Hey, c'est mardi, voici le chapitre 4 ! :D

J'ai bien avancé. Pas dans l'histoire même, non, je vais vous avouer que le chapitre de vendredi n'est même pas encore fini. Mais la construction de l'histoire (merci à Léo !) est à son maximum, je sais presque exactement tout ce qui va se passer, et je me demande vraiment si vous allez toujours m'aimer ._. Pour métaphoriser, je suis gentille et je donne des cookies, mais je vole du chocolat. (c'est réellement arrivé en plus...) Donc voilà, accrochez-vous bien, ici on va en apprendre beaucoup d'un coup... Et c'est pas fini !

Fans de Destiel, ce chapitre devrait vous mettre l'eau à la bouche. Pour les Sabriel, patience, il arrive notre Gabi, probablement au prochain si tout va bien !

Merci à Aspho' pour ses reviews, tu es la seule, mais ça me fait très très plaisir, j'adore ! Allez les gens, motivez moi s'il vous plait ._.

Je rigole, j'écris pour le plaisir, mais avoir des avis c'est toujours bien quoi...

La bonneuh lecture ! Des bisous !


Rozary regarda sans vraiment comprendre Sam sortir en courant, suivi par Johannes, pendant que Castiel avait l'air d'être dévasté, hésitant, regardant tout à tour par la fenêtre, puis vers elle. Fermant les yeux, semblant se concentrer, il expira un peu avant de prendre un air plus détendu, et de se lever. « Viens...

- Mais... Pourquoi ne pas parler ici ?

- J'ai dit : viens. »

Elle se leva donc et le suivit à travers le château, jusqu'au septième étage, où il fit plusieurs aller-retours dans le couloir, avant d'avancer vers elle, qui n'avait pas bougé d'un pouce, le regardant faire. Il passa à sa gauche, et ouvrit une porte, dont elle était sûre qu'elle n'existait pas lorsqu'ils étaient arrivés. Pénétrant à sa suite, elle regarda autour d'elle, pour voir ce qui ressemblait à... La salle commune. « Castiel... Où sommes-nous ?

- La Salle sur Demande. Elle prend l'apparence de ce dont tu as besoin en l'invoquant. Et j'ai besoin de me sentir bien, comme avant que tout cela commence... D'où la salle commune.

- Pourquoi tu te sens mal ?... Et pourquoi tu me le dis ? Tu n'as pas l'air de parler de ce que tu ressens aussi facilement...

- Parce que pour que tu comprennes ce qui t'arrive, je vais devoir en parler, justement. Et parce que personne ne doit pouvoir écouter ce que je vais te dire. Certaines choses doivent demeurer secrètes, et je n'ai pas confiance en grand monde...

- Ca veut dire que tu as confiance en moi ? » Il répondit d'un regard. « Mais... Pourquoi ?

- Parce que tu t'es enracinée.

- … Je me suis quoi ?

- Enracinée. Au début, tu n'as pas compris ce qui t'arrivait. Quand tu l'as vu, il t'a semblé étrange, mais tu n'as pas compris, et tu es passée à autre chose. Puis quand tu l'as revu, tu as su que tu avais froid avant d'être avec lui, mais que tu ne t'en étais pas rendu compte. Tu ne connais pas la couleur de ses yeux, tu ne sais pas comment vous faites pour vous retrouver lorsque vous êtes séparés, et rien que l'idée qu'il lui arrive quoi que ce soit te fait du mal, c'est pour ça que tu hésite à accomplir la mission que ta mère t'a confiée...

- C'est la légende que Dumbledore m'a racontée... Le lien qui le Druide avec...

- Avec sa famille, répondit Castiel. Pas la famille de sang, la vraie famille, la famille des âmes. Un Druide ne s'enracine qu'une fois au cours de sa vie. Et si la personne avec qui il s'est enracinée meurt, il meurt aussi. Si l'un souffre, cela arrive aux deux, et c'est la même chose pour le bonheur. » Rozary s'assit. C'étaient beaucoup d'informations d'un coup, et il lui semblait que sa tête allait exploser. Mais elle comprit soudain quelque chose, une phrase qu'il avait prononcé et qu'elle n'avait pas relevée...

