Eh oui, un nouveau chapitre !
Et on remercie Strider'Arbalest puisque c'est le fait de répondre à sa review qui m'a replongée dedans.
Alors je le remercie, ainsi que Mimi70, SolaireJovial, et Lucie pour vos reviews qui m'ont fait vraiment plaisir.
J'espère que ce chapitre serra à la hauteur de vos attentes !
Bonne lecture !
PS: Je ne l'ai pas envoyé à ma chère Mimi qui corrige mes chapitres pour pouvoir le poster plus vite. Excusez les fautes.
CHAPITRE III
LA TRIBU CARANDOR
Jamais souverain fut connu en pays de Dun. Ce peuple, rendu trop individualiste avec le temps, s'était divisé en une multitude de petites tribus, chacune possédant son propre chef pour les diriger. Une autorité suprême n'aurait jamais fonctionné sur ces barbares auparavant. Mais les temps changent, immanquablement, et cela, Saroumane le Blanc l'avait bien comprit.
Le sombre magicien tournait songeusement autour d'une carte. En Isengard, son armée commençait à s'accroître, devenant chaque jour plus puissante. Ses espions, placés aux Monts Brumeux avaient réussi à capturer des crébains, qu'il comptait assujettir pour lui permettre un entier contrôle sur les régions du Nord. Plus un homme, un nain, ou même un hobbit ne pourrait librement circuler sans qu'il n'en soit avertit.
Ce fut au cour de cette chasse aux crébains que son regard s'était déposé sur les Dunlendings. Le magicien eut un sourire mauvais. C'étaient des hommes sauvages, stupides et superstitieux Mais rongés par la haine, le mépris dans lesquels ils avaient été obligé de vivre depuis plusieurs siècles. Et personne, non personne, n'était plus fort qu'une personne vivant par et pour la vengeance. Et c'était sans oublier l'excellence avec laquelle ce peuple maniait les armes. Un des leurs valait bien une dizaine de ses orques.
Il fallait désormais les rallier à sa cause. Cependant, ils étaient trop méfiants pour qu'ils réussissent à tous les convaincre. Non. Il fallait qu'ils se réunissent sous l'étendard d'un seul et unique chef qui deviendrait le sujet de Saroumane. Mais qui ?
Des rires d'enfants sonnaient comme une heureuse mélodie dans le clan des Carandor. Ce clan, plus puissant que les autres, descendait directement d'Haleth, cette grande guerrière que tout les Dunlendings idolâtraient. Leur chef Amarath, fils d'Alabrir, était la progéniture même de cette prestigieuse lignée.
Hélas, cela n'empêchait pas le clan d'être pauvre. Trop pauvre. Les derniers hivers, davantage meurtriers que ceux qu'ils avaient toujours connus, avaient eu raison de leurs dernières cultures, pourtant si bien soignées. Leur habitations restaient trop rudimentaires pour les protéger véritablement du froid. Et sans vivres, la froide saison qui arrivait prendrait cruellement avec elle, la vie des plus faibles du clan, sans que l'on puisse l'en empêcher.
Face à cela, Amarath ne savait plus que faire et cherchait désespérément solution pour sauvegarder son peuple bien aimé. Sa tribu ne pouvait vivre dans les plaines, sous le menace constante des Rohirims, qui se faisait de plus en plus présents.
Le chef lâcha un long soupir. Il devenait trop vieux. Voilà bientôt cent ans que ses yeux si clairvoyant avait observé le monde pour la première fois. Et bien que béni d'une longue vie, il ne se sentait désormais plus la force de voir disparaître les siens, d'année en année.
Il était fatigué, comme de plus en plus fréquemment, ces derniers temps. Ses doigts autour du fourreau de son épée n'avaient plus la même vigueur. Il ne sentait plus l'excitation des combats. La fouge du jeune âge l'avait quitté et il ne pensait plus qu'à préserver son peuple et léguer son fardeau. La lassitude et la mélancolie avaient depuis trop longtemps fait leur chemin dans son coeur et l'absence cruelle de sa chère épouse se faisait chaque jour lancinante.
Oui, Amarath était las de vivre.
Il se tourna vers l'homme qui se tenait au milieu de sa hutte, disparut depuis plus de vingt ans.
- Ainsi tu es revenu ...
Une certaine agitation se fit entendre dans le campement. Le chant d'un cor résonna dans la tribu, créant échos dans les montagnes. Un sourire effleura les lèvres d'Amarath.
