Voilà la suite! J'espère qu'elle vous plaira! En tout cas, je suis contente de recevoir du soutien, ça remonte le moral!
Bonne, lecture!
Au bout d'une heure pendant laquelle Hawkeye avait publié les avis de recherche et Havoc et Breda étaient revenu, tous allèrent manger. Ed n'avait plus dit un mot depuis qu'il les avait salués. Il devait sans doute penser à l'hypothèse que Roy avait formulée: "Soit son âme a fait un rejet du corps, soit elle est retournée à son corps d'origine.". Le plus effrayant restait quand même la première proposition. Il ne mangea rien tant il était inquiet (lui qui se bâfre comme un porc dès qu'il en a l'occasion!). Roy lui n'avait pas faim et surtout, il voulait téléphoner, loin de tous. Il prétexta une soudaine fatigue et monta dans sa chambre. Il prit le combiné et composa le numéro, au bout d'un bref instant, on décrocha:
-Allô, allô! Y'a de la merde dans les tuyaux!
-Maes, c'est moi, Roy. Tu peux faire des recherches pour moi?
-Ça dépend, tu veux savoir quoi?
-Est-ce qu'il y a déjà eu une histoire sur une lance qui saigne?
-Pile poil ce que j'ai cherché. T'es long à me demander vieux frère!
-T'as déjà cherché? Raconte-moi.
-Alors, il y a une légende, basée sur une ancienne religion qui raconte qu'un homme est mort pour sauver l'humanité et qu'il a été tué par son peuple.
-Quel rapport avec la lance?
-J'y viens : un des gardes qui l'a tué a voulu vérifier qu'il avait bien claqué, alors, de sa lance, il lui a percé le côté et du sang en est sorti. On dit que cette lance saigne depuis du sang sacré du "Seigneur des Armées". Je t'ai envoyé de la documentation dessus, un vieux bouquin énorme qui s'appelle la bible, et d'autre pas beaucoup plus jeunes, d'un certain Chrétien de Troyes.
-Merci, Maes! Le jour où tu meurs, je me suicide!
-Evite! Parce que c'est pas demain la veille que les femmes militaires se baladeront en minijupe! Tiens, en parlant de femmes…tu as le choix dans le coin alors trouves-toi-en une!
Roy raccrocha le combiné, énervé. Pourquoi fallait-il toujours qu'il parle de ce sujet? Puis, il réfléchit à ce qu'il lui avait dit (avant les minijupes) : à première vue, il n'y avait aucun rapport entre la transmutation de Alphonse et une religion perdue depuis tant d'années que même Hughes (qui est pourtant une mines d'infos!) n'en ait jamais rien su. Une bouffée de chaleur le prit soudain et sa tête tourna. Il s'assit sur son lit et ôta sa veste. Il savait très bien qu'il devait attendre les livres pour pouvoir tirer des conclusions mais sa conscience ne voulait pas lâcher le morceau! Il entendit quelqu'un frapper à la porte et Hawkeye apparut dans l'encadrement de la porte.
-Je peux entrer?
-Je vous en prie.
Elle referma la porte et s'assit sur la chaise du bureau que lui présentait Roy.
-Puis-je savoir la raison de cette visite?
-Navrée de vous déranger durant votre repos, mon colonel mais… sauf votre respect, il me semble que vous cacher quelque chose que vous devriez me faire part.
-Ne soyez pas si formelle! Notre discussion risque de sortir du cadre strictement professionnel d'ici peu de temps alors parlez franchement. De plus, je ne cache rien qui vous soit destiné. Tout ce que vous ne savez pas de moi relève de ma vie privée.
-Je pense que vous voir pris de migraine violence et que vous vous soigniez par transmutation sans cercle et sans joindre les mains ne peut plus rentrer dans le domaine de votre vie privée. Et n'oubliez pas que vous m'avez donner une mission : vous protéger tant physiquement que mentalement.
-Oui, il est vrai que je vous ai donné le droit de vie et de mort sur moi. Pourrais-je connaître le rapport avec notre conversation?
