Quatrième acte :

Bellamy referma la porte derrière lui et prit une grande inspiration avant de se diriger vers sa droite. Il marchait d'un pas vif et assuré. Il ne fallait pas qu'il se fasse repérer, sa vie et celle de Clarke en dépendaient. Jetant sans cesse des coups d'œil derrière lui, il faillit trébuché sur le corps d'un étudiant. Cette vision lui donna un haut le cœur. Ce n'était pas le premier étudiant qu'il voyait dont le corps était criblé de balles, mais c'était différent cette fois-ci. En effet, cette fois-ci, il connaissait la personne étendue au sol. L'une des rares personnes en qui il avait confiance. Son meilleur ami. Atom.

Il espérait que Murphy avait eu plus de chance.

Il entendit des bruits de pas derrière lui et se raidit à ce bruit. Il n'avait pas une minute à perdre, il se mit à courir en faisant désormais attention à là où il mettait les pieds. Les bruits de pas se mirent à le suivre, s'intensifiant un peu plus à chaque foulée. Qui que soit la personne derrière lui, elle courait vite. Il aurait du mal à la semer, surtout qu'il ne fallait pas qu'il perde son objectif de vue : il fallait qu'il retourne à l'amphithéâtre coûte que coûte.

Tourner à gauche. Continuer tout droit. Virer à droite. Les couloirs ne lui avaient jamais semblé aussi longs. Son assaillant tenta de lui tirer dessus mais le manqua le peu, il l'entendit pousser un grognement de frustration ; il s'agissait de toute évidence d'un homme. Bellamy sentit son cœur s'accélérer, que se passerait-il s'il mourrait maintenant ? Il n'avait pas le droit à l'erreur, il fallait qu'il reste envie. Clarke le lui avait demandé.

Il avait du mal à croire que quelques heures auparavant il était encore en cours de littérature, à imaginer la future plaisanterie qu'il réserverait à la jolie blonde qu'il adorait taquiner. Il n'y avait jamais vraiment fait attention, mais ses pensées étaient très souvent tournées vers elle. Au départ, ces pensées n'étaient que haines et dégoûts. Au fur et à mesure, elle étaient devenues plus amusées et taquines. Désormais elles n'étaient que tendresses et inquiétudes. Cette fille lui avait fait tourner la tête.

L'amphithéâtre était enfin devant lui ! Mais comment allait-il faire ? Une fois entré dans la salle, il n'aurait plus aucun échappatoire, et l'homme qui le suivait n'aurait plus qu'à bien viser et à l'abattre. Tant pis, il improviserait. Il entra en trombe dans la salle et referma la porte derrière lui.

Il sursauta en voyant un homme assis au bureau, puis se détendit en voyant qui était cet homme. Il s'agissait de Thelonious Jaha, arborant le même air serein et béat que d'habitude. Bellamy allait prendre la parole lorsqu'il entendit les pas de son assaillant se rapprocher de la porte. Sans plus de réflexion, il partit se cacher sous le bureau de son professeur de littérature qui ne fit, lui, aucun mouvement.

L'homme entra alors en trombe dans la salle et fixa le professeur d'un air mauvais.

"Où se trouve l'homme qui vient d'entrer ?

Bellamy retint sa respiration et attendit avec anxiété la réponse de son professeur.

"Je ne vois pas de qui vous voulez parler."

"Si tu continues à me mentir, je te tire dessus."

"N'est-ce pas ce que vous comptiez faire de toute façon ?"

Thelonious profita de ce dialogue pour passer sa main discrètement dans son tiroir et en ressortir un objet qu'il tendit à Bellamy. Ce dernier déglutit en prenant l'objet dans ses mains. Un revolver. C'était la première fois qu'il en tenait un dans ses mains.

"Pas faux."

Un bruit de tir le tira brusquement de sa rêverie. Il ne s'était jamais rendu compte à quel point un coup de feu pouvait être sonore. Il ferma les yeux par réflexe, puis les rouvrit lentement pour voir son professeur étrangement appuyé sur la table. Il vit alors des gouttes de sang coulées du bord de son bureau, et il comprit.

Il entendit alors l'homme qui venait de tuer son professeur se rapprocher dangereusement de la table. Bellamy réfléchit un instant, il avait beau avoir une arme il n'était pas aussi entraîné que l'était cet homme. Un seul faux pas et il y passerait, il fallait qu'il utilise l'effet de surprise. Sans attendre une minute de plus, Bellamy sortit de sa cachette et tira sur l'homme qui se trouvait en face de lui.


