03

Stiles était silencieux. Trop silencieux dans cette chambre d'hôtel. Le meilleur ami de Don lui avait fait part d'une requête avant qu'il ne quitte New-York. Todrick Matthews, le frère de son défunt ami, voulait avoir un avis sur deux Hôtels sur lesquelles il lorgnait. Tous frais payés bien sûr. Quatre jours, cinq nuits.

Seulement voilà. Stiles se sentait seul sans son fils. Depuis bientôt 12 ans, Stiles vivait avec ce garnement. Et en ce moment, il cachait plutôt bien son jeu. Stiles le trouvait bien trop calme et sage depuis leur arrivée à Beacon Hills et ça ne présager rien de beau à voir.

Stiles souffla et se laissa tomber sur le lit, enfonça sa tête dans les draps en satin de la chambre qu'il avait sélectionné. Il soupira de la douceur du textile sur son visage, il se demandait s'il ne pouvait pas vivre ici avec Chris, si Todrick acheté l'hôtel. Parce que vivre à Beacon Hills allait devenir une véritable torture pour lui. Encore, il pouvait composer avec Lydia ou même Scott.

D'ailleurs, il trouvait étrange sa réaction face au couple que formaient Scott et Malia. Il aurait dû s'emporter ou même s'énerver ou alors les ignorait. Non, finalement il avait trouvé ça presque logique dans le fond. Il était même heureux que la famille McCall s'agrandisse. Il était même persuadé que Mélissa devait être aux anges.

Dans le fond, il était content de les voir, surtout Isaac. Et même un peu Peter, il devait bien se l'avouer. Mais Derek Hale, définitivement ce n'était pas possible, il ne pouvait pas vivre dans la même ville. Pour la santé mentale de Stiles, un des deux devait partir. Et Stiles savait qui. Lui. Derek était le shérif de Beacon Hills, il ne pouvait décemment pas priver la ville du loup.

Il était toujours en colère contre le loup, il comprenait cependant les raisons qui l'avaient poussé à partir. Seulement pourquoi ne pas l'avoir appelé ou même envoyer un message pour lui expliquer. Pourquoi lui imposer cette souffrance alors que Stiles lui avait ouvert et donné son cœur. Il lui avait donné sa virginité quand même. Pour Stiles, ce n'était pas rien. En retour Derek, lui avait fait une promesse.

— Que de belles paroles Derek Hale ! C'est tout ce que tu sais faire. Stiles se reprit, il ne pouvait décemment pas déprimer tout seul dans cet hôtel luxueux.

Il y avait tant à faire, tant à voir et puis le petit réceptionniste lui avait fait de l'œil. Peut-être que ce soir, il s'enverrait en l'air histoire de se faire du bien. Il avait aussi envie de visiter la ville d'Austin. Il s'était bien renseigné sur la ville avant de débarquer et avait trouvé plusieurs activités à faire comme prendre le bateau et faire une promenade sur la rivière Colorado ou bien visiter les vieilles usines de métallurgie.

Mais il avait une préférence pour Silicons Hills, le centre le plus important des hautes technologies des Etats-Unis. Il pourrait trouver un cadeau pour Chris.

Il arrivait aussi pour le "South By Southwest" un de plus important festival musical au Etats-Unis. Plusieurs choix s'offraient à lui pendant ce festival. Musique. Cinéma.

Il avait aussi envie de visiter la Cathédrale Sainte-Marie d'Austin, une superbe Cathédrale aux décorations néo-gothique datant des années 1850 qui avait été rénové récemment.

Todrick lui avait même eut des places pour aller à des matchs de football américain au Darell K. Royal-Texas Mémorial Stadium et des billets pour voir du Baseball au Frank Erwin Center. Stiles se sentait gâter sur le coup et ne savait plus quoi faire tellement il y avait de choix.

Stiles décida qu'il en profiterait pour voir l'université du Texas qui disposait de plusieurs structures dont celle de la médecine. Il savait que Chris voulait se préparer à la médecine pour devenir chirurgien cardiaque. Mon dieu comment ce gamin pouvait devenir un éminent chirurgien et avoir un caractère aussi volatile et enfantin quand il s'y mettait.

