A/N:Bonjour à toutes ! Me voilà pour l'ajout d'un petit one-shot, que j'ai longtemps hésité à publier. A vrai dire, lorsque j'avais commencé celui-ci, il y a relativement longtemps, j'avais pour but d'en faire un lemon Tweedles x Alice (Parce que oui, mettre ce threesome en œuvre est l'un des grands objectifs que je me suis fixée. Quelle ambition, n'est-ce pas?), mais lorsque je l'ai repris, je n'avais plus du tout envie (et surtout la grosse, l'énooorme flemme a pointé le bout de son nez). Cela a donc tourné ainsi; je n'en suis pas tout à fait satisfaite, mais c'était l'occasion de montrer une 'confrontation' entre les Tweedles et Alice, où Alice a le dessus ET le dernier mot! On a du mal à y croire, hein? ;)

Carabas: Je ne saurais pas dire exactement pourquoi, mais ta review m'a fait beaucoup rire~ Cela a sans doute un rapport avec tout ce que le pauvre Griffon s'est pris dans la tronche lors de celle-ci ! C'est tellement rafraîchissant de voir quelqu'un qui ne le supporte pas ! Mais pour en revenir à son rôle dans l'histoire, il a son importance: c'est un des rares personnages qui ne ment pas, ou du moins, qui ne détourne pas la vérité à son avantage (ce qui est une spécialité de la plupart des autres, et plus particulièrement le Chapelier... U.U'). Et il faut dire qu'il est plus facile à mettre en scène, puisqu'il ne cache jamais ses intentions. Bref, il a son utilité. :) Je suis très heureuse de voir que le Chapelier est apprécié à sa juste valeur ! \o/ Parce que Dieu sait qu'il n'est pas évident en mettre en scène, ce vieux fou ! O (Oui, c'est la journée où je me plains de mes propres personnages; ce n'était pas comme si j'avais pris le temps de créer leur caractère un à un tout en me référant au bouquin et en sachant très bien ce à quoi je m'engageais. Du tout.) En ce qui concerne mes idées pour les prochains one-shots, je crains d'être bientôt à sec. J'ai encore la rencontre du Chapelier Fou et d'Alice qui traîne, et qui sera sûrement le prochain chapitre, et une suite sur laquelle je travaille de temps en temps. Mais une petite idée ne serait pas de trop, donc n'hésite pas~ ^.^

Elo: Aww, contente de voir que l'adorable Chat du Comté de Chester a été apprécié (même s'il "n'arrive pas à la cheville du Griffon" ! xD)~ Mais oui, le Chapelier Fou est simplement un schizophrène (aux tendances meurtrières doublées d'un obsession malsaine pour une jeune fille innocente qui passait par là) incompris ! Il est à plaindre, dans cette triste histoire, c'est bien connu~ Et merci pour ta review ! ^.^

Pairing: Tweedles x Alice

Rating: Hmm, T pour les sous-entendus douteux des jumeaux~ (et qui ne relèvent même plus du sous-entendu à certains moments...)


Underestimated

C'était une journée ennuyeuse. Une de ces journées où le Temps – cette garce ! – prenait un malin plaisir à se traîner en longueur, appréciant la vue de leur souffrance alors qu'absolument rien ne venait troubler le calme qui régnait. La Chenille était reclus dans cette chose qu'il osait nommer maison – alors que, très franchement, cela n'en avait que le nom –, et bien que se distraire en le ridiculisant semblait être une alternative plus qu'intéressante, il était depuis quelques jours d'une humeur massacrante, et même eux n'osaient aller le déranger. Certes, il semblait difficile de croire qu'il serait capable de leur faire quoi que ce soit, surtout au vu de leur dextérité au combat – même si cette chère Alice semblait croire qu'ils étaient incapables de faire le moindre mal à une mouche – mais s'il y avait bien une chose que la Chenille était, c'était rancunière, et il était bien assez intelligent pour finalement parvenir à se venger d'eux. Et, même eux n'étaient pas prêts à sacrifier leur réputation ou leurs bons points auprès d'Alice simplement pour avoir voulu chasser l'ennui.

Ils étaient donc postés à l'orée du bois, guettant l'arrivée de fous prêts à risquer leur vie en entrant dans leur territoire. Et, vu l'actuel ennui qu'ils ressentaient, ils joueraient probablement avec leur victime d'autant plus longtemps. Déjà que leur réputation dissuadait nombre de personnes de s'aventurer ici, mais les journées comme celles-ci étaient en général d'autant plus improductives, surtout au vu de la chaleur qui régnait. Il n'y avait personne d'assez fou pour se risquer dehors par une telle chaleur, et encore moins pour risquer sa vie en traversant cette sympathique forêt qui regorgeait de dangers. Enfin, ils en constituaient probablement le plus grand danger, mais là n'était pas la question.

