Disclaimer : Gravitation ne m'appartient pas et je n'écris pas cette histoire pour me faire de l'argent !! C'est juste pour le plaisir.

Note de l'auteur : Et nous voilà embarqués pour le chapitre 3, plus sombre et où on apprend plus de choses que le personnage de Cadi. Attention au retournement de situation.


Chapitre 3

- Ca… Cadi ?

- Shuichi ?

Cadi se redressa sur son lit. La voix de son ami était si étrange qu'elle était inquiète. Il semblait si désemparé… Qu'était-il encore arrivé pour qu'il soit dans cet état ?!!

-Shuichi, ça ne va pas ?

Silence. Elle fronça les sourcils. Quelque chose n'allait pas. C'était certain, et ça ne lui plaisait pas du tout. Mais absolument pas.

- Je… je peux passer chez toi ?... maintenant ?

- Bien-sûr, bien-sûr, je t'attends, dépêche-toi….

Et il raccrocha. Elle fut debout en moins de deux, enfila un chandail et gagna l'entrée de son appartement, visiblement inquiète. Tant que son ami ne serait pas arrivé, elle piétinerait d'impatience devant sa porte. Et le garçon aux cheveux roses ne mit pas longtemps à arriver. A croire qu'il avait appelé près de chez elle. Et à voir ses beaux yeux clairs remplis de larmes et déjà rougis, elle n'attendit même pas qu'il lui dise la moindre parole. Elle l'accueillit dans ses bras et le serra fort contre elle, tout autant qu'il la serra contre lui, s'accrochant fort à elle pour ne pas s'écrouler.

- Viens mon ange, tu vas prendre froid – murmura-t-elle avant de l'entraîner dans la pièce, fermant la porte à double tour derrière elle. Elle le fit asseoir doucement sur le canapé, lui mit la couverture sur les épaules et l'abandonna quelques minutes pour lui ramener une tasse de thé. Histoire qu'il puisse se détendre un peu, se calmer, et se réchauffer. Il aurait bien le temps de parler. Mais le jeune garçon n'en fit rien. Il resta silencieux, pleurant un long moment tout d'abord, avant de boire doucement son thé. C'était étrange comme un breuvage chaud et une présence amicale à ses côtés étaient réconfortants. Et rien que cela le rassurait. Il n'avait pas envie de déblatérer à nouveau sur ses problèmes avec Yuki. Encore une fois, il l'avait jeté dehors suite à une grosse dispute qui aurait pu se finir par de la violence si le jeune chanteur n'avait pas fui avant qu'ils n'en arrivent aux mains. Et là, il était littéralement épuisé. Il n'avait pas envie de parler. Il souhaitait juste se reposer, sans craindre une dispute, sans craindre un mot plus haut que l'autre. Tout simplement. Et Cadi ne le força pas à parler. Elle resta à ses côtés, buvant son thé en silence. Et, comme un geste naturel, ils s'endormirent tous deux sur le canapé, sans se poser plus de questions. Ils comptaient beaucoup l'un pour l'autre, et la présence de chacun était vitale pour l'autre. Parce qu'ils s'aimaient autant qu'elle aurait pu aimer un frère et Shuichi l'aimait autant qu'il aimait Mayuko, sa petite sœur.

Et la nuit aurait pu être calme et douce. Endormis ainsi l'un contre l'autre, ils semblaient tous deux se protéger contre les attaques extérieures, et intérieures également. La main de Shuichi dans celle de Cadi, ils se la serraient avec fermeté, pour ne pas se perdre, pour être ensemble au petit matin, pour se sourire et se dire qu'une fois de plus, ils avaient survécu à la nuit. Mais il ne pouvait en être ainsi. Cadi. Chaque nuit était le même cauchemar. Et pourtant, la nuit qu'elle avait passé à dormir dans les bras d'Hiro avait réussi à détruire un instant ses visions qu'elle tentait d'effacer en se faisant du mal. Mais la force de Shuichi ne devait pas être assez puissante pour détruire également ces démons qui ne cessaient de l'attaquer et de lui rappeler les horreurs dont elle avait été témoin.

