Bonjour !
Me revoilà avec la suite !
Un gros merci à Noumea, Rinku13, OldGirl-NoraArlani, Alienor la Fantasque, Zeugma412, Mam'zelle Emelyne, Elayan et Eladora. Vous êtes toujours nombreuses à commenter. Ça fait vraiment plaisir. ^^
(L'univers et les personnages appartiennent à JK Rowling ; l'inspiration provient du film "All of me")
Bonne lecture ! :)
Chapitre 4 ― La requête de la Dame Grise
Dans la lumière du jour, la maison de Xenophilius Lovegood se dressait au sommet d'une colline. Noire, en forme de haut cylindre vertical, elle ressemblait à une tour géante de jeu d'échecs. Severus atteignit le portail délabré, où étaient suspendus quelques écriteaux insolites, le fit grincer en l'ouvrant et s'avança dans une allée tortueuse envahie de buissons, lesquels étaient couverts de fruits oranges, semblables à des radis, comme celui que Lovegood s'était collé dans le front le matin même.
« Il ne faut pas s'approcher des prunes dirigeables, conseilla Sibylle. L'un des écriteaux le mentionne sur le portail. »
― Ce ne sont pas des prunes dirigeables, répliqua Severus, la cape fouettée par le vent. Mais peu importe.
Il s'arrêta devant l'épaisse porte incrustée de clous en fer, flanquée de deux vieux pommiers sauvages, et fit claquer trois fois le heurtoir en forme d'aigle. Il attendit un instant, puis renouvela son geste.
« Peut-être est-il déjà parti ? » avança Sibylle d'un ton inquiet.
― Ce serait embêtant...
Comme personne ne répondait, Severus ouvrit la porte, qui s'avéra déverrouillée, et entra.
― Il y a quelqu'un ? cria-t-il. Lovegood ? Vous êtes là ?
Une cuisine des plus étranges se révélait dans la pénombre. Tous les meubles et les appareils ménagés, décorés avec des oiseaux et des couleurs criardes, décrivaient des formes arrondies pour s'adapter aux murs circulaires de la pièce. Le style avait quelque chose d'un peu étouffant.
― Lovegood ! répéta Severus d'une voix forte.
« Il n'est pas là », déclara judicieusement Sibylle.
― Je vois ça ! s'agaça Severus. Nous sommes arrivés trop tard. Je n'aurais pas dû perdre mon temps avec McGonagall.
« Hélas, nous allons devoir attendre à demain. »
― Pas question, c'est aujourd'hui que nous réglerons ça !
« Mais comment ? demanda Sibylle. Vous ne savez pas où il est parti. »
― Et vous, vous le savez ? Avec vos dons de clairvoyance...
« Non, répondit-elle d'un ton amer. Dois-je vous expliquer une énième fois que mon Troisième œil n'agit pas sur commande ? »
Severus s'approcha de l'escalier de fer forgé en spiral qui menait aux étages supérieurs et monta les marches.
― Je n'ai pas besoin de Lovegood, dit-il d'un ton décisif. Tout ce dont j'ai besoin est ce livre. Il a dû le laisser traîner quelque part...
« Vous fouillerez sa maison sans y être invité ? » s'indigna Sybille.
― Je m'en fiche.
La pièce du dessus ressemblait à un mélange de salon et d'atelier. Elle était si encombrée que Severus eut de la difficulté à se déplacer entre les meubles. Des piles de livres et de papiers s'entassaient partout, sur les surfaces comme sur le sol. Une vieille presse à imprimer en bois gisait au milieu de l'endroit parfaitement circulaire. Au plafond étaient suspendues quelques miniatures de créatures pourvues d'ailes battantes ou de mâchoires qui se refermaient dans le vide.
« Toujours aussi intéressant... », commenta Sibylle en balayant le vaste fouillis des yeux de Severus.
Ce dernier, pour sa part, était découragé. Comment pouvait-il retrouver le grimoire dans tout ce désordre ?
« Eh bien, vous n'avez qu'à utiliser un sort d'attraction, mon cher », suggéra Sibylle avec ironie.
