Auteur : Minakochan

The Private paints

Avertissement : le contenu de ce chapitre peut choquer certaines âmes sensibles. Si les différences d'âge vous choquent, n'allez pas plus loin.

Pour information : Albus Severus est adolescent (14 ans) et Lucius a une bonne cinquantaine ; la situation est possible dans la mesure où elle m'est personnellement arrivée. Tout dépend du contexte dans ce genre de cas : et étant ado, Albus a tout simplement une envie très forte qu'il n'a jamais ressentie avant.

Chapitre 4 : Dans la chambre de Lucius Malfoy

Tout de blanc vêtu, Godric's hollow ressemblait à une pièce montée grandeur nature. Les enfants emmitouflés se lançaient des boules de neige, d'autres en faisait des « sorciers glacés ». Devant la maison des Potter, deux adolescents construisaient un château de neige avec beaucoup de minutie. Le garçon appela son frère pour obtenir de l'aide et n'eu que des protestations en réponse. Sa sœur se moqua de lui tout en continuant sa construction.

La douce chaleur du soleil ravivait l'éclat de la neige immaculée. C'était une belle journée où les gazouillis d'oiseaux se mêlaient à la joie des habitants du village. Cela aurait égayé n'importe quel enfant, à une exception près : le jeune Albus Severus, plongé dans ses pensées. Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis sa brève entrevue avec Lucius Malfoy, et les questions restaient en suspens, sans réponses. Il n'arrivait pas à éprouver cette légèreté dûe aux vacances et surtout à Noël…

Sa mère le lui avait reproché, son père aussi, James et Lily faisaient semblant de ne rien remarquer. Car, après tout, ce n'était pas la première fois qu'Albus jouait les ténébreux… C'était son caractère, cela avait toujours été ainsi…

Noël arriva comme une délivrance : il sonnait le glas du départ chez les Malfoy. Les trois enfants furent gâtés : James eu le gros lot, un Neptune 4000, très bon modèle de balai. Albus Severus, garçon tranquille, dévora quatre grimoires à peine déballés ; enfin, Lily s'occupa avec grands soins d'un boursouflet orange, fourni avec ses accessoires d'entretien. La fête était au beau fixe dans la maison des Potter ; même Albus souriait et s'amusait. Pour d'autres raisons, il est vrai, mais sa famille s'en fichait bien pourvu qu'il ne joue pas les troubles fête.

Une nuit de pleine lune suivit Noël, donnant un aspect inquiétant au paysage enneigé. L'aube apparut assez tôt, réveillant à peine un jeune sorcier aux cheveux de jais, impatient de partir.

Ginny descendit dans la salle à manger, baillant sans retenue. Elle s'arrêta net lorsqu'elle vit son fils habillé de son manteau, écharpe et bonnet, à côté d'une petite malle fermée.

« - Tu es déjà prêt, mon chéri ? » demanda-t-elle.

« - Oui. » répondit-il simplement.

Albus détourna le regard vers la fenêtre, comme s'il espérait sortir plus vite de sa maison.

Sa mère le prit dans ses bras.

« - Tu vas nous manquer, mon chéri… Combien de temps veux-tu rester chez Scorpius ? »

« - Le temps qu'il faudra. Cela dépendra de Luci…, de Scorpius. » rattrapa-t-il.

« - Je vais te mettre tes beaux vêtements dans ta malle, ils sont très pointilleux là dessus… » dit Ginny en se dirigeant vers la malle.

« - NON ! » s'écria tout à coup Albus. « Je… Je les ai déjà mis dedans ! »

Si sa mère venait à trouver les « Chicaneurs », son père saurait immédiatement ses intentions d'éclaircir la situation et lui interdirait d'aller au manoir des Malfoy.

Une demi-heure plus tard, Albus et sa mère se mirent en route. Ils s'accrochèrent à une poubelle-portoloin et, un tourbillon plus tard, les voici devant le magnifique Manoir. Le jeune garçon avait vraiment peur à cet instant, sa mère le senti et le serra dans ses bras.

« -Si tu veux revenir, utilise le bout de miroir de papa ; nous viendrons immédiatement. »

« - Merci, M'man ! » dit Albus Severus en lui souriant, sincère.

Le petit brun s'avança et toqua à la lourde porte du Manoir. Un elfe demanda l'identité d'Albus et, après vérification, ouvrit dans un grand fracassement, l'entrée du Manoir.

Le jeune sorcier fut invité à attendre dans le petit salon. Winky, l'elfe qu'il avait vu à King's cross, lui servit un jus de citrouille.

