Chapitre Quatrième :

Le fameux mercredi arriva. Après avoir mangé, je m'étais installée à la bibliothèque avec Ron. Jusqu'à 14h je pouvais l'aider avec son devoir de potion. Je regardais quelques fois l'heure. Le temps passait vite. Avec lui. Avec Ron. Quand j'étais avec lui, malgré le fait qu'il avait un caractère assez insupportable quelques fois, je me sentais bien. Je me sentais moi. Je regardai l'heure : 13h55. Je soupirai. Je n'avais pas envie d'y aller. Je préférais largement rester à la bibliothèque avec Ron. Je fermai mon livre de potion et le rangeai dans mon sac. Ron posa une de ses mains sur la mienne. Je me tournai vers lui et plongeai mes yeux dans les siens.

Fais attention à toi, dit il.

Je lui fis un petit sourire alors que mon coeur s'emballait sous son contact. Il ferma ensuite son livre alors que je me dirigeai vers la sortie. J'arrivai devant la porte de la bibliothèque, je me retournai vers Ron et il me fit un sourire faible comme pour me donner un peu de courage. Je sortis de la bibliothèque et alla vers la salle de classe où il y avait les retenus. La première retenue de l'année. Je restai devant la porte. Interdite. Je pris une longue bouffée d'air, pris mon courage à deux mains et ouvris la porte. Les deux élèves étaient entrain de s'installer. Ils étaient seuls. Chacun à l'autre bout de la pièce. Je posai mon sac sur le bureau. Malefoy avait leurs travaux de retenue. Je m'assis sur une des chaises du bureau et attendais que Malefoy daigne venir. La porte s'ouvrit. Malefoy entra, posa son sac sur le bureau et en sortit quelques feuilles. Il les donna aux deux élèves.

Vous avez deux heures. Le professeur Rogue les notera. Dit il sèchement avant de s'asseoir à mes côtés au bureau.

Il s'étala nonchalamment sur sa chaise et posa son regard sur moi. Je le regardai aussi et arquai un sourcil en me demandant pourquoi il me regardait. Je levai les yeux au ciel et sortis un livre. Quelques minutes plus tard, je sentis Malefoy qui à côté de moi commençait à s'ennuyer.

Dis moi, Granger, tu n'arrêtes donc jamais de lire ? Demanda-t-il.

Et toi tu n'arrêtes donc jamais d'embêter tout ce qui t'entoure ? Répondis je.

C'est ma nature.

Ainsi, tu as ma réponse, Malefoy. Soupirais je.

J'essayais de me concentrer sur mon livre alors que Malefoy en avait aussi sorti un. Je jetais quelques regards furtifs vers les deux élèves qui restaient concentrés sur leurs devoirs. J'apercevais quelques fois les regards qu'ils se lançaient. J'émis un léger sourire. C'était peu commun un Gryffondor et une Serpentard. Mais pourquoi pas, après tout ? Peut être était elle différente des autres Serpentards ? Qu'elle ne leurs ressemblait pas ? Qu'elle n'était pas narcissique, arrogante et méprisable ? Pas comme Malefoy ou Pansy Parkinson ou même Blaise Zabini.

Les deux heures passèrent. Je m'étais un peu avancer dans quelques devoirs et j'avais finis mon livre. Les deux élèves sortirent de la classe. Je rangeai mes affaires, Malefoy faisant de même quand la manche de gauche de sa chemise blanche se releva quelque peu. Elle fit apparaître le fameux tatouage tant redouté. Je restais quelques secondes focalisée sur celui. La marque. Cette marque était gravée sur la peau blanchâtre de Draco Malefoy. Il se tourna vers moi et remarqua que je le fixai. Il dirigea son regard vers l'endroit où je regardais et la couvrit rapidement par sa manche.

Qu'est ce que tu regardes, Granger ?! S'exclama-t-il.

Sûrement tes poils blonds, Malefoy. Je me demandais si tu utilisais un sort pour les éclaircir ou si s'était naturel. Raillais je en me dirigeant vers la porte. Au fait, sympa ton petit tatouage sur l'avant bras. Rajoutai je.

J'ouvris un peu la porte quand je vis sa main blanche la refermer d'un coup sec. Je me retournai vers lui. Il me faisait face, baguette en main. Son regard était noir et il approcha son visage de moi.

