Bonjour tout le monde !
Je m'excuse pour l'attente mais j'étais débordée ces derniers temps. Bref, voici le 4e chapitre, la fin approche ! =)
Bonne lecture
Chapitre 4 : ...ou le début du commencement ?
Depuis deux jours, il surveillait la transformation de Mary Alice, s'inquiétant de l'absence de cris. Ce n'était pas normal, elle devrait être en train de hurler, le poison avait reconstitué les chairs déchirées par l'empalement de la branche et s'attaquait en même temps à la vie contenue dans chaque fibre de son corps. Malgré son âge, il se souvenait parfaitement de sa propre transformation, de la douleur sans nom qu'il avait éprouvée et de chaque langue de feu qui avait consommé toute la chaleur de son corps.
Tout à coup, il perçut un infime changement dans l'air. Un simple humain n'aurait sans doute rien décelé, mais il n'était pas un simple humain. Il était un vampire, de surcroit vieux de plusieurs siècles. Même s'il ne possédait pas de don comme un certain nombre de ses congénères, son expérience lui avait apprit de nombreuses choses et ses sens vampiriques étaient très aiguisés.
James sortit des fourrés sur sa droite de la démarche fluide typique des vampires.
_ Alors, Louis, ta charmante protégée est-elle toujours en vie ?
Depuis quelques heures, en raison de la transformation, les effluves que dégageait la jeune femme s'étaient quelque peu adoucis.
Instinctivement, Louis se plaça en position de défense entre Alice et James mais son mouvement permit au traqueur d'apercevoir la jeune femme allongée, presque aussi pâle que la mort et dont le cœur battait frénétiquement. Dans un cri de rage, il se rua sur le médecin.
_ Tu as osé la transformer !
Le combat était intense entre les deux vampires. Les mâchoires claquaient, les grondements résonnaient entre les arbres. Ils étaient de force équivalente, l'un possédant un instinct de traqueur ultra développé, l'autre utilisant sa riche expérience et ses sens aiguisés pour riposter.
Mais soudain, quelque chose vint perturber la concentration du médecin. Un faible gémissement venant de la grotte, le premier depuis deux jours... Mais si ce gémissement présageait quelque chose de bon pour la jeune femme, il fut néfaste pour Louis. James profita de son inattention pour lui porter un coup mortel et le démembra en une dizaine de secondes. Lorsqu'il se tourna vers Mary Alice, des flammes s'élevaient derrière lui.
James se rapprocha de la jeune femme avec d'infinies précautions, elle pouvait se réveiller à tout instant. Cependant, arrivé à deux mètres d'elle, il se stoppa net : plus aucun son ne provenait d'elle. Son cœur s'était arrêté. Le vampire n'eut aucune hésitation et quitta la grotte, ses pensées se dirigeant vers un nouvel objectif, celui de trouver une nouvelle victime…
Au même moment, la jeune femme ouvrit les yeux et la première chose qu'elle vu de sa nouvelle vie fut un plafond en pierre. Le plafond rocheux d'une grotte. Elle pouvait voir la moindre fissure dans la roche, entendre toute la vie qui y résidait.
Mais que faisait-elle dans une grotte ?
Elle se releva et fut étonnée d'être seule. Soudain quelque chose la frappa de plein fouet. Non seulement elle n'avait aucune idée de la raison de sa présence dans cette caverne, mais elle ne se souvenait de rien.
Le néant, le vide absolu. Aucun souvenir. Son nom, sa famille, sa vie, tout avait disparu !
Cherchant toujours du regard la présence d'une personne, la jeune femme fit un pas en avant et son pied heurta un objet. Longue, rectangulaire et sombre, il s'agissait d'une boite recouverte de velours. Elle la ramassa, notant au passage que sa gorge lui semblait sèche et parcheminée et qu'elle ressentait une soif étrange. La boite renfermait une magnifique gourmette en argent. Encore une fois, elle remarqua qu'elle pouvait voir le moindre détail du bijou, ainsi que tout ce qui l'entourait, et cela lui semblait très étrange sans qu'elle ne sache pourquoi, comme s'il n'était pas normal que ses sens soient aussi développés.