Stiles sauta du lit et récupéra sa veste posé sur une chaise du petit salon face à la chambre. Enfilant sa veste, il ouvrit précipitamment la porte et tomba sûr…

— Derek ? Stiles s'immobilisa net. De toutes les personnes qu'il ne voulait certainement pas voir, il avait fallu qu'il tombe sur Derek Hale. Et que diable faisait le loup ici. Ce n'était sûrement pas une coïncidence. Il n'aurait pas osé le poursuivre jusqu'ici ?

— Dis-moi que tu ne m'as pas suivi jusqu'ici ? Dis-le-moi et soit sincère ! Parce que sinon je vais…

— Calme toi Stiles ! Je ne t'ai pas "exactement" suivi ici, je…

Stiles le fixa et commença à s'énerver. Comment ça, il ne l'avait pas "exactement "suivi jusqu'ici. La réponse était "oui, je t'ai suivi jusqu'ici" ou "non, je ne t'ai pas suivi jusqu'ici", il n'existe pas de réponse entre deux ou d'hésitation. Parce que bizarrement, Stiles voyait bien que le loup hésiter et se trouvait gêné. D'ailleurs pourquoi Derek-Fucking-Sexy-Hale, était gêné ? Oh, mon dieu, Stiles ouvrit les yeux de surprise, Derek Hale hésiter à lui parler. Mais s'était quoi son fucking de problème ?

— Ecoute, je ne sais pas à quoi tu joues, mais à ta place je partirais tant qu'il est temps à moins que tu veuilles voler dans le couloir …

— Tu oserais utiliser tes pouvoirs en public ? Derek lui montra plusieurs endroits. Stiles les répara et remarqua des caméras de sécurités. Bien sûr, pensa-t-il, les humains et la technologie de sécurité.
Stiles soupira, adieu sa journée de folie au soleil, sur une de ses belles terrasses, sirotant un bloody mary, lunette de soleil vissé sur les yeux et matant la chair fraîche.

Il inspira et expira, puis il s'écarta et laissa tout loisir au loup d'entrer ou bien de partir. Stiles aurait préféré que le loup dégage de sa vue. Même si en le voyant passé, il sentit une chaleur montée dans son corps. Cette paire de fesses dans ce jean moulant bleu, il croquerait bien dedans.

Oula, du calme Stiles, ce n'est pas le moment et surtout pas avec lui. Plus jamais avec lui. Une fois ne t'a pas suffi ? Lui demanda une petite voix pleine de sagesse. Pas assez surtout ! Répondit une autre voix affamée. Il se secoua et entra sous le regard amusé d'un loup dont il aimerait bien mettre son poing dans la figure… Et peut-être autre chose aussi. Mon dieu, Stiles, il faut vraiment que tu te trouves un plan cul parce que ça fait quand même six mois que tu n'as rien fais et ton caleçon parle à ma place. S'imagina Stiles à la place de son cerveau.

— Assis toi, mais prend pas tes aises, je t'accorde deux minutes après tu dégages et tu rentres …

— Je ne te suis pas Stiles, c'est Chris qui m'envoie !

— Chris ? Mon Chris ? S'inquiéta de suite Stiles, mon dieu qu'est-il arrivé à mon fils ? Il aurait dû m'appeler…

— Du calme Stiles ! Derek s'était levé et le maintenait immobile, plaqué contre lui pour l'empêche de bouger. Stiles pouvait sentir la chaleur de ses puissantes mains au travers de sa petite veste. Il frissonna au souvenir de leurs corps enlacé et repu après leur première fois.

— Je vais m'éloigner et faire comme si je ne sentais rien !

— Ouais fais donc ça sac à puces, éloigne-toi ! Répondit sèchement Stiles alors qu'il tentait de maîtriser son corps et ses pulsions. Il savait que ce serait dur, s'il revoyait Derek, mais pas à ce point.

Comment détester un homme qui à sacrifier sa vie pour la chair de sa chair. Parce Stiles était honnête avec lui-même. Il était en colère, furieux et avait toujours ce sentiment d'abandon.