C'est pas un jeu Granger. Je t'avertis, si tu parles de ça à qui que ce soit, je te jure que...

Que quoi ? Soyons sérieux deux minutes, Malefoy, j'ai affronté pire que toi. Ricanais je. Tu ne me fais pas peur. Puis, tout le monde le sait que tu es un mangemort

Sale Sang-de-Bourbe, tu ne sais pas ce qu'il t'attend pendant cette guerre n'est ce pas ? Tu ne sais pas ce qu'ils vont faire de toi, tu ne t'imagines sûrement pas. Tu crois que c'est un jeu et que c'est gagné d'avance. Réveille toi, Granger. En agissant comme cela, à part t'attirer des ennuies, tu ne gagneras rien d'autre. Me menaça-t-il en s'approchant un peu plus de moi. Et personne n'est réellement sûr de cela, Granger.

Son ton était si glacial et si menaçant qu'un frisson parcourut mon échine. Je gardais une expression impassible sur mon visage, ne voulant pas lui faire le plaisir de croire que j'étais quelque peu effrayée. Je sortis de la salle d'un pas rapide. J'arrivai dans la salle commune des Gryffondors et m'installai à la table où était Harry et Ron. Ils me scrutaient tous deux. Comme inquiet.

Tu vas bien, Hermione ? S'enquit de demander Harry.

Oui. Ça va. Enfin, comme après avoir surveillé une retenue avec Malefoy. Répondis je avec un petit rire, presque nerveux.

Il t'a fait quelque chose ? Demanda Ron quelque peu agressif.

Non. Non. On ne s'est presque pas parlé à vrai dire. Mais c'était long et ennuyeux, si vous voulez mon avis.

Ils semblaient un peu suspicieux mais ne posèrent pas plus de questions. Lavande arriva dans la salle commune et se dirigea vers nous. Elle s'assit à côté de Ron, prétextant avoir quelque chose à demander. Je n'écoutais plus réellement ce qu'elle disait. Je me contentais de la fixer avec un regard qui paraissait sûrement froid. Elle ne comprendrait donc jamais. Elle partit quelques minutes plus tard avec un sourire mielleux et en déposant un baiser sur la joue de Ron. Je fulminais intérieurement. Je ne savais ce qui m'empêchait de lui envoyer un sort, n'importe quel sort. Et en envoyer un à Ron qui ne faisait rien pour la repousser. Quand elle fut sortit de la Salle Commune, Ron lâcha un long soupir. Il se prit la tête dans les mains et Harry lâcha un rire.

Tu ne t'en débarrasseras jamais, Ron ! Riait il.

M'en parle pas... murmura-t-il. J'aimerais qu'elle disparaisse.

Tu n'as qu'à simplement lui dire, raillais je.

Facile à dire, Hermione ! Je ne veux pas lui faire de mal tout de même. Répondit il.

Surtout pas à elle, n'est ce pas ? Ricanai je. Mais aux autres, murmurais je les larmes aux yeux.

Je montai dans mon dortoir, essuyant les quelques larmes qui menaçaient de tomber. Qu'est ce qu'il pouvait être idiot ! Il ne voyait rien, ne remarquait rien. C'était comme s'il fallait tout lui dire. Comme s'il n'était pas capable de se rendre compte par lui même. Et moi je devais simplement attendre que le bon Ron se réveille, qu'il fasse quelque chose. J'en avais marre. Plus que marre d'attendre. Cela faisait quelques années que cette histoire tournait en rond. Mais j'avais l'impression qu'elle mènerait quelque part un jour. Que l'on pouvait avoir un avenir. Je voyais Harry et Ginny ensemble. Ils étaient heureux. Rien ne semblait pouvoir les séparer, à part peut être Voldemort s'il tuait Harry. Ce qui me semblait peu probable tant que Dumbledore serait à nos côtés. Voldemort avait peur de Dumbledore, c'était bien connu. Je me disais que peut être après Poudlard, après cette guerre, Ron se réveillera. Peut être se rendrait il compte que je l'attendais. Que j'attendais un geste de sa part, n'importe lequel. Une parole. N'importe quoi.