Coucou à tous, d'abord quelques petites réponses aux coms des lecteurs qui ne sont pas logués !

Merci Mel pour ton petit mot, et pour ta patience !

Miaki, merci beaucoup ! J'espère que tu aimeras la suite ! ^^ Oui, je donnerais des éléments sur le passé d'Oyana, et toutes les explications nécessaires le moment venu.

Monochrome, merci pour ce com si drôle et enthousiaste, c'est un vrai bonheur à lire ! Tu verras que Yamamoto est sur le coup. Et pour le passé d'Oyana, cf ma réponse à Miaki. Sinon, ma fic est post Aizen, et aucune guerre n'est en cours à ce moment. Et enfin merci d'être réceptive à mon sens de l'humour ! )

Chapitre quatre

« Encore une fois, Oyana. Concentrez-vous pendant que je récite l'incantation, et faites feu au moment où je me tais. Attention… " Maître et Seigneur ! Ô masque de chair et de sang…" »

Le terrain d'entraînement offrait une vision d'apocalypse. Des cratères noircis, certains encore fumants, en parsemaient la plus grande partie. Oyana n'en pouvait plus. Elle transpirait à grosses gouttes, ses jambes tremblaient de plus en plus, et elle devait lutter pour continuer à y voir clair. Mais Juushirou n'avait pas dit qu'elle pouvait s'arrêter, et elle continuerait jusqu'à ce qu'il le fasse. Elle ne le décevrait pas en renonçant avant l'heure. Il se tenait derrière elle, ses bras le long des siens alors qu'il corrigeait la position de ses mains, et elle parvint à réprimer ses frissons d'épuisement. Il se tut, et elle répéta pour la énième fois la même formule : « Hadô n° 31, boulet rouge ! » Un faisceau d'énergie jaillit de ses mains, pour aller exploser une dizaine de mètres vers la droite. Elle était censée « tirer » devant elle, mais lorsqu'elle y arrivait c'était uniquement par hasard. Elle était même parvenue à expédier son tir derrière elle plusieurs fois, ce qui devait être un exploit, pour peu qu'on le fasse exprès.

« On recommence. Oyana, vous restez en surface, n'attendez pas que votre énergie se manifeste, allez la chercher ! " Maître et Seigneur ! Ô masque de chair et de sang…" » La fatigue plongeait Oyana dans une sorte de transe, mais elle tenait bon. L'incantation prit fin, et elle envoya un faisceau lumineux exploser en hauteur comme un feu d'artifice.

« Non, non ! Arrêtez de subir la puissance de votre reiatsu, Oyana, c'est vous qui maîtrisez ce pouvoir ! » Les mots et le ton d'Ukitake étaient durs, mais ses bras soutenaient les siens, et Oyana savait qu'il s'efforçait de lui arracher quelque chose, quelque chose qu'elle sentait remuer en elle mais qu'elle n'arrivait pas à laisser s'échapper, ou qu'elle craignait de libérer, elle ne savait plus trop, elle avait tellement envie de se reposer…

« Encore ! Cessez d'avoir peur, ou abandonnez ! » Il raffermit sa prise autour d'elle. « Reprenez-vous ! " Maître et Seigneur ! …" » Oyana essaya de mobiliser son énergie, mais elle sentit qu'elle allait lâcher.

« Allez ma vieille… Tu vas y arriver… On va y arriver toutes les deux ! » La voix avait fait irruption dans l'esprit confus d'Oyana, et elle eut l'impression d'une bouffée d'oxygène. « Shirohonoo ! » Oyana ferma les yeux et inspira à fond. Puis elle cria la formule, et il lui sembla percevoir un écho dans le son de sa propre voix. « Hadô n° 31, boulet rouge ! »

La lumière fusa de ses paumes en un tir net et précis qui anéantit le mur qu'elle visait depuis le début et qui jusque là n'avait pas reçu une égratignure Oyana s'effondra en même temps que lui. Elle sentit qu'on la rattrapait pour l'allonger au sol. Elle ouvrit les yeux sur le visage d'Ukitake il lui souriait à nouveau.

