Et voici le dernier chapitre !
A la suite d'une erreur, le chapitre 3 n'avait pas été posté correctement et avait été remplacé, à un moment donné, par le chapitre 2. Il est possible que vous n'ayez pas lu le 3. Si c'est le cas, je vous invite à le faire !
Bonne lecture !
IV.
AIME-MOI
Les mois s'écoulaient tranquillement, à présent. Les crises de Gabriel se raréfiaient, ses angoisses se calmaient à force de travail acharné.
La vie avait repris son cours.
Sam se réveillait parfois les nuits pour calmer les cauchemars de Gabriel, mais celui-ci savait dorénavant gérer la plupart d'entre eux tout seul, et menait à présent une vie presque normale. Il avait retrouvé un peu de mojo, même si ses pouvoirs demeuraient faibles. Il chassait avec eux, et s'était révélé incroyablement redoutable en tir, ce qui était un atout précieux lorsqu'il devait se retrouver sur le terrain. Il aidait Jack à maîtriser ses pouvoirs, et avait recommencé à rire et à plaisanter.
En apparence, il était redevenu ce bon vieux Gabriel – comme Dean ne manquait pas de le faire abondamment remarquer, non sans acidité.
Il n'y avait que Sam pour voir une différence, en fait. Lorsqu'ils étaient seuls tous les deux, Gabriel se montrait volontiers plus sombre, moins gai.
Un jour, toutefois, il tenta d'embrasser Sam.
C'était venu comme ça, sans prévenir. A un moment, ils discutaient tranquillement dans la chambre du chasseur, de tout et n'importe quoi, comme ils en avaient pris l'habitude lors de leurs nuits d'insomnies partagées. La minute d'après, Gabriel tentait de l'embrasser. Sam eut juste le temps de le repousser gentiment.
─ Tu ne veux pas de moi, se résigna sombrement Gabriel. Je… je suis désolé. Je croyais… désolé. Je… je vais…
─ Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? demanda Sam en l'empêchant de partir, le retenant par la main.
Gabriel évitait de le regarder.
─ Je voulais… enfin… tu prends tellement soin de moi, c'est toi qui m'as sauvé et qui m'a remis sur pied… je voulais te remercier.
Sam en resta estomaqué.
─ Tu… tu n'as pas besoin de me remercier !
─ Je voulais te montrer ma reconnaissance, d'accord ? balbutia Gabriel. Tu as tellement fait pour moi, et tu es toujours là, et… enfin… ce serait une forme de récompense ?
─ Oh, Seigneur, Gabriel, soupira Sam, toujours incrédule. Tu veux… tu veux m'offrir ton corps pour… pour me dire merci ? Oh, mon Dieu.
─ Ce n'est pas tout à fait ça non plus, siffla l'Archange en se dégageant. C'est juste… c'est grâce à toi si j'ai survécu et si je vais de mieux en mieux chaque jour, parce que tu prends soin de moi comme personne n'a… Mais je comprends, tu ne m'apprécies pas, et je suis abîmé, pour couronner le tout.
─ Gabe ! protesta Sam. Ça n'a rien à voir avec ça ! Je t'apprécie énormément et tu n'es pas abîmé. Pas pour moi en tout cas. C'est juste que… comment veux-tu que je fasse ça ? Je te respecte trop pour te prendre comme une sorte de récompense. Je n'ai pas pris soin de toi pour pouvoir profiter de toi ensuite !
─ Pourquoi, alors ?
Le ton de Gabriel se voulait agressif, mais en réalité, il semblait vulnérable. Il s'était posé la question tous ces mois, comprit Sam. Il avait pensé qu'il ne méritait pas qu'on prenne soin de lui. Il pensait qu'il devait y avoir une raison derrière tout ça. Pour utiliser ses pouvoirs, peut-être, ou son influence, ou pour qu'il tue Lucifer, ou… pour que Sam puisse passer du bon temps avec lui.
─ Gabriel. J'ai pris soin de toi parce que tu mérites qu'on prenne soin de toi. Je l'ai fait parce que je t'apprécie, parce que tu comptes pour moi, et que tu fais partie de la famille. C'est… c'est normal. Ça va de soi. Je l'aurais fait pour n'importe qui.
Gabriel renifla.
─ Il disait le contraire.
─ Asmodeus ? Tu veux dire, le démon tellement faible qu'il lui a fallu une Grâce d'Archange pour réussir à faire quoi que ce soit de sa vie ? Le type tellement minable que même ses associés le trahissent ?
La pourriture que je vais tellement faire souffrir qu'il va pleurer en appelant sa mère ?
Les lèvres de Gabriel se retroussèrent légèrement.
─ Est-ce que tu veux en parler ? demanda Sam après un silence.
Gabriel hésita, puis acquiesça.
Ce fut une longue nuit. On ne racontait pas huit ans de tortures, de souffrances, d'emprisonnements et d'humiliations en quelques minutes. Sam écouta, désespéré. Lorsque Gabriel alla se coucher, il ne put s'empêcher de donner un violent coup de poing dans le miroir de la salle de bains.
Gabriel n'avait pas mérité ça.
─ Au fait, annonça Sam une semaine plus tard, alors qu'ils prenaient le petit-déjeuner. Hier, j'ai tué Asmodeus.
Dean en recracha sa gorgée de café. Castiel haussa les sourcils, Jack fronça les siens. Gabriel releva la tête avec intérêt et prudence.
─ Tout seul ? demanda Castiel.
─ Oh, Rowena m'a aidé avec un ou deux petits détails, dit Sam d'un ton détaché. Elle est très contente de son tout nouveau trône, d'ailleurs.
─ J'espère que ce salaud a souffert, lança Dean.
─ Beaucoup, le rassura Sam.
─ Il est vraiment mort ? demanda Jack.