En fait, la seule chose qu'elle avait vraiment remarquée était le mot gravé sur la gourmette : le prénom Alice. Etait-ce ainsi qu'elle s'appelait ? Il est vrai que cela lui semblait vaguement familier. C'est en l'attachant à son poignet qu'elle remarqua que le bijou portait l'odeur de quelqu'un, mais elle ne savait pas qui. Alice savait seulement qu'elle sentait cette odeur autour d'elle, et que ce doux parfum semblait venir d'en dehors de la grotte. Elle suivit la piste et tomba sur un tas de cendres encore chaudes et fumantes. Et alors qu'elle approchait sa main, quelque chose se passa. Sa vue se troubla un instant et elle se retrouva sur une immense plaine.
De nombreux tas semblables étaient éparpillés sur l'herbe et au milieu de tous, Alice aperçu une silhouette. Son corps se rapprocha de lui alors qu'elle ne faisait aucun pas, et Alice en déduit qu'elle n'était pas présente dans cette plaine. Elle ne savait pas comment cela pouvait être possible, mais elle était sure que cela n'était qu'une sorte de vision, une hallucination. Elle y était sans vraiment y être.
Il s'agissait un homme assez grand, blond et son corps était recouvert d'étranges cicatrices en demi-lune. Il était accroupi, la tête entre ses mains, et semblait pleurer. Il ouvrit les yeux, qui, au passage, étaient d'un rouge éclatant, et Alice crut un instant qu'il la voyait. Son regard semblait fixer quelque chose derrière elle.
Il se releva, une farouche étincelle de volonté dans les yeux, et quitta les lieux soudainement en s'écriant « C'est fini Maria ! ».
Seulement, avant qu'Alice ne fasse quoi que ce soit, les lieux qui l'entouraient changèrent, devinrent flous et la jeune femme se retrouva alors dans un bar sombre.
Elle se vit assise au comptoir, en train d'attendre quelqu'un. La salle était majoritairement occupée par des hommes, et un grand nombre d'entre eux ne la quittait pas des yeux. Malgré qu'il fasse sombre dans la pièce, il pleuvait fort dehors, elle voyait parfaitement bien. Elle tenait entre ses mains blafardes une tasse d'un thé bien chaud. Alice sentait même la chaleur émaner du récipient.
Alors qu'une clochette sonna, indiquant la venue d'un nouvel arrivant dans le bar, elle releva la tête et nota au passage une inscription portant le nom de ce bar « the Philadelphia's ». Mais elle ne s'y attarda pas car l'homme, ou plutôt le vampire, qui venait d'entrer était le même qu'elle avait vu précédemment. Il avait une mine extrêmement sombre, des cernes immenses sous les yeux, eux-mêmes d'un onyx impressionnant. Alice devina qu'il avait beaucoup de mal à contrôler quelque chose, une soif qui le dévorait de l'intérieur. Il commanda un whisky, sans doute pour faire bonne impression, tandis qu'il s'installait dans le coin le plus sombre de la pièce. Elle se vit descendre de son tabouret, sous les regards de tous les hommes du bar, et se diriger vers lui. Elle ne l'avait jamais rencontré, il ne la connaissait sans doute pas non plus, mais elle se sentait attirée par lui. Grâce à ses précédentes visions, elle savait seulement qu'il se nommait Jasper. Tandis qu'il reposait son verre sur la table, elle se posta en face de lui.
- « Tu m'as fait attendre ! » lui lança-t-elle si vite que ses lèvres ne bougèrent pas.
Les images tourbillonnèrent de nouveau autour de la jeune femme, et la vision prit fin. Alice resta immobile quelques minutes, assimilant les informations qu'elle venait de voir. Qui était cet homme, ce Jasper aux traits si marqués mais qui semblaient cacher une âme pure ? Bien qu'elle ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam, elle se sentait attirée par cet inconnu, comme s'ils étaient liés par quelque chose de puissant.
Mais ses réflexions furent interrompues une sensation puissante au niveau de sa gorge. Elle était comme parcheminée, asséchée. Elle avait soif, et cette soif poussa tous ses sens en alerte.
Soudain, un effluve chatouilla son puissant odorat. Elle ne chercha même pas à réfléchir sur l'origine de ce délicieux parfum, tout ce qu'elle savait c'est qu'elle devait absolument retrouver la source de cette fragrance.