« - Le jeune maître se prépare, monsieur ; Winky en est désolée, monsieur ; Winky va aller se pincer les doigts dans la porte pour se faire pardonner ! » glapit le petit être, habillé de ce qui semblait, une gaine de grand-mère. Il détestait vraiment la manière de se punir des elfes de maison.

Une heure plus tard, Scorpius arriva, habillé de pied en cape.

« - Salut Al' ! Winky a oublié de me prévenir de ta venue, cette petite idiote était trop occupée à se punir ! »

« - …euh, d'accord… » dit Albus, ne sachant pas trop quoi répondre.

« - Viens, je vais te montrer ma chambre. » dit Scorpius en le prenant par la main.

Albus eut chaud, tout à coup, mais ne se dégagea pas pour autant. Après plusieurs longs couloirs, les deux garçons pénétrairent dans la chambre de Scorpius. Albus en resta bouche bée : une salle immense s'étendait devant ses yeux émerveillés. Un lit à baldaquin trônait en plein milieu de la pièce, comme si cela en était le principal intérêt. Albus levait les yeux et se dit mentalement que son père avait dû faire de même, à peine plus âgé que lui.

« -Al' ? » demanda Scorpius « tu rêves ou quoi, mon vieux ? Grouilles toi, mon père ne tolère pas que l'on soit en retard aux repas ! »

Les deux adolescents dévalèrent les escaliers de marbre et atteignirent bientôt la salle à manger. Le cœur d'Albus accéléra la cadence dans sa poitrine, Lucius… Il allait le revoir… Mais un rapide coup d'œil lui indiqua qu'il n'y avait que le père de Scorpius à table. Ce dernier ne daigna même pas les regarder.

« - Vous êtes en retard ! »

« - Oh, euh… veuillez m'excuser, père. » dit Scorpius, baissant la tête.

« -Ce n'est pas à toi que je m'adressais, Scorpius. » dit Drago, sans les regarder.

Albus sortit de sa rêverie, réalisant qu'il était la cause des remontrances du père de Scorpius.

« - Je… Je suis désolé, monsieur Malfoy. » dit poliment Albus.

L'homme ne répondit rien.

Les adolescents s'assirent et commencèrent leurs repas.

« - Excusez-moi… » commença Albus, « mais Lucius n'est pas là ? »

Scorpius s'étouffa.

Drago éleva la voix.

« - Nous ne parlons pas à table, jeune impoli ! Et, de plus, comment osez vous appeler mon père par son prénom ? Quelle familiarité ! Pour votre information, il est assez fatigué et ne descend qu'occasionnellement. »

Le reste du repas se déroula sans encombre et Albus se garda bien de poser une nouvelle question, de peur de se faire renvoyer, si près du but.

Albus sorti rapidement de table et fit signe à Scorpius de le suivre. Une fois dans un coin tranquille, Albus Severus put parler librement :

« - Il faut que tu me dises où il est, Scorpius ! »

« - Qui ? »

« - Mais ton grand père ! Je dois le voir et le plus tôt sera le mieux ! »

Scorpius regarda autour de lui et chuchota :

« - Je ne peux pas te laisser faire ! On a déjà eu assez d'ennuis ces dernières années avec lui, ça ne ferai que jeter de l'huile sur le feu ! »

« - Je t'en prie ! Il FAUT que je sache ! »

« - Que faut-il que vous sachiez, jeune Potter ? » fit le ton blasé de Lucius Malfoy, apparu sans bruits.

La soudaine apparition laissa sans voix Albus. Enfin… Comme à King's Cross, tout environnement disparu autour d'Albus et de Lucius. Le jeune garçon était tellement fasciné par Lucius que le reste du monde pouvait bien s'écrouler, cela lui aurait été égal. La première fois qu'il lui avait parlé, il n'avait pas réalisé tout le charisme et le charme de cet homme.

« - Viens avec moi. » dit-il simplement.

Albus ne réfléchit pas et le suivit comme son ombre, dans la petite tour du manoir, qui renfermait la chambre de l'ex Mangemort.

L'escalier en colimaçon sembla d'une longueur interminable à Albus : si près de la vérité, il n'en pouvait plus de voir défiler les marches…

La porte en bois massif apparu comme une délivrance. Lucius la poussa, et dans un grincement, elle révéla la minuscule chambre de l'homme blond.

« - Entrez. » fit Lucius à Albus.

C'était plus un ordre qu'une invitation, et Albus ne demanda pas son reste.