« Pardon », dit-elle stupidement, « j'ai… complètement détruit le terrain… » Il se mit à rire.

« Oui, ça je vous le confirme… » Il la regardait avec une grande fierté, et Oyana se sentit incroyablement heureuse. « Oyana, je suis désolé… Je vous ai poussée à bout, je devais estimer votre niveau. Mais je ne me suis pas trompé. Ce dernier tir… Beaucoup d'étudiants ne peuvent l'égaler qu'à partir de la fin de la quatrième année. Cela vous aura pris deux heures. »

« Deux heures très fatigantes », pensa Oyana. Elle sourit. « Alors », dit-elle « ça veut dire que vous allez me mettre une bonne note ? »

Il rit. « Ce que je vais faire, c'est vous emmener illico à la 4ème division. » Ukitake soupira, l'air soudain inquiet. « Retsu va me crucifier sur place quand elle va voir l'état dans lequel je vous ai mise… »

Oyana grommela. Elle n'avait pas envie de retourner à l'hosto. Et elle était très bien, là, dans les bras de Juushirou, elle aurait bien fait sa nuit maintenant. Il se releva en la soulevant du sol, et elle protesta. « Arrêtez, je suis lourde… Je peux marcher… »

« Non, vous ne pouvez pas. Mais vous serez vite sur pied. » Bon, OK… Oyana referma brièvement les yeux, puis repensa aux secondes qui avaient précédé le dernier tir. « Honoo ! T'es plus fâchée ? T'as été géniale, je me serais complètement ramassée sans toi… »

« Meuh non… » Shirohonoo avait néanmoins l'air particulièrement contente d'elle. « J'étais juste là en appui, tu as fait ça toute seule comme une grande, tu sais. » Oyana sourit. « Non… Je n'étais pas toute seule… Je ne suis plus toute seule. » Elle se tut un instant puis reprit. « Je suis désolée, Honoo… Elle était pas si mal, ta formule, je suis toujours de mauvais poil quand on me prend au réveil… »

« Nan, t'avais raison. Elle était nulle. Tu sais quoi, on devrait essayer de trouver un truc avec "ténèbres", c'est mieux que nuit ou obscurité, non ? »

« Ténèbres ? Plutôt classe. Pourquoi pas… »

« Oyana ? » Oyana leva les yeux vers Ukitake. « Oui ? »

Il toussota. « Je ne sais pas ce que vous raconte votre Zanpakutô, mais il faut je vous dise quelque chose… Vous n'êtes pas obligée de vous adresser à lui à haute voix. »

xXxXxXxXxXxXxXx

« Mon lit… » Oyana se laissa tomber avec délices. Elle avait mal absolument partout, jusque dans des parties de son corps qu'elle n'avait encore jamais remarquées. Et ça n'allait pas s'arranger. Juushirou avait parlé d'elle au Haut commandement puis au Conseil du Gotei 13, et la Chambre des 46 avait délibéré sur son cas. Cela n'avait pas été facile, mais Juushirou avait tenu bon, et la renommée dont il jouissait avait lourdement pesé dans la balance. Au final, Oyana était dispensée des six années d'Académie qui transformaient une âme en shinigami, mais à la condition qu'elle réussisse les examens de fins d'études, et ce après une formation particulière d'un mois.

Ukitake avait demandé à disposer de plus de temps, mais le Conseil avait volontairement fixé une échéance trop courte, qui rendait le succès d'Oyana, selon eux, impossible. Déclarer une nouvelle venue, dénuée de tout lien avec une famille noble du Seiretei, membre d'une division sans qu'elle ait à passer par l'Académie, ça faisait grincer pas mal de dents. Juushirou l'avait prévenue que les différents jurys l'attendraient au tournant. Bref, tout le monde pensait qu'elle allait droit dans le mur… Qu'ils aillent tous se faire voir, Juushirou croyait en elle, et c'est tout ce qui importait à Oyana. Elle réussirait pour lui et pour Mitsuki.

