Bonjour à tous !
Me revoici avec le chapitre quatre qui sera moins centré sur l'action de la course poursuite (Enfin ne vous inquiétez pas trop, vous savez ce qu'on dit : le calme … avant la tempête :)) Qu'ajouter de plus ? Vos commentaires m'ont énormément touché. Continuez à me faire connaitre vos ressentis, c'est réellement quelque chose qui m'encourage et dont je vous suis reconnaissante. Sinon, l'idée de ce chapitre m'est apparue suite à la manière dont la série m'a surprise en montrant une Hanna vulnérable et mal dans sa peau lorsqu'elle était jeune alors qu'elle a tout pour elle. Les apparences sont trompeuses. Je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir ! J'espère que je ne décevrais pas vos attentes avec ce chapitre.
Petite réponse rapide à vos commentaires !
Anne : merci à toi ! J'espère que tu continueras à me suivre :) il me reste à te souhaiter bonne lecture pour ce chapitre alors…
WeLoveEmison : « vivement la suite » - tes désirs sont des ordres : chapitre spéciale dédicace à ton pseudo ! Merci de ton commentaire, ça m'a fait très plaisir.
Guest 73: Alors pour répondre à ta question, je traduis en effet ma fanfiction en anglais sous le nom de « no way out » sauf que mon anglais est vraiment mauvais et je ne ferais pas plus de cinq chapitres. Ce qui n'est pas le cas de celle-ci, je rassure les lecteurs ! Pour ce qui est du Hannily ou Emison, j'ai fait mon choix hier. Réponse dans ce chapitre :) merci à toi de ton passage.
Chapitre 4
Les lois de la gravité
L'anxiété d'Emily avait atteint son paroxysme. Et c'était peu dire. La jeune fille avait pourtant appris à gérer cette émotion, notamment à travers ses tournois de natations. Lorsque la compétition battait son plein, que le prix de la victoire reposait sur ses épaules, frêles, et les regards de ses coéquipières redoublaient d'espoirs, la nageuse savait s'isoler. Une fois les vagues ayant couvert les encouragements de la foule, il ne persistait que l'apaisement et la sensation de ne faire qu'un avec l'eau. Il lui en avait fallu du temps avant d'apprécier à sa juste valeur le plaisir d'être face à soi-même. Pourtant, s'il est possible d'apprivoiser certaines formes de pression, d'autres restent indomptables. 'A' venait de franchir cette barrière. Au fond d'elle-même, Emily le ressentait. D'abord ses gestes était maladroit et sans but. Ses pensées avaient beaux être centrées sur le cœur du problème, celles-ci ne faisaient que se heurter au vide, encore et toujours. Comme pour la torturer davantage, son esprit s'amusait à faire défiler devant ses yeux différents scénarios, dans lesquels elle voyait mourir Hanna cent fois. Non, non et non. Cette angoisse-là, elle ne s'y habituerait jamais.
Ne vois-tu pas que c'est ce qu'il cherche : te déstabiliser ? Ressaisit-toi. Maintenant !
Recouvrant ses moyens, Emily fit volteface et accourut vers le couloir. Un grincement brisa le silence. La jeune fille en sursauta et se retourna brusquement, mais rien. Le néant. L'éclairage automatique s'éteignit et l'allée se retrouva plongée dans l'obscurité. Maintenant dans l'ombre, Emily repéra néanmoins qu'une seule lumière persistait allumée.
Les vestiaires.
Etonnant quand on sait que l'adolescente avait vérifié une à une chaque pièce et qu'aucune d'elles n'étaient éclairées auparavant. Une chose était sûre : Emily n'était pas seule. On l'avait suivi jusqu'ici. Et alors se pose inévitablement la question à dix mille dollars : qui ? La jeune fille avait bien une théorie à ce sujet.
Spencer, je m'excuse platement d'avoir pu douter une seule seconde de tes capacités en matière d'énigme.
Tout en jetant des regards méfiants par-dessus son épaule, l'adolescente approcha de la porte en question. Elle l'entrouvrit, doucement. Ses yeux détaillèrent rapidement l'endroit et puis soudain, ils se stabilisèrent. Quelqu'un avait écrit avec du rouge à lèvres sur le miroir de la douche :
Que de chemin parcourut. Et dire que tous ces gens qui te soutiennent ici ne sont pas au courant de ton petit secret. C'est pitoyable.