L'intérieur ne payait pas de mine, contrairement au reste du Manoir : une tapisserie défraîchie, un parquet grinçant et un mobilier usé. Voilà où vivait l'ancien maître du manoir Malfoy.

Lucius s'était assis dans l'unique fauteuil, d'un vert virant au jaune pisseux et dont le tissu s'effilochait. Vraiment, la scène était d'une absurdité ! Albus avait toujours entendu dire que Lucius Malfoy ne supportais pas la moindre faute de goût partout où il allait. Comment pouvait-il vivre dans cette pièce décrépie ? Peu importait. Il avait assez attendu.

« - Je voudrais vous poser quelques questions, Monsieur Malfoy. » dit Albus d'un ton très assuré.

Lucius leva un sourcil : cet enfant était bien audacieux… Et la ressemblance physique avec son père troublait de plus en plus l'ex Mangemort.

« - Ne restez pas planté là, approchez. » ordonna Lucius.

Albus s'exécuta. La pièce était trop petite pour que l'on note une différence flagrante de distance, cependant, Albus crût s'approcher trop près de cet homme qui le fascinait. Lucius le jaugea de bas en haut : cet enfant avait une beauté encore plus envoûtante que son père, au même âge. Albus entendait la respiration de l'homme, ainsi que la sienne. Il était de plus en plus pétrifié, et la pénombre ainsi que la proximité ne faisaient rien pour le calmer.

Il ferma un instant les yeux, essayant de se concentrer sur les tableaux privés… Il fallait absolument être plus fort que l'ex Mangemort, il devait être en position de force.

Lucius sentait l'anxiété d'Albus et attendait. L'expérience pouvait être intéressante…

Albus souffla et rouvrit les yeux : il se lançait !

« - Racontez moi ce qu'il s'est passé après la guerre. Avec mon père… »

« - Votre père ? » demanda Lucius.

« - Oui ! Dites-moi ce que vous savez sur… les tableaux privés. »

Le visage de Lucius se durcit.

« - Sortez immédiatement ! » dit-il, élevant tout à coup la voix.

« - Mais…je…non ! Répondez-moi ! » balbutia Albus, décontenancé par la réaction de l'homme.

Lucius se leva en un quart de seconde et attrapa le bras d'Albus. Son visage à quelques centimètres du jeune garçon :

« - Allez vous en ! » chuchota-t-il, avec force.

Albus ne bougea pas : la fascination était trop forte. Il avait du mal à respirer, l'air se bloquant dans sa poitrine. Tous deux haletaient de plus en plus vite. Mais aucun ne bougeait.

Trop de souvenirs douloureux envahissaient Lucius : la fin de la guerre, cette histoire de tableaux, Harry Potter…Harry… et son fils qui lui ressemblait… il lui ressemblait trop… Ce n'était plus Albus qu'il voyait… mais les yeux de Harry… ses joues rosies… sa bouche… ses cheveux… son odeur… son corps… Merlin, il fallait qu'il se ressaisisse ! Il devait se contrôler avant de commettre l'irréparable…

Albus Severus avait vraiment peur, à présent : Lucius effleurait ses yeux, ses joues, sa bouche, ses cheveux… Il avait senti son odeur dans le creux de son cou, ses mains soulevaient son pull et entraient au contact de sa peau… Albus ne pouvait rien faire. Il savait ce qui allait se passer, sans le savoir précisément. Le jeune garçon avait l'impression d'être comme dans un rêve brumeux… Il sentait le souffle chaud et suave de Lucius sur son ventre, sa poitrine… Il ne comprit pas comment son pull disparut… La bouche de l'homme remonta jusqu'à son cou et ce n'est qu'au contact de sa langue s'engouffrant dans sa propre bouche qu'Albus repoussa Lucius de toutes ses forces.

Chacun resta surpris un instant. Albus hésitait entre s'enfuir ou se précipiter vers une expérience qu'il avait inconsciemment désirée. Lucius semblait dans un état second…

Albus se releva soudainement et ouvrit la porte en bois.

« - Veux tu connaître toute l'histoire ? » lança Lucius à Albus, de dos.

Silence

Lucius s'était relevé. Il se colla à Albus Severus. Il souffla à son oreille, avec tout son charme, tel Tom Jedusor séduisant ses victimes.

« - Veux tu que je te révèle sur quels mensonges est bâtie ta famille ? »

Albus ferma les paupières et laissa échapper quelques larmes.

Le prix de la vérité serait-il trop fort à payer ?

Lucius le fit entrer à nouveau dans la pièce et referma la porte en bois, tel un piège se refermant sur le jeune garçon.