...
-trouver autant d'informations sur mon réseau alors que tu es un simple étudiant, défier de front mes hommes et ne pas faiblir devant leur armes... j'ai beaucoup de respect pour le courage des gens dans ton genre.
Ne dit on pas que l'on respecte ce que l'on ne possède pas ?
Mais d'après ce qu'il a dit, c'est effectivement le mafieux. Tant mieux, d'un côté, je me serais trouvé malin si ça n'avait rien eu à voir...
-et moi j'ai besoin d'informations, et d'après ce que j'ai pu voir, votre réseau est assez étendu pour me les fournir.
-tu me proposes donc un marché ?
-évidemment, vous aurez une contrepartie.
Tonny s'installa plus agréablement dans son fauteuil.
-je me demande ce qu'un étudiant pourrait m'apporter, à moi qui ai tout ce dont je désire...
Je jette un coup d'œil autour de moi, est-ce que l'on est seul, est-ce qu'on est surveillé ? Je ne sais pas trop ce que je peux dire devant tout le monde.
-pouvez-vous éloigner tous vos gardes de cette pièce, je veux dire, tous ceux qui pourraient entendre notre conversation ou voir ce que j'ai à montrer ?
-tu veux me tuer ?
-ne soyez pas stupide, je ne ferais pas ça coincé entre quatre mur, sans connaître l'itinéraire et sans arme.
-c'est juste... Max, vide les parages, mais reste dans la salle.
-heu...
-il est de confiance, et puis je suis prudent, moi aussi...
Encore ce sourire... c'était stressant, j'ai l'impression d'être devant un mélange de Rogue et Dumbledore...
Yerk !
Une fois les parages désertés, Max assis à même le sol dans le dos de Tonny, Ron sortit la baguette de son pantalon. Max fronça les sourcils (et oui mon gars, je dissimule mieux que tu ne fouilles !) et Tonny pencha la tête sur le côté.
-qu'est-ce que ce bâton a de spécial ? Demanda-t-il d'une voix neutre.
Je murmure une formule entre mes lèvres.
Un couinement de surprise le fit se retourner brusquement pour voir Max écarquiller les yeux alors qu'une corde s'enroulait autour de lui.
J'avais bien retenu le sort que Ry m'avait rapporté, celui que la vieille grenouille rose avait utilisé sur un centaure (non mais franchement, à se demander comment elle avait pu monter en grade en réagissant comme ça devant des créatures avec autant de fierté que les centaures...) pour l'étrangler.
Tonny se releva vivement mais j'étais déjà debout, le bras au-dessus de la table basse, la baguette sur sa gorge.
-je n'ai que deux mots à dire et vous y laisserez la peau.
J'abaissais alors la baguette, me laissant retomber sur le fauteuil tandis que j'annulais mon sortilège.
-mais je vous tuerais pas, c'est pas mon genre. C'était juste pour vous montrer la puissance de cet objet.
-puis-je la prendre ? Demanda Tonny d'un air avide, en la fixant d'un air gourmand.
Possessif, je faillis la ranger aussitôt en lui crachant à la gueule qu'il pouvait toujours y compter et aller voir Merlin s'il y est, mais bon, fallait aussi lui faire comprendre que c'était inutile.
Je me contente donc de répondre calmement :
-n'y pensez pas, une baguette n'obéit qu'à son maître, et vous n'avez aucunement les capacités d'en manier une un jour. Pour vous, ce n'est qu'un bout de bois comme beaucoup d'autre. Pour moi c'est une arme puissante. Alors voilà mon marché...
.
-une omelette s'il vous plaît !
-déjà de retour ? S'étonna monsieur-muscle (faudrait d'ailleurs que je lui demande son prénom, ça se fait pas d'appeler les gens comme ça). Une autre omelette pour le p'tit, patronne !
-vi, ça a été rapide !
-tu as des nouvelles sur tes amis ?
-pas encore, mais maintenant j'ai un informateur, ça ira sûrement plus vite.
-mon ami passe demain, tu y seras ?
-d'accord, c'est gentil monsieur.
-ce n'est pas gentil, gamin, c'est comme ça.
-heu, oui, si vous le dites...
.
Quand je rentrais enfin dans l'appartement que je partage avec les deux intrus, J'avais la tête pleine de sourires satisfaits, d'omelettes et de plans. Mon chemin vers Ry et Mione avançait, et bientôt, bientôt...
-salut Raph, t'as passé une bonne journée ?
Sans répondre, je rejoins le frigo pour prendre une bouteille de jus de fruit.
Alors que j'avalais la première gorgée, une chaleur exquise et soudaine traversa mes reins et toute ma gorgée fut crachée pratiquement sur intrus numéro un.
-bah qu'est-ce qui t'arrive, Raph, ça va ?
Seul un gémissement franchit mes lèvres.
Je portais alors ma main à ma hanche, soulevant le tee-shirt pour fixer ma peau.
Elle ondulait !
C'est quoi ce bordel de...
Une seconde vague de plaisir traversa mon corps, coupant mes jambes au passage. Je suis tombé à genoux puis sur les fesses, la bouteille allant rouler plus loin, déversant son contenu sur le carrelage sans que je parvienne vraiment à m'en inquiéter.
Et là, à même la peau, un dragon et une lionne se gravèrent.
Et après un dernier cri, une immense fatigue me traversa, me faisant fermer les yeux et tomber en arrière.
.
Dans la cuisine universitaire, deux garçons avaient la bouche ouverte et l'air ahuri en regardant leur colocataire avoir un orgasme au beau milieu de la pièce.
Parce que s'en était un, non ? Non ?