Clarke entendit un deuxième coup de feu et ne put se résoudre à rester assise sans rien faire une minute de plus. Elle avait un mauvais présentement : Bellamy était en danger. Peut-être est-il déjà mort ? se disait-elle tout au fond d'elle même. Mais non. Cela n'était pas possible. Il lui avait dit qu'il ferait de son mieux pour ne pas mourir, elle lui faisait confiance.

Elle se mit à repenser aux derniers échanges qu'ils avaient eu, et à leur baiser... Elle ne comprenait toujours pas pourquoi il avait fait ça, il l'avait tellement surprise ! S'agissait-il d'une autre de ses blagues douteuses ? Cela ne l'étonnerait pas. C'était pour ça qu'elle l'avait repoussé. Pourtant, lorsqu'elle repensait à cette scène, elle ne pouvait que regretter son geste. Jusqu'où seraient-ils allés si elle ne l'avait pas stoppé ? Clarke rougit violemment à cette idée.

Ce n'était pas le moment de penser à ça. Maintenant, il fallait qu'elle sorte et qu'elle aille aider Bellamy. Elle regarda autour d'elle et rechercha la chose qui ressemblerait le plus à une arme. Tout ce qu'elle trouva furent un balais, un paquet de gants, et des produits d'entretient en tout genre. Elle se décida pour le balais, et donna de grands coups contre le mur jusqu'à ce que l'objet se brise en deux. Elle s'empara de la parti ne contenant que le manche et se dirigea d'un pas ferme vers la porte.

Elle allait trouver Bellamy et le sauver.


Le son résonnait dans la tête de Bellamy. Il venait de tirer sur un homme...

Incapable de bouger, il revisionne ces images en boucle dans sa tête : la balle qui vole, le regard terrifié de l'homme qui comprend qu'il va mourir, l'impact de la balle sur le corps de l'homme. L'homme qui porte ses mains à son torse, son corps qui s'écroule, le visage de l'homme en train d'agoniser.

Bellamy laissa tomber son arme au sol et se prit la tête entre ses mains. Comment en était-il arriver là ? A tuer un homme dont il ne connaissait même pas le nom ? Il n'était pas un meurtrier. Il ne pouvait pas en être un. Un cri le tira de ses pensées. C'était le cri d'une femme. Clarke. Il releva brusquement la tête et réagit instantanément. Il se baissa, rattrapa l'arme, et couru jusqu'à son sac. Il trouva son portable et le plaça dans sa poche arrière. Il sortit de la salle et se dirigea vers les cris.

Tiens bon Clarke, j'arrive.


Clarke se débattait de toute ses forces, criant, mordant et frappant du mieux qu'elle pouvait la femme qui la retenait plaquée contre le mur. Comment avait-elle pu manquer de réflexion à ce point ?

En voyant devant elle une femme brune portant un blouson avec le fameux insigne G, elle n'avait pu s'empêcher de la frapper à la tête avec son "arme". Cependant, rien n'avait marché comme prévu. La femme avait certes fait tombé son arme par surprise, mais elle ne s'était pas évanouie comme Clarke l'avait espéré. Elle s'était instantanément retournée et l'avait fait tomber au sol d'un coup de pied. Bien que son dos lui faisait atrocement mal, Clarke était parvenue à balancer l'arme à feu à l'autre bout du couloir.

Le femme l'avait alors relevée en la tirant par les cheveux et l'avait plaquée contre le mur. Voilà maintenant où se trouvait Clarke, impuissante et terrorisée. Elle laissa s'échapper un cri lorsqu'elle vit la femme sortir un couteau de sa poche. Elle pressa la lame contre le cou de la jeune femme et s'humidifia les lèvres. Clarke allait fermer les yeux, s'attendant au pire, lorsqu'elle le vit débarquer soudainement. Son héros, son prince, son chevalier... Ce débile n'avait rien trouvé de mieux à faire que de débarquer en courant et criant, histoire de bien se faire repérer.

Néanmoins, aussi dangereuse qu'ai été l'initiative de Bellamy, elle permit à Clarke de se dégager de l'emprise de la jeune femme qui s'était brusquement retournée. La jeune femme arracha des mains le couteau de la brune qui se tenait devant elle et s'exprima d'une voix tremblante.

"Un geste... Et je te tranche la gorge !"

La femme se retourna vers Clarke et lui fit un sourire méprisant.