A moins d'un kilomètre plus bas dans la montagne, Findël et Vrinna se tournèrent d'un même mouvement vers la dernière femme du trio, le regard réprobateur Nunèth, le cor encore entre ses mains leur fit un sourire innocent.
- Pourriez-vous cesser de me dévisager comme vous le faites ? Demanda t-elle. C'est la coutume après tout, lorsqu'une troupe revient d'une mission, elle se fait annoncer !
Findël soupira en secouant la tête, mais cela l'amusait qu'elle daigne l'admettre ou non. Nunèth n'avait jamais fait dans la discrétion. Avec un léger sourire aux lèvres, toutes trois reprirent route dans ces cruelles montagnes, montant toujours plus en altitude. Enfin, au bout d'une trentaine de minutes, elles aperçurent les éclats réconfortants du lac d'Isen Elemir, brillant au soleil tel le plus merveilleux des joyaux.
Ce lac avait longtemps permit aux habitants de son clan de se nourrir, malheureusement, la faune aquatique se faisait de plus en plus rare et Vrinna craignait le jour où il ne pourrait contenter et subvenir à toute leur tribu Un peu plus loin, sur la gauche, les portes de chêne se dressaient fièrement vers le ciel. Au bout de celles-ci étaient accrochées deux bannières, représentant l'emblème de leur peuple : le crébain déployant ses ailes. Avec grâce, toutes deux flottaient dans la brise légère, ondulant au rythme du vent. Les trois guerrières s'entre-regardèrent.
- Nul doute, ça fait du bien de retourner chez soi ! Sourit Nunèth en fixant leur bannière.
- N'oublies pas que nous devons faire notre rapport avec d'être libre, lui rappela Vrinna.
Nunèth se tourna vers Findël et elles s'exclamèrent d'une même voix :
- Car il est de notre devoir de tenir notre bien-aimé Chef au courant de l'avancer de nos missions, et ce au plus vite pour qu'il puisse agir en conséquence, ainsi nous préservons notre clan et notre sauvegarde ...
Elles éclatèrent de rire à la fin de leur tirage devant l'air offusqué de Vrinna. C'était si drôle de l'entendre répéter le même discours mots pour mots depuis des années qu'elles n'avaient pas pu s'empêcher de lui en faire la remarque.
- Moquez-vous, allez-y, petites ingrates, pesta la plus âgée, néanmoins amusée. Vous êtes bien les mêmes, toutes les deux insolentes, ignorantes des règles et ...
- Irrespectueuses des anciens, coupa Findël, on sait Vrinna.
- Cela aussi, tu le répètes tout le temps ...
Elles passèrent les portes. Quelques personnes étaient venues leur souhaiter un bon retour, mais bien vite, chacun retourna à ses occupations. Elles déambulèrent parmi les huttes, se dirigeant vers celle du chef. Findël frôla celle de la vieille Gildis en passant.
Elle s'arrêta, une crampe dans la poitrine. Elle avait cru que la douleur de la perte de Rhenna passerait avec l'âge, mais la culpabilité, elle, n'avait jamais voulue disparaître. Findël avait beau se répéter que ce n'était pas de sa faute, rien ne pouvait l'empêcher de se haïr pour cela.
- Findël ? L'appela Nunèth en la voyant stoppée. Tu viens ?
- Je te suis ...
Elles arrivèrent devant la hutte. La voix d'Amarath leur ordonna d'entrer, et après avoir respirer un bon coup, elles s'exécutèrent, Vrinna en tête. Les trois guerrières constatèrent que leur chef n'était pas seul. Près de la fenêtre, un homme se tenait droit, noble et fier. Le soleil donnait à sa chevelure noire un éclat particulier.
Amarath était installé au centre de la pièce et observait une à une ses guerrières. Son regard s'attarda sur sa jeune protégée, partie depuis presque deux mois. Crasseuse. Il n'y avait guère d'autres mots pour décrire Findël. Si son enfance s'était faite dans un peuple civilisé, Amarath n'aurait eu nul doute sur le nombre de prétendant qu'elle aurait eu. Mais les missions et les conditions de vies de leur peuple avait abîmé la beauté naturelle de nombreuses femmes de leur clan. Ainsi devant lui, Findël donnait véritablement l'impression d'être une femme sauvage, indomptable.