Mais savoir que le loup l'avait "abandonné" pour s'occuper d'une enfant qu'il avait eu avec Braeden parce que madame l'avait laissé à la meute de Cora en s'enfuyant et disparaissant dans la nature sans jamais donner de nouvelle depuis 14 ans. Il n'était pas débile, il avait bien compris le message que Lydia avait tenté de lui faire comprendre hier soir quand elle avait débarqué au moment où son fils avait décidé de faire un … De faire un tour.

— Putain le merdeux ! S'écria Stiles en tournant en rond sous la petite arcade qui séparait le petit salon de la chambre à coucher. C'est toi qu'il est venu voir hier soir quand "étrangement" Lydia est venu me parler. Dites, c'est une conspiration. Vous organisez ça depuis longtemps…

— Je ne vois pas de quoi tu parles ? Répondit intriguer Derek. Parce que vraiment, il ne voyait rien. Il ne voulait pas savoir comment le cerveau de Stiles carburait. Vraiment, pas, par contre, il passerait bien sa langue sur ce torse légèrement caché par ce tee-shirt au col en V assez grand.

— Figure toi, comme si tu ne le savais pas, que la Banshee de ta meute…

— Scott…

— Celle de Scott, peu importe, est venue chez moi hier soir pour me raconter une histoire sur un loup qui a abandonné son compagnon pour récupérer sa fille naturelle et sans occuper tout seul, parce que la femme avec qui il l'avait eu, sans le vouloir, s'en était débarrassé dans une meute ou la sœur de ce loup se trouvait. Stiles pouvait voir tous les muscles de Derek se tendre.

Le loup ne pipa mot. Il attendait la suite et peut-être le verdict. Il avait décidé sur le trajet que-quoi que Stiles décide, il accepterait le verdict mais il ignorait que Lydia avait lancé le sujet dans la soirée d'hier. Voilà pourquoi, elle était si sûre d'elle ce matin quand elle était passée prendre Tally pour l'emmener au collège. Sacre Banshee.

— Et cette Banshee m'a tellement hurler dessus et pleurer en même temps que j'ai fini par réfléchir. À des moments, je me suis demandé si elle ne jouer pas la comédie avec ses pleurs, C'est Lydia soyons honnête. Mais après son départ, j'ai reçu une autre visite…

— Ce n'est pas une maison que tu as mais un hall de gare ! Sortit Derek en souriant légèrement.

— Mais … Stiles était choqué. Mais c'est une blague que tu viens de faire et… Et en plus, tu souris. Mon dieu qu'avez-vous fait de Derek Hale, mon Sourwolf !

— "Ton Sourwolf" ?

Stiles se figea face à l'homme et se mit à rougir.

— Je mentirais Derek, et tu le saurais immédiatement, foutu pouvoir de loups-garous, si je disais que je ne ressens rien pour toi. Bien sûr hormis la colère, un peu de haine et une forte envie d'utiliser mes pouvoirs pour dévisser la tête pour m'avoir abandonné du jour au lendemain comme un chien qu'on abandonne sur le…

— Stiles…

— Non laisse-moi finir, j'en ai besoin, je garde ça depuis 14 ans alors s'il te plaît laisse-moi finir.

Stiles s'installa sur le rebord du lit pendant que Derek enleva sa veste et la posa sur le petit sofa du salon. Le loup prit une chaise de la table à manger et s'installa à un mètre de lui.

Face à face, Stiles pouvait voir la vulnérabilité du loup et sa souffrance. Mais le jeune homme ne voulait pas la voir. Il avait assez avec sa souffrance. Celle qu'il avait ressenti en comprenant 14 ans plutôt que Derek s'était enfui en le laissant là, seul.

Il n'avait eu pas besoin de parler avec Scott qui avait compris quand il avait senti l'odeur de Derek sur lui et sa peine. Il n'avait jamais parlé de ça avec lui-même si l'Alpha avait tenté de le faire parler.
Ce n'est qu'une semaine après le départ de Derek que Stiles craqua dans les bras de Lydia qui le consola et sécha une partie de ses larmes toute une nuit.