« Comment savez-vous pour ma mère ? Et ma mission ?...

- Parce que tu es l'exact opposé d'elle, tout en lui ressemblant. J'étais deux ans au-dessus de Bellatrix, à l'école. Elle ne doit certainement pas se souvenir de moi, d'ailleurs. Je suis quelqu'un de très discret...

- Je dirais pas ça...

- Ah ? Est-ce que le nom de Novak te dit quelque chose ?...

- Novak ?... C'est le nom de cette famille de sorciers qui s'est fait exterminer par le Seigneur des Ténèbres, non ? Plus aucun survivant de ce sang...

- Si. Moi. Vois-tu, j'ai reçu presque exactement la même éducation de toi, une famille aisée de Sang-Pur, les autres ne sont que parasites. En sortant de Poudlard, je suis devenu Médicomage, plutôt efficace d'ailleurs, mais je n'avais jamais tourné le dos à ma famille. Jusqu'à-ce que le Lord me le demande. Que sais-tu de ta mère ?

- Euh... Que Vous-Savez-Qui l'a formée, qu'elle a épousé mon père pour la pureté du sang, qu'elle a torturé les Londubat, puis été enfermée à Azkaban... Avant de s'évader l'année dernière.

- Elle n'est pas la seule que le Seigneur des Ténèbres aie formé en personne. Je fus le premier, à vrai dire. Il me prit sous son aile et m'apprit beaucoup de choses, dont certaines me semblaient vraiment mauvaises, même venant lui. La discrétion était ce qui l'importait le plus, mais vois-tu, il avait besoin de publicité, de prouver au monde qu'il ne fallait pas seulement le craindre lui, mais aussi ses adeptes. Surtout ses adeptes, en fait. Et je ne rentrais pas dans le moule. Mais comme je pouvais toujours lui être utile, il choisit de me faire disparaître aux yeux du monde. Un soir où je rendais visite à mes parents, il est apparu, et les a exécutés, purement et simplement, avant de me faire signe de le suivre. Pour prouver ma loyauté, je devais finir cette mission, et faire disparaître mon nom de la surface de la terre. Je ne comprenais pas pourquoi, lui qui désirait plus que tout la pureté du sang, désirait tellement exterminer une famille entière de sang pur, mais jeune, aveugle et effrayé que j'étais, je lui obéis, allant jusqu'à mettre en scène ma propre mort.

« Après ça, je fus véritablement à son service. Je n'existais plus que pour lui, et ses ordres. Tuer quelqu'un, ramener un objet, faire disparaître des preuves... Tout cela m'était confié. Je n'avais plus aucun libre arbitre.

« Un jour, il me demanda d'aller voir les druides. Il désirait les rallier à sa cause. J'avais pour mission de revenir avec des alliés, ou de ne laisser personne derrière moi. J'ai donc pris la route au moment même, allant à la recherche de ceux qui avaient presque disparu. Je me guidais avec des rumeurs, jusqu'au jour où je suis arrivé dans un petit village, au bord d'une forêt. Il n'y avait qu'une poignée de maisons, je croisai deux garçons de mon âge en approchant, et demandai où je pouvais trouver la personne qui pouvait m'aider. Je ne pouvais pas détacher mes yeux des leurs, c'était étrange, je n'y comprenais rien. Quand j'arrivai devant la maison des Anciens, je me ressaisi, et entrai. Deux personnes étaient assis dans des fauteuils abimés, un couple, visiblement. L'homme semblait mal en point, assis près du feu, essayant de se réchauffer comme il pouvait. La femme me regarda, la même lueur dans les yeux que les deux jeunes hommes, puis leur demanda de partir et de nous laisser.