-Vous devez vivre sans vous mettre en danger. Hawkeye haussa le ton. Mais depuis deux jours, vous désertez votre poste deux jours pour vous amusez ; vous partez à l'autre bout de la région pour un coup de fil ; vous tentez une transmutation que, j'espère, vous n'avez jamais tenté ; vous menez un duel avec un adversaire dont vous ignorez entièrement les capacités. Avec la disparition de Alphonse, vous tirez des conclusions de faits que vous n'avez même pas été capable d'expliquer. Vous avez une idée derrière la tête mais vous ne la partagez avec personne et encore moins avec Ed, qui je vous le rappelle est le principal intéressé. Ma parole! Soit vous devenez fou, soit vous avez un problème!
-J'étais fatigué, s'énerva Roy à son tour, Hughes pourra vous certifier que j'étais malade. La disparition d'un civil lié à l'armée dans la région dont je suis en charge risque de ternir l'image qu'il faut qu'on ait de moi. Ma transmutation était bénigne, on peut la faire sur n'importe quel animal. Quant aux bandits, nous étions obligés, il fallait parer au plus pressé! Enfin, même si je ne peux rien expliquer, le fait est que cette armure est vide! Ed peut vous affirmer que ce que j'ai dis à propos de la transmutation d'âme est vraie. Je ne peux pas expliquer le sang qui s'échappe du métal, mais quitte à tout essayer, autant chercher maintenant un homme vivant qu'un corps dans des années!
-Je comprends mais certains éléments m'échappent : depuis quand transmutez vous sans cercle?
-J'étudie l'alchimie depuis des années, il est normal que je progresse! Vous avez d'autres questions ou l'interrogatoire est-il terminé ?
-Non! –Hawkeye frappa du poing sur la table, plus énervée que jamais- que vous arrive-t-il à la fin? Migraine, fatigue, coup de sang sans explication, manque d'appétit et d'attention, et pratiquement paranoïa! Je ne fais que m'inquiéter à votre sujet!
Roy était déboussolé, malgré sa colère, de remarquer à quel point elle avait raison sur lui (à croire qu'elle l'épie). Mais d'autre part, il ne pouvait pas lui dire sans l'alarmer davantage. Il soupira (tiens, ça faisait longtemps!) et répondit, plus calme:
-Ecoutez, je ne sais pas moi-même comment expliquer mon comportement et je m'excuse de vous inquiéter ainsi. Mais si vous arrêtez de me courir sur le haricot, peut-être serais-je plus "normal" et pourrais-je trouver ce qui est arrivé à Alphonse.
-Peut-être le seriez-vous mieux si vous parliez à Edward de ce que vous savez déjà.
Elle se leva et sans se retourner, sans un mot, sortit. Roy se sentait perturbé par ce que lui avait dit Hawkeye : avait-il tant changé que cela en deux jours? Une brusque nausée le prit mais comme il avait le ventre vide il ne put même pas la faire passer. Si l'on s'en remettait à son état actuel, aucun doute, il avait changé ! Mais comment faire? La Porte lui avait prit le sommeil, il ne pouvait pas reposer ni son esprit, qui bien sûr s'énervait, ni son corps, qui encaissait des journées difficiles sans s'arrêter pour se détendre. "Dans une semaine, je deviens fou! Voire handicapé."
Il s'allongea, puis entendit une musique dans la rue, jouée sûrement par un musicien ambulant qui tente de gagner comme il peu sa soupe et son logis. Cet air, il le connaissait. C'était une vieille comptine qui amusait beaucoup les enfants, quand on connaissait les paroles. Comme berceuse on connaît mieux, mais les yeux fermés, Roy se contentait de suivre la musique. Son corps se détendait et il vidait, pour un moment, son esprit encombré, ne laissant que la mélodie de la rue. Aux dernières notes, Roy était complètement détendu (Profite! Ça ne va pas durer!).
Une explosion énorme souffla les vitres de la chambre. Roy fut propulsé avec son lit et évita de peu de se faire écraser les jambes. Il se précipita vers la fenêtre et vit la carriole d'où était venue la musique, un peu plus loin dans la rue, détruite. Des personnes criaient et beaucoup s'en allaient en courant. Il descendit le plus vite possible et alla dans la rue et vérifiant au passage que tous ses hommes allaient bien : Hawkeye sortit de sa chambre en même temps que lui et Havoc et Breda se levaient de leur table de cartes quand ils arrivèrent à la réception.