Puis était arrivé le jour où il avait pris la vie de son père. Le jour ou le Nogitsune avait réussi à s'extraire quelques heures de son enfer pour plonger Stiles dans une nuit sans fin en tuant son John Stilisnki.

— Je mentirais si je disais que je ne ressens pour toi. Je t'aime toujours, comme au premier jour, mais tu es partie sans un mot. Si seulement tu m'avais parlé, si tu m'avais expliqué les raisons de ton départ, oui, c'est vrai j'aurais tout fait pour t'en dissuader ou j'aurais fait en sorte que vous reveniez tous les deux, mais tu m'as laissé tout seul Derek.

Stiles n'était pas soulagé pour autant de parler avec Derek, il s'était persuadé que lui expliquer sa façon de voir lui ferait du bien, mais il avait encore plus mal. Peut-être, parce qu'ils étaient tellement proches, mais si éloigner en même temps.

— Je t'aime aussi Stiles et… Stiles leva la tête vers le loup et s'aperçut qu'une larme s'échappait de ses yeux. Je suis désolé pour tout ça. Je suis parti comme un lâche, c'est vrai, je ne pourrais jamais me pardonner de t'avoir fait souffrir à ce point, je voulais juste que tu ne sois pas à te sentir obliger d'accepter mes erreurs ni même ma fille. Je ne pouvais décemment pas te faire porter une paternité alors que n'était qu'un gosse Stiles, tu avais 17 ans, crois-tu que j'aurais supporté de t'imposer ça. Stiles avait bien compris les motivations de Stiles mais même à 17 ans, il était en âge de choisir, surtout si un enfant entrait dans la vie de … De Derek.

— Tu aurais dû me laisser le choix Derek ! Je n'étais plus un gosse le jour ou toi et ton oncle, êtes rentrés dans nos vies. J'ai affronté un Kanima, la famille Argent, un Nogitsune, un deathlist, des berserkers, ta mort aussi, alors j'étais en droit de décider. Stiles se leva et s'approcha de la fenêtre.

Du 11e étage, Stiles pouvait voir la ville tout entière. Elle semblait s'animer d'une Énergie folle et il avait l'impression qu'elle l'appeler. Il voulait sortir et se sentir libre et vivant, oublier les ombres qui se cachaient dans son cœur. Rien n'a plus été pareil depuis l'arrivée des Hale dans sa vie, mais il avait espéré tant de choses quand Derek s'était dévoilé a lui. Quand il lui avait promis une vie ensemble contre vents et marées. Quand il lui avait murmurait des "je t'aime" à l'oreille alors qu'ils faisaient l'amour.

— Qu'allons-nous faire Stiles ? Demanda Derek dépité et légèrement stressé. Stiles se le demandait. Qu'allaient-ils faire ?

— Bonne question ! Tentez d'oublier sûrement ! Essayez de vivre nos vies comme si rien ne s'était passé ! Continuez nos routes peut-être ! Stiles sentit le loup se tendre. Stiles ouvrit la porte-fenêtre et glissa la tête. Il avait toujours aimé la sensation du vent sur son visage.

— Je te propose quelque chose. Stiles rentra et reprit sa veste sous le regard étonné de Derek. Aujourd'hui, nous allons sortir boire un verre. On va se balader, manger un morceau sur le port, écouter de la musique, il y a un festival de musique génial et puis on rentrera dîner et je suppose que tu partiras retrouver ta fille…

— Peter la garde et elle m'a poussé à venir.

— Ta fille t'a poussé dehors pour que tu viennes ici ?

— Lydia lui à raconter pour nous deux et hier quand ton fils à débarquer chez moi, ils se sont ligués avec Peter pour que je prenne des congés et que je vienne ici ! J'ai donc six jours devant moi, si tu veux bien de moi…

— N'en dis pas plus, prend ta veste et sortons, on verra ou le vent nous mène ? Stiles se mit à sourire et attrapa la main du loup. Il le tira vers le couloir et se tourna vers lui. Le visage illuminé de Derek lui réchauffa le cœur. Il se mit à croire que peut être, vraiment peut être, ils pourraient avoir une seconde chance.

FIN