N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez pour que je m'améliore :)


4. Une impression de déjà-vu

La pièce était à l'effigie de la porte : immense. Oui, carrément immense, comme une grande bibliothèque avec une large baie vitrée qui donnait une vue fabuleuse sur les jardins en contrebas. Ariane qui marchait furtivement derrière Kily osa jeter un coup d'oeil par-dessus l'épaule de cette dernière.

Les trois garçons se tenaient debout devant un lourd bureau encombré de piles impressionnantes de papiers, cachant l'homme qui s'y trouvait assis. Ils semblaient tous trois en position de repos des militaires, les pieds alignés aux épaules, les mains dans le dos. Même Devoan. N'était-il pas face à son père ? Mouais, apparemment, la famille ce n'était pas son fort…Enfin, s'ils étaient militaires, cela pouvait se comprendre. Pas de traitement de faveur.

-Salut Tonton ! lança joyeusement Kily en levant la main pour le saluer.

Bon alors là, non, ça ne se comprenait plus. Ariane secoua la tête, essayant de clarifier ses idées. Elle était…paniquée. Oui, c'était bien le terme, complètement paniquée. Ce type devait certainement être froid comme la pierre, pas sympa pour deux sous…Elle malaxa le bout des manches du blouson un peu trop grand pour elle. Oui, elle l'avait gardé ce blouson de cuir. Il la rassurait par son poids et sa chaleur. Il lui donnait l'impression que tout ça était bien réel. Et lui permettait de réfléchir.

-Bonjour Kily. Tu t'es bien installée ?

Ah. Une belle voix. Grave, profonde. Une voix de dresseur de chevaux. Bon, très bon ça…Les hommes avec ce genre de voix étaient en général de bons gars…Le grand père d'Ariane avait eu ce même type de voix. Il lui manquait terriblement…

Elle eût un sursaut en entendant son nom. Elle n'allait comme même pas se laisser aller à la nostalgie dans un moment comme celui-ci ! Allez Ariane, secoue-toi !

-Ariane ? appela de nouveau Kily alors que les trois garçons avaient tourné leur regard vers elle, attendant qu'elle s'avance.

-O…Oui, pardon, balbutia-t-elle en les dépassant et en se plaçant devant le bureau, la tête basse.

Elle perçut un petit sourire de la part de Vilann et elle se promit de lui gueuler dessus une fois sortie.

-Bienvenue à la BGU. Je suis Squall Leonhart, le Directeur.

Avec lenteur, Ariane releva les yeux vers sont interlocuteur et se pétrifia. Elle l'avait déjà vue. Elle en était certaine. Son visage…Cette cicatrice…Ces yeux clairs qui la fixaient…Elle avait cette étrange impression d'encore.

L'homme devait avoir la quarantaine et portait une courte barbe brune. Ses cheveux bruns étaient plutôt longs et de larges mèches tombaient sur son visage, cachant légèrement la cicatrice qui barrait son front. Il revêtait un simple pull noir se qui lui conférait un air terriblement sexy…Mais ce qui choqua le plus Ariane, outre ces dernières pensées, ce fut la vision du pendentif qu'il portait. Ce lion…Cet espèce de monstre…Elle l'avait déjà vu aussi…Mais où ? Où bon sang ?!

-Ariane, eh oh ! fit Kily en passant sa main devant ses yeux pour la tirer de sa pétrification.

-Ah oui, pardon, désolée, bégaya la jeune fille brune en détachant ses yeux de ceux de l'homme lui faisant face.

-Peux-tu me dire ton nom ? demanda-t-il sans cesser de la fixer.

Bon, elle savait d'où Devoan tenait ce regard. Génial Ariane, comme si cette remarque intelligente allait t'aider dans ta situation ! Crétine !

-A…Ariane Bellen, fit-elle en forçant un sourire.

-Bien Ariane, répéta-t-il. L'équipe ici présente m'a dit que tu ignorais la façon dont tu étais arrivée sur cette plage.