- Ainsi c'est votre escouade qui cause tout ce tapage, lança t-il finalement.
- Nous sommes navrées d'avoir troubler votre quiétude, cela n'était pas désiré, s'excusa platement Vrinna.
- Je vous écoutes, répondit Amarath.
- Nous nous sommes rendu jusqu'en Eregion pour trouver Findël, où nous avons découvert un trafic de crébain, expliqua l'aînée Sur le chemin du retour, nous avons choisi de nous arrêter dans une ancienne citée elfique, je vous signalerais son emplacement ultérieurement. Nous y avons fait de nombreuses acquisitions qui, j'en suis sûre, pourront être utile à notre peuple. Enfin, le dernier fait notable de notre mission est la présence d'intrus qui ont passé nos terres. Neufs cavaliers vêtus de noirs se sont dirigés vers le Nord. Ce n'était pas des Rohirims ...
L'inconnu près de la fenêtre leur accorda soudainement attention.
- Je te remercie, Vrinna. Vous pouvez retourner auprès de votre famille.
Alors qu'elles se retournaient, il les interrompit.
- Findël, j'aimerais m'entretenir avec toi.
La jeune femme grimaça en regardant ses camarades sortir.
- Ai-je fait quelque chose de répréhensible ?
Amarath claqua la langue contre son palet, agacé.
- Ne le sais-tu donc pas ? Tu n'aurais jamais du aller jusqu'en Eregion, nos règles sont claires là-dessus.
- Mais ... Commença t-elle à protester.
- Cesse de répondre, tu n'es guère en mesure de le faire. Tu resteras ici jusqu'à nouvel ordre !
- Quoi ? S'outra Findël. Pourquoi ?
- Parce que ton chef requière ta présence ici ! S'énerva Amarath. Tu vas quitter ton escouade et suivre l'enseignement de ta tante jusqu'à ce que j'en décide autrement.
La nouvelle la paralysa l'espace d'un instant. Il ne pouvait pas lui faire ça ...
- Elles ont besoin de moi, répondit-elle d'une voix tremblante.
- Elles opéreront seules à partir de ce jour. Nunèth a suffisamment apprit pour mener une mission en solitaire.
- Et moi non ? Je mourrais de rester en arrière pendant que mes soeurs sont en mission !
Amarath leva son bras, l'incitant au silence. Il ne lui plaisait guère de voir celle qu'il considérait comme sa propre fille se tenir ainsi. Trop longtemps, lui et Careth, le père de Findël, l'avaient choyé. Lui passant chacuns de ses excès de colères. Chacunes de ses envies.
- N'avais-je pas ta parole que tu agirais toujours au mieux pour ton peuple ? Demanda t-il doucement.
- Comment pourrais-je agir si je suis cloîtrer ici ? Vous ne pouvez me faire cela ...
- Rentres chez toi, Gloredhel doit t'attendre, coupa Amarath.
Le coeur de l'homme se serra en voyant le regard blessé que lui adressa la jeune femme avant de sortir. Il savait bien ce qu'elle pensait. Elle considérait surement cela comme une trahison de sa part. Careth son père l'avait entraîné si durement pour qu'elle soit une des meilleures guerrières, et finalement, elle devait rester au village.
Du mouvement attira l'attention d'Amarath.
- Ainsi c'est elle que vous avez choisie pour reprendre ma mission ...
- Crois bien que si je le pouvais, je t'enverrais une autre de mes guerrières. Mais bien que cela me coûte, elle est la personne la plus apte à prendre ta place.
- Il y avait une guerrière, à l'époque où je faisais encore partis de la tribu ...
- Tu es partis depuis bien longtemps, les choses ont quelques peu changées depuis ...
Le guerrier sembla surpris.
- Laisse une chance à Findël, apprends à la connaître et tu verras qu'elle est toute aussi capable que l'était cette femme que tu admirais tant lorsque tu n'étais qu'un jeune garçon.
- Cela j'en doutes, mais soit, vous comptez donc la confiner ici jusqu'à ce qu'elle soit prête ? Cela prendra des mois, vous les avez entendues comme moi ! Les cavaliers dont je vous parlais ont déjà franchit nos terres.
Amarath hocha la tête.
- Je sais, Eirik. Je sais ...
Findël s'arrêta devant la porte de sa hutte. Elle soupira. Elle ne voulait pas rentrer en sachant qu'elle ne pourrait plus partir. Elle s'apprêtait à faire demi-tour quand la porte s'ouvrit sur une femme. Celle-ci lui sourit et se précipita dans ses bras.
