Chapitre 3 : Le Diadème


Percy avait passé les trois jours qui avaient suivi le match d'ouverture de la coupe nationale de Quidditch à faire des recherches à la fois sur la banque Thomson & French mais aussi sur le mystérieux Lord Mallory. Bien qu'il ait relativement peu dormi et que des cernes soient à présent visibles sous ses yeux bleu-gris, son manque de sommeil s'était révélé fructueux… enfin, aussi fructueux qu'il pouvait l'être compte-tenu des circonstances.

Contrairement à ce qu'il pensait, la banque n'était pas de conception récente. Elle avait été fondée il y a de cela près de deux siècles, par trois notables, respectivement Britannique, Français et Italien. Le siège de la maison Thomson & French se trouvait d'ailleurs à Rome, même si elle semblait avoir étonnement bien prospéré avec les années. Devenant au début du XIXème siècle la première banque sorcière italienne, elle avait ensuite étendu ses activités en France, en Allemagne et en Suisse, obtenant le monopole en quelques décennies seulement…

Ayant gagné le statut d'une des plus grandes banques magiques européennes, elle avait implanté une succursale à Londres il y a un peu moins d'un an mais de nombreuses familles, notamment nées-moldues, avaient souscrit l'ouverture d'un coffre chez eux. Bien qu'il n'ait pu acquérir la liste complète de leurs clients, Percy estimait environ une centaine de familles anglaises, en plus des centaines de milliers qui constituaient leur clientèle européenne. Cela n'allait certainement pas lui faciliter la tâche pour retrouver le légataire de Potter…

Délaissant les parchemins sur la banque, il concentra son intention sur les informations rassemblées au sujet du mystérieux Comte de Moray. Ce titre était particulièrement ancien, puisqu'il remontait au moins au XVème siècle mais leurs ancêtres, la lignée des rois de Moray, remontaient à bien plus loin encore, à l'époque du roi Arthur et de Merlin. En somme, son titre de noblesse était absolument incontestable et même le Ministère de la Magie ne pouvait pas prendre le risque d'insulter l'un des derniers véritables seigneurs britanniques, au risque de graves, oh oui très graves répercussions politiques et financières.

Poussant un soupir, le sous-secrétaire posa finalement son regard sur la paire de multiplettes cassées que lui avait apporté son petit-frère le matin même. Il n'avait pas besoin d'y regarder à deux fois pour savoir que la dernière image enregistrée ne représentait nul autre que Lord Mallory mais comment blâmer Hermione d'avoir voulu contempler cet homme qui avait su captiver la grande majorité des femmes de ce pays… et puis, ce n'était pas comme s'il ignorait que Ron avait trompé sa femme, régulièrement.

Décidé à rester neutre dans les affaires conjugales de Ronald, il jeta la paire de jumelles magiques dans sa corbeille. Il lui dirait juste qu'elle avait capté l'image du Comte que celui-ci venait de remercier les joueurs du Club de Flaquemare pour leur remarquable performance et tout irait bien. Otant ses lunettes, il se passa une main sur le visage tout en essayant de se rappeler ce qu'était sa vie avant qu'il ne croule sous les responsabilités… Au moins pouvait-il se vanter d'avoir une femme qui l'aimait et une famille soudée envers et contre tout.

- Tu n'as pas bonne mine, petit frère.

Percy sursauta en entendant ces quelques mots et rouvrit soudainement les yeux pour contempler le sourire amusé de Bill, qui venait d'entrer silencieusement dans son bureau. Ayant troqué ses habits moldus contre un complet noir, l'aîné des fils Weasley aurait été difficilement reconnaissable par quelqu'un l'ayant connu dix ans plus tôt. Il avait même renoncé à porter sa dent de dragon à l'oreille, à tel point que la seule chose qui n'avait pas changé chez lui n'était autre que sa longue chevelure rousse, coiffée en catogan.

- Salut Bill… qu'est-ce qui t'amène ? Lui demanda Percy tout en remettant ses lunettes à monture d'écaille.

- Je venais prendre de tes nouvelles, bien entendu. Cela fait trois jours que tu n'es pas rentré chez toi, Audrey a confié à Fleur qu'elle s'inquiétait à ton sujet. Allez, bien donc boire un verre, tu en as besoin.