― J'allais le faire ! s'irrita-t-il en sortant de sa poche sa baguette magique. Vous souvenez-vous du titre du livre ?
« Bien sûr. Les voyages astraux. »
Severus soupira.
― Je parle du vrai titre, rectifia-t-il.
« C'est le vrai titre ! protesta Sibylle. Seulement, l'auteur ignorait de quoi il parlait. »
― J'ai besoin du titre que l'auteur a donné au livre, sinon le sort ne fonctionnera pas !
« Du calme ! tempéra Sibylle en lui roulant les yeux. Ne vous emportez pas. Je ne connais pas l'ancien titre. »
― Vous ne l'avez pas lu ?
« Non, le livre était si ravagé par les graffitis que c'était illisible. »
C'était vrai. Severus s'en souvenait. Grognant un juron, il réfléchit un instant, puis décida :
― Je vais tenter autre chose, dans ce cas...
Il leva sa baguette au-dessus du bric-à-brac et prononça la formule :
― Accio grimoire de magie noire !
Les piles de livres se mirent alors à trembler et à s'écrouler sur le sol. Dans un bruit de grondement, une dizaine de vieux grimoires s'élevèrent dans les airs, puis se ruèrent à toute vitesse sur Severus qui s'empressa de se créer un bouclier. Mais Sibylle, effrayée, poussa un cri assourdi en lui plaquant les mains sur les joues, la bouche grande ouverte. Severus reçut alors la dizaine de livres en pleine face. L'impact fut si violent qu'il tituba en arrière et bascula en arrière dans l'escalier. Il déboula durement les marches de fer dans un grand vacarme et atterrit dans la cuisine sur le dos, la nuque si douloureuse qu'il perdit connaissance.
.
Lorsque Severus revint à lui, il se retrouva couché sur un vieux canapé élimé. Un visage embrouillé l'observait au-dessus de lui, qui se dessinait de plus en plus nettement. C'était une femme, assez jolie, familière, avec de longs cheveux soignés qui lui tombaient aux épaules. Severus grimaça.
― Je vous connais ? demanda-t-il d'une voix rauque.
La femme eut un froid sourire.
― Le choc était si violent ? railla-t-elle.
― Sibylle ? s'étonna-t-il en la reconnaissant enfin. Je veux dire... la Dame Grise ?
― Je préfère qu'on m'appelle par mon nom, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, dit-elle en allongeant la main vers une table basse jonchée de livres et de papiers. Je m'appelle Helena Serdaigle. Je viens de soigner vos plaies. Comment vous sentez-vous ?
Elle lui tendit sa baguette qu'il saisit en se redressant en position assise sur le canapé.
― Je vais bien, répondit-il en frottant sa nuque totalement guérie. Merci. Mais... qu'avez-vous fait à l'apparence de Trelawney ?
― Je l'ai enjolivée un peu, pourquoi pas ? dit-elle en lissant l'élégante robe dépourvue de châles qu'elle portait. Ce corps avait grandement besoin d'attention. Je pense qu'il y avait une éternité qu'un peigne n'avait pas exploré cette chevelure, sans parler de ces affreuses lunettes. Pourquoi les sorciers oublient toujours la potion Occulus, pourtant très efficace contre la myopie ?
Severus s'attendit à ce que Sibylle se manifeste à l'instant, comme elle le faisait toujours quand on osait l'insulter, mais étrangement, elle resta silencieuse.
― D'accord, dit-il lentement, méfiant. Et... que faites-vous ici ?
La Dame Grise passa distraitement un doigt sur le visage d'un buste de pierre, représentant une belle sorcière austère. Posé sur un buffet arrondi et encombré, il était affublé de la coiffe ridicule qu'avait portée Lovegood dans les appartements de la tour Nord. Les deux cornets acoustiques lui sortaient des oreilles, les paires d'ailes émergeaient sur sa tête et un radis lui était collé sur le front.
― Je suis ici pour les mêmes raisons que vous, professeur Rogue, répondit-elle calmement. Je cherchais le grimoire.
― Et vous l'avez trouvé ? demanda Severus avec espoir.