-Où est Fullmetal?
-Il est sortit il y a une demie heure.
En sortant, Roy n'eut pas même le temps d'y penser qu'il vit Ed, gisant près de la carcasse de la machine, ventre à terre: il ne bougeait plus.
-Ed!
L'adolescent ne réagit pas à l'appel de son nom. Roy accoura auprès de lui et le mis son le dos. Il écouta son cœur et vérifia sa respiration. "Ouf! Il est vivant!". Il demanda à Havoc et Breda de le porter à l'hôtel et d'appeler un médecin. Il regarda alentours, à la recherche du musicien, et vit un homme courir le visage masqué (suspect!). Roy coura et le suivit jusqu'à le rattraper. D'un joli croche-patte, il l'arrêta et avant même que la tête de l'inconnu n'ait touché le sol, l'agrippa au col. L'écharpe qui lui couvrait le visage tomba et Roy reconnu l'un des bandits qui avaient attaqué le train. Fou de rage, il le souleva de terre et le plaqua au mur le plus proche.
-Qu'est-ce qu'une raclure de ton espèce fait ici?
-Hé! hé! hé! C'est pas parce que tu nous as cramé le poil qu'on peut pas s'enfuir! Et ouais! T'as les boules, t'as les glandes, t'as les crottes de nez qui pendent!
-Tu ne rends même pas compte de ce que tu as fait, ma parole!
-Ben, j'ai grillé un de tes petits civils chéris de "notre beau pays"!
-Ce "civil" est alchimiste d'état! Pire qu'un civil, tu as blessé un de mes hommes! Tu vas crever!
L'homme pâlit extrêmement à la phrase de Roy, se protégeant le visage des mains. Hors de lui, Roy était prêt à le tuer. Mais il se rappela brusquement de la comptine. Les paroles lui revinrent et surtout la morale:
Dans la colère ne frappe pas,
Tu n'es plus maître de ton bras!
-A qui l'as-tu volé, l'instrument?
-A un clodo qui traînait! Je l'ai juste assommé!
-Ben, apprend que tu lui dois la vie, pas de torture! Mais tu ne t'en tireras pas à si bon compte, crois-moi!
Il le menotta solidement et le traîna jusqu'à la rue où se trouvait le poste de police. Derrière les barreaux, tous les autres voleurs furent surpris, d'abord de revoir le fuyard, mais aussi de voir l'alchimiste qui les avait cuits à point le ramener cru malgré une telle colère. Après avoir vertement sermonné les gardes, il se tourna vers les détenus.
-Est-ce que quelqu'un d'autre s'est échappé ?
-Pourquoi on répondrait.
-Parce que –il transmuta les murs de la cellule d'où sortirent des pointes- disons que c'est dans votre intérêt!
-C'est pas parce qu'on peut plus s'asseoir qu'on va avoir peur!
-Qui vous parle de vous asseoir? –les pointes s'allongèrent et obligèrent les prisonniers à se serrer au centre.- vous ne voulez quand même pas que je répète ma question?
-Il manque Heiden! Il manque que lui!
-Vous êtes sûrs?
-Oui! Il doit être en route vers le camp! C'est un mec petit avec les cheveux roux et longs, attaché en queue de cheval! Il a un tatouage de tigre sur le cou! Pitié, remettez les murs!
-Messieurs les gendarmes, il ne vous reste plus qu'à trouver ce Heiden et à les envoyer à Central. Je tiendrais personnellement à leur condamnation. Dès qu'ils seront partis, appelez-moi, je remettrez la cellule en ordre. Mais prenez votre temps! Ça leur fera les jambes!
Il rejoignit l'hôtel en courant et s'informa de l'état d'Ed :
-Comment va-t-il?
-Le médecin a dit qu'il s'en remettrait mais qu'il devait garder le lit au moins deux semaines, répondit Breda. Il ne s'est pas encore réveillé. A part les égratignures, il a juste la jambe cassée et une sacrée bosse sur la tête!