- Mais j'ai encore du travail…

- Et bien, ça attendra ! Perceval Ignatus Weasley, je t'emmène avec moi prendre un café et en tant que grand-frère, tu ne peux pas me le refuser ! S'exclama Bill d'un ton mi-amusé, mi-autoritaire.

- D'accord, d'accord, je te suis…

Attrapant sa longue cape sombre, Percy quitta le bureau en compagnie de son frère, éteignant les lumières derrière lui avant de fermer la porte à clé. Fut-il resté ne serait-ce que quelques secondes supplémentaires, il aurait vu une silhouette apparaître dans son bureau, murmurant doucement.

- Infiltration réussie !

Se révélant dans la pénombre, le petit être se dirigea vers l'un des murs et ôta la peinture qui s'y trouvait d'un claquement de doigts, révélant le coffre-fort incrusté dans la paroi. Faisant des gestes de son index, il fit tourner les mollettes avant qu'un cliquetis ne se fasse entendre, signe que la combinaison était la bonne.

La porte du coffre s'ouvrit quelques secondes plus tard, révélant plusieurs dossiers méticuleusement classés. Posant ses grands yeux verts sur les documents, il agita ses doigts dessus et des répliques des différents parchemins se matérialisèrent. Plaçant les copies dans les dossiers, il fourra les parchemins originaux dans son sac avant de porter la main à son oreille.

- Documents récupérés, mission réussie ! Dobby terminé !

Et tandis que le coffre venait tout juste de se refermer, le tableau se replaçant de lui-même sur le mur, l'elfe de maison disparût dans un « pop » sonore, replongeant le bureau dans le silence le plus complet.


Ne se rendant au Terrier qu'une fois par semaine, à l'occasion du déjeuner familial hebdomadaire, Ron avait beaucoup de mal à reconnaître la maison de son enfance dans le somptueux manoir qu'occupaient ses parents. Même s'il s'était largement habitué à la vie de luxe qui était la sienne depuis plusieurs années, l'enfant qu'il avait été regrettait le foyer chaleureux et aimant qu'il avait connu, et qui ne ressemblait guère à cette demeure d'une beauté froide, presque superficielle.

Vidant son esprit de ces pensées qui n'avaient plus lieu d'être, il gagna tout naturellement les étages supérieurs. N'ayant pas accès au coffre de ses parents à Gringotts, il ne pouvait malheureusement pas retirer d'argent de leur compte. Il ne lui était pas non plus possible de leur en demander car, s'il venait à leur parler de ses dettes, il lui faudrait expliquer sa liaison avec Lavande… ou pire encore, leur dire que sa carrière de « joueur exceptionnel » était fondée sur l'usage d'une potion formellement interdite dans ce genre de compétitions.

Arrivant jusqu'à la chambre de ses parents, il n'avait même pas à faire attention au bruit puisque son père se trouvait actuellement au Ministère, et que sa mère était en pleine séance de shopping sur le Chemin de Traverse, en compagnie de Fleur et d'Audrey. En somme, la maison était vide, ce qui l'arrangeait beaucoup.

S'avançant vers la vieille armoire héritée de leur grand-tante Murielle, il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire cupide tout en observant le contenu du troisième tiroir. Leur grand-tante étant décédée quelques années plus tôt, à l'âge vénérable de cent-dix ans, Molly avait hérité de la plupart de ses biens, à savoir sa maison, son coffre à Gringotts et quelques bijoux de famille. Si ces objets et gallions avaient pour la plupart tous été entreposés dans le coffre du couple à la banque gobeline, les époux n'étaient pas assez fous pour confier aux petites créatures l'objet que Ron venait de prendre entre ses mains.

Il s'agissait d'un magnifique diadème en argent, fabriqué par les gobelins plusieurs siècles auparavant, et qui possédait une très grande valeur aujourd'hui. Or, les gobelins faisaient tout pour mettre la main sur des objets anciens qu'ils avaient eux-mêmes forgés mais que des sorciers leur avaient achetés à une époque où les finances des créatures avides n'étaient pas au beau fixe.