-C'est…C'est vrai, avoua-t-elle, étrangement confuse sous ces yeux clairs.

Elle n'était jamais comme ça en temps normal. Qu'est-ce qui lui arrivait ?...Normalement, elle tenait tête à tout le monde. Attaque. Toujours. Jamais défense. Et là…Là, elle voyait ses murailles fondre devant ce regard…Non, non ! Pas encore !

Elle se redressa brusquement, faisant légèrement sursauter Kily à côté d'elle, et braqua ses yeux dans celui du Directeur :

-D'ailleurs, on m'a dit que c'était vous qui m'expliqueriez tout ce bazar. J'aimerai bien rentrer chez moi. Maintenant.

Il y eut un lourd silence. Ah. Peut-être qu'elle n'aurait pas du lui parler comme ça. Hum. Probable. Elle ne faisait guère attention à qui elle avait en face d'elle normalement. Mais ici, ça semblait différent. Ce gars était une pointure dans sa catégorie après tout…Mais il ne fit aucune remarque et se contenta de se lever.

-Je ne pense pas que ce soit aussi facile, déclara-t-il en faisant le tour du bureau pour venir près d'elle. Je n'en sais pas plus que toi. Il va falloir que tu restes ici quelques temps.

-Qu…Quoi ?

-Je te préviendrais dès que j'aurais des nouvelles, conclut-il en appuyant sur un bouton sur son bureau. Shu, fais venir Quistis.

-Compris, répondit une voix grésillante.

Ariane n'en revenait pas. Quoi ? C'était tout ? Il allait la laisser mariner comme ça combien de temps ?!

-Tu vas rester avec Kily, lui apprit-il en la regardant de nouveau.

-Et puis quoi encore ?! explosa-t-elle, hors d'elle. Vous croyez peut-être que je vais rester les bras ballants ici, au milieu de cette bande de fous ! Pas question ! Je rentre chez moi !

Les laissant tous estomaqués, elle tourna le dos au directeur et voulut se diriger vers la sortie lorsqu'elle sentit qu'on lui attrapait le bras. Elle lança un regard meurtrier à l'impudent qui osait la retenir. Devoan.

-Qu'est-ce que tu fais, là ? souffla-t-il, les sourcils froncés.

-J'avise ! lâcha-t-elle en se dégageant vivement.

-Tu ne peux pas sortir comme ça, continua-t-il en lui saisissant l'autre bras. Tu ne survivras pas une seconde là dehors.

-Je sais me défendre !

-Pas contre des monstres.

Elle se mordit la lèvre inférieure. Pourquoi est-ce qu'il avait raison ?! Evidemment qu'elle ne pouvait pas sortir ! Elle n'avait pas envie de finir dans le ventre de l'un de ces ignobles verts de terres violets. A bras, bien sûr. Rien que d'y penser, la nausée lui vint. Et les larmes aussi. Ne voulant laisser personne la voir pleurer, Ariane se dégagea de nouveau et s'enfuit rapidement dans les couloirs sans tenir compte des appels de Kily.

Après, tout fut légèrement flou. Elle ne se souvint plus comment elle réussit à trouver des escaliers et elle termina sur un banc dans le jardin. Elle renifla pitoyablement, essuyant ses yeux avec la manche du grand blouson. Pourquoi est-ce que ça lui arrivait à elle ?...Depuis qu'elle était petite, la poisse la suivait…La méchante, la lourde poisse. Accompagnée par ses deux ignobles sœurs. La douleur et la mort. Ces trois mégères ne lui avaient jamais laissé un instant de repos. Et alors qu'elle pensait qu'elle allait pouvoir souffler un peu, voilà qu'elle atterrissait ici. Mais qu'est-ce qu'elle avait bien pu faire dans une vie antérieure pour mériter ça ?! Certainement un truc atroce.

-Mais ne serait-ce pas le blouson du fameux Squall Leonhart ?