-A
Emily avait lu les inscriptions à voix haute. Un claquement de porte strident étouffa les derniers sons. La métisse chercha à dégager l'entrée de nouveau. Sans surprise, la poignée lui résista. Mais alors qu'elle croyait avoir traversée le pire, elle constata avec horreur que le sol des vestiaires était trempé. Une fuite d'eau s'écoulait par le conduit d'aération. Si la jeune fille ne sortait d'ici rapidement, elle finirait noyée.
Et dire que tous ces gens qui te soutiennent ici ne sont pas au courant de ton petit secret.
Ces mots firent remonter à la surface un flot de souvenirs, qu'Emily pensait avoir oublié. Elle se retrouva soudain projetée des années en arrière, l'été de ses douze ans.
Sept ans plus tôt.
Allongé à l'ombre d'un parasol, Alison DiLaurentis scrutait les abords de la plage d'un air las. Les derniers rayons du soleil se consumaient, et leurs chaleurs exquises se frayèrent un chemin jusqu'à sa peau. Pourtant, c'est à peine si la jeune fille le percevait. Au loin, Cece s'amusait à éclabousser Noel Kann et celui-ci le lui rendait bien. Son amie était heureuse. Alison en avait la certitude rien qu'à la manière dont son rire s'échouait sur le rivage, aussi doux qu'innocent.
Elle aussi aurait aimé pouvoir partager leur bonheur. Vraiment. Mais c'était impossible. Alison n'était pas comme eux. Chez elle existait un mur symptomatique, dur et froid, dont la jeune fille était prisonnière. A la longue, l'enfant avait fini par saisir quelques codes de ce curieux langage qui semblait régir ce monde: les sentiments. Parfois, elle décelait des émotions sur le visage des gens, sans savoir les interpréter. Dans ces moments-là, Alison se sentait exclus. Seule. Mais même quand en devinait le sens, qu'enfin elle avait l'impression d'être comme les autres, la chute n'en était que plus douloureuse : « Tu ne sauras jamais que lire à travers les autres Alison ». Voilà à quoi la jeune fille en était réduite. Esquisser des sourires contrefaits, froncer les sourcils pour se donner contenance, se mettre en colère de temps à autre, afin de rentrer dans le moule auquel elle n'appartenait pas.
Alison soupira. Il flottait dans l'air une subtile odeur de lavande et d'iode. Le ciel était magnifique. Le crépuscule offrait un splendide dégradé de couleurs pastelles, se reflétant sur l'eau. La jeune fille songea que si celle-ci n'était pas 'cassée' de l'intérieur, probablement aurait-elle apprécié le spectacle. En attendant, tout ce qui subsistait c'était ce vide autour d'elle et le gout fade que la vie laissait sur les lèvres.
Alison réprima un bâillement tandis que Cece Drake se décidait à quitter l'eau. Son amie s'engagea dans sa direction, un sourire malicieux.
Génial, pensa ironiquement la blonde.
La dernière chose dont elle avait envie était de retourner à sa pâle existence, où les moindres de ses expressions n'étaient que mensonges. L'enfant attrapa un magazine et fit semblant d'être absorbée par sa lecture. Peut-être cela lui éviterait-il un dialogue creux.
— Tu ne viens pas avec nous ?
Alison nota la façon dont sa voix sonnait plus aigüe qu'à l'ordinaire. Ça ne pouvait signifier qu'une chose :
L'espoir.
Cece renforça le poids de son regard posé sur elle. Aucun doute. Son amie attendait une réponse positive de sa part.
— Plus tard, répondit-elle enfin.
En réalité, l'enfant n'en avait nullement l'intention.
— Allez quoi, vient ! Tu vas voir, on va bien s'amuser !
— Je veux terminer ce magazine.
— Tu le feras après. Et puis…
Cece s'approcha d'elle et lui retira la revue des mains.
— …un conseil, si tu veux être crédible quand tu fais semblant de lire : tourne au moins le bouquin dans le bon sens.