Même s'il éprouvait une certaine culpabilité à l'idée de voler ses propres parents, Ronald était persuadé qu'il n'avait pas le choix et même, qu'au bout du compte, il ne lui faudrait pas longtemps après avoir épongé ses dettes et rempli son stock de potion pour récupérer l'argent investi, et ainsi racheter la tiare. C'est ainsi qu'il fourra l'objet dans son sac avant de transplaner, laissant la chambre vide de tout occupant.


Dans le petit village de Flaquemare, à l'abri des regards moldus ou sorciers, se trouvait le centre d'entraînement de l'équipe de Quidditch éponyme, qui venait de redorer son blason en remportant haut la main le match d'ouverture qui les avait opposés aux Canons de Chudley.

Fidèle à sa parole, le Comte de Moray avait rapidement versé les gallions promis et la rénovation des installations, notamment celle du terrain, avait déjà commencé la veille. De même, les quatorze Nimbus flambant neufs avaient été livrés le matin même, par l'un des serviteurs du Comte. Le plus surprenant n'était pas tant sa promptitude que le fait qu'il se soit déplacé en personne pour venir discuter avec les joueurs de la suite des opérations.

Le coach de l'équipe les ayant désertés avec les sponsors, c'était Olivier qui avait repris ce rôle. Toutefois, s'il était doué pour motiver ses joueurs et les entraîner au mieux, il y avait certains aspects dans lesquels il n'avait pas la moindre qualification, notamment le domaine financier ou la publicité. Tandis que Warren, l'intendant du Comte, discutait avec les autres joueurs d'un nouveau design pour leurs robes de Quidditch, Olivier s'était installé dans son bureau pour discuter en privé avec Lord Mallory.

- Je dois vous avouer que je ne m'attendais pas à vous voir de si tôt, M. le Comte. Que me vaut le plaisir de cette visite ? L'interrogea Dubois tout en lui faisant signe de s'asseoir.

- Et bien, voyez-vous, M. Dubois, je suis un grand amateur de Quidditch, c'est une passion que partagent tous les hommes de ma famille depuis des générations… Etant arrivé assez récemment en Grande-Bretagne après de longues années passées à voyager, j'ai décidé de m'informer sur les équipes que ce pays avait à m'offrir et… ma foi, la vôtre a attiré mon attention. C'est pour cette raison que je suis venu assister au match d'il y a trois jours, et quelle qu'en ait été l'issue, je pense que je vous aurais fait la même proposition. Nous manquons de joueurs aussi déterminés et talentueux que les vôtres…

Le Capitaine n'aurait pas pu dire à quel point les mots prononcés par Mallory lui réchauffaient le cœur. Il s'était entraîné avec ses coéquipiers jour et nuit, selon un programme extrêmement strict durant cet été et leurs efforts avaient payé… par leur victoire et par cette reconnaissance que lui offrait cet homme, qui tenait littéralement l'avenir de son équipe entre ses mains. Néanmoins, il se devait de rester prudent et de ne pas s'emballer trop vite. Même si cet homme était aussi passionné par le Quidditch qu'il le prétendait, il avait peut-être des arrière-pensées pour leur venir ainsi en aide.

- Je sais que je vais vous sembler bien impoli mais… est-ce là la véritable raison pour laquelle vous nous aidez ? N'attendez-vous pas autre chose de notre part ?

Pour toute réponse, Emrys esquissa un sourire malicieux avant de plonger une main dans la poche intérieure de sa veste. Il en ressortit un exemplaire de la Gazette du Sorcier, daté du 16 avril 1994. Cette date avait marqué l'esprit du Gardien car c'était celle de son dernier match dans l'équipe de Gryffondor, une rencontre qu'ils avaient gagné contre Serpentard 230 à 20 et qui leur avait permis de remporter la Coupe de Quidditch.

C'était d'ailleurs cette victoire qui était visible sur l'article, avec une photo de l'équipe de jadis. On pouvait y voir les trois poursuiveuses, notamment Alicia, Angelina et Katie, qui avaient toutes les trois intégré le Club de Flaquemare à la demande d'Olivier. Il y avait aussi les jumeaux, Fred et George, avec lesquels il était resté en bons termes malgré les rumeurs infondées que faisait courir la Gazette à leur sujet. Il y avait bien sûr Olivier lui-même, qui n'avait alors que dix-sept ans… mais aussi un adolescent de treize ans aux cheveux noirs et dont les yeux verts étaient dissimulés derrière une paire de lunettes rondes.