« Je me sentais bizarre. Vraiment. Comme si elle savait. Je pense que c'est le cas, d'ailleurs. Elle me dit qu'elle savait pourquoi j'étais là, mais qu'elle refusait la proposition. Et que si je voulais exécuter mes ordres, j'en avais totalement le droit, mais que cela me tuerait, moi aussi. Je n'ai rien compris, j'avais déjà ma baguette en main, mais quelque chose m'en empêchait, tout au fond, je savais qu'elle avait raison. Elle me sourit, et m'invita à m'asseoir. Puis elle m'expliqua...

« Cette vieille dame était bien plus âgée qu'elle ne le semblait, et avait immédiatement reconnu les signes. Lorsque je lui demandai lesquels, elle me dit que je m'étais enraciné, et m'expliqua ce que je t'ai dit tout à l'heure. Que si cette personne mourait, je mourrai, et que par conséquent le tuer revenait au suicide. Mais elle savait également ce qu'il adviendrait si je ne les tuais pas. Elle comptait sur ma discrétion, dit qu'elle était prête à se sacrifier s'il le fallait, car c'était son destin, et elle s'y était résolue depuis longtemps... Rien que le fait que l'Harmonie allait enfin se rétablir, et que ses petits-fils puissent connaître cette époque, était tout ce qui lui importait.

« Nous avons donc conçu un plan. Je simulais la mort de ce qui restait de sa famille, ainsi qu'elle m'aie échappé. Je prenais soin d'eux. Elle se chargeait du reste... Et c'est ce que j'ai fait. J'ai tout brûlé, la forêt entière, le simulacre du parfait petit massacre, jusqu'à endurer un sort lancé par la Druidesse qui me fit perdre connaissance. Sam et Dean étaient en sécurité, à l'autre bout du monde, dans un château où leurs pouvoirs étaient affaiblis et indétectables... Le Seigneur des Ténèbres apparut, et finit le travail en un clin d'oeil, après lui avoir fait avouer la naissance de Johannes. Après quoi il l'acheva. Il s'est tourné vers moi, et cette lueur qu'il y avait dans son regard, je ne l'avais jamais encore vue pour moi. Je l'avais déçu. Il voulait que je me rachète. J'ai donc fait évader tes parents, ainsi que plusieurs autres, et j'ai recommencé à travailler dans l'ombre, tout en prenant soin de Sam et Dean...

« Nous avons trouvé d'autres Druides, ainsi que d'autres sorciers qui adoptaient les mêmes croyances. Nous essayions le plus possible de rassembler du monde, car la guerre qui se prépare est pire encore que tout ce que tu peux imaginer... Et dans l'après-midi, Dumbledore nous a contactés. Il était certainement au courant de nos agissements depuis un moment, mais n'avait pas levé le petit doigt, ni pour nous arrêter, ni pour nous aider. Et là, il avait besoin d'aide. C'était urgent, a-t-il dit. Nous avons transplané, avant de le suivre à l'infirmerie, où Johannes était évanoui sur un lit. Il n'aurait pas du se relever, rester allongé à se reposer, mais Dean avait compris, et nous l'avons donc suivi jusqu'au tunnel d'évacuation... La suite, tu la connais. »

Rozary resta là, sans prononcer un mot, pendant quelques secondes. Ainsi, il comprenait réellement ce qu'elle endurait. Et lorsque Bellatrix l'avait torturée, cela avait également atteint Johannes... Cela expliquait son état, lorsqu'ils s'étaient retrouvés. Et elle se détesta pour cela, pour avoir involontairement fait souffrir cet être si pur qui n'avait rien demandé à personne et qui se trouvait embarqué dans toute cette histoire contre sa volonté... Elle n'osait pas parler, à vrai dire. C'était trop pour elle, trop dur à digérer, et elle se doutait que ce n'était que le début d'une longue série d'informations, d'histoires, et d'évènements qui la changeraient à jamais... Tout comme cela avait changé Castiel. Peut-être était-ce pour cela, d'ailleurs, qu'il était si... Etrange.

