Un an après le dernier chapitre, je suis de retour ! Je m'excuse auprès des rares personnes qui me suivent encore (AnonymeH, La Belge, Love HD, ces mots sont pour vous !) mais j'avais plus d'idée de ce que je voulais faire de cette fiction, ni comment engranger là où je voulais en venir lorsque je l'ai commencé il y a déjà deux ans et demi.
Mais voilà, les idées sont revenues car je me suis replongée sérieusement dans l'écriture en y découvrant notamment une nouvelle forme : le RP. Incarner un personnage pour jouer avec d'autres joueurs par le biais de l'écriture, concept ô combien fascinant et éclatant. Vous pouvez vous amuser avec moi sur Shinsekai Dream si vous le souhaitez, forum de RP dédié à l'univers de One Piece, d'où est issu mon OC de ma fanfiction A la recherche de soi-même, le démon silencieux.
Sur ce, je vous laisse à ce chapitre qui sera (normalement) bientôt suivi par l'entrée en matière dans l'histoire réellement.
XOXO, Misa-or-Pigloo
Confessions d'une résistante
Avez-vous déjà ressenti ce mélange étrange d'exultation et de peur, une peur viscérale qui vous retourne complètement et vous donne l'impression que la terre vous avale ? J'avais ressenti exactement ce mélange extraordinaire. Je n'avais pas honte de ma peur. C'était ce qui me rendait humaine mais aussi réactive au combat. Je ne voulais pas mourir, je voulais revoir mes amis, vieillir au côté d'un homme que j'aimerai et dont je serais aimée en retour. Et cette envie, ce besoin d'y croire faisait ma force. J'y croyais naïvement. Aujourd'hui je sais que ce n'était que des idéaux, que cette soi-disante force a été détruite de mes mains mêmes.
Je restais un moment pétrifiée sur le seuil du 12 square Grimmaud. La maison disparaissait comme le voulait le sortilège, je devais bouger. Rapidement. Ne pas attirer l'attention, que ce soit moldue ou sorcière. Surtout pas sorcière. J'inspirais profondément avant de faire le premier pas dans ce monde réel que je n'avais pas vu depuis si longtemps. Je devais aller d'abord plus au nord de l'Angleterre. Je ne savais pas si j'allais pouvoir retourner au Square Grimmaud avant ma limite des deux mois. Si je n'y arrivais pas, j'enverrais un Patronus. Inutile de les inquiéter davantage avec tous les soucis auquel nous devons faire face. Je ne pouvais pas transplaner, c'était un moyen trop prévisible, trop dangereux, je ne devais le faire qu'en cas d'extrême nécessité. Le vol à balai était peut-être l'un des moyens les plus sûrs mais au vu de mes capacités limitées à tenir sur un balai, ça aurait été du suicide. J'allais donc faire la majorité de mes déplacements à pied. Ce serait long et douloureux mais nécessaire.
Mon premier but était la forêt de Sherwood. Plein nord. Je sortis une carte et une boussole tout en marchant dans les rues anglaises. M'orienter magiquement était trop risqué, heureusement que mes heures de randonnées avec mon père m'avait apprises certaines choses. Je ne sais pas combien de temps j'ai marché ainsi. Des heures sans doute. J'essayais de repousser mes limites toujours plus loin mais mon corps courbaturé se rappela à mon bon souvenir et je fus contrainte de prendre un taxi. J'avais liquidé mon compte en banque moldue pour ce genre d'occasion, en fait, j'avais même réduit au possible ma vie moldue, essayant de me faire disparaître. J'avais encore besoin de certains papiers pour me déplacer dans le monde moldu mais j'avais tout réduit au stricte minimum. J'étais trop tristement connue comme Hermione Granger la sang de bourbe et je devais m'en détacher mais jouer aussi paradoxalement sur mon héritage pour disparaître.
Le taxi me déposa dans un petit village encore assez loin de ma forêt tant désirée. Il me faudrait au moins deux jours à pied. Je fis une halte dans une auberge où je m'installais dans la moins prestigieuse des chambres et sans décliner mon identité. Une auberge moldue, bien entendu. C'était mon premier soir sans l'Ordre. J'étais seule et dans une région que je ne connaissais pas. Je m'installai dans ma médiocre chambre et n'osai poser mon sac sur le sol tellement celui-ci était pouilleux. Le tapis particulièrement me rebutait. Je m'affalais sur le lit et en sortis la carte de Maugrey. Je doutais que ce petit village se trouve dessus mais je savais où me situer et à quelle distance approximative de Sherwood je me trouvais, cela devrait suffire à déterminer si j'étais dans l'une des deux zones admises.