Le regard de Dubois se voila tandis qu'il contempla pendant plusieurs minutes le visage de ce garçon auquel il avait beaucoup pensé pendant ces huit dernières années. L'autre raison pour laquelle ses sponsors avaient été aussi prompts à l'abandonner, cela avait été son soutien inconditionnel pour le jeune homme, malgré l'opinion contraire de la presse. Le franc-parler du Gardien avait failli lui coûter très cher mais il n'aurait jamais pu se taire, ou pire encore mentir à propos de ce garçon qu'il avait côtoyé et entraîné trois années durant à Poudlard…

L'ancien Gryffondor releva soudainement la tête, ses yeux remplis d'une hostilité à peine contenue tandis qu'il prenait la parole d'une voix basse mais tranchante comme une lame de rasoir.

- Je vous préviens, si vous êtes venu me demander de retirer mes propos à propos d'Harry, vous pouvez reprendre vos balais et vos foutus gallions pour vous les fourrer là où je pense ! Je me fiche de ce que racontent la presse ou le Ministère, ce gosse… c'était quelqu'un de bien ! Non seulement c'était l'attrapeur le plus doué que ce monde ait jamais porté mais c'était aussi un ami ! Je l'ai vu se battre à Poudlard pour protéger les plus faibles que lui ! C'était un héros… et ils l'ont crucifié…

Le sujet Harry Potter lui était toujours resté en travers de la gorge. Il n'avait jamais pu comprendre comment le reste de la population, et en particulier ceux qui se targuaient d'être les meilleurs amis du Survivant avaient pu le trahir de cette manière, alors qu'il venait de les sauver d'un avenir plus sombre que tout ce qu'ils pouvaient bien imaginer…

- Non, M. Dubois, je ne suis pas venu vous demander de renier votre position à l'égard du Survivant. Surtout lorsque je fais moi-même partie des quelques individus qui partagent votre sentiment…

La colère laissa place à la stupéfaction la plus totale sur le visage du joueur. L'expression du Comte était à mi-chemin entre la mélancolie qu'il semblait ressentir à l'égard du défunt Survivant et la joie de voir que quelqu'un était prêt à tout perdre pour défendre sa mémoire.

- Mais… comment se fait-il…

- Je ne connaissais pas vraiment Harry Potter. Je ne l'ai rencontré qu'une fois, peu de temps avant sa mort. Pourtant, du peu que j'ai appris durant votre entretien et des souvenirs qu'il m'a légués, je sais qu'il n'était pas le monstre assoiffé de pouvoir et de magie noire que décrit le gouvernement d'Arthur Weasley.

Cette fois-ci, Olivier ne put retenir les larmes qui embrouillaient déjà sa vue. Homme d'ordinaire solide et peu enclin à pleurnicher, il n'arrivait pas à retenir l'émotion qui bouillonnait en lui à cet instant. C'est d'une voix brisée par cette même émotion qu'il prit la parole à nouveau.

- Co… comment était-il… je veux dire Harry, lorsque vous l'avez vu ?

- Il était très affaibli mais sa santé mentale était restée intacte… enfin, autant que possible pour une personne venant de passer sept années enfermé avec les Détraqueurs pour seule compagnie. Ces dernières pensées ont été pour ceux qui ne l'avaient jamais abandonné… son ami Remus, les jumeaux Weasley, Neville Londubat, et quelques autres… dont vous-même.

Dubois hocha simplement de la tête, cherchant ses mots sans pour autant arriver à les trouver. Emrys poussa un léger soupir, chargé de regrets avant de remettre le morceau de papier dans sa poche. Tous deux se levèrent, le capitaine essuyant rapidement ses larmes, avant de sortir du bureau.

- Je n'ai pas été en mesure de contacter M. Lupin ou quiconque ayant été mentionné par Harry jusqu'à présent, hormis vous-même. Ce n'est peut-être pas grand-chose mais… en vous venant en aide, j'espérais honorer sa mémoire… un dernier pied de nez envers ses détracteurs…

Une idée germa alors dans l'esprit du Gardien tandis que ses yeux s'illuminaient d'une lueur de génie.