Elle n'eut même pas le courage de sauter sur ses jambes pour faire face à l'inconnu. Elle se contenta de lever les yeux vers lui. Il s'agissait d'un homme blond qui avait du se coiffer avec un pétard. Un tatouage lui mangeait la moitié gauche du visage éclairé à cet instant d'un gentil sourire. Il tenait dans chaque main un cornet de papier.

-Peut-être bien, articula Ariane avant de renifler de nouveau.

-Ouh là, gros chagrin ? fit l'homme en s'asseyant à côté d'elle.

Ariane eut un petit sourire. Il allait vraiment essayer de lui remonter le moral comme ça ? Au moins, il n'avait pas l'air méchant…Et plus accessible que tous ces autres imbéciles.

-Vous savez qu'on ne parle comme ça qu'aux gamins de cinq ans ? lui apprit-elle en essuyant de nouveau ses larmes.

-Tu as sans doute raison, concéda-t-il en hochant la tête. Mais les bretzels, ça remonte le moral de tout le monde.

Il lui tendit un cornet rempli en effet de bretzels. Ce fut alors qu'elle se rendit compte qu'elle était affamée. Après un autre pitoyable reniflement, elle accepta la nourriture et commença à manger en silence alors que l'homme la regardait faire en souriant.

-Alors ? osa-t-il au bout de quelques minutes, une fois les larmes définitivement sèches. Quelle est la cause de ce chagrin ?

-Je suis coincée, grogna-t-elle en grignotant un bretzel.

-Coincée ? releva-t-il en ouvrant de grands yeux.

-Ici je veux dire, ajouta-t-elle en riant.

-Ah, d'accord. Mais tu peux sortir, tu sais ? Ce n'est pas interdit.

-Devoan m'a dit que je ne survivrais pas deux minutes, rapporta-t-elle amèrement.

Elle se tut, sentant le regard bleu sur elle. Elle savait que le jeune homme avait raison…Mais se sentir si faible la révoltait ! Elle avait tout fait pour ne jamais être comme ça, pour ne jamais avoir à se faire protéger ! Et voilà que ça arrivait quand même ! Rageant.

L'homme s'étira longuement, comme un gosse après un bon repas.

-Tu sais…commença-t-il. Devoan a parfois des mots durs. Mais je ne pense pas qu'il voulait te diminuer.

-Non je sais…souffla-t-elle. Mais…Vous le connaissez ? s'étonna-t-elle en se tournant vers lui.

-Plus ou moins, répondit l'homme blond avec un sourire. Il est dans la même promo que mon fils. Il est un peu distant, mais c'est un bon gars au fond. D'ailleurs, il t'a prêté son blouson.

-C'est vrai…concéda Ariane.

L'image de Vilann lui revint en tête et elle serra les poings.

-Pas comme cet abruti, grogna-t-elle.

-Qui ?

-Vilann, lâcha-t-elle d'un ton méprisant. Un vrai con celui-là.

-Ah oui ? fit l'homme avec un sourire amusé. Il t'a fait quelque chose de mal ?

-Il n'arrête pas de me rabaisser et de me traiter comme la pire des nulle. Ca m'énerve !

L'homme la dévisagea un instant puis se leva, en faisant claquer ses mains sur ses cuisses :

-Bien ! Il va falloir que j'ai une petite discussion avec lui alors.

Ariane ouvrit de grands yeux.

-Hein ?

Ce fut alors que son nom résonna dans le jardin et que Kily et Vilann apparurent au détour d'une allée. Elle se leva rapidement pour leur faire signe, l'homme toujours à ses côtés. Elle vit alors le visage de Vilann s'éclairer alors qu'il s'approchait. Et ça fit tilt dans sa tête.

-Papa ! s'exclama le jeune homme en serrant la main de l'inconnu.

-Salut fiston, fit l'autre en lui ébouriffant les cheveux.

Il se retourna vers une Ariane médusée, qui était restée bouche bée, et lui tendit la main, un large sourire aux lèvres :

-Zell Dincht, premier Seed de la BGU. Et père du sale con.

A suivre…


Chap 5 : héros