- Oh Findël, je me suis tellement inquiétée ! Et ce n'est pas le mufle qui me sert de frère qui me rassurerait, tu penses ! Il est partit chasser ce matin mais il ne devrait plus tarder ! Mais entre, entre !
La jeune femme sourit, sa tante lui avait manqué. La chaleur de la pièce l'étonna et elle avisa un feu dans la cheminée de la hutte. Il était rare que l'on gâche du bois ainsi. Sa tante capta son regard et sourit.
- J'ai fait chauffer de l'eau, je me doutais que tu serrais dans un état lamentable. Allons, dépêche-toi de te déshabiller avant qu'elle ne refroidisse !
Elle retira un à un ses vêtements, devenus durs à cause du sang, de la saleté ou de l'usure. Avisant le bac remplit d'eau brûlante elle rentra prudemment le pied. La jeune femme grimaça Elle avait l'habitude comme la majorité des femmes de se laver dans l'eau glacée du lac, aussi la chaleur de l'eau ne lui était guère coutumière. Néanmoins, elle parvint à rentrer entièrement et soupira d'aise. Elle en oublierait presque son affreux entretien avec Amarath.
Sa tante arriva avec un lait végétal qui leur permettait de nettoyer les impuretés de la peau. Elle lui frotta le dos en chantonnant, puis passa aux bras. Findël remarqua son regard sur sa poitrine. La cicatrice était toujours bien présente. Elle se voyait d'autant plus que sa peau brunissait au fil des années alors que la coupure restait d'un blanc laiteux, comme pour lui rappeler ce qui était arrivé ce jour-là.
- Gloredhel, murmura t-elle, gênée.
- Navrée, mon amour, j'ai eu une absence, lui sourit sa tante, en s'attaquant à ses cheveux hirsutes. Tu as les cheveux de ton père, chuchota t-elle.
La jeune dunlending sentit que quelque chose n'allait pas. Gloredhel était une bonne tante, aimante et douce. Elle n'avait d'ailleurs jamais été guerrière et respirait la féminité. Mais tant d'attention et de cajolerie de sa part était suspect.
- Que se passe t-il ma tante ? Attaqua t-elle en démêlant ses cheveux.
- Rien, ma petite, ne t'inquiète pas ... Chuchota la douce femme en attrapant un peigne.
- Gloredhel, ne me prenez pas pour une idiote, je vous en conjure.
- Rien que tu ne saches déjà, tu vas rester quelques temps à mes côtés ... Soupira sa tante.
- Pourquoi ? Pourquoi êtes-vous au courant ? Que vous a demandé Amarath ? Qu'est-ce que vous attendez de moi ?
Gloredhel ne répondit pas et la caresse qu'elle exerçait sur ces cheveux se fit plus lente. Ses mouvements semblaient coûter à sa tante. Son visage était malheureux, le coin de ses lèvres baissé. Ses yeux étaient remplis d'une infinie tristesse. Findël paniqua et se tourna comme elle put vers sa tante, renversant un peu d'eau.
- Ma tante ? Regardez moi, que se passe t-il ? Vous ... Vous voulez me faire prendre époux ?
C'était l'idée la plus vraisemblable qui lui était venu. Les cajoleries. Le bain. Sa tante qui essayer de démêler ses cheveux pour la rendre présentable. La robe qu'elle avisait au coin de la pièce. Et le fait qu'Amarath lui avait ordonné de rester au village semblait confirmer cette idée.
- Par tous les Valars non, sourit finalement sa tante. Allons, calmes-toi, les choses seront énoncés en temps et en heure.
- Alors ne paraissez pas si triste, ma tante, car c'est cela plus que le reste qui m'inquiète.
Gloredhel lui fit un tendre sourire et reprit sa caresse. Elle l'aimait, cette enfant. Comme si elle avait été la sienne. Lorsque la femme de son frère était morte, elle était trop heureuse avec son époux pour penser à l'enfant. Et lorsque son propre époux était décédé à son tour, sa peine était trop forte pour quitter le village où ils vivaient tout les deux. Égoïstement, elle avait attendue la mort de Rhenna pour décider que sa place était dans sa tribu natale.