- Un pied de nez… oui, mais oui ! Attendez-moi un instant, M. le Comte, je reviens tout de suite ! S'exclama Dubois en se précipitant au pas de course vers ses co-équipiers, toujours en compagnie de Warren.

L'intendant aux cheveux blonds avait étendu un parchemin devant eux, montrant un dessin d'une robe bleue qui constituerait leur nouvel uniforme. Ils avaient passé près d'une heure à en étudier les motifs, la longueur, chaque détail… mais il leur restait encore à décider du symbole à employer.

- Conserverez-vous les deux joncs d'or croisés ? Les interrogea Warren.

- Hmm… je ne sais pas. On cherchait quelque chose d'autre, qui nous caractérise mieux… Répondit Angelina d'un ton incertain.

- Je sais ! Déclara Dubois, légèrement essoufflé tandis qu'il arrivait parmi eux, une lueur de détermination brillant dans son regard.

- A quoi tu pensais, Olivier ? Lui demanda Katie.

- A ça !

Après avoir pris en main un marqueur doré posé sur la table, le Capitaine attrapa un parchemin vierge et dessina un motif. Les visages de ses six coéquipiers parurent surpris mais des expressions sérieuses et déterminées s'y inscrivirent presque immédiatement, tous acquiesçant de la tête à l'intention de Dubois.

- C'est une excellente idée. Approuva Alicia.

- Je n'aurais pas trouvé mieux. Continua Summerby.

Le motif, assez simple, représentait deux éclairs dorés entrecroisés. Ayant obtenu l'approbation des six autres joueurs, Olivier donna quelques indications supplémentaires à Warren avant de s'en retourner vers le Lord. Ce dernier l'attendait là où il l'avait laissé, l'observant avec une expression indéchiffrable sur le visage.

- Milord... il faut absolument que je vous fasse rencontrer des gens mais nous devons nous y rendre seuls. Est-ce possible ?

- Vous m'étonnez, M. Dubois. Répondit Emrys. Mais soit, je vous fais confiance. Qui souhaitez-vous que je voie ?

Le Capitaine sortit un objet de la poche intérieure de sa cape, qui n'était autre qu'un vif d'or avant de faire signe au Comte de le toucher. Ce dernier obtempéra tandis que Dubois prononçait à voix basse :

- Innocent.

Le paysage commença à changer autour d'eux tandis qu'ils disparaissaient dans un « pop » sonore, aspirés par ce qui n'était autre qu'un portoloin.


Immédiatement après son forfait, Ron s'était déguisé avec une cape noire avant de se rendre sur le Chemin de Traverse… ou plus précisément dans l'Allée des Embrumes. Passant plusieurs boutiques à l'aspect lugubre, il finit par s'arrêter devant l'une d'entre elles, qu'il connaissait bien…

Barjow et Beurk.

Barjow se trouvait comme à son habitude derrière son comptoir et adressa un regard dédaigneux à Ron lorsqu'il le vit arriver vers lui. Le jeune Weasley ne s'en offusqua pas, sachant que le propriétaire ne pouvait probablement pas le reconnaître sous sa capuche.

- Qu'est-ce que tu veux, toi ?

- Je suis venu vous vendre quelque chose, M. Barjow… un objet de grande valeur.

- Ah ! Bien sûr, un objet de grande valeur… et de quoi s'agit-il au juste ?

L'ancien Gryffondor sortit le diadème de son sac et le garda fermement dans sa main droite, son autre main étant refermée sur sa baguette dans sa poche gauche, tandis qu'il laissait Barjow l'examiner. Sortant une sorte de petite loupe avant d'observer l'objet en argent sous toutes les coutures, il finit par laisser échapper un petit grognement tout en prenant la parole.

- Hm… ça n'a pas l'air d'être du toc. Je t'en donne… allez, mille gallions.

- Vous plaisantez ?! Cet objet a été façonné par les gobelins ! Il vaut beaucoup plus que ça !

- D'accord, d'accord… disons… vingt-mille. C'est une offre plus que généreuse.

- Ce collier vaut au moins un demi-million ! Vous me prenez pour un imbécile ?!! Aboya Ron, contenant à peine sa colère.