Juushirou, apparemment, faisait de sa réussite une affaire personnelle. Et du coup ça faisait jaser, forcément. Oyana avait surpris une conversation entre deux membres de la 13ème division qui discutaient à ce propos avec un manque total de discrétion. L'un d'eux remarquait que le capitaine semblait bien occupé depuis quelques jours, et l'autre avait répondu que oui, il l'avait vu passer la veille accompagné de son « occupation », et que dans ces conditions lui aussi il était d'accord pour être « très occupé ». Et là-dessus ils s'étaient bien marrés, ces deux abrutis.

Oyana bascula sur le ventre et posa son menton sur ses mains.

« Honoo… Je crois que les gens s'imaginent qu'il y a quelque chose entre Juushirou et moi. »

« Hmm ? Quel genre ? »

« Le genre sexuel, je dirais. »

« Ah… Ben si c'est le cas vous êtes discrets, hein, je ne me suis aperçue de rien du tout… »

« C'est malin… » Oyana se mordilla la lèvre. Le plus étonnant là dedans, c'est que de son côté, elle n'y avait absolument pas pensé. Et quand elle avait entendu les deux lourdauds et leurs allusions subtiles, et bien elle s'était sentie… choquée. Et pourtant elle n'était pas du genre à s'offusquer d'une plaisanterie graveleuse elle en connaissait deux-trois qui auraient heurté la sensibilité d'un chauffeur routier. Alors ? Pourquoi cette idée la dérangeait-elle autant ?

« Et ça ne te tente pas ? », poursuivit Shirohonoo. « T'as l'air complètement fan de lui. Et Juushirou par ci, et Juushirou par là… Une vraie groupie… »

Oyana ne releva pas. « Non… Enfin si… Je veux dire… » Elle s'interrogea quelques secondes sur ce qu'elle voulait dire. « Il est fantastique. Et intelligent. Et beau. Et encore jeune… Euh, ça non, mais il a l'air jeune. J'adore être avec lui, parler avec lui. Ça me fait du bien. C'est la première fois que je laisse quelqu'un s'occuper de moi comme ça. »

Shirohonoo se matérialisa à côté du lit. « Cool ! » dit-elle. « Une conversation de nanas. » Elle s'assit au sol en s'adossant au lit et renversa la tête en arrière pour regarder Oyana. « Si tu veux mon avis », commença-t-elle sur un ton doctoral, « tu fais un transfert. »

Oyana haussa les sourcils. « Vas-y, développe ? »

« Tu recherches une image masculine positive pour te servir de repère. Une représentation du père, quoi. C'est pour ça que tu essaies toujours d'être à la hauteur de ce qu'il te demande. Tu veux qu'il soit fier de toi. Et du coup, la perspective d'avoir une liaison avec lui t'apparaît choquante, parce qu'elle renvoie au tabou de l'inceste. »

Oyana en resta bouche bée. « Elle renvoie au tabou de… Mais d'où tu sors ce genre de laïus ? Je te jure, on dirait la page « Psy » d'un magasine pour bonnes femmes ! Alors là tu m'épates ! »

Shirohonoo se rengorgea. « Qu'est-ce que tu crois, je ne suis pas qu'un hachoir à hollows… Je suis capable d'aligner deux idées… »

Oyana cogitait. « Et le pire, c'est que c'est pas complètement con, ton histoire... »

« Merci bien », soupira Shirohonoo. « Tu as vraiment le sens du compliment. »

« Hmm ? De rien. »

Oyana s'étira. C'était bien gentil de se torturer le cerveau, mais elle était un peu trop fatiguée pour ça. Oui elle aimait Juushirou, et non elle n'envisageait pas de coucher avec Juushirou. Elle repenserait à tout ça plus tard. Ou pas.

« Bon, Shirohonoo, il nous faut une formule. Demain, Juushirou a dit qu'on devrait sortir le shikai. » Elle se demandait bien comment elle allait faire un truc pareil, mais ça faisait quelque temps déjà qu'il lui arrivait quotidiennement des choses qu'elle n'aurait pas imaginées en rêve. Du coup elle avait opté pour une attitude pragmatique : inutile de s'inquiéter à l'avance, puisque de toute façon ce serait probablement pire que prévu. Ce qu'il lui fallait maintenant c'était une formule, et on verrait le reste après.