― Non. Lovegood a dû bien le cacher. Il est introuvable. Même les sorts ne permettent pas de le retrouver.
Severus poussa une profonde expiration.
― Nous allons donc devoir attendre son retour comme des imbéciles !
― Vous savez où il est ? interrogea la Dame Grise.
― Il explique dans sa lettre qu'il est parti à la chasse aux Ronfleux Cornus, quelque chose comme ça. Je ne sais pas ce que c'est. Et je ne sais pas non plus où il faut aller chasser pour trouver ça.
La Dame Grise eut un infime rire résigné.
― Attendons-le, alors, proposa-t-elle en venant s'asseoir près de lui.
― Il revient demain. On ne va pas l'attendre ici jusqu'à demain.
Severus esquissa un mouvement pour se lever, mais la Dame Grise l'en empêcha en lui posant une main sur la poitrine. Elle faufila ensuite ses doigts à l'intérieur du col de sa chemise dont il remarqua soudain que les premiers boutons avaient été détachés pendant son sommeil. Il regarda la Dame Grise avec perplexité.
― Mais qu'est-ce que... ?
― Je suis consciente que ce n'est pas digne d'une Dame, se justifia-t-elle d'une voix suave. Mais comprenez-moi. Il y a des siècles et des siècles que je suis privée de sens. Consentiriez-vous, professeur Rogue, à me laisser vous toucher un peu ?
― Pardon ?
Un frisson chaud remonta le long de son échine.
― Je n'avais encore jamais touché un homme de toute ma courte vie, poursuivit-elle en continuant de lui caresser la peau au niveau de sa gorge. Je me préservais pour mon futur mari. Quelle ignorante que j'étais ! Maintenant, je comprends toute l'importance de saisir les occasions dès qu'elles se présentent, parce que la vie est terriblement courte. Si courte ! Voudriez-vous m'embrasser, professeur Rogue ?
― Ça suffit ! coupa Severus en se levant brusquement, choqué. Je ne sais pas à quoi vous jouez, mais sachez que je ne tolère pas qu'on se serve de moi comme d'un objet !
« Sibylle, où êtes-vous ? appela-t-il en pensées, à présent inquiet. Pourquoi n'interagissez-vous plus ? »
La Dame Grise se leva à son tour, l'expression dure.
― Je ne me sers pas de vous, professeur Rogue ! protesta-t-elle. Je demande simplement votre grâce !
― Je suis désolé, mais je ne peux pas vous aider.
― Je reprendrai bientôt ma forme de fantôme ! Vous ne pouvez pas me refuser ce court instant de bonheur ! Ce court instant de vie gratuite ! Je vous en prie, professeur Rogue, offrez-moi ce dont j'ai toujours regretté de ne pas avoir reçu ! Ayez un peu de compassion et de bon cœur pour moi, la jeune fille qui a dû mourir trop tôt sous le poignard d'un méchant baron !
Severus l'observa, hésitant. Il comprenait ses regrets, mais lui ne pouvait pas toucher au corps de Sibylle de cette manière ― même s'il s'admettait qu'elle était dix fois plus jolie une fois le visage débarrassé des épaisses lunettes. De plus, la véritable Sibylle ne répondait toujours pas. C'était inquiétant. Son âme l'avait-elle soudain quitté ?
« Sibylle ! pensa-t-il de toutes ses forces. Sibylle, où êtes-vous ? »
Un brusque ronflement dans son esprit lui répondit. Il apparut alors que Sibylle dormait. Sans doute était-elle restée assommée depuis la chute dans l'escalier. Severus soupira de soulagement. Il avait cru l'avoir perdue.
La Dame Grise s'était rapprochée de lui.
― Alors ? demanda-t-elle en se mordillant la lèvre d'un air lubrique. M'accorderiez-vous cette faveur, professeur Rogue ? Juste un baiser ?
― Je..., hésita-t-il, les yeux descendant malgré lui sur les seins passablement appétissants dans le décolleté. Je pourrais peut-être... juste un baiser... seulement si vous me promettez de ne rien dire à personne...