Grillé.
Contrarié d'avoir été prise sur le fait, Alison se redressa et commença à rassembler ses affaires dans son sac.
— J'suis pas d'humeur, voilà tout lança la blonde dans son dos.
— Tu devrais pourtant. Je te signale que les vacances vont se terminer et à la rentrée, le seul point d'eau à des kilomètres la ronde sera la boue du terrain de rugby, et le sable, celui de la piste du saut en longueur !
— C'est mort ici, objecta la jeune fille. Y'a pas un chat. Je m'ennui, on devrait pimenter un peu cette soirée. Et si on se mettait au défi ?
— Ok, je me lance : je te mets au défi d'allé te jeter dans l'eau.
Alison n'eut pas besoin d'exprimer ses pensées: son regard parlait pour elle.
— Dit oui, dit oui, dit oui !
Cece avait timbré chaque nouvelle requête d'un ton différent et exagérément enfantin. La jeune fille céda et laissa son amie l'entrainer vers le rivage puis se baigna. Lorsqu'elles ressortirent quelques minutes plus tard, un sourire franc se dessina sur les lèvres de la plus jeune, sourire qu'Alison lui rendit pour la forme. Quelque part au fond d'elle, l'enfant savait pourtant qu'il sonnait faux.
Toutes les deux se dirigèrent à nouveau vers le parasol et attrapèrent leur serviette d'un geste simultané. Si seulement cette soirée pouvait sortir de l'ordinaire rien qu'une fois…
Et justement, l'occasion s'en présenta rapidement.
— J'ai plongée, maintenant à mon tour. Je te mets au défi de jouer un mauvais tour à cette fille.
Cece se retourna mais ne vit rien.
— Là-bas, sur les rochers, précisa Alison.
Une enfant du même âge se baladait seule, de l'autre côté.
— D'accord, accepta son amie sans sourciller.
La blonde l'observa s'éloigner d'elle et passer par les hauteurs. De cette façon, sa cible ne pouvait pas l'apercevoir et il était facile de jouer sur l'effet de surprise. Lorsque Cece fut suffisamment proche, celle-ci bondit sans préavis. Effrayée, l'inconnue sursauta et, perdant l'équilibre, chuta dans l'océan quelques mètres plus bas. L'eau n'était pas profonde, et à cette altitude, il n'y avait aucun risque d'être blessé. Enfin, ça c'est ce que pensait Alison. Mais la tournure des événements dégénéra. Ce qui ne devait rester qu'une plaisanterie, avait déclenché chez sa victime une crise d'angoisse profonde. Incapable d'entreprendre des gestes cohérents, bientôt, une vague l'engloutie.
Si personne n'intervenait, l'inconnue se noierait. La blonde plongea son regard d'un bleu pur à travers celui de son amie, prostrée sur le rocher. Cece était en état de choc. Autant conclure qu'elle ne serait d'aucune aide. Le seul avantage de ne pas ressentir d'émotion, et que la peur ne nous atteint pas non plus. Alison abandonna sa serviette et sauta dans la vague. Le parcours jusqu'à la jeune fille fut rapide. Quelques simples gestes de brasse et sa maîtrise des techniques de sauvetage suffirent à ramener l'enfant, saine et sauve, sur le sable. Alison allait solliciter son amie mais celle-ci avait disparu, et la plage était vide. Déserte.
Alison recentra son attention sur l'inconnue. Malgré ses cheveux mouillés, quelques mèches négligemment collées contre sa tempe, il fallait avouer qu'une incroyable beauté émanait de son être.
Beauté ?
Ce mot ne cessait de tourner en boucle dans sa tête, avec stupéfaction. Cette sensation était venue naturellement à elle. Une sensation ? Non. Ou bien celle-ci était plus intime, plus subtile. Quoi que ce fut, Alison n'avait jamais éprouvé quelque chose d'approchant par le passé. Elle devait absolument en savoir davantage sur cette inconnue.
La jeune fille rejeta une gorgée d'eau salée sur ses genoux tandis que sa sauveuse la basculait sur le flanc. Une fois que les caprices de son estomac eurent cessé, Alison la redressa avec précaution.