Le temps passa, dans ce silence à peine gênant, où Castiel tentait de se reprendre, et de ne pas sembler aussi atteint qu'il l'était en réalité, où Rozary en oubliait les secondes qui passaient. Comment pouvait-elle se plaindre de sa vie, alors que son vis-à-vis, ainsi que certainement un bon nombre d'autres personnes, avaient vécu de telles atrocités, et s'en sortaient de la sorte ? Ce sorcier était fort, vraiment, et par ''fort'' elle n'entendait pas le sens « puissant » du terme, mais bien le courage, la bravoure, l'envie de se relever et d'avancer... Elle attribua cela à Dean immédiatement. Cela semblait évident. Ils étaient ce « tout » qu'on lui avait décrit plus d'une fois... Et cela lui amena une autre question. Plus gênante, mais il fallait qu'elle la pose, et elle sentait qu'il lui répondrait.

« Castiel ?... » L'intéressé plongea son regard de glace dans ses yeux. « L'enracinement... Est-ce que c'est comme être en couple ? Enfin je veux dire...

- Non, répondit-il, voyant qu'elle cherchait ses mots. C'est bien plus fort qu'un couple. C'est une seconde moitié de toi, cette personne peut être ton opposé comme ton semblable, du même sexe ou non... Il se peut même qu'un Druide ne s'enracine jamais. Mais si cela lui arrive, c'est un lien aussi beau que dangereux. Comme tu le sais, il peut être mortel, et protéger l'autre est un automatisme auquel on ne peut que difficilement échapper... Comme quand Sam et Johannes sont partis réconforter Dean. Si je m'étais écouté, j'aurais été à ses côtés bien avant eux. Mais cela se travaille. Avec de l'expérience et de la volonté, on peut supporter l'éloignement, tout en gardant une connexion permanente avec l'autre.

- Cela veut dire... Enfin... Est-ce que Dean et vous... ?

- C'est personnel. Mais tu comprendras bien assez tôt que c'est bien plus que ça. Si, par exemple, Johannes venait à avoir une relation sexuelle avec quelqu'un, tu ressentirais exactement la même chose que lui, au moment où il le ressent. Tout comme la douleur. Et si cela t'arrive alors que tu es en public, cela peut être... Gênant. Tandis que si deux êtres enracinés couchent ensemble... C'est indescriptible, il faudrait que tu le vive pour le comprendre. Cela dit, et pour te répondre : non, s'enraciner ne veut pas forcément dire partager le même lit. D'après les légendes, certains Druides enracinés avaient chacun leur propre famille, et arrivaient assez à travailler leur lien que pour pouvoir continuer à vivre chacun de leur côté. Donc non, tu ne seras pas obligée de te marier et d'avoir des enfants avec Johannes, le Destin n'est pas si injuste, il te laisse le choix. C'est à toi de savoir ce que tu veux réellement au fond de ton cœur, en sachant que plus jamais tu ne pourras te passer de lui, que ta vie dépend de la sienne, et inversément... »

Décidément, il faudrait qu'elle apprenne à garder ses questions pour elle-même... Chaque fois qu'elle demandait des informations à Castiel, elle en revenait avec encore plus d'interrogations, avait-il un lien de parenté avec Dumbledore ? Non, il avait mis fin aux jours de sa famille... C'était horrible. Elle avait beau se sentir de moins en moins proche de sa mère, quelle serait sa réaction si quelqu'un venait la tuer devant ses yeux ? Et son père, dont elle n'avait presque aucun souvenir ? Les Malfoy ?