« …Dee, tu me croirais si je te disais que je sens la présence d'Alice ?

-Il n'y a qu'elle pour venir nous rendre visite avec un temps pareil. »

Il tourna légèrement la tête vers son frère.

« Cela répond-t-il à ta question ?

-Plutôt, oui. J'ai eu peur que ce soit encore un rêve.

-Si c'était un rêve, tu lui aurais déjà sauté dessus. Si tu es terriblement frustré, cela ne peut être—

-Que la réalité. »

Un soupir.

« Tu crois qu'un jour, elle nous prendra au sérieux ?

-Pour cela, il faudrait lui sauter dessus et la ravager jusqu'à temps qu'elle ne puisse plus marcher.

-Et encore, elle serait encore capable de nous chercher des excuses comme quoi on n'a pas fait exprès—

-Qu'en fait, on ne la désire pas—

-Et ainsi de suite.

-Se sous-estimer ainsi relève du crime…

-Il faut dire que la façon dont le Lièvre de Mars s'est transformé en pseudo Papa Poule n'aide pas vraiment les choses.

-Tout cela parce que Môsieur se sait coupable… Je te parie qu'il n'arrive même plus à la regarder dans les yeux !

-Ca, pour la lorgner de cette manière, il a de quoi se sentir coupable !

-Dire qu'il était persuadé qu'il était discret…

-Il le croit toujours. On n'a jamais mis au point le fameux plan pour le faire chanter. »

Ils se turent soudainement, le bruit des pas d'Alice se rapprochant d'eux. Ils attendirent patiemment qu'elle vienne vers eux, leur position relaxée n'étant qu'une façade.

« Dee, Dum, bonjour ! »

Le salut de la jeune fille les attira à elle comme des aimants, et Dee passa un bras autour de ses épaules dans un geste presque nonchalant, tandis que son alter ego saisit sa main avec empressement.

« Alors, Alice ? Qu'est-ce qui t'amènes chez nous par cette journée terriblement chaude ?

-Devons-nous y percevoir un message que tu essayes de nous envoyer ? »

Les lèvres de Dee effleurèrent son oreille.

« Tu sais très bien qu'il ne faut pas être aussi timide, Alice. »

Dum posa la main de la jeune fille sur sa taille en un geste d'invitation.

« Tu n'as qu'à demander… Nous sommes à tes ordres, quels qu'ils soient. »

Son malaise était palpable, et ils n'en étaient que plus ravis. Non seulement cela indiquait qu'ils lui faisaient un effet certain, mais ce temps-là leur permettait en général d'agir comme ils le souhaitaient : elle était encore trop confuse pour réellement s'opposer à leurs actions.

« Mais peut-être préfères-tu que nous prenions l'initiative… »

Malheureusement, Dee eut à peine le temps de poser ses lèvres au creux de son cou que déjà, la jeune fille lui écrasait le pied avec ferveur. Dum s'éloigna prudemment en voyant ce que son alter ego était en train de subir.

« Je ne suis pas venue pour que vous profitiez de moi, les Tweedles ! »

Décidément, elle réagissait de plus en plus rapidement ! Avant, ils avaient au moins le temps de goûter sa peau, ou même de défaire un peu sa robe avant qu'elle ne fasse quoi que ce soit… L'injustice de ce monde les surprendrait toujours.

« On ne profite pas de toi, Alice !

-Nous nous contentons d'exprimer notre affection ! »

Ils sentirent son regard dubitatif, et lui offrirent un sourire resplendissant. Elle soupira.

« Je suis venue rendre visite à la Chenille. Je dois lui rendre les livres qu'il m'a gentiment prêtés.

-Gentiment ?

-On parle toujours de la même personne ? »

Son exaspération était palpable.

« Je doute que quiconque soit assez fou pour être gentil en votre présence… »

Ils se placèrent automatiquement à ses côtés lorsqu'elle commença à marcher en direction de la « maison » de la Chenille.

« Que vas-tu insinuer ?

-Nous ne comprenons pas, Alice.

-Oh, ne commencez pas à jouer aux innocents. S'il y a une chose que vous savez bien faire, c'est vous jouer des faiblesses des gens ! »

Elle ne réalisa même pas qu'ils avaient emprisonnés chacune de ses mains dans les leurs.

« Quelle mauvaise image tu as de nous !

-Qu'avons-nous fait pour que tu nous voies ainsi ?

-Vous voulez dire, à part les tentatives de viol ? »

Ils ricanèrent.

« Viol ?

-Tout de suite les grands mots !

-Et puis, tu sais bien que nous ne te ferions rien sans ton consentement ! »

Enfin, presque rien. Mais cela, elle n'était pas censée le savoir.