Une odeur âcre et désagréable. Du sang. Une odeur de brûlé qui prenait tant à la gorge qu'elle donnait des nausées. Des supplications. Et des larmes. Beaucoup de larmes. Pourtant, Cadi n'était venue que pour prévenir que le déjeuner était servi. Mais comme Timothé ne répondait pas, elle s'était déplacée. Elle ne le faisait jamais d'habitude. Il était toujours là à l'heure. Mais là, elle trouvait son retard inhabituel. Bien sûr, elle se doutait bien que des choses étranges se tramaient. Mais quand elle ouvrit cette fichue porte d'où provenait cette odeur si horrible, elle avait su au même instant qu'elle faisait une erreur. Ses yeux s'étaient aussitôt écarquillés devant la scène qui se déroulait devant elle. Un homme. A peine plus âgé d'elle. Et qui la regardaient avec des yeux suppliants. Un simple regard suffit à Cadi pour apercevoir ce moignon à la place de son bras gauche maculé de sang. Pour voir son autre bras attaché et ses jambes également. Une chaise horrible. Une odeur de brûlé de plus en plus forte et les larmes qui quittèrent les yeux de cet inconnu qui la regardait en même temps que celles qui quittèrent les beaux yeux clairs de la jeune femme.

Et soudain, une envie de vomir si prenante qu'elle ne put se retenir. Elle se sentit vomir alors qu'elle ne parvenait pas à retirer cette horrible image, cette horrible odeur. Et Timothé qui accourut pour l'aider et la sortir de cette horrible pièce. Timothé qui lui demandait pourquoi elle était descendue ici. Timothé qui lui disait de ne pas s'inquiéter.

Mais comment ne pas s'inquiéter en voyant l'homme que l'on fréquente torturer un autre homme ?

Cadi ouvrit les yeux si grands qu'elle en eut mal. Elle tremblait de tout son corps, le souffle court, les larmes lui venant. Et cette odeur qui lui revenait alors qu'elle tentait de ne pas pleurer. Parce qu'elle n'était pas seule. Elle tourna légèrement la tête pour distinguer au travers de son regard troublé le visage endormi de Shuichi. Elle ne devait pas le réveiller. Mais elle ne pouvait pas rester comme ça. Sa main se détacha avec douceur de celle de son ami et elle se leva difficilement, chancelant. Elle devait atteindre la salle d'eau et y parvient tant bien que mal. Elle avait mal tellement elle tremblait, mais elle le savait, bientôt, ce serait fini, elle serait soulagée.

Ouvrant le robinet d'eau fraîche, elle s'en passa sur le visage évitant de se regarder dans la glace. Si elle le faisait, elle saurait qu'elle le verrait. Cet homme. Celui qui la hantait. Ses mains tremblantes fouillèrent dans son tiroir à la recherche de sa précieuse boîte. Quand ses doigts en frôlèrent le bois, elle se sentit déjà presque soulagée. Elle s'en saisit et l'ouvrit délicatement. Elle se débarrassa rapidement de son chandail qu'elle laissa tomber à même le carrelage froid de la salle d'eau et se laissa glisser doucement sur le sol, s'appuyant contre la baignoire. Se saisissant de ses instruments, elle prépara sa libération avec la dextérité de l'habitude. Elle n'avait plus besoin de regarder. Elle pouvait trembler, ça ne changeait rien. Les dosages étaient toujours les bons. Assez, mais pas trop. Assez pour oublier, pas trop pour ne pas succomber.

Et sans tarder d'avantage, elle enfonça l'aiguille dans son bras et ses yeux se révulsèrent sous le soulagement qu'elle ressentait. Tout s'effaçait. Loin. Très loin. Et à présent, elle se sentait presque bien. Légère et libérée. N'était-ce pas cela le bonheur ?

Être enfin légère et libérée…

- Ca… Cadi ?

Après avoir senti la chaleur de la main de Cadi le délaissé, Shuichi s'était peu à peu réveillé. Tout d'abord, il avait cherché Yuki du regard. Mais il ne l'avait pas trouvé. Et il se rappela. Ils s'étaient encore violemment disputés la veille et le jeune chanteur sentit les larmes monter dans ses yeux. Mais il tenta de se montrer fort, inquiet pour son amie qui avait quitté les lieux et s'était réfugiée dans la salle de bain. Il s'était levé après s'être frotté les yeux et l'avait rejoint. Pas assez vite pour l'empêcher de se piquer, mais suffisamment vite pour assister à la scène sans pouvoir faire la moindre des choses. Son regard bleu resta écarquillé un long moment alors qu'il se demandait quoi faire et qu'il voyait la jeune fille sourire béatement alors que ses yeux étaient clos. Faisait-elle un beau rêve ?

Elle semblait si… détendue et heureuse…

- Cadi ? répéta-t-il doucement. Mais la jeune fille ne réagit pas plus. Il s'agenouilla alors doucement auprès d'elle et reprit sa main dans la sienne pour la serrer fort. Que faisait-elle donc ? Qu'avait-elle fait ? Etait-ce cela son secret ? Etait-ce cela qu'elle cachait à Hiro au point qu'elle avait voulu refuser son amour ?