Alors pour rattraper cette honte, elle avait aimé cette petite fille, tentant de lui donner le plus d'amour qu'elle le pouvait. De combler le manque de cette mère. Et l'absence de ce père, toujours sur les routes. Elle avait essayé. De toute son âme. De tout son être. Elle avait tellement souhaité que Findël ne soit pas une guerrière. Juste une simple femme. Mais elle ressemblait trop à ses parents. Le goût du combat de Careth. La soif de liberté d'Eodiwen. Cela n'aurait pu être autrement. Mais sa Findël ... La pardonnerait-elle un jour de ne pas avoir su tenir tête à Amarath ? De ne pas avoir pu la défendre contre la fierté de Careth ?
La robe lui tomba délicatement sur les hanches avant de finir sa course au sol. Findël tritura les bouts de tissus. Elle n'aimait pas cela. La robe comprimait trop sa poitrine, elle avait l'impression d'étouffer. Le bas de la robe la gênait dans ses mouvements. Si elle était amené à sortir son épée, songea t-elle, alors elle ne pourrait ... Puis elle se souvint. Elle ne sortirait plus son épée jusqu'à nouvel ordre. Elle serra les poings de frustration.
- Tu es superbe, complimenta sa tante.
- Est-ce vraiment nécessaire ?
- Je le crains, tu dois d'habituer à ne porter que ça, désormais.
- Mais ...
- Ne rends pas les choses plus difficiles, s'il-te-plait. Viens t'asseoir, allons, dépêche toi, j'aimerais que tu sois prête avant le retour de ton père. Tu devras également coiffer tes cheveux, à partir d'aujourd'hui ...
En disant cela, Gloredhel avait commencé à tisser de fines tresses sur le côté de son visage. La tâche était ardue, car les cheveux de la jeune fille très épais. Une fois fini, elle les ramena à l'arrière de sa tête et y fit pendre des ornements. Cela serait suffisant, jugea t-elle.
- Je ne comprends vraiment pas ...
- Tu comprendras. Là, tu es prête, soupira sa tante. Et si tu allais faire un tour dans le village en attendant ton père ?
Findël hocha la tête, plus par envie de s'échapper de tout cela que pour faire plaisir à sa tante, et sortit de la hutte. Elle n'aimait pas ce qui se manigancer derrière son dos. Elle n'aimait pas cela du tout. Ses pas la conduire vers la hutte de Nunèth, mais personne ne répondit. Le poids qu'elle avait sur le coeur se fit encore plus lourd. Elle aurait tellement eu besoin d'en parler à quelqu'un.
Elle déambula dans le village, l'esprit un peu ailleurs. Sa mère se serait-elle laisser enfermer ainsi ? Elle était certaine que non. Son père disait toujours qu'il n'y avait d'esprit plus libre qu'elle.
- Faites, attention, gente dame.
Elle venait de bousculer quelqu'un. Findël observa l'homme et reconnu celui qui se trouvait dans la hutte d'Amarath. Il eut une expression de surprise et la jaugea de haut en bas.
- Vous n'avez presque plus l'air d'une sauvageonne, constata t-il.
- Mon air de sauvageonne me plaisait, répondit froidement la jeune femme.
- Vous êtes pourtant mieux ainsi. Mais je ne me suis pas présenté, je me nomme Eirik et je suis ...
- Je sais qui vous êtes, coupa Findël, agacée.
- Vous savez ? S'étonna le bel homme.
- Vous êtes Eirik, le disparu. Plus si disparu que cela, de toute évidence ... On vous a nommé ainsi car la mission dont vous avez écopé ne prévoyait pas le fait que vous reveniez un jour.
- Et savez-vous quel était le but de cette mission ? Demanda t-il avec un regard étrange.
- Non, je ne sais que ce que les rumeurs veulent bien dire. Avez-vous échoué ?
- Je n'ai pas entièrement échoué mais je ne l'ai pas menée à bien, car elle ne prévoyait effectivement pas mon retour.
Findël le fixa un instant. Pauvre homme. Exilé de sa propre patrie en quelque sorte. Destiné à ne jamais revenir. Et pourtant il revenait. Que penserait les membres de la tribu face à cela ? Lui laisserait-il seulement une chance de s'expliquer.
- Mon père m'a dit que vous étiez le meilleur guerrier de votre génération.
- Qui est votre père ?
- Careth, fils d'Henguel. Il est le conseiller d'Amarath depuis de nombreuses années.