Sans surprise, je découvris que j'étais en zone neutre. Sherwood l'était aussi mais tout autour des frontières, les deux clans ne cessaient d'essayer de prendre du terrain sur l'autre. Si je m'attardais trop, je risquais de me faire encercler par la zone mangemort. Une éventualité désastreuse dans tous les cas de figure. Etrangement, je ne me sentais pas en danger perpétuellement. Pourtant, une partie raisonnable de mon cerveau essayait tant bien que mal de me le rappeler souvent. Même en zone neutre, j'étais bien loin de ce sentiment de sécurité relative que me procurait cette petite auberge. Je lançais plusieurs sorts de protection autour de l'auberge et encore plus sur ma porte et fenêtres. Puis je répétais l'opération sur mon lit : sorts de protection, d'alarmes, anti intrusion, et tant d'autres que j'espérais ne jamais voir réagir.
Une fois dans mon lit, les visages de mes amis ont commencé à défiler. Je me sentais étouffer. Il me manquait déjà. Je me sentais vide sans eux, exempt d'une part de moi-même. Et cette nuit, dehors, je le ressentais encore plus que toute cette journée à avancer sans relâche. Quand je parvins enfin à sombrer dans un sommeil agité, je fus brusquement tirée de mon sommeil par l'une des alarmes magiques. Aussitôt, je saisis ma baguette sous l'oreiller, me plaquai de l'autre côté du lit et jetai un Stupéfix en direction de la fenêtre sans même regarder l'intrus qui venait de la franchir. Mon cœur battait à toute allure. Comment avait-on pu franchir si simplement mes défenses ? En aurais-je oublier une ? Quelque chose de si capitale et le premier soir en plus ! Soudain je réalisai qu'il n'y a pas de réponse à mon attaque. Intriguée, je levai prudemment la tête et vis un homme, affalé dans une étrange position contre le mur opposé. Soupçonneuse, je m'approchai, la baguette braquée sur lui, et commençai à le fouiller pour le priver de sa baguette. Mais je ne trouvai sur lui qu'un vulgaire couteau. Nerveusement, je le testai à l'aide d'un sort d'identification, persuadée qu'il allait se transformer sous mes yeux en baguette magique. Mais rien. Je venais d'attaquer un simple moldu qui voulait passer une nuit au chaud ou voler ou que savais-je encore. Juste un moldu. Je soupirais de soulagement et décidais de plier bagage. J'étais bien trop nerveuse pour essayer de me rendormir.
Aujourd'hui, je sais que la vérité derrière ce départ précipité est tout autre. Ce soir-là, j'ai découvert que je pouvais être un danger pour autrui du fait de ma détermination et de ma peur. Une réalité terrible à accepter, avec laquelle je vis aujourd'hui, et ce, chaque jour depuis cette maudite guerre.
Il faisait encore nuit lorsque je partis de l'auberge. Finalement, je me disais qu'il était sans doute plus sûre de voyager de nuit pour éviter les rencontres. Je ressortis ma carte et ma boussole, les consultai brièvement avant de reprendre ma route. La lune éclairait ma route et je pensais encore à mes amis, mes pensées étaient vraiment bien trop loin de ma mission. Pour eux, pas de nouvelle signifiait bonne nouvelle. Si je devais avoir des nouvelles cela serait parce que les mangemorts les avaient capturés. Ou très probablement pire. Un craquement sonore me tira de mes pensées macabres. Je me figeai, les nerfs à fleur de peau, écoutant attentivement les alentours. Puis j'abaissai mon regard et me rendis compte que j'avais moi-même piétiné des brindilles sèches. Fichue paranoïa.
Je ne sais combien de temps j'ai marché mais aux premières lueurs de l'aube, je me décidais à camper en hauteur les branches d'un grand et vaste chêne. L'arbre était touffu et encore bien vert en cette saison, ce qui me rendrait difficilement visible. De plus, dormir de jour et en hauteur était peu courant et il y avait donc plus de chance que j'évite les embuscades. A l'aide d'un petit sort de lévitation, je montais sur une grosse branche épaisse dans l'un des endroits les plus fournis de l'arbre. Comme un rituel, je psalmodiai les sorts de protection et ajoutai, en pensant à mon aventure quelques heures plus tôt, un repousse-moldu. Fermement, je m'attachai autour de la taille à ma branche afin de m'éviter une quelconque chute qui s'avérerait fatale à ma hauteur. Curieusement, je m'endormis assez rapidement.
Je me réveillai, vaseuse, courbaturée et de mauvaises humeurs dans les alentours de huit heures. La nuit était tombée. J'avais rêvé de Ron et Harry. Des souvenirs heureux qui tournaient en cauchemar. Harry lors de sa première année qui au lieu de recracher le vif d'or s'étouffait lentement avec. Ron perdant sa partie d'échec, l'épée en travers du corps. Tous mes souvenirs bafoués par mon inquiétude.
Je me secouai vigoureusement afin de me changer les idées et entrepris de descendre de mon perchoir. Je devais arriver bientôt à la forêt de Sherwood afin de ne pas louper le marché noir. Sherwood, à la guerre, devint le lieu de rendez-vous de tous les malfrats et autres contrebandiers qui souhaitaient revendre leurs butins. Un hommage tordu à Robin des bois, je suppose. J'y trouverai e que je cherchais, du moins les ingrédients trop loin pour aller les chercher nous même, qu'on ne trouvait plus chez l'apothicaire à cause de la guerre ou qui étaient rares. Polygonum, bézoard, peau de serpent du cap, ailes de chauves-souris, carapaces de scarabées, je devrais les trouver à Sherwood mais la xyphilis étoilée que me demandait les jumeaux ne s'y trouveraient surement pas ou elle coûterait les yeux de la tête. Je devrais aller au delà de la forêt et m'aventurer en montagne. Un long périple comme l'avait prévu Maugrey.