"Ah oui ? Et tu crois vraiment pouvoir y arriver ? Regarde toi, tu trembles de partout !"

"Peut-être qu'elle n'y arrivera pas, mais moi si."

Pendant qu'elles parlaient, Bellamy s'était rapproché d'elles et avait doucement posé son revolver contre la tempe de la brune.

"Maintenant tu vas te reculer et laisser mon amie tranquille, tu as bien compris ?"

La femme acquiesça et recula légèrement en regardant Bellamy anxieusement. Celui-ci se retourna directement vers Clarke et examina sa figure, ses lèvres saignaient légèrement.

La femme en profita pour partir en courant, cela ne se passerait pas comme ça. Elle reviendrait.

Bellamy l'ignora, et passa son pouce sur la lèvre inférieur de Clarke pour essuyer le sang. Celle-ci tenait toujours le couteau entre ses mains et tremblait de tout son corps, elle se demanda si elle n'était pas en train de rêver. Bellamy retira son arme des mains de la jeune femme et il la questionna.

"Clarke, tout va bien ? Que s'est-il passé ? Pourquoi tu es sorti ? Cette femme ne t'a pas fait de mal ?"

Clarke poussa un soupire de soulagement et sauta dans les bras de Bellamy. Elle se mit ensuite sur la pointe des pieds et lui murmura à l'oreille.

"C'est toi qui pose trop de questions cette fois-ci."

Bellamy enserra ses bras autour de la belle jeune femme et rigola doucement en l'entendant. Si elle allait bien, alors tout irait bien. Il laissa son front reposer contre celui de Clarke et reprit la parole.

"J'ai réussi à récupérer le téléphone, maintenant il ne nous reste plus qu'une chose à faire. Retourner dans notre local !"

Clarke sourit et prit la main que lui tendit Bellamy. Ils partirent tous les deux en courant et se dirigèrent vers le fameux placard à balais.


"C'était donc ça les coups de feu ?"

Bellamy hocha la tête gravement.

"Cesse de t'en faire, tu as bien agi. C'était toi ou lui."

Bellamy ne semblait pas davantage rassuré, et fixait le sol d'un regard horrifié. Clarke se positionna en face de lui et le força à la regarder.

"Bellamy, qui nous sommes et qui nous avons besoin d'être pour survivre sont des choses très différentes*."

Le jeune homme hocha de nouveau la tête, mais cette fois-ci il souriait. Jusqu'à ce que son expression change radicalement.

"Par contre c'était complètement irresponsable de ta part de sortir. Nan mais franchement, risquer ta vie pour moi, quelle idée !"

Clarke rougit et baissa les yeux sans trop savoir quoi répondre.

"Je m'inquiétais c'est tout..."

"Ce n'est pas une raison. Enfin bon, ce qui est fait est fait. Maintenant concentrons nous plutôt sur la suite des événements."

Bellamy sortit triomphalement son portable de sa poche arrière. Il appuya sur le bouton permettant de l'allumer et attendit un petit moment. Clarke vit l'éclat des yeux du beau brun qui se tenait devant elle s'atténuer peu à peu et se changer en un regard inquiet. Elle le vit ensuite rappuyer sur ce bouton, encore et encore. Il appuyait désormais tellement fort que son doigt commençait à lui faire mal. Son sourire avait totalement disparu. Nan nan nan, se dit-il, ce n'est pas possible !

Clarke voulut se rapprocher de lui, mais il la repoussa de sa main avant de balancer son portable à travers la pièce sous le regard choqué de la jeune femme.

"Et merde ! Pourquoi n'ai-je pas pensé à le recharger ce matin ?"

Bellamy sentit sa désillusion le frapper de plein fouet. Il se laissa tomber à terre et s'assit piteusement contre le mur en se prenant la tête entre ses mains.

Clarke décida de lui laisser la place dont il semblait avoir besoin, mais l'observait non sans inquiétude. Elle le vit alors se relever soudainement, le regard fou, et se diriger vers la porte.

"Bellamy, qu'est ce que tu fais là ? Arrête toi tout de suite"

Ce dernier l'ignora et commença à retirer l'armoire qu'ils avaient de nouveau utilisée pour se barricader. Clarke poussa un léger grognement exaspéré puis elle força Bellamy à se retourner.

"Tu m'entends quand je te parle ?"