— Qu'est-ce… qui… arrivé ? Interrogea l'enfant d'une voix tremblante et éreintée.
— Tu es tombée à l'eau, expliqua la blonde en occultant la partie de l'histoire qui l'arrangeait.
— Mes… mes parents doivent me chercher, s'inquiéta la première. Elle a commencé à s'agiter de plus belle, ce qui a déclencher de nouvelles nausées.
— Doucement, reste tranquille murmura Alison sans savoir pourquoi.
Quelque chose dans son expression, si confuse et vulnérable, faisait fondre les mécanismes de son cœur de glace. Le silence s'est installé. Finalement, elle s'est décidée à le briser.
— Tu penses pouvoir tenir sur tes jambes ? Demanda la jeune fille en la jugeant d'un œil critique.
L'intéressée tenta de faire quelques pas mais elle vacilla aussitôt et Alison la rattrapa par la taille.
— Je ferais mieux de te reconduire à tes parents. Appuie-toi contre moi : je vais t'aider à avancer.
L'inconnue approuva d'un timide signe de la tête, quasi imperceptible.
Le trajet retour parut interminable. La démarche de la jeune fille était lente et hachée. Enchainer plusieurs pas de suite semblait une véritable épreuve, ce qui pesait à la longue sur les muscles d'Alison. Néanmoins, celle-ci le garda pour elle.
Dépassé la demi-heure de marche, un ruisseau se présenta devant eux. Sa profondeur atteignait à peine le niveau des genoux. Une fois traversé, il suffirait de suivre encore sur quelques mètres le sentier, débouchant tout droit sur un axe de circulation fréquenté. Ensuite, l'enfant serait entre de bonnes mains.
Les tremblements de l'inconnue redoublèrent en intensité. La brise semblait l'affaiblir davantage, si cela eu été possible.
— Tu as froid ?
Elle répondit par la négative. Pourtant, ses frissons étaient bien réels. Au fur et à mesure qu'Alison approchait du point d'eau, elle percevait de plus en plus nettement l'angoisse s'insinuer à travers le regard de la jeune fille. Moins d'un mètre avant le ruisseau. Un pas, maintenant. L'inconnue s'est figée.
Qu'est-ce qui lui arrive ?
— Tu vas bien ?
Simple question rhétorique. Son visage devenu livide et ses muscles, raides, indiquait clairement le contraire. Alison l'aida à s'assoir un instant. Il a commencé à pleuvoir.
— Je… je peux pas, souffla soudain la jeune fille.
— Qu'est-ce que tu ne peux pas ?
— Traverser.
— Bien sûr que si.
Une fois encore, lire à travers ses yeux la violence de cette guerre intérieure qui se jouait en elle, bouleversa Alison. Son cœur se serra. Que lui arrivait-il ?
De plus en plus curieux…
La blonde chercha au fin fond de sa mémoire ses phrases que les autres appelaient : « réconfort ».
— Tu viens de survivre à une noyade, vois ça comme une promenade santé à côté.
L'inconnue se contenta de courber l'échine, le regard visiblement occupé à fixer un point imaginaire situé entre sa chaussure et le sol. Alison constata une fois de plus, impuissante, que ses efforts de socialisation s'avéraient voués à l'échec. A quoi s'attendait-elle aussi ?
— J'ai la phobie de l'eau, avoua à demi-mot la première sans oser relever la tête. Mon cousin est mort noyé quand j'avais cinq ans, devant mes yeux. C'était un accident, personne n'a eu le temps de le sauver et moi… enfin… depuis je panique à la vue d'un point d'eau. Je pourrais pas traverser.
— Je…
Alison chercha quoi répondre mais rien ne vint. C'était la première fois que quelqu'un se confiait aussi intimement à elle et les mots lui manquaient.
— Je suis désolé pour ta perte, déclara-t-elle enfin.
La blonde avait entendu cette réplique la veille dans une série télévisée. Elle espéra que ce soit approprié aux circonstances. Un sourire triste se dessina sur les lèvres de l'autre jeune fille.
— Je peux…
Alison s'interrompit.