Je repris la route sous le soleil qui tapait déjà bien fort. J'étais contente d'être dans un coin boisé et donc ombragé. J'étais dans un petit bosquet, cela ne durerait pas longtemps, je vais devoir voyager à travers champs ou utiliser des petites routes. Les villes sont trop dangereuses, trop de sorciers peuvent s'y trouver incognito comme moi. Du moins essaye-t-on.
Mon sac à dos solidement en prise sur l'épaule, j'avançais d'un bon pas tout en surveillant les alentours d'un œil stressé. Finalement, au terme d'une longue nuit de marche, j'arrivais au lieu de rendez-vous du marché pour cette semaine. Evidemment, il était beaucoup trop tôt et personne n'était encore arrivé. Dans une heure, tout au plus deux, la clairière serait remplie de monde et de marchands vendant des produits basiques pour une fortune. C'est la crise. Profitant de mon avance, je m'aventurais dans les alentours à la recherche de baies ou autres fruits des bois comestibles, je n'avais pas mangé depuis mon départ, mon ventre criait famine. Je ne fis pas un festin mais trouvais assez pour me sustenter ce qui était le principal. En revenant vers le lieu qui me préoccupait, je réalisais que les étals étaient montés et du monde commençait à affluer. Rapidement et le plus discrètement possible, je marmonnais un sort, glamourios, qui transformait mon visage aux yeux des autres puis sortit une cape de mon sac pour couvrir mes vêtements moldus, la mit et rabattit la capuche sur ma tête. Mieux valait être prudent, je pouvais rencontrer des personnes de tous les camps.
Contrairement à un marché standard, pas de hurlements ou de prix scandés, juste le brouhaha de la foule ambiante, c'était un marché noir avec des sortilèges d'urgences pour plier bagage si la situation dégénérait. Ma liste en tête, je déambulais à travers les marchands, regardant attentivement leur produits mais surtout les prix qui étaient murmurés comme des secrets. Parfois, c'était vraiment à la tête du client. Après l'achat de polygonums, bézoards, peaux de serpent du cap, ailes de chauves-souris, carapaces de scarabées et quelques pattes de tarentule, je décidais de me diriger vers le revendeur le plus fiable, mais aussi le plus cher pour la qualité de ses produits, que je connaissais de nom afin de me renseigner sur la xyphilis étoilée.
Pas très grand, le nez tordu et un œil en moins, celui qui lui restait semblait vous transpercer de part en part et capable de lire en vous, il portait le surnom éloquent de Le Borgne. Hésitante quant à la manière de lui parler, je décidais d'y aller franchement.
–Je suis à la recherche de xyphilis étoilée, peux-tu m'en fournir ou tout du moins me renseigner sur sa floraison cette année ? murmurais-je à voix basse en maintenant la capuche de ma cape sur ma tête.
–Je n'ai rien, grogna-t-il. Les montagnes où elles poussent ne sont plus sûres, peu de gens s'y aventurent, ça pullule de rumeurs et de disparitions. Si tu en veux tellement, il faudra y aller toi même, plus aucun botaniste n'approche du col de Riverhood.
– Merci, fis-je en hochant la tête.
Je m'y attendais mais la nouvelle n'est guère plaisante. Cela veut dire un mois de voyage à travers les territoires ennemis flirtant avec les frontières pour passer plus ou moins en sécurité et ensuite trouver un montagnard pour me guider vers les zones d'herbage. Je partais le sac rempli de mes achats lorsqu'on me rentra dedans. Des sorciers à capes noires. Le contenu de mon sac se déversa légèrement par terre et je me penchais pour ramasser prestement. L'un des sorciers ordonna aux autres :
– Aidez la potionniste, montrez moi que vous avez de l'éducation pour une fois.
A ces mots, je tentais tant bien que mal de rester naturelle puis me relevant, mes achats de nouveau en place, je regardais l'homme qui me faisait face, hochant la tête pour le remercier, sans prononcer un mot. C'était un pur inconnu. Mais sa voix ne laissait aucun doute. C'était bien Drago Malefoy camouflé par un glamourios mais trahi par le seul défaut de ce sort : la voix reste identique.
Il me fixait attendant une réponse de ma part.
Ce fut cette rencontre qui scella mon destin. J'ai sombré dans une noirceur qu'on ne me connait pas aujourd'hui, qu'on ne m'a jamais connue. Il a forgé ma chute, j'en ai attisé l'âtre. Ensemble, nous nous sommes haïs, détruits, crachés au visage. Ensemble, nous sommes morts.