Castiel avait les yeux perdus dans les flammes qui crépitaient... Il était resté debout depuis qu'ils étaient entrés, là, à côté de la cheminée, racontant plus son histoire au feu qu'à elle-même, ne tournant la tête vers elle qu'en de rares occasions. Et dans ce regard si significatif dans lequel elle se perdait, elle finit bientôt par voir la glace fondre. Elle aperçut le vrai Castiel, celui qui avait tout sacrifié pour une cause qu'il croyait juste, avant de se retrouver lui aussi embarqué dans une histoire trop grande pour lui, trop lourde pour ses épaules... Plus il lui parlait, et moins son regard lui semblait froid, mais juste... Humain. Elle comprenait ce qu'il vivait, et même si certaines choses étaient inimaginables, elle frissonnait rien qu'en y songeant...

Ses gestes furent automatiques. Elle se leva, lentement, et s'approcha de lui, jusqu'à se retrouver à quelques centimètres seulement du Mangemort, et de le prendre dans ses bras, sans réfléchir. Elle savait que c'était ce dont il avait besoin, là, tout de suite. Ce n'était certes pas Dean qu'il enlaçait, mais il serrait dans ses bras quelqu'un qui connaissait la vérité, la première personne qui provenait réellement du même monde que lui, et qu'il pouvait aider à ne pas reproduire les mêmes erreurs. Qu'il pouvait prendre sous son aile, avec qui parler, rire, de ces actualités magiques que Sam et Dean, bien que passionnés par la sorcellerie, ne comprenaient pas forcément...

Lorsqu'ils se séparèrent, Rozary vit la personne qu'il était. Pas le sorcier enraciné et à l'air déterminé malgré sa perdition, mais bien lui, entier, cet homme aux yeux pétillant qui lui souriait doucement. Ils n'avaient pas besoin de mots. Ils savaient qu'il la remerciait et qu'elle comprenait. Ils savaient aussi qu'elle commençait, grâce à ses Racines communes avec Johannes, à voir non plus l'humain, fait d'os et de viande, mais bien l'âme, les énergies, ce qui fait de quelqu'un qu'il est lui. La glace avait fondu, dans les yeux de Castiel, et elle le voyait à présent tel qu'il était réellement. Un être plein d'affection, et d'émotions, quelqu'un qui désirait juste être heureux, qui était prêt à tout pour cela, même à trahir une vie de croyances et d'éducation extrêmes juste pour pouvoir... Vivre. Et plus que ça, il y avait comme de la fierté dans les yeux azur qui la fixaient. Cette lueur qu'elle avait tant espéré voir dans le regard de ses proches apparaissait dans celui dont, il y a quelques heures à peine, elle ignorait l'existence. Mais rien ne comptait, si ce n'était ça. Elle avait compris, sans réellement l'apprendre, à voir qui sont réellement les gens en leur for intérieur...

Castiel souriait. Même si elle l'avait vu sourire auparavant, ce n'était rien de comparable à ce que cela lui procurait maintenant. Elle arrivait presque à ressentir tout ce qu'il tentait de lui dire, non seulement à travers ce sourire, mais aussi à travers ses yeux. Comment avait-elle pu trouver qu'ils étaient semblables à de la glace ? Ils étaient bien plus que ça, expressifs, joueurs, emplis d'étincelles, de vie... Et pourtant, déterminés, une pointe de tristesse, c'était fou tout ce qui passait par un regard, jamais elle ne se serait attendu à quelque chose de la sorte ! Elle comprenait à présent comment Johannes faisait pour comprendre ce qu'elle ressentait malgré son masque impassible... C'était naturel. Elle avait lu quelque part que les yeux étaient le reflet de l'âme. Que, si on faisait attention, on pouvait tout lire dans un regard. C'était exactement ce qui se passait, en ce moment. Notant mentalement qu'il faudrait qu'elle retrouve ce livre, elle remarqua une étincelle de douleur chez Castiel. N'osant pas lui poser la question, elle garda le silence, mais il prit la parole. « Dean et les autres sont rentrés au château... »

C'était donc ça !? Il avait réussi à sentir que Dean n'avait plus son libre arbitre à cause des murs et protections magiques malgré la distance, et tout ce qui les séparaient ? Et elle, en serait-elle capable, lorsqu'elle aurait apprivoisé son enracinement ?... Sûrement...