- Je me souviens de lui, à l'époque où je n'étais qu'un jeune homme, il était notre modèle à tous. Mon meilleur ami était sous ses ordres. C'est un bon combattant, approuva Eirik en plongeant dans ses souvenirs.
L'homme plongea son regard dans celui de la jeune femme. Amarath n'avait peut-être pas tort. Une fois rendue présentable, elle dégageait quelques choses. Eirik la détailla. Elle avait un port de tête droit, noble. Ses yeux noirs étaient froids. Elle aurait eu la peau plus blanche, on l'aurait facilement prise pour une de ces reines perdues de Numénors.
- Ai-je quelque chose sur le visage ? Interrogea sèchement la jeune femme, n'appréciant guère l'attention trop poussé de cet exilé.
- Non, mais puisque vous en parlez, il me rappelle quelqu'un sans que je parvienne à me rappeler qui.
- Les anciens disent que je suis la réincarnation de ma mère, il est fort probable que vous l'ayez connue.
- Qui était-elle ?
- Elle se nommait ...
- Findël ! S'écria la voix de sa tante, au loin.
- Pardonnez-moi, je dois y aller, salua la jeune femme.
Eirik la regarda partir. Indéniablement, elle lui rappelait quelqu'un. Et il savait bien qui. Mais c'était impossible. Jamais elle ne se serait liée à un homme, elle si éprise de liberté. Elle n'aurait pu avoir un enfant. Pourtant ...
Careth était fier.
Fier de sa fille qui allait écoper d'une mission de grande importance.
Fier également de la voir si belle, si noble ainsi vêtue. Il était sûr qu'Haleth elle-même n'était pas si belle.
Mais même s'il ne le montrait pas, il était également inquiet. Terriblement inquiet. Il se souvenait encore de l'enfant venant de naître qu'il avait eu un jour dans ses bras. Il l'avait tant chérie, protégée. Il avait été dur avec elle, il le savait. Mais il fallait qu'elle sache se défendre si un jour il venait lui aussi à disparaître.
Careth savait bien que de toutes les guerrières du village, c'était sa fille qui remplirait le mieux cette tâche. Elle était intelligente. Vive. Elle apprenait vite, et saurait s'adapter. Elle l'avait prouvé de nombreuses fois. Findël avait soif de liberté, depuis toujours. Elle, mieux que quiconque saurait tenir.
Il le savait. Même si son coeur désapprouvait.
- Findël, tu vas reprendre la mission d'Eirik le disparu.
Sa fille le fixa, des yeux ouverts d'hébétude.
- Non, murmura t-elle. Non, je vous en pris...
- Findël, c'est un honneur, Amarath te donne une mission d'une grande importance et ...
- Père, supplia t-elle.
- Tu as juré de toujours servir ta tribu, coupa Careth. As-tu si peu d'honneur pour revenir sur ta parole ?
Sa tante pleurait doucement.
C'était donc cela.
Elle ne reviendrait pas. Cet ordre de rester au village n'était que la préparation du fait qu'elle n'y reviendrait plus.
Elle ne reverrait jamais plus son père. Ni sa tante. Amarath ne la regarderait plus comme si elle était sa fille. Vrinna ne lui crierait plus jamais dessus. Elle ne combattrait plus au côté de Nuneth. Toutes ses personnes auxquelles elle tenait ... Ces lieux qui lui étaient si chers ... Plus jamais elle ne pourrait se recueillir sur la tombe de sa mère et celle de Rhenna. Plus jamais ... Cela semblait si long ...
- Je ... Je ... Je le ferais, dit-elle d'une voix tremblante, je le ferais si vous me dites sur votre honneur que ça servira vraiment notre peuple ...
- Tu as ma parole, ma fille, que ta mission ne serra pas vaine.
Les sanglots de Gloredhel se firent plus violent. Elle n'avait pas su protéger cette enfant. Elle avait échoué.
Findël allait partir en exil.
Je ne sais pas du tout sur quoi vous interrogez.
Cela vous a t-il plut ?
Je sais que pour le moment, ce n'est pas très intéressant, mais il faut que je plantes le décor, dira t-on.
J'espère que malgré sa froideur, Findël vous a paru, pas touchante, mais au moins sympathique.
Elle n'est pas une mary-sue, elle ne sauvera pas le monde, ni quoi que ce soit. Enfin, j'espère qu'elle n'en a pas l'air x)
Donc, je comptes sur vous pour me donner vos impressions !