"Oui Clarke, je t'entends très bien. Je ne suis pas sourd. Je t'ignore, voilà tout. Maintenant peux tu me laisser finir ce que j'étais en train de faire ? Il faut que je retourne à l'amphi et que j'aille récupérer d'autres portables. Des portables qui marchent cette fois-ci."

"Mais c'est beaucoup trop dangereux ! En plus tu n'es même pas sur d'en trouver, et puis ils auront sans doute des codes. N'y vas pas s'il te plait."

"Je fais ce que je veux Clarke."

"Alors j'avais raison..."

Bellamy haussa un sourcil et la regarda perplexe.

"Pour ce qui s'est passé tout à l'heure. Tu n'étais pas sincère. C'était juste une autre de tes 'blagues', tu cherchais à te moquer de moi c'est ça hein... Je savais que tu étais con, mais là tu me déçois vraiment."

Bellamy sentit son cœur se serrer à ses mots. Comment pouvait-elle penser si bas de lui ?

"Tu penses vraiment ça de moi ?"

"Si je me trompe, tu n'as qu'à me le prouver."

"Hm... Et comment je suis censé faire ça ?"

"En restant."

En disant ses mots, Clarke se rapprocha de Bellamy et plaça ses mains autour de son cou. Celui-ci, hypnotisé par la vision de la jeune femme blonde, plaça ses mains sur son dos et la serra davantage contre lui. Cette fois-ci ce fut Clarke qui fit le premier pas. Elle se mit sur la pointe des pieds et effleura les lèvres de Bellamy, encore un peu hésitante. Au contact de ses lèvres, bien au chaud dans ses bras, elle fut enfin capable de se laisser aller et de vivre.

Elle donna donc tout ce qu'elle avait dans ce baiser. Sa haine, sa peur, son attirance. Elle se donna toute entière et Bellamy s'empara totalement d'elle, l'enivrant de son souffle chaud et de ses caresses. Ses mains remontaient le long de son dos pendant que celles de Clarke jouaient avec ses boucles noirs. Il alla même jusqu'à lui mordiller la lèvre inférieur et à la faire gémir de plaisir. Ce fut le coup de trop, ils en avaient marre de jouer. Clarke entrouvrit la bouche et sentit la langue de Bellamy caresser la sienne. Pendant que se livrait une bataille acharnée, Bellamy descendit ses mains et les plaça sur les cuisses de la jeune femme qui comprit tout de suite le message.

Elle enroula ses jambes autour de la taille de Bellamy et se laissa plaquer sur le mur. Leurs baisers et leurs caresses n'avaient plus rien de tendres ou d'hésitants, il s'agissait désormais uniquement de passion à l'état pur. Clarke comprenait enfin ces héroïnes tragiques qui allaient jusqu'à mourir pour leur passion amoureuse ; oui, elle serait prête à mourir pour ça.

Ce fut un bruit inattendue qui les coupa dans leur élan. Un bruit de porte qui s'ouvre. Bellamy laissa soudainement retomber Clarke et regarda avec horreur l'armoire qu'il n'avait pas pensé à replacer devant la porte.

Débarqua alors dans la salle trois femmes, Clarke reconnut celle du milieu comme étant Diana Sydney et celle de droite comme étant la femme qu'ils avaient rencontré précédemment. Cette dernière arborait un sourire victorieux, elle allait pouvoir se venger. Diana prit la parole en regardant d'un sourire hypocrite Bellamy se mettre devant Clarke pour la protéger.

"Tiens, tiens, tiens. Qu'avons nous donc là ?"


*Citation légèrement remaniée de The 100 (vous l'aurez sans doute tous reconnu !)

Voilà pour ce chapitre ! J'espère qu'il vous aura plu, moi en tout cas j'ai adoré l'écrire et j'en suis plutôt contente ! Je tiens à vous prévenir que nous nous rapprochons malheureusement de la fin... Attendez vous encore à quelques surprises !

Et désolé pour la fin un peu 'cliffhanger', j'ai pas pu résister *-* !

Je tenais une nouvelle fois à vous remercier de vos reviews, et en particulier m, Octaviaa et Bibou1234 à qui je n'ai pas eu la possibilité de répondre.

Pour freya : Merci pour tes deux reviews ! J'ai pris tes idées en compte, même si je ne les ai pas suivies exactement. J'espère que le résultat te plaît! Quand à Monty et Jasper on les verra peut-être un peu mais pas beaucoup vu qu'on se rapproche de la fin. Ma prochaine fanfiction sera sans doute plus longue, et je compte mettre plus de passages avec eux :p

A bientôt !