Le suivant à travers le château, elle remarqua une douce chaleur se répandre en elle au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient du bureau qu'ils avaient quitté ce qui lui semblait être des mois plus tôt. Sans regarder Castiel, elle sentit qu'il en était de même pour lui, toutefois dans une autre mesure... Mais, en un sens, c'était logique. Chaque personne était différente, chaque vie, chaque âme, chaque énergie... Il était donc normal que les liens qui unissent ces personnes soient différents, eux aussi, même si l'enracinement était quelque chose de très fort et de très complet qui avait beaucoup de similitudes chez chacun, il y avait toujours quelque chose de différent... C'était ce qui rendait la chose si belle...

Arrivés devant la porte, elle hésita, laissant le Mangemort passer devant elle. Pourquoi ce temps d'arrêt avant de pénétrer dans la pièce ? A dire vrai, elle n'en était pas certaine elle-même, peut-être pour garder un temps de pause entre tout ce qu'elle avait appris, entre ce qu'elle allait encore apprendre, et les retrouvailles avec Johannes, après tout, c'était possible... Mais le plus probable était qu'elle voulait être prête à enfin voir ces Druides avec son nouveau regard, à enfin comprendre ce qu'elle n'avait jusqu'alors qu'entrevu...

Se retournant après avoir fermé la porte derrière elle, Castiel remettant en place les sortilèges comme il l'avait fait plusieurs fois auparavant, son regard fut instantanément capté par ce qui lui semblait être une boule de lumière, non loin d'elle. Une lumière blanche, pure, et pourtant, elle n'était pas éblouie. Souriante, elle s'approcha de Johannes et de son regard énigmatique, pétillant, le prenant dans ses bras, et profitant de cette chaleur qu'elle pensait avoir perdue. C'était si bon de le retrouver, de se sentir à présent entière à nouveau, de l'avoir, là, tout contre son cœur... Malgré ses yeux fermés, elle sentait qu'il était heureux, comme s'il avait compris comment elle le voyait. Comme s'il tentait de la rassurer, qu'elle ne s'en veuille pas pour tout ce qu'il avait du subir par sa faute... C'était le cas, songea-t-elle. Elle le savait, au plus profond d'elle-même. Il l'avait pardonnée avant même qu'elle ne fasse quoi que ce soit. Mais elle, pourrait-elle se pardonner tout ce qu'il avait enduré par sa faute ?...

Habituellement, lorsqu'elle était dans les bras de Johannes, rien ne pouvait la distraire. Mais ses habitudes étaient en train de changer radicalement, et elle ne pouvait rien y faire. Un mouvement non loin d'elle la fit se séparer du Druide, et lorsque ses yeux se posèrent sur l'origine de sa distraction, elle eut le souffle coupé. Dean et Castiel, tout comme Johannes et elle quelques instants auparavant, se tenaient dans les bras l'un de l'autre, les yeux fermés, comme si plus rien au monde n'existait. Ils étaient entourés d'un halo argenté des plus clairs, tourbillonant, hypnotisant, d'une telle beauté qu'il était presque impossible d'en détacher le regard. Le seul mot qui lui vint à l'esprit était « magique », mais ce n'était pas assez fort pour décrire ce qu'elle voyait. C'était plus que de la magie, c'était un tout, l'Unité incarnée. La vérité. L'évidence. Ce n'était pas seulement le sentiment de plénitude qui se dégageait d'eux, ou qu'on pouvait lire sur leur visage, non, c'était bien plus que ça. Indescriptible, malgré tous les mots qui composaient son vocabulaire, elle était certaine que même aucun mot existant ne pouvait décrire ce qu'elle avait sous les yeux en ce moment précis...

