Et de quatre ! Vous commencez à entre apercevoir une certaine régularité dans le pairing ? ça alors, je vois pas ce que vous voulez dire.
Encore joyeux zanniversaire Some, et bonne lecture à tous !
oOo
Le chasseur n'est pas toujours celui qu'on croit
Nuit. L'obscurité voile Londres, noyée dans une fine brume qui scintille sous les rares réverbères. La faible lumière orangée se diffuse dans les gouttelettes en suspension dans l'air, créant des halos au milieu des ombres bleutées.
Le bitume humide est glissant, attendant traîtreusement le piéton insouciant ou le pneu trop lisse et le silence donne l'impression que le moindre chuchotement est hurlé.
La ville dort, mais tous ses habitants ne sont pas couchés. Certains sont bien éveillés. Certains cherchent. Certains attendent d'être trouvés.
oOo
Les semelles de Greg claquent sur le trottoir, malgré sa démarche souple et ses pas mesurés. Il prend son temps, ne sachant pas encore exactement ce qu'il va trouver, mais il avance sans hésitation aucune il cherche encore. A chaque expiration, il exhale une bouffée de vapeur blanche dans l'air glacé, le regard fixé loin devant lui. Seul dans la ruelle, il profite du calme et du froid qui détendent son corps et son esprit.
A l'angle, là-bas, il aperçoit une silhouette. Il n'y a personne à cet endroit-là, d'habitude, et Greg en est intrigué. Un nouveau ? A mesure qu'il approche, toujours à son rythme tranquille, Greg observe l'inconnu. Ses yeux parcourent le corps élancé moulé dans des vêtements noirs, les boucles sombres qui masquent le visage à cette distance. Il est fasciné par la peau pâle de la gorge, qu'il discerne tout juste, et par les volutes de fumée de cigarette qui se mêlent au léger brouillard. Le profil est illuminé par le lampadaire qui le surplombe, contrastant avec le noir qui l'entoure, et Greg est frappé par la beauté de la scène.
Le fait que cet homme vende son corps n'entre pas en considération. Là, tout de suite, nonchalamment adossé aux briques sales, les yeux dans le vague et les lèvres soufflant une fumée diaphane, il pourrait servir de modèle au Caravage. Greg n'est pas spécialement amateur d'art, ni même franchement cultivé en la matière, mais n'en est pas moins sensible à la beauté et plus il s'approche, plus il se sent envoûté par la grâce de cet homme.
C'est arrivé presque à côté de lui que Greg se rend compte qu'il est jeune. Très jeune. Trop, peut-être, mais au même moment, Greg aperçoit enfin son visage en détail. Les yeux attirent d'abord son regard pâles, presque irréels, la couleur indéfinissable. Perçants, ourlés de longs cils noirs, ces yeux feraient tourner la tête de n'importe qui. Puis ses lèvres. Dieu, ses lèvres – rosées, pleines, l'arc de Cupidon profondément dessiné – indécentes. Et cette peau, si blanche…
Greg ne peut qu'imaginer le reste de son corps, débarrassé de ses vêtements. Le contraste, l'impact du cuir noir sur son dos. Sur ses cuisses. Sur ses fesses. Les marques rouges là où ses coups pourraient porter là où ses dents s'enfonceraient dans ces lèvres qui ne demandent qu'à être mordues. La voix sans aucun doute sensuelle et débauchée qui s'en échapperait, les cris de douleur et de plaisir mêlés…
Il est à moins d'un mètre maintenant, et Greg est certain qu'il a trouvé ce qu'il cherchait.
oOo
Sherlock le sait dès que l'homme apparait au bout de la rue, marchant comme si tout le quartier était à ses pieds. L'assurance tranquille de celui qui sait exactement où il va, et ce qu'il veut.
Même de loin, Sherlock sait que ce soir, il sera à lui. D'un seul coup d'œil, il a reconnu tous les signes, et il a bien failli en sourire. Une proie facile, et une nuit agréable en vue – alors il fait ce qu'il faut pour s'assurer la victoire. Avec un client comme lui, il pourra facilement obtenir de quoi payer la moitié de son loyer, peut-être même un petit supplément pour se faire… plaisir…
Il s'adosse au mur, désinvolte, et allume une cigarette. Il sait que la pose est avantageuse il a choisi l'endroit exprès. Le lampadaire au-dessus de lui a été changé récemment, et au lieu de diffuser un orange sale, il projette un jaune chaud qui contraste avec le bleu et le noir environnants. Sherlock souffle sa fumée, savourant la chaleur du tabac et observant les vrilles qui se perdent dans la brume. Il sait que l'homme qui approche est en train de le dévorer du regard. Il renverse un peu plus la tête en arrière, dégageant sa gorge du col de sa chemise.
Chemise qui le protège à peine de la température proche de zéro, mais peu lui importe. Il ne craint pas le froid, il y est habitué. Et puis ce soir, il aura chaud. Ce soir, il aura mal, et il aura peut-être enfin ce dont il a envie.
A vrai dire, il n'accepte pas n'importe qui. C'est l'avantage de travailler à son compte, il peut se permettre d'être difficile. Mais il ne saurait dire non à l'homme qui s'approche de lui avec de plus en plus d'intention dans sa démarche. Oh, celui-là n'aura honte de rien, il ne lui demandera peut-être même pas son âge, là où les autres prennent bien soin de vérifier qu'il est majeur. Celui-là est déjà bien trop captivé par ses lèvres pour se préoccuper de quoi que ce soit d'autre. Sherlock pourrait presque entendre tout ce qu'il imagine déjà.
Pas question de rater une occasion en or comme celle-ci. Il paiera d'autant plus, et le cadeau qu'il s'offrira avec l'argent gagné n'en sera que plus agréable. Il rêve déjà à la sensation du feu dans ses veines, qui sera plus brûlant encore si la nuit est à la hauteur de ce qu'il espère.
Alors il lui dit oui. Et quand, une fois dans la chambre, il voit ce que lui réserve son client, il laisse son regard scintiller d'anticipation – et il sait que son client, non plus, ne lui refusera rien.
oOo
C'est terrible de poster tous les chapitres d'un coup, je vous laisse pas respirer...! M'enfin vu que chaque mini-fic est indépendante des autres, c'est pas comme si je pouvais essayer de garder le suspense... A celles et ceux qui me follow, désolée pour l'avalanche de notifications :)
Laissez-moi une review si vous voulez me dire ce que vous en avez pensé !
