Bonjour bonjour (ou plutôt bonsoir bonsoir :) ) voici un nouveau chapitre de Bound to Happen ! Je sais que ça fait un moment que je n'ai pas ajouté de chapitre, mais voilà, c'est fait ! Je tiens à vous remercier pour vos reviews qui me font chaud au cœur :) Je suis contente de voir que vous aimez ma traduction :)


Auteur : Ashida

Traductrice : Camille Riddle

Notes : rien ne m'appartient, les personnages originaux sont à Ayano Yamane et l'histoire est à Ashida.

Chapitre 4


« … Pas d'autre solution donc, vous allez devoir rester avec moi pour l'instant. »

Le silence continua à s'étirer.

« Non... Hong Kong. »

« Quoi ? »

« Emmènes moi à Hong Kong. »

Une fois encore, Takaba réussit à surprendre le secrétaire. C'était, d'une certaine façon, écœurant comme Hong Kong semblait logique, même pour Kirishima.

Feilong, la seule autre personne dont la vie avait été complètement détruite par lui, écrasée par ses mocassins en cuir, l'odeur de Dunhill envahissant l'air.

La fumée noir vous engloutissait, vous laissait vous débattre pour de l'air propre, vous pouviez vous battre autant que vous le vouliez, mais la fumée finissait par vous avoir, s'infiltrant dans vos poumons et votre vie, dans tout ce que vous êtes, jusqu'à ce qu'il ne reste pas un endroit intouché.

Mais soudain, sans que vous ne le réalisiez, vous êtes accros à cette fumée de seconde main, et une fois qu'elle s'en va, vous ne pouvez plus vivre sans elle. L'odeur de Dunhill pouvait vous tromper, vous faire croire que vous en avez besoin.

Vraiment, c'était écœurant à tel point c'était logique. Parfaitement logique. Feilong était la seule personne qui savait comment soigner cette maladie.

« Takaba-san... Vous savez que je ne peux pas faire ça. »

Akihito grogna pour signifier qu'il avait compris avant de parler à nouveau d'une voix monotone.

« Je m'en doutais. Pas besoin de m'appeler comme ça non plus, je ne suis plus rien pour vous maintenant... Plus rien pour personne. Déposez moi n'importe où, ça m'est égal. »

Kirishima tremblait, assit derrière le volant, en regardant le fantôme dans le rétroviseur. Il savait qu'il allait rêver de ces mots vides de vie pendant des semaines. Il savait que ça devait faire mal, ça devait être de la torture, de découvrir qu'au final, vous ne valez rien.

Vous n'avez aucune valeur pour la seule personne qui compte.

Kirishima en déduit que le garçon était en état de choque, il allait devoir trouver quelqu'un pour le surveiller quand ça allait arriver au cerveau. Dieu seul savait que Kirishima n'avait aucune envie d'être là quand ce moment arriverait, il n'était pas sûr de pouvoir gérer ça.

En deux ans, Kirishima, Suoh et d'autres personnes avaient appris à apprécier la lumière qu'était Akihito dans leurs ténèbres, la seule flamme assez précieuse au point de donner sa vie. C'était contagieux dans un sens différent.

Kirishima et Suoh avaient souvent discuté d'à quel point Akihito était puissant, il aurait fait un bon patron, lui aussi.

Les gens étaient attachés à la lumière, voulaient la suivre, gravitaient autour d'elle. C'était ainsi le principe de la vie.

Les gardes étaient loyales envers Takaba, pas parce qu'ils en avaient reçu l'ordre, mais parce qu'ils le voulaient. Il les avait tous infectés, avec ses bentos faits maison, ses blagues et ses cadeaux surprise lors des anniversaires. Kirishima savait qu'il avait également infecté le patron. Il en était sûr.

La voiture fut à nouveau silencieuse tandis que Kirishima conduisait vers son appartement. Certes, il était proche de celui d'Asami, mais au moins il n'était pas dans le même immeuble, contrairement à celui de Suoh.

Comme si le fait de penser à lui l'avait invoqué, son téléphone sonna, laissant entendre la sonnerie qu'il avait assigné à son ami au visage de marbre.

Avant qu'il ne puisse dire un mot, Suoh parla.

« Dis-moi Kei, c'est comment ? Je suis sur le chemin de l'appartement. »

Ah, il avait dû voir le journal.

« Je... ne sais pas Kazumi. »

« C'est pas bon. Il était quoi, rouge, marron ou bleu ? »

Kirishima aurait put trouver sa question drôle si ça avait été un autre moment. Ce qui avait débuté comme une blague s'était finalement révélé très utile, au fur et à mesure que leur ami avait rencontré le succès. Ils avaient associés certaines couleurs aux émotions d'Asami, et seuls leurs yeux, entraînés dans ce but, pouvaient voir la différence entre une humeur rouge et une humeur bleue. Mais de savoir reconnaître ces couleurs leur avait sauvé la mise plus d'une fois.

C'était plus simple de prévenir la prochaine personne de service si Asami était rouge, ou orange, ou peu importe la couleur du jour.