― Je le promets, dit-elle aussitôt, avide. Je placerai le secret dans ma tombe.
Et sans plus attendre, elle s'empara de ses lèvres. Severus se sentit s'enflammer de la tête aux pieds. Il répondit au baiser, les bras lui entourant la taille. Il y avait longtemps qu'une femme ne l'avait pas touché de cette manière. Profitant de l'occasion, il explora sa bouche de sa langue et en savoura le goût délicieux.
Cependant, lorsque la Dame Grise descendit la main à sa ceinture pour la lui détacher, il s'écarta.
― Qu'est-ce que vous faites ? demanda-t-il.
― J'en veux plus, haleta-t-elle.
― Mais ce n'est pas votre corps ! s'affola-t-il. Un baiser, ça va, mais... Je ne vais quand même pas faire ça à un corps qui ne vous appartient pas !
― Personne ne le saura, fit-elle avec son sourire froid.
― Trelawney s'en doutera ! Et puis, d'ailleurs, elle est peut-être sur le point de se réveiller.
― Se réveiller ?
La Dame Grise parut plutôt amusée. Les yeux brillants, elle termina d'ouvrir son pantalon et y plongea les doigts. Au contact, Severus expira brusquement.
― Oh, oui, souffla la Dame Grise, les lèvres tout près des siennes. Après tous ces siècles passés à imaginer la sensation...
― Trelawney sera en colère..., gémit-il, envahi de désirs irrépressibles.
― Faites-moi l'amour, Severus...
― D'accord...
Incapable d'y résister, il l'embrassa à nouveau. Il s'attaqua à sa robe dont il dénoua le laçage avec des gestes empressés. Son soutien-gorge en dentelles blanches se dévoila. Avec fougue, il explora sa gorge des lèvres, semant sur sa peau de fébriles baisers, puis la poussa sur le canapé où elle tomba sur le dos.
― Oh, Severus..., soupira la Dame Grise, tandis qu'il se plaçait au-dessus d'elle. C'est si bon... si bon...
Il revint prendre possession de sa bouche en glissant la main sous les jupons, quand son corps effectua un brusque soubresaut.
― Mais qu'est-ce que c'est que ça ? s'exclama soudain Sibylle à travers sa voix.
― Quoi ? interrogea la Dame Grise.
― Ah non, murmura Severus, figé d'appréhension.
Sibylle le redressa dans un vif mouvement et toisa la Dame Grise avec fureur.
― Espèce de salope !
« Non, Sibylle, attendez, je peux tout expliquer... » paniqua Severus.
― Comment osez-vous dégrader ce corps sans aucun scrupule ?
― Je vous demande pardon ? dit la Dame Grise, perplexe.
― Levez-vous !
« Sibylle, écoutez ! »
― Levez-vous ! répéta Sibylle, vibrante d'émotions fortes.
Les sourcils froncés d'incompréhension, la Dame Grise obéit et se rhabilla lentement sans détacher son regard de Severus.
« Vous devez la comprendre, Sibylle, raisonna Severus. Elle n'avait encore jamais expérimenté les plaisirs charnels de sa vie. Il était donc normal que je... »
« Vous allez me le payer ! s'emporta Sibylle en hurlant dans son esprit. Vous n'aviez pas le droit de profiter de mon corps de la sorte ! »
« Heu... oui, bon, vous avez raison, je n'avais pas le droit. Mais... »
« Et elle qui ose aussi, la... la garce ! »
Dans un élan de rage, elle leva Severus et gifla la Dame Grise qui s'effondra sur le canapé avec un cri de stupeur.
― Garce ! hurla Sibylle en relevant la main.
Severus essaya de l'arrêter, mais en vain. Tandis que la Dame Grise tentait de se redresser en s'aidant du dossier, Sibylle lui abattit la main sur les fesses. La Dame Grise poussa un second cri d'étonnement.
― Salope ! Salope ! Salope ! continua Sibylle en la fessant à chaque insulte. Sale indigne de ma personne !
« Mais arrêtez ! » s'affola Severus.