Oyana poursuivit. « J'ai demandé à Kiyone quelques formules utilisées par les officiers du Gotei, pour voir. Il y a deux écoles. Soit tu choisis le style dépouillé : un seul mot pour définir ton attaque, simple, efficace. Exemple : " Luis, Shirohonoo ".

Ou alors tu utilises une phrase complète, mais là il faut que ça en jette, sinon autant faire court. Le capitaine de la 10ème, lui (tu sais, le petit trop mignon qui fait toujours la gueule ?), il dit " Elève-toi dans les cieux glacés, Hyôrinmaru ". Pas mal. Et évidemment, au summum de la classe on a Juushirou avec Sogyo no Kotowari : " Que toutes les vagues deviennent mon bouclier, que tous les coups de tonnerre soient mon épée ". » Oyana laissa échapper un petit soupir dans le plus pur style fangirl. « Ça c'est juste magnifique, non ? »

Shirohonoo fit écho à son soupir. « Ben tiens, comme tu m'en vois surprise… Tu m'aurais demandé de deviner ta formule préférée, j'aurais jamais pensé à celle d'Ukitake. Bon, soyons objectives deux secondes si ça ne te fait rien. On doit trouver ce soir. »

Oyana se mit à ronchonner dans son coin, comme quoi c'était pas de sa faute à elle si la formule de Juushirou était si cool. Shirohonoo n'en tint aucunement compte et l'interrompit. « Je serais plutôt pour quelque chose de sobre, mais pas minimaliste non plus… » Oyana se reconcentra sur la question. Un silence laborieux s'installa dans la pièce, puis Oyana poussa une exclamation.

« Attends attends attends! Je crois que je l'ai ! Et si on disait : " Dissipe les ténèbres, Shirohonoo " ? C'est poétique, non ? Et vachement positif, comparé à « Tranche », « Déchire », « Hurle » ou tous ces trucs de machos… »

Shirohonoo répéta la phrase sur un ton songeur. « Dissipe les ténèbres… Dissipe les ténèbres… Ah ouais…Ça en impose, ça ! J'achète ! »

Oyana sourit. « Génial ! Bon, ben y a plus qu'à dissiper les ténèbres, maintenant… Mais ce sera pour demain. Pour l'instant on dort. »

« OK ! » Shirohonoo disparut. Oyana se déshabilla en vitesse et se coula sous les couvertures. Elle commençait à somnoler quand une idée lui traversa la tête, et elle se mit à sourire toute seule dans le noir.

« Hé, Honoo ? »

« Oui ? »

« Des fois qu'on tombe sur un hollow et que là, manque de chance, on arrive pas à « dissiper les ténèbres » comme prévu, on aura toujours une solution de rechange… T'auras qu'à le psychanalyser ! »

« Hein ? Mais n'importe quoi ! T'es lourde ! »

« Nan mais sérieux, rends-toi compte, personne ne les aime ces pauvres bestiaux, ils ont certainement besoin de parler à quelqu'un… »

« Arrête ! C'est la dernière fois que je t'aide à démêler tes problèmes ! »

« Sans compter qu'ils ont probablement eu une enfance malheureuse, c'est fréquent chez les délinquants… »

« La ferme ! »

« Mais heureusement pour eux, la nouvelle génération de Zanpakutôs est arrivée ! Finis les Zanpakutôs de feu ou de glace ! Voici les psy-Zanpakutôs ! »

« LA FERME ! »

xXxXxXxXxXxXxXx

Oyana tomba à genoux. La sueur lui piquait les yeux, et elle n'arrivait plus à reprendre son souffle. Trois jours. Ça faisait trois jours qu'elle tentait de libérer son shikai, sans succès. Quelques étincelles, rien de plus. Pourtant elles essayaient de toutes leurs forces, ensemble, mais ça ne venait pas. Oyana en aurait pleuré de rage et de frustration. Elle sentait Shirohonoo trembler en elle, et elle savait qu'elles éprouvaient la même chose. Elle essaya de se relever.