« Et puis, peut-être serions-nous moins insistants si tu venais nous rendre visite plus souvent.

-Au contraire, tu ferais mieux de venir plus souvent ! »

Ils firent semblant de ne pas entendre son soupir.

« Vous savez très bien que vous n'êtes pas les seuls à exiger des visites.

-Dans ce cas, viens habiter—

-Non. »

Son refus fusa, net et cassant. Ils firent une moue déçue.

« C'est si bien que ça—

-Chez le Lièvre de Mars ? »

Elle haussa les épaules.

« C'est celui avec qui je suis le plus au calme, en tout cas.

-Ce n'est qu'apparence, tout cela.

-Cela finira bien par voler en éclat, d'ailleurs. »

Elle s'arrêta, et ils en firent de même.

« Qu'est-ce que vous voulez dire ?

-Oh, Alice. Tu n'es pas si innocente que cela, tout de même ?

-Tu ne t'es vraiment rendu compte de rien ? »

Elle nia d'un geste de la tête.

« La manière dont il te regarde ?

-Comment il se plie en quatre pour être sûr de ne jamais t'ennuyer ?

-Tu penses vraiment qu'il fait cela—

-Par simple bonté ?

-Le Lièvre n'est pas si gentil que cela.

-Tout le monde le sait ! »

Elle les observa, pensive.

« Qu'est-ce que vous essayez de me dire, exactement ? »

Ce fut à leur tour de soupirer, avant que Dee ne pose sa main sur la tête de la jeune femme, tandis que Dum se contenta de poser la sienne sur son épaule.

« Ce n'est pas grave, Alice.

-Après tout, te le dire reviendrait à lui rendre service.

-Qu'il continue à être embarrassé dans son coin, ce peureux !

-Ça lui va tellement bien ! »

Et puis, si jamais elle en venait à éprouver des sentiments pour lui, cela leur compliquerait grandement la tâche.

« Cela ne vous ressemble pas, de garder des secrets.

-Secret, secret, c'est un bien grand mot !

-En prenant le temps d'observer, n'importe qui s'en rendrait compte ! »

Elle haussa un sourcil.

« Vous sous-entendez que je ne suis pas assez intelligente pour remarquer quoi que ce soit ? »

Ils se lancèrent un regard. Terrain glissant !

« Ce n'est pas exactement ton intelligence qui est mise en cause ici…

-Disons plutôt la perception des personnes qui t'entourent ? »

Elle posa les mains sur ses hanches.

« Avez-vous d'autres remarques désobligeantes à me faire, tant que vous y êtes ? »

Ils s'approchèrent d'elle. Dee la prit dans ses bras, et Dum s'empressa de se coller à elle, peu désireux d'être exclu.

« Alice, ne le prends pas comme ça !

-Mais il faut avouer que concernant ces choses-là—

-Tu ne remarques jamais rien ! »

A leur grande surprise, elle ne tenta pas de se dégager leur étreinte. Elle s'appuya sur les épaules de Dee, et lui murmura :

« Mais qu'est-ce qui vous dit que je ne le fais pas exprès ? »

Leur prise se relâcha en entendant son chuchotement, et elle en profita pour glisser hors de leur porté. Elle les salua d'un signe de la main, avant de partir tranquillement vers la maison de la Chenille. Ils ne bougèrent pas immédiatement, encore sous le choc de la révélation qu'elle venait de leur faire. Lorsqu'ils se décidèrent enfin à se mouvoir de nouveau, elle avait déjà disparu, sa présence trop loin pour qu'ils puissent la détecter.

« Tu y crois, à celle-là ?

-Je ne sais pas. Ce n'est pas impossible, après tout.

-On l'aurait sous-estimé à ce point… ? »

Dum haussa les épaules.

« Peut-être bien. C'est Alice, après tout. Elle continuera sans doute à nous surprendre.

-Alors ce qu'on aurait pris pour de la naïveté—

-Etait tout calculé. »

Les lèvres des Tweedles s'étirèrent en un sourire carnassier.

« Alors, si elle se contentait de nous ignorer volontairement—

-Il suffit de faire en sorte de se faire assez remarquer pour qu'elle n'en soit plus capable.

-Cela devient vraiment intéressant, tu ne trouves pas ?

-Au contraire, cela devient terriblement intéressant. »

Vraiment, Alice aurait dû se douter que révéler une telle information aux Tweedles n'était pas la chose la plus maline à faire. Parce que maintenant, ils avaient trouvé un adversaire qui révélait plus redoutable qu'ils ne l'avaient pensé. Et ils étaient connus pour toujours relever les défis qu'on leur lançait, que ceux-ci soit volontaire ou non.

Pauvre Alice. Elle ne saurait jamais ce qui lui était tombé dessus avant qu'il ne soit trop tard.