Il crut que la Dame Grise se vengerait d'un moment à l'autre en lui infligeant sensiblement le même traitement, mais il en fut tout autrement. La Dame Grise poussait à présent des cris de plaisir.
― Oh, oui, continuez ! encourageait-elle en s'agrippant au dossier du canapé, le postérieur offert. Insultez-moi, c'est excitant !
Sibylle poussa une exclamation scandalisée. Aussitôt, elle arrêta de frapper et regarda autour. Elle empoigna alors le buste de pierre dont la coiffe tomba par terre et l'éleva au-dessus de la tête de Severus qui s'écria :
― Non, Sibylle, posez ça tout de suite !
― Je veux la tuer ! cracha-t-elle, hors d'elle.
― Posez ça tout de suite, c'est de la folie ! Vous n'allez quand même pas tuer votre propre corps ?
La Dame Grise se laissa tomber dans le canapé en ouvrant des yeux ronds.
― Sibylle... Trelawney ? articula-t-elle d'une voix étouffée.
― En chair et en os empruntés en attendant de récupérer les miens ! répondit Sibylle qui jeta le buste par terre dans un bruit sonore. Je vous prédis un affreux retour à la mort, minable spectre !
― Oh, par ma mère ! s'exclama la Dame Grise d'un air effaré.
D'un bond, elle se leva et se rua dans l'escalier. Un instant plus tard, la porte d'entrée claqua.
― Et elle ose fuir en plus ! grinça Sibylle d'un ton menaçant.
― Vous avez été effrayante, Sibylle, fit remarquer Severus.
― Et vous avez été un horrible goujat !
― Elle m'a provoquée. Aaargh !
Severus vacilla sous l'impact de son propre poing à la figure.
― Merde ! Sibylle ! jura-t-il en se frottant le nez de l'autre main. Ne recommencez pas à me battre ! Ça vous tuerait de rester tranquille, pour une fois ?
― Pas dans un corps pareil ! répliqua-t-elle en le frappant à nouveau. Vous ne payerez jamais suffisamment pour ce que vous avez fait !
― Justement, je n'ai rien fait ! s'écria Severus avec colère, le nez encore plus endolori. Vous êtes intervenue à temps !
― Loin de là, vous aviez vos sales mains sur mon corps !
― Et alors ! s'emporta Severus, ruisselant de sang. Vous avez aussi vos mains sur mon corps quand je vais aux toilettes !
― Ce n'est pas la même chose ! Premièrement, ces mains dont vous parlez sont les vôtres et, deuxièmement, je n'y prends pas plaisir !
― Bon, j'en ai assez !
Il empoigna sa baguette dans sa poche, se répara le nez d'un sort et transplana d'un tour sur lui-même.
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De retour dans ses appartements, Severus dut endurer encore longtemps la colère de Sibylle. Pour éviter de l'entendre hurler de vive voix, il s'était lancé un sortilège de mutisme, mais maintenant elle s'exprimait avec force dans son esprit. Ses tempes devinrent douloureuses à force de l'écouter. Il avait beau lui crier mentalement de se taire, mais chaque fois, il envenimait la situation.
« Sibylle, s'il vous plaît, laissez-moi tranquille, à la fin ! »
Il se versa un verre de whisky pour tenter d'apaiser son mal de tête, mais au moment où il voulut prendre sa première gorgée, Sibylle lui lança l'alcool en plein visage.
« Bon, là, ça suffit ! explosa-t-il dans son esprit. Vous allez cesser immédiatement vos enfantillages, sinon, je... je... ! »
Il posa son verre vidé sur la tablette de l'armoire et sortit sa baguette pour se délivrer du sort. Il avait besoin de s'exprimer à voix haute pour mieux se défouler. Une fois le sortilège de mutisme levé, il se reprit avec plus de véhémence :
― J'en ai plus qu'assez de votre comportement impulsif ! Cessez de me torturer sinon je procède à un exorcise et votre âme se perdra dans le néant !
― Vous n'oserez pas ! cria Sibylle en lui croisant les bras. Lorsque Dumbledore se rendra compte de votre crime, il vous enverra à Azkaban ! Et c'est mon Troisième œil qui me le dit !