-Bon, au moins, il est vivant!
Le soir tomba. Chacun son tour, le groupe fit des gardes au chevet de Ed pour vérifier qu'il se réveille. Ed finit par ouvrir les yeux avec une grimace de douleur qui ne fit aucun doute sur sa situation. Il remarqua étonné que Roy était assis, bras croisés, sur une chaise et à ses côtés (c'est déjà nul de veiller un malade comme Ed, en plus il se réveille: Roy est un poisseux!):
-Bienvenue chez les vivants, Fullmetal!
-Qu'est-ce qui s'est passé? Je revenais dans la rue de l'hôtel, il y avait ce musicien ambulant et…AÏE!
-Et tu ne t'es pas douté que la machine à musique était une bombe, tu as volé un peu avant de te rétamer au sol! Résultat des courses: une jambe cassée! Tiens, une aspirine – il l'aida à l'avaler - Déjà que t'es éclopé de nature si en plus tu te casses les os, tu finira en retraite à vingt ans, mon petit!
-Je… je ne savais pas! Se fâcha Ed
-Te bile pas! Moi non plus! Je te charrie un peu parce que ça m'énerve.
-Quoi donc?
-Que le type qui ait fait ça était l'un des bandits que ces nigauds de policiers de campagne ont laissé filer!... En plus, j'aimais bien la musique de cette machine!
-Moi aussi, sourit Ed, on la chantait souvent, Al et moi quand on était petits. Je ne me rappelle plus des paroles (j'ai la mémoire qui flanche, j'me souviens plus très bien!) peut-être que Al les connai…– il tourna la tête – …ssait.
-Ed, j'ai dit qu'il y avait des risques que Al soit mort, mais il y en a autant qu'il soit vivant.
-Il est où alors ? S'il était vivant, il serait venu ici!
-Je suppose qu'il est peut-être vivant, peut-être qu'il n'est pas conscient.
-…
Ed avait toujours la tête tournée et semblait réfléchir. Il demanda:
-Mais où serait-il?
-C'est là que je ne peux rien dire.
-Et puis, comment expliquer le sang qui coule de l'armure? à qui est-il? A Al?
-Je n'en sais rien. Mais arrête de te tracasser pour ça! Pour le moment tu dois te reposer. De toute façon, tu as deux semaines d'arrêt maladie devant toi pour réfléchir à la question.
-Quoi! Mais…
-C'est un ordre, répondit Roy calmement.
Ed leva la tête vers son supérieur, les yeux pleins de larmes, non pas des larmes de panique, mais des larmes de désespoir mêlé d'angoisse.
-Et pour Al?
Roy soupira et répondit:
-Ne t'en fais pas, je le retrouverais: question de manie! Je déteste commencer quelque chose et ne pas le finir! (Moi aussi !) Repose-toi, tu en as besoin.
-Merci, colonel.
-Remercie-moi quand ton frère sera là, il pourra prendre une photo!
Roy lui frotta la tête et le regarda se rendormir, épuisé. Roy se sentit tout à coup très égoïste: pour lui, Al ne devait pas avoir de problèmes car il est lié à l'armée tout en étant civil. Mais pour Ed, c'était son frère, celui qui le suivait et qu'il suivait, c'est pour lui qu'il s'était engagé à l'armée, qu'il avait toujours obéit aux ordres qu'il (Roy) lui donnait, qu'ils avaient tant voyagé. Chaque mission les menait à de nouvelles hypothèses. Ils cherchaient par tous les moyens, non pas de retrouver leur propre corps, mais celui de l'autre.
Quand son tour de garde prit fin, il alla dans sa chambre et se coucha, sans dormir…
Bon, désolée, elle n'existe pas, la comptine! Mais pour celles et ceux que ça intéresse, la phrase est un proverbe qui date du Moyen-Âge et que je trouve très vrai!
Pardon aussi de faire une Fic' pas super laïque, mais de toute façon, même dans le manga on parle de religion (Ed joint les mains, "comme s'il priait" selon Lin), moi, étant croyante d'une religion chrétienne, je vais donc donner un sens chrétien à l'alchimie, alors encore pardon!
A la prochaine fois!