- Je suis là Cadi – murmura-t-il à l'encontre de son amie alors qu'il portait sa main à sa joue pour la frotter doucement contre. Il n'était pas si naïf que cela et avait compris bien des choses en cet instant. Mais ça lui faisait mal de se rendre compte de toute cela. La vie n'était vraiment pas belle.


- Cadi ? Tiens, c'est du thé. Il en restait encore. Je l'ai fait réchauffé.

Intimidé, Shuichi s'approcha de la jeune fille et lui tendit la tasse qu'il lui avait amenée. Cadi n'en menait pas large. Quand elle avait reprit pied dans la réalité, elle avait découvert son ami à ses côtés. Et il n'était plus question de lui cacher quoique ce soit. Mais comment avouer ce genre de choses ? Surtout à une personne qu'on aimait tant ?

Levant ses grands yeux vers le garçon, elle lui attrapa la main et le poussa à venir s'asseoir près d'elle. Ce qu'il fit sans trop réfléchir après avoir posé sa tasse sur la table, imitée par Cadi. Et ils restèrent là quelques minutes dans le silence se tenant simplement par la main, les doigts enlacés, s'accrochant l'un à l'autre.

- Les choses sont parfois si horribles qu'il n'existe pas d'autres alternatives pour les effacer.

Shuichi releva les yeux et la regarda. Ces quelques mots murmurés étaient lourds de sens, il l'avait bien compris. Et le regard fuyant de la jeune fille était assez éloquent.

- Ca les efface longtemps ?

Cadi tourna la tête vers lui et lui adressa un faible sourire avant de secouer la tête par la négative. Non. Ca ne durait pas assez longtemps. Mais ça lui permettait de pouvoir vivre avec cela.

- Et je pourrais effacer moi aussi les choses qui sont horribles ?

Sa voix tremblotante alerta la jeune fille et elle en cligna des paupières avant de venir le prendre dans ses bras pour le serrer tendrement contre elle.

- Non… Shuichi… - commença-t-elle, au bord des larmes, avant d'être coupée par son ami.

- SI !! Pourquoi moi j'pourrais pas oublier ? Pourquoi je devrais continuer à subir ?!!! Pourquoi ?!!!!

- Parce que ça fait du mal ! Parce que tu ne mérites pas de finir comme moi….

Tous deux sentaient la colère et tentaient de l'étouffer en se serrant fort l'un contre l'autre, pour réprimer cette envie de hurler contre ce qui arrivait. Elle ne voulait pas que Shuichi finisse comme elle. C'était un ange qui ne pouvait pas être abîmé de cette façon. Pas lui. Mais en même temps, elle comprenait tellement la souffrance. Elle comprenait tellement ce désir de ne plus pleurer.

- Cadi… je t'en prie…. Je l'aime tant et il me brise en morceaux. De plus en plus. Ca fait trop mal… trop…. Pitié….

Et il la serrait, à s'en faire mal, alors qu'il tremblait de tous ses membres, alors qu'il pleurait et qu'il tentait pourtant de les retenir, ces larmes. Il voulait pouvoir oublier. Il voulait pouvoir se sentir libéré.

Un doux baiser sur son front lui suffit pour comprendre qu'elle l'avait compris. Et quand, quelques minutes, il sentit l'aiguille s'enfoncer dans son bras, il sentit la peur monter en lui. Mais en se souvenant du sourire de Cadi, cette angoisse le quitta bien vite. Il allait se sentir bien. Il allait oublier Yuki, ses reproches, son cynisme, et son manque d'amour. Et ça ne rata pas. Doucement, il se sentit délesté d'un poids bien trop lourd pour son frêle corps. Il sentit la chaleur du corps de Cadi qui le serrait contre lui, des larmes quittant les grands yeux de la jeune femme qui regrettait déjà ce qu'elle avait fait. Mais comment aurait-elle pu refuser à quelqu'un qui souffrait tellement et qui avait tellement besoin de l'oublier ? Elle n'aurait jamais pu pardonner si on lui avait refusé cet instant de liberté et de légèreté. Alors elle le comprenait.

A suivre...

Note de fin : j'espère que ce chapitre vous a plu. Je n'avais plus publié depuis bien longtemps car je ne parvenais plus à aligner des phrases correctes. Je suis soulagée de retrouver le plaisir d'écrire. A vos reviews !