Ils se dégagèrent. Et plus ils s'écartaient l'un de l'autre, plus cette aura qui les enveloppait s'estompait, tout en se renforçant. C'était magnifiquement douloureux, de voir à quel point ils avaient envie de rester l'un contre l'autre éternellement, mais que malgré la distance qui les séparait à présent, ce qui les unissait restait présent, et le resterait quoi qu'il arrive...

Assis dans un coin près de la cheminée, Sam regardait la scène en souriant. Il était véritablement heureux pour son frère, on pouvait le voir sur son visage, dans ses yeux brillants, dans toutes les énergies qui émanaient de lui... Il était véritablement beau, lui aussi. Physiquement bien sur, personne n'aurait pu en douter, mais cette lueur dans ses yeux, ce sourire... Jamais il n'aurait pu faire quoi que ce soit de mauvais, Rozary en était certaine. Il tourna son regard vers elle, justement, et dans ses yeux indescriptibles elle lut non seulement le bonheur, le vrai, malgré de petites lueurs plus sombres, mais elle y vit aussi ce qu'elle avait vu plus tôt dans les yeux de Castiel... De la fierté. Lui aussi avait compris comment elle les voyait à présent, qu'elle avait franchi une étape, et pas des moindres, celle de comprendre et de voir véritablement les personnes comme ils étaient, comme les Druides le faisaient, comme si elle voyait à travers leurs yeux. Ce qui, en soi, était le cas...

Mais chaque chose a une fin. Et les yeux de Sam se voilèrent d'une manière étrange, comme s'il était ailleurs. On ne pouvait plus rien lire de lui, plus rien ne l'entourait, comme si elle n'était plus qu'une simple sorcière incapable de voir et de comprendre... Elle regarda à nouveau Dean et Castiel, avant de se rendre compte que le problème ne venait pas d'elle, mais de Sam... S'avançant vers lui, elle s'agenouilla devant le Druide, se mettant à sa hauteur, essayant de comprendre ce qui se passait, n'osant pas le toucher, pendant que derrière elle s'approchaient les autres.

Après ce qui lui parut une éternité, Sam cligna des yeux, et tout sembla redevenir normal. Les pétillements dans ses yeux, les énergies autour de lui... Pourtant différentes. Elle ne savait pas ce que c'était. Il plongea son regard dans celui de quelqu'un se trouvant derrière elle. « Castiel... Il faut contacter Charlie. Je l'ai vu... »

Rozary regarda autour d'elle, ne comprenant rien. Castiel hocha la tête, sa baguette glissant de sa manche jusque dans sa main, et s'approcha de la cheminée, devant laquelle il s'agenouilla, murmurant des paroles incompréhensibles, avant de lancer une poignée de ce qu'elle reconnut comme étant de la Poudre de Cheminette. Tous attendaient, dans une certaine mesure. Castiel semblait vouloir que cela fonctionne, mais elle n'aurait pu le dire, ne sachant même pas ce qu'il avait fait. Sam semblait troublé, parce qu'il avait vu, ou ce qui allait se produire, ou tout autre chose encore. Dean, lui, était déterminé, mais aussi curieux de savoir ce qu'avait vu son frère. Et Johannes, lui, semblait trépigner d'impatience, semblant comprendre qu'il allait voir quelque chose d'incroyable encore une fois, lui qui connaissait à peine la magie. Elle fut bluffée de pouvoir dire tout ça sur toutes ces personnes... Jamais elle n'avait analysé les gens de la sorte, sans se tromper, elle en était certaine !

Les flammes crépitèrent, étincelles vertes, qui se transformèrent en un brasier couleur émeraude, emplissant toute la cheminée l'espace de quelques secondes, avant de disparaître, laissant place à une forme humaine enflammée. Jamais Rozary n'avait encore entendu parler d'une telle utilisation de la Poudre de Cheminette. Elle ignorait même que l'on puisse en utiliser dans l'enceinte de Poudlard... La forme humaine parla. Une voix féminine, chantante, sortit de ses lèvres de flammes. « Castiel ? Que se passe-t-il ?