Tu peux quoi ? La comprendre ? C'est faux. La vérité c'est que tu ne ressens rien, pourquoi faire semblant ?
— Je peux… imaginer combien c'est difficile pour toi, reprit l'enfant d'une voix mal assurée, mais la nuit ne va pas tarder à tomber et il ne serait pas prudent de rester là. On n'a pas le choix : il va falloir traverser.
Alison fit semblant de pas apercevoir la manière dont sa mâchoire s'était brusquement contractée. Elle s'accroupit à sa hauteur.
— Comment tu t'appelles ?
— Emily.
— Emily comment ?
— Emily Fields.
— Très bien Emily, tu penses pouvoir me faire confiance ?
L'enfant acquiesça.
Alison l'aida à reprendre appuie sur son épaule. Lorsqu'elles arrivèrent à hauteur du ruisseau, la détermination de la jeune fille faiblit et sa peur frappa de nouveau, rongeant chaque parcelle de son grand mur du courage. La blonde s'assura qu'Emily gardait l'équilibre et avança la première. Ensuite, elle lui tendit la main. L'enfant hésita un long moment. Finalement, elle la lui serra.
Sa peau était douce. Cela n'avait pas manqué de sauter aux yeux d'Alison. Décidément, cette fille faisait naître en elle de curieuses sensations.
Ses doigts enlacés dans les siens, la blonde donna une petite impulsion sur son poignet et combla l'espace qui les séparait. En ressentant la fraîcheur de l'eau contre son corps, un filet de sueur perla sur le front de l'inconnue. Elle jeta un regard suppliant en sens arrière, la respiration haletante. Alison retenu son bras.
— Hey, regarde-moi.
La jeune fille prit son visage entre ses mains et l'obligea à se focaliser sur sa personne. Si proche, la blonde remarqua émerveillée la beauté de son regard.
Ses yeux n'étaient ni émeraude, ni bleus, pas même gris. Non. Marron. Quoi de plus commun, me diriez-vous. Oui, mais ces yeux là font partie de ceux qu'on n'oublie pas. Ça vous démonte le cœur et c'est chaud comme la braise. Inconsciemment, Alison a caressé son front, créant un va et vient apaisant. Aucune d'elles n'a osé rompre l'alchimie, et la vie immobilisa à son tour. Le troisième principe de Kepler au sujet des actions réciproques affirme que deux corps s'attirent autant qu'ils sont attirés. C'était surement vrai. Sinon comment expliquer qu'il était soudain devenu impossible de s'éloigner d'Emily. Alison serait-elle passée sous sa gravité ?
La blonde résista de toutes ses forces à l'envie de presser ses lèvres contre les siennes. Que lui arrivait-il ? On n'aurait dit qu'Emily détenait la clé des moindres mécanismes de son cœur de glace. D'ailleurs, les tremblements de la jeune fille en face avaient cessés. Une lueur, pareille à celle des conquérants, se fondait et se confondait dans l'infinie de son regard à la fragilité de l'enfance.
— Tu vois, tu n'avais pas de raison de t'inquiéter, murmura Alison dans un souffle. Et si jamais l'eau se rappelait à toi un jour…
Le silence s'installa de nouveau, mais ce silence n'avait rien d'effrayant et tout dans sa durée, ni trop longue, ni trop courte, le sublimait.
— … Promet-moi de te rappeler de ce moment.
Emily Fields secoua la tête. Le souvenir de sa première rencontre avec Alison était remonté à la surface. Comme à chaque fois, la métisse sentit dans sa poitrine la douleur jamais résorbée, cette cicatrice qu'avait laissée son amie. Ou plutôt celle qu'elle avait été un jour.
Dans le vestiaire, le niveau de l'eau lui arrivait à la taille à présent.
Et dire que tous ces gens qui te soutiennent ici ne sont pas au courant de ton petit secret.
Les mots de 'A' résonnèrent une fois de plus dans son esprit. Retour à la case départ. La voilà replongée dans la même situation que sept ans plus tôt. A une différence près.
Ce soir, personne ne viendrait la sauver.
J'espère que vous avez aimé ce chapitre. Je compte sur vous pour me laisser tout plein de commentaire ! Pour vous exprimer, C'est dessous !