« Ça suffit. » Ukitake la saisit par les épaules. Oyana protesta. « Non… Je… Je peux encore… »

« Oyana, faites ce que je vous dis. Il est inutile de vous épuiser. »

Oyana hocha la tête. Elle se sentait totalement mortifiée. Elle n'avait même pas le courage de s'excuser auprès de Juushirou.

Ukitake s'efforça de la réconforter. « Cessez de vous morfondre comme ça ! Je vous avais prévenue que cela serait dur. Il faut normalement des années à un shinigami pour parvenir à ce que vous essayez de faire au bout d'une semaine. Ne soyez pas trop dure envers vous-même. Allons, venez. Nous allons travailler un peu la théorie. »

Ils regagnèrent la caserne de la 13ème division. « Allez prendre une douche dans les vestiaires, puis venez dans mon bureau. » Oyana acquiesça.

En entrant dans le bureau d'Ukitake elle tenta de se composer un visage détendu. Il lui sourit.

« Installez-vous. Et arrêtez de faire cette tête, c'est un ordre. » Raté, le visage détendu.

« Bien, j'ai survolé les domaines que nous avions abordés jusqu'à présent, et je me rends compte que je vous ai beaucoup parlé de la Soul Society mais assez peu du Hueco Mundo et de ses habitants. Connaître son ennemi est un principe de base. Commençons par le simple hollow… »

Oyana s'astreignait à la concentration, mais elle ne pouvait empêcher les questions de tourbillonner dans sa tête. Qu'est-ce qui coinçait avec cette histoire de shikai ? Elle sentait qu'elle pouvait le faire. Elle n'était pas loin, elle ne comprenait pas ce qui manquait. Il lui fallait juste… Elle se figea brusquement. Qu'est-ce qu'il venait de dire ? Elle leva légèrement la main.

« Pardonnez-moi, capitaine. Pouvez-vous répéter ce point ? »

Ukitake pinça un peu les lèvres. « Oui, mais je vous prie de cesser de penser à autre chose qu'à la leçon que je suis en train de vous donner. Je disais que les hollows se forment de deux manières. Certaines âmes malchanceuses qui n'ont pas encore rejoint la Soul Society sont attaquées par des hollows, et elles en deviennent un à leur tour, contre leur gré. Notre mission est d'empêcher cela en guidant les Plus tout en les protégeant des hollows cependant, nous ne pouvons les sauver tous. Heureusement, une seconde chance nous est donnée de renvoyer ces âmes vers la Soul Society, en purifiant par le sabre les hollows qu'elles sont devenues.

Mais il existe également des hollows naturels. Il s'agit d'âmes mauvaises, d'ores et déjà corrompues, et dont le destin n'est pas de parvenir à la Soul Society. Elles appartiennent, dès le départ, au Hueco Mundo. Elles deviennent donc des hollows de leur propre volonté. Ces hollows sont de loin les plus dangereux, notamment pour les Plus qui… Oyana ? Quelque chose ne va pas ? »

Oyana se força à recommencer à respirer en dépit du bloc de glace qui s'était formé dans ses poumons. Elle avait écouté Juushirou depuis le début elle était peut-être un peu moins concentrée que d'habitude, mais elle écoutait toujours ce qu'il disait. Elle l'avait fait répéter, cependant, au cas où il y aurait eu la plus petite chance pour qu'elle ait mal entendu, ou mal compris. Elle aurait tout donné, à cet instant, pour avoir mal compris.

Mais ce n'était pas le cas. Elle avait parfaitement saisi les deux processus de formation des hollows. Et elle en avait instantanément compris la portée. C'était l'évidence même, en y repensant, elle aurait dû le savoir. Elle avait traversé la mort avant de renaître sous une autre forme. Si elle l'avait fait, pourquoi pas lui ?

