Hop là.
Cela fait bien longtemps depuis le dernier texte. Aujourd'hui, c'est le tour de Milo. Comme si je pouvais oublier mon petit chéri absolu, franchement. Même si pour une fois, je ne suis pas sûre de vraiment être sympa avec cet OS.
Disclaimer: Tous les personnages présents et cités appartiennent à Masami Kurumada.
8 novembre: Milo.
Rating: K+.
Bonne lecture!
D'abord, cela n'avait été qu'un rocher. Un morceau de roc supposément incassable, sur lequel il avait dû s'entraîner, des heures durant.
Puis un tronc d'arbre, large, épais… Centenaire. L'un des rares existants encore sur cette île reculée au sein de laquelle il devait s'entraîner. Pour voir quelle profondeur son aiguille meurtrière pouvait traverser.
Ensuite… Une première vie. Animale, bien évidemment. Pour s'assurer qu'il était capable de donner la mort à un être qui ne méritait pourtant pas d'être puni. Ce moment demeurait assez flou, à dire vrai. Il ne se rappelait rien, si ce n'étaient ces deux grands yeux étrangement apaisés alors que le corps, déjà, ne pouvait plus bouger.
Puis était venue l'heure de tuer un autre être humain. Pour que s'accomplisse enfin le rituel final de longues années d'entraînement.
Face à lui, il y avait cet homme, tellement plus âgé, tellement plus effrayé, alors que les yeux bleus de l'apprenti peinaient à faire ressortir la moindre émotivité. Il contemplait cette créature sur laquelle il avait déjà toute emprise, alors que sa cible tentait, par de pitoyables geignements, d'attirer la compassion de celui qu'il croyait être un simple enfant. Naïvement, la victime pensait probablement que son futur meurtrier était l'individu en armure à ses côtés, l'observant d'un air fermé.
Quelle erreur ! Son bourreau se tenait pourtant bien face à lui. Mais comment aurait-il pu savoir, alors que Milo n'avait pas encore dix ans d'âge ?
Lentement, la main de son maître était venue chercher la sienne, jusqu'à relever son ongle meurtrier à hauteur de son visage. L'autre homme, en face, s'était figé, terrifié, alors qu'un éclair de compréhension traversait son regard ravagé.
« Maintenant, Milo. »
Tue.
L'ordre n'avait pas été prononcé. Mais son maître n'en avait pas besoin.
Il avait frappé.
Une fois.
Un cri.
Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six.
Des hurlements.
« Cela suffit. »
Sept. Huit. Neuf. Dix.
Plaintes assourdissantes. Il n'entendait déjà presque plus rien.
Onze. Douze. Treize... Quatorze.
La mort avait frappé. Son maître lui avait de cesser, sans pour autant s'interposer. Le corps déchiré de rouge était resté dans une position étrange à ses pieds, tordu, masse répugnante aux yeux révulsés. Il vit l'étrange mousse blanchâtre teintée d'écarlate apparaître enfin à la commissure des lèvres explosées.
Perplexe, Milo ramena à lui son ongle rougeoyant, l'observant d'un air absent.
Sur son épaule, la chaleur de la main de son maître le détourna de ses pensées, et du corps couvert de sang à leurs pieds. Le jeune apprenti fit demi-tour lentement, sans jamais jeter un regard derrière lui, et sans cesser d'observer l'ongle rougeoyant toujours déployé.
Ce quinzième coup, il ne l'administrerait pas encore aujourd'hui. Un jour, peut-être… ?
Oui. Sûrement. Un jour, Antarès frapperait.