― Dumbledore se fout de votre âme comme tout le monde dans cette école ! On se fout tous de vous ! Personne ne vous apprécie ! Vous êtes détestable ! Je vous hais moi-même ! Vous m'avez toujours horripilé ! Vous, vos prédictions bidon et votre Troisième œil stupide !
Sibylle se tut.
― Parfait ! dit Severus avec une satisfaction sauvage. Il était temps que vous vous la fermiez !
D'un revers de manche, il s'essuya le visage, rangea sa baguette dans sa poche et se servit un deuxième verre de whisky. Il alla ensuite s'installer confortablement dans son fauteuil devant le feu de foyer et savoura l'apaisant moment de silence parsemé des tic-tac de l'horloge, qui se prolongea.
Au bout d'une vingtaine de minutes, cependant, un sanglot étouffé s'éleva dans son esprit. Severus soupira d'ennui.
― Bon, vous pleurez, maintenant ?
« Non », mentit-elle en reniflant.
― Si, vous pleurez. Qu'est-ce qui se passe ?
« Mais rien, voyons, railla-t-elle d'une voix rauque. J'ai manqué de me faire violer, l'autre traînée s'amuse avec mon corps de façon très malsaine et j'apprends que personne ne m'aime à Poudlard, pas même Dumbledore. Je n'ai aucune raison d'être triste. »
Severus prit une profonde inspiration.
― J'ai parlé sans réfléchir, s'excusa-t-il.
« Non, vous avez parfaitement raison. Les feuilles de thé me le disaient souvent, mais je faisais comme si je ne le voyais pas. C'est difficile d'accepter d'être différent et d'être mis à l'écart à cause de ça. Savez-vous ce que c'est que la solitude, Severus ? Ce n'est pas toujours drôle. »
Le cœur de Severus se serra. Oui, il savait ce que c'était que la solitude, mais il ne voulait pas l'admettre. Il avait trop d'orgueil pour ça.
« Trop d'orgueil, hein ? releva Sibylle d'un infime ton amusé. Rien ne sert de me le cacher, je le savais déjà. »
Severus se passa une main dans le visage.
― J'oublie toujours que vous pouvez lire dans mes pensées, marmonna-t-il. Je devrais exercer un peu d'Occlumancie pour vous bloquer.
« Ne vous inquiétez pas, je ne vous juge pas, rassura Sibylle avec douceur. Moi aussi j'ai de l'orgueil. C'est vrai que la tranquillité et le silence sont bénéfiques pour mon Troisième œil, mais en vérité, je m'en sers surtout comme prétexte pour éviter d'affronter les autres. Les regards méprisants me sont douloureux. Je ne suis comprise par personne. »
― Je suis désolé...
Le silence se réinstalla. Severus ne savait plus quoi dire. Tout à coup, il regrettait d'avoir été aussi irrespectueux envers Sibylle.
« Merci..., murmura-t-elle. Je regrette aussi de m'être emportée contre vous. »
Severus émit un petit rire.
― Ce n'est pas grave. Je l'ai mérité.
« C'est vrai. Mais j'aurais dû me montrer compréhensive. Mon corps peut devenir très irrésistible quand il le veut... »
Aussitôt, Severus bloqua ses pensées pour éviter d'approuver ses dernières paroles. Il se leva, cala son verre qu'il déposa sur la table basse et se dirigea vers son bureau.
― J'ai du travail à faire ce soir, déclara-t-il.
« Ah, oui, la potion », dit-elle.
― La potion ? s'étonna Severus. Quelle potion ?
« Mais la potion Pare-feu que vous a demandé Dumbledore pour demain matin, bien sûr. »
Severus s'étouffa d'un juron. Il avait complètement oublié cette potion. Il regarda l'horloge sur le mur. Il était déjà neuf heures et quart. Sibylle gloussa doucement.
« Je prédis que vous allez vous coucher tard ce soir. Je me trompe ? »
Merci d'avoir lu ! J'attends vos commentaires avec impatience ! :)