« Ces… hollows naturels », articula-t-elle, « ils apparaissent dès le décès du… propriétaire de l'âme ? »

« Peu de temps après, le temps que l'énergie filtre du Hueco Mundo pour emplir l'âme en question et la transformer. Le nouveau hollow arrache alors la chaîne qui le reliait à… Oyana, vous êtes blanche à faire peur, dites-moi ce qui vous arrive ! »

Oyana ne répondit pas tout de suite. Mais elle se leva. « Capitaine, je dois retourner au terrain d'entraînement. »

« Pas question ! Je vous ai dit que vous ne pouviez plus… » Oyana releva la tête, et Ukitake s'interrompit en croisant son regard.

« S'il vous plaît, capitaine. »

Il garda le silence un instant. « Très bien. Nous y retournons, mais je vous préviens que si vous cherchez à dépasser vos limites je vous assommerai moi-même. »

Oyana se sentait dans un état second alors qu'ils reprenaient le chemin de l'entraînement. Ukitake ne parlait pas. Oyana avait besoin de digérer l'information, visiblement, et il pensait comprendre pourquoi. Il imaginait le choc qu'elle devait ressentir, et serra les dents. Il ne pouvait pas faire grand chose pour lui venir en aide et de toute façon, aussi grande que soit son envie de le faire, ce n'était pas le moment de la surprotéger. Elle devait assumer cela seule, et en tirer la force qui lui manquait.

Oyana s'aperçut qu'ils étaient arrivés, et se plaça au centre du terrain.

Qu'avait-elle fait ? En prenant la décision, la plus difficile qui soit, d'éliminer cet homme, elle pensait débarrasser le monde d'un monstre. Mais elle n'avait réussi qu'à en créer un nouveau. Tellement plus puissant. Elle se souvint de lui qui lui faisait face alors qu'ils venaient de s'entretuer, De ses yeux. Tant de peur, de colère et de haine. Evidemment, il n'avait pas abandonné. Comme elle avait été stupide, dans sa hâte à se croire libérée. Même la mort ne l'avait pas libérée.

Et à présent dieu savait ce qu'elle avait lâché dans la nature. Mais une chose était sûre : il la cherchait. Et s'il ne pouvait pas l'atteindre, il frapperait au hasard, jusqu'à ce qu'elle vienne à lui. Et bien elle irait. Mais pas sans arme.

« Honoo ? On y va. On arrête d'essayer, cette fois, on le fait, c'est tout, OK ? »

« OK. » La voix de Shirohonoo était ferme.

Oyana saisit son sabre. Elle revit fugitivement le visage de Mitsuki, et un autre presque oublié, si doux, aux magnifiques yeux verts. Elle considéra un instant son arme, puis la leva vers le ciel, au-dessus de sa tête.

« Dissipe les ténèbres, Shirohonoo », prononça-t-elle calmement.

La densité lumineuse autour d'elle augmenta en flèche, et elle ferma les yeux. Elle ne savait pas trop ce qui se passait, mais bon sang, ça secouait sec… Le courant d'énergie qui la traversait se stabilisa, et Oyana rouvrit les yeux. Shirohonoo avait disparu, et Oyana portait un équipement étrange qui recouvrait la totalité de son avant-bras droit. Il brillait d'un éclat métallique, et était doté d'une petite ouverture située juste au dessus du poignet d'Oyana.

« Oyana ! » Ukitake accourrait, l'air inquiet. « Ça va ? »

Elle hocha la tête, sans quitter son avant-bras des yeux.

Ukitake contempla l'équipement d'un air stupéfait. « C'est votre shikai ? » Il s'approcha. « Je ne comprends pas… Ça ne ressemble pas à une arme. Comment cela marche-t-il ? »

Oyana sourit. « Comme ça. »

Elle leva son bras droit devant elle et le stabilisa en le posant sur son poignet gauche. Puis elle visa l'extrémité opposée du terrain et tira. Une charge d'énergie fusa du canon de l'arme, et le fond du terrain explosa.