- Parce que tu crois peut-être que j'ignore comment tu t'es procuré ce bijou, mon bonhomme ?! T'es un voleur, ça se voit tout de suite ! Je sais pas quelle mère de famille ou quelle grand-mère tu as détroussé pour t'en emparer mais je ne t'en donnerai pas plus de deux cents mille ! C'est à prendre ou à laisser !

Les mots du propriétaire de la boutique le frappèrent plus durement qu'une gifle en pleine figure. C'était vrai… il avait volé, sa propre mère de surcroît, pour obtenir le diadème. Il était devenu un fils indigne…

… Non. Non ! Il allait bientôt se refaire, et venir racheter la tiare ! Sa mère ne s'en rendrait jamais compte, il n'y avait pas de raison de s'inquiéter !

- Va pour deux cents mille. Par contre, vous n'avez pas intérêt à le vendre, je viendrai le rechercher plus tard… Maugréa Ron, entre ses dents.

- Ce diadème y resta aussi longtemps que personne ne l'achètera ! Si tu tiens tant que ça à le récupérer, tu n'as qu'à revenir vite ! Rétorqua Barjow.

Le jeune Weasley contenta les pièces présentes dans la bourse puis sortit une fois qu'il eut vérifié que le compte y était. A peine quelques instants plus tard, Barjow ferma la porte de son magasin et abaissa les stores, rendant l'intérieur invisible à toute personne extérieure.

Son corps commença à changer, passant de l'allure affreuse du vieux propriétaire à celle d'un homme à la forte carrure d'environ trente ans, ses cheveux gris reprenant leur teinte châtain originelle tandis qu'un sourire cynique s'affichait sur ses lèvres. Il porta la main à son oreille tout en observant la tiare qui se trouvait toujours dans sa main.

- L'Envieux a mordu à l'hameçon comme prévu… Oui, c'est la tiare héritée par sa mère qu'il est venu me vendre. Deux cents mille, je n'aurais pas donné une noise de plus à cet incapable. Leo a repris sa filature mais je ne doute pas qu'il va aller régler ses dettes… Oui, c'est exactement ce que j'avais en tête. Rose ne devrait pas avoir de difficulté avec lui, il est tellement faible… Darren, terminé.


Lorsqu'ils réapparurent, ils ne se trouvaient plus dans le centre d'entraînement du Club de Flaquemare mais dans une maison qu'Emrys ne reconnaissait pas. Assez bien éclairée, il arrivait à ressentir la magie qui entourait la maison, probablement un sortilège de Fidelitas s'il ne se trompait pas.

- Suivez-moi, je pense qu'ils devraient être à peu près tous présents à cette heure-ci.

- Je suppose que vous ne consentirez pas à me dire qui ils sont avant que nous soyons en leur présence, n'est-ce pas ? L'interrogea Mallory.

Dubois esquissa un sourire malicieux pour toute réponse tandis qu'ils continuaient de parcourir le couloir dans lequel ils se trouvaient, jusqu'à arriver devant une porte. Murmurant quelque chose, peut-être un mot de passe, il tourna ensuite la poignée, révélant l'intérieur.

Cette pièce assez grande devait être une salle à manger s'il en croyait la grande table ronde qui se trouvait au milieu. Une cheminée présente sur l'un des murs leur prodiguait de la chaleur et une lumière supplémentaire à celle du plafonnier au-dessus d'eux.

Sept personnes étaient attablées et discutaient tranquillement. Le cœur d'Emrys manqua un battement lorsqu'il reconnut les deux têtes rousses, dont il n'avait aucun doute sur leur identité. Toutefois, le premier qui se retourna était un homme d'une quarantaine d'années, qui ne lui paraissait pas avoir beaucoup changé en huit ans. Ses cheveux châtains parsemés de mèches blanches, qui retombaient parfois sur son visage constellé de cicatrices, c'est avec sérénité que le sorcier étreignit Olivier à son entrée dans la pièce avant que ses yeux bleus ne se posent avec interrogation sur le Comte.

- Qui est-ce, Olivier ?

- Voici Lord Mallory, Comte de Moray et l'une des dernières personnes à avoir parlé à Harry avant sa mort. Milord… je vous présente Remus Lupin.