Rouge signifiait qu'il était en colère, qu'il pouvait craquer à tout moment et juste tirer sur quelqu'un. Le rouge était une couleur effrayante. La couleur de la rage, la couleur de Hong Kong.

Le marron était l'impatience. Quand Asami voulait voir un travail fait, vous le faisiez vite. Ne jamais laisser à Asami l'occasion d'être marron.

Puis il y avait le bleu, indiquant qu'Asami était sérieux et ne souhaitait pas être dérangé. Le bleu pouvait très facilement se transformer en rouge.

Ils avaient tout une liste de couleurs associée à leur patron. C'était un système simple et efficace, facile à retenir.

Ils n'avaient pas fait référence à une couleur pour parler d'Asami depuis un moment. Avec Akihito dans les parages, ce n'était pas nécessaire.

Akihito avait changé l'entreprise et Asami en or, la couleur du succès et du prestige. Asami avait tout fait pour devenir doré : il avait détruit toutes les personnes menaçant Akihito, et ses affaires légales et illégales étaient devenues, en contrepartie, florissantes. Tout le monde savait qu'il ne fallait pas toucher à Akihito, surtout après l'incident avec Sudou Shuu. Tout le monde savait, sauf les médias.

« Kei ?... »

« Il est noir Kazumi. »

Le noir était la pire de toutes, parce que ce n'était pas une couleur. Le noir, c'était comme un territoire inconnu où vous avanciez sans pouvoir savoir les pensées du boss. C'était la couleur du mystère et de l'incertitude, mais également la couleur du pouvoir et de l'autorité. Le noir, c'était de n'avoir aucun indice sur la prochaine action d'Asami, et un Asami imprévisible était le plus dangereux de tous. Même à Hong Kong, il n'avait pas été noir, il avait été rouge. Le noir, c'était le visage qu'Asami avait devant les chefs mafieux de la Triade. Ce n'était pas le visage de leur ami d'enfance Asami Ryuichi. C'était le visage d'un étranger.

« Oh merde... Et le gamin ? »

Il y eu un long silence tandis que Kirishima regardait dans le rétroviseur, pour voir Akihito en train de regarder dehors, sa mâchoire serrée et ses yeux fixés sur l'extérieur.

« Il est... noir lui aussi. »

« … C'est une blague ? Parce que tu sais que tes blagues sont toujours nulles. »

« Si seulement. »

« Il doit être choqué... Que se passe-t-il maintenant, alors ? » Comptez sur Suoh pour maîtriser la situation.

Kirishima, en mode secrétaire, lui raconta tous les événements du matin, l'ordre qu'il avait reçu de l'emmener, peu importe où, les reporters devant son ancien appartement, le fait qu'il l'emmenait donc chez lui, et Suoh en conclut que c'était sûrement la meilleure idée. Ses amis et sa famille seraient envahis de journalistes si Akihito allait les voir.

Aucun d'entre eux ne savaient pour l'appel de ce matin, celui qu'avait reçu Akihito dans la chambre, quand son père l'avait appelé.

Avant qu'il ne puisse parler de Feilong, Suoh dût raccrocher car il allait entrer dans l'appartement, pour voir les dégâts de ses propres yeux.

« On va arranger ça, Kei. On doit nos vies à Asami, mais à Akihito aussi. On va arranger ça. » Suoh sonnait si sûr de lui, mais il n'avait pas été là. Il n'avait pas vu le visage d'Asami, n'avait écouté cette putain d'horloge pendant 10 minutes, n'avait pas touché le poignet froid d'Akihito alors qu'il le faisait sortir de l'appartement. Il n'avait pas entendu la manière dont Akihito parlait, comme si olus rien n'avait d'importance. Comme s'il ne valait rien.

Il se gara dans son immeuble et fit visiter son appartement au garçon. Ses affaires allèrent dans la chambre d'amis, Kirishima lui montra la cuisine et lui dit de faire comme chez lui avant de finalement l'installer sur le canapé avec la télécommande à ses côtés. Puis il partit pour le travail, se retournant pour voir Akihito, toujours immobile sur le canapé. À nouveau dans un état catatonique.

La dos du garçon avait l'air si solitaire et petit contre le large canapé, on aurait dit le dos d'un condamné à un destin pire que la mort.

C'était le dos de quelqu'un condamné à être ostracisé et ridiculisé, à être isolé par la société et ses collègues, doucement lapidé par la Une d'un journal et des ragots.

Enfin, tout dépendait de ce que faisait l'autre personnes présente sur l'article faisait de cette photo.

Kirishima ne comprenait pas. La photo ne mentait pas. La contredire serait comme contredire que le ciel est bleu et l'herbe est verte. Et même si Asami Ryuichi était extrêmement puissant, il ne pouvait pas changer la couleur du ciel, il ne pouvait pas changer la nature avec de l'argent et négocier la couleur de l'herbe dans un contrat.

Si ça avait été une autre photo, ils auraient put avoir une chance.

Mais la photo était trop parfaite.

Alors pourquoi l'éloigner quand c'était déjà trop tard ?


Merci d'avoir lu ! N'hésitez pas à laisser une review, ça me motive à traduire plus vite ! ;)