Ukitake resta un moment à regarder retomber la poussière, sans voix.

« C'est… C'est… une arme à feu ! », finit-il par articuler.

Oyana posa son bras armé sur son épaule et fit la moue. « Oui, bon, c'est un peu moins classe qu'un sabre ou même une arme de jet, je vous l'accorde… Mais ça, au moins, je sais m'en servir, vous pouvez me faire confiance ! »

Ukitake ne s'y faisait pas. « Une arme à feu ! Ce… Ça n'a jamais dû se produire… C'est incroyable ! »

Oyana se sentait mieux. Elle contempla son bras et ressentit une bouffée de soulagement. « Attends un peu que je te chope avec ça, espèce de salopard », pensa-t-elle. « Cette fois, je ne vais pas te louper… » Soudain, elle eut l'impression que le terrain s'effondrait sous ses pieds.

« Juushirou ! » appela-t-elle. Il la rattrapa de justesse. Avant qu'elle ait achevé sa chute, l'arme avait disparu et son sabre était de nouveau dans sa main. Elle entendit la voix apaisante d'Ukitake.

« Ça va aller, Oyana, c'est normal… Respirez à fond. » Elle lui sourit.

« C'est en train de devenir ma spécialité, de tomber dans vos bras… »

Il rit. « Eh bien, je vais faire beaucoup d'envieux ! Relevez-vous très doucement, nous allons rentrer tranquillement. Appuyez-vous sur moi. »

Ils se mirent en marche. « Désolée… », dit Oyana, un peu gênée. « J'ai utilisé votre prénom sans y penser, c'était plutôt déplacé…»

Ukitake eut un petit rire. « Surtout, ne faites jamais ça avec le capitaine Hitsugaya ! Ne vous en faites pas. Quand nous ne sommes que tous les deux, vous pouvez utiliser mon prénom. »

Oyana ressentit une petite bouffée de joie pure.

« Je jetterai un œil aux archives, mais si un shikai de cet espèce s'était déjà manifesté, cela se saurait », poursuivit Ukitake. « C'est extraordinaire ! Une shinigami armée d'un fusil ! »

« QUOI ? » Oyana avait crié, et Ukitake sursauta.

« Un fusil ? Non mais vous rigolez, vous l'avez bien regardée ? Ma Shirohonoo n'a rien d'un vulgaire fusil ! C'est au moins… un bazooka ! »

Ukitake battit en retraite. « Un quoi ? Je… je ne voulais pas vous vexer, j'ai utilisé ce terme un peu au hasard, je ne m'y connais pas trop en… »

Mais Oyana était lancée. Elle se sentait à la fois très fatiguée et bizarrement euphorique. « Mieux qu'un bazooka, même ! Plutôt un… un canon ! Laser ! C'est ça, un canon laser ! Comme ceux des vaisseaux de guerre dans Star Wars, vous voyez ? »

Ukitake joua la carte de l'apaisement. « Euh, non. Mais du moment que vous le dites, je vous crois volontiers. »

xXxXxXxXxXxXxXx

Bon, un shikai pour Oyana, c'est le début des choses sérieuses. Merci pour vos retours de lecture ! Du coup je me suis motivée pour la suite, et les deux chapitres que je viens de finir m'ont demandé beaucoup d'efforts… Mais là j'ai à nouveau besoin de vous. Je vous explique : j'écris mes chapitres avec plus au moins de difficultés, selon le thème principal abordé. Du plus simple au plus difficile, ça donne ça :

1) les scènes drôles

2) les scènes émouvantes

3) les scènes d'action

4) les scènes de sexe

Et là il ne me reste plus qu'un seul type de scène à écrire. Vous me comprenez. Et je voudrais quelque chose de spécial, après tout c'est certainement la dernière histoire que j'écrirai, j'aimerais vraiment que la conclusion de la romance soit à la hauteur.

Venez à mon aide ! Je m'impliquerai à fond si je me sens soutenue ! ) Mon chef me dit toujours que je fonctionne aux sentiments… Il a tout compris, le roublard !