- Il faut faire vite, Charlie, nous n'avons pas beaucoup de temps, répondit-il. Le réseau de cheminées du château est protégé, et ce n'est qu'une question de minutes avant que quelqu'un ne sache ce qui se passe...

- Charlie, dit Sam précipitemment. Je crois que je l'ai vu. Le dernier Maître Druide. Le plus puissant ayant jamais existé, le plus vieux Druide encore en vie, celui qui pourrait nous aider à rétablir l'Harmonie !

- Ok, Sam, on est sur le coup. Décris nous ta vision.

- Euh... La mer... Je ne sais pas laquelle, mais il est sur une île ! Très verte, mais aussi très froide, il y avait de la neige... Des cascades, des falaises au-dessus de la mer...

- Chéri, tu es au courant que ça peut être n'importe quelle île scandinave, ça ? Tu n'as pas un détail pour moi ?

- Non... Des maisons avec des toits en herbe... Des moutons... Un cirque. Et des Alchémilles...

- Des quoi ?

- La plante, l'Alchémille !

- D'accord. Comment je vous préviens que j'ai trouvé ?

- Trouve une solution, répondit Castiel. Il faut partir, maintenant. Au revoir Charlie, et merci !

- Salut les filles ! »

Et la silhouette de flammes disparut. Tous se regardèrent. Ce qui venait de se passer allait changer leur avenir à tous, ils en étaient certains. Et même si Rozary ne comprenait absolument pas comment Sam avait pu avoir une vision, ou comment Castiel avait contacté cette Charlie dans Poudlard, elle savait que ce qu'elle venait d'entendre était des plus important. Mais elle n'osa pas poser de question. La peur de paraître stupide, ou de les ennuyer avec ses questions incessantes... Heureusement pour elle, Johannes était aussi curieux qu'elle sur le sujet. « Vous m'avez dit tout à l'heure qu'il ne restait plus aucun Maître...

- C'est vrai, répondit Dean. Les véritables Maîtres Druides sont tous morts. Mais il en reste un. Très puissant, savant, et instruit. Celui qui pourrait nous enseigner le savoir perdu depuis des années. Celui qui nous aidera à... » Il fut interrompu par un estomac gargouillant. Rozary rougit légèrement, s'enfonçant dans son fauteuil.

« Rose... Depuis combien de temps n'as-tu pas mangé ? » lui demanda Johannes. Ce fut un soulagement de se faire appeler par son surnom, réalisa-t-elle. Elle ne voulait plus jamais entendre son véritable prénom. Jamais.

« Je... Je n'en sais rien... Au petit-déjeuner... Hier, compléta-t-elle en voyant les premières lueurs du jour illuminer la Forêt Interdite. Il lui semblait qu'il s'était déroulé des années depuis la veille, lorsque tout allait bien ou presque...

- Descendez manger, répondit Castiel. Puis retournez en cours. Je vous ferai savoir si Charlie nous donne des nouvelles...

- Mais...

- Pas de mais, Rose. Il ne faut pas éveiller les soupçons. Agissez comme d'habitude, comme si rien ne s'était passé. Personne ne doit savoir.

- Et vous ? Vous ne mangez pas ? Vous allez rester enfermés ici en attendant que Charlie vous dise qu'elle a trouvé quelque chose ? Et si c'est dans plusieurs jours ?

- Ne t'en fais pas pour nous. L'important est que personne ne sache que nous sommes ici. Pour le reste, on se débrouillera. »

Rozary hocha la tête, éreintée mais déterminée, reprenant son masque impassible habituel, bien qu'elle sache qu'elle ne pouvait berner personne dans cette pièce, elle espérait pouvoir tenir et agir comme à son habitude en cours et, surtout, face aux autres... Avec son nouveau regard, elle ignorait quelle serait ses réactions en voyant les habitants de Poudlard...