─ J'ai vérifié trois fois et brûlé son corps pour être sûr.
─ C'est fini, alors ? demanda Gabriel, la voix légèrement tremblante.
─ Oui, affirma Sam en le regardant droit dans les yeux. C'est fini pour de bon.
Gabriel lui adressa un immense sourire.
Quelques semaines plus tard, Sam trouva Gabriel assis sur le capot de l'Impala, café à la main, le regard plongé dans l'horizon.
─ Tu sais, lui confia Gabriel, je crois que ça va un peu mieux.
─ Je pense aussi, confirma Sam.
─ Je ne suis pas sûr que je serai de nouveau comme avant, ajouta Gabriel en tournant sa petite cuillère en plastique dans son gobelet en plastique. Et il y a encore du travail à faire. Je ne guérirai certainement jamais entièrement, mais… j'ai l'impression que ça ira, au final.
Sam lui sourit.
─ J'en suis heureux, Gabriel.
Sam savait qu'il fallait des vies entières pour guérir d'un traumatisme, et que parfois, il n'y avait pas de guérison possible. Mais Gabriel était un Archange multi-millénaire. Ça irait.
Après un silence, l'Archange reprit :
─ J'ai entièrement retrouvé mes pouvoirs.
─ Oh.
Honnêtement, Sam ne savait pas quoi dire. Il était heureux pour Gabriel, et il s'efforçait sincèrement de ne pas laisser ses propres pensées interférer dans le processus, mais… secrètement, il était effrayé que ce soit la fin. Gabriel allait sans douter voler de nouveau de ses propres ailes. Sans doute qu'ils ne le croiseraient plus que de façon épisodique. Avant sa « mort », après tout, ils ne l'avaient croisé que quatre fois, et ça avait suffi pour que Sam s'attache à lui. Qu'en serait-il à présent que Gabriel faisait partie intégrante de sa vie ?
C'était égoïste, bien sûr, mais Sam voyait la salle à manger avec une chaise vide, et une chambre inoccupée. Il s'imaginait l'absence de la voix et du rire et de la présence de Gabriel, et ça lui tordait les entrailles. Cela faisait un an que Gabriel était avec eux. Sam ne pouvait pas imaginer ce que serait la vie sans lui.
─ Et je me demandais, articula Gabriel, si… s'il y avait une place dans l'équipe pour moi. Pour un Archange un peu spécial, je veux dire, qui remplacerait un convalescent, tu vois ?
Sam se sentit sourire malgré lui. Gabriel allait rester.
─ Tu ne veux pas partir ?
Gabriel secoua la tête.
─ Non.
Sam sourit de plus belle.
─ Tu as toujours fait partie de l'équipe, tu sais ?
Ce fut au tour de Gabriel de lui sourire. Sam possédait toute une collection des sourires de Gabriel, à présent. C'était la collection qu'il préférait.
─ Hé, Gabriel, t'as tapé dans l'œil de la blondinette, s'exclama Dean avec un clin d'œil.
Du bout de sa bouteille de bière, il désigna une jolie blondinette à l'autre bout du diner, qui adressa un sourire à Gabriel. Sam devait admettre qu'elle était très jolie.
─ Bof, pas mon genre, répondit Gabriel en buvant une gorgée de sa propre bière pour toute réponse.
─ Tu ne l'as même pas regardée ! s'indigna Dean.
─ Bof, pas envie, reprit Gabriel.
─ Pas envie de… Merde, mec, comment c'est possible ? s'étonna Dean.
─ Ce n'est pas parce que tu es un accro du sexe qu'il en va de même pour tout le monde, Dean, fit remarquer Sam.
─ Mais… enfin… c'est… protesta Dean.
─ Je te retourne la question, Dean, coupa Gabriel, pourquoi tu ne vas pas brancher la rouquine là-bas ? Elle te bouffe des yeux depuis le début de la soirée.
─ Je… euh, je… enfin, non, c'est une soirée entre nous, tu vois ? bafouilla Dean.
Sam ne put s'empêcher de noter qu'il jetait de fréquents coups d'œil à Castiel, qui le regardait en souriant légèrement.
─ Bref, je vais me resservir, déclara Gabriel en se levant et en se dirigeant vers le bar.
Une fois qu'il fut parti, Dean se tourna vers Sam et Castiel avec un air de conspirateur :
─ Enfin, je veux dire, c'est Gabriel. Il est accro au sexe ! Et il n'emballe pas ? Je comprends pas.
─ Laisse-le tranquille, Dean, soupira Sam, que cette conversation agaçait.
─ Si Gabriel n'a pas envie de s'engager dans des relations charnelles, il est le seul que ça concerne, appuya Castiel.
(Note mentale: penser à remercier Dieu d'avoir créé Castiel.)
─ Vous ne comprenez pas, reprit Dean. Ce type a dû passer, je ne sais pas, huit ou neuf ans sans tirer son coup. Il est pas en manque ?
─ Il est traumatisé, Dean, s'agaça Sam. Asmodeus l'a torturé pendant des années. Les contacts physiques, ça doit être compliqué, à l'heure actuelle, pour lui !
─ M'enfin il n'a tout de même pas pu devenir asexué du jour au lendemain… Un bon plan cul lui ferait le plus grand bien.
─ Ce dont Gabriel a besoin, c'est de… Oh, laisse tomber, soupira Sam. C'est lui qui décide, pas toi.
─ De toute façon, intervint Cas' d'une voix péremptoire, je ne crois pas que les intérêts de Gabriel aillent dans cette direction à l'heure actuelle.
C'était exactement ce qu'ils étaient en train de dire, donc Sam ne comprenait pas pourquoi Castiel considérait cette redite comme nécessaire, mais au contraire de lui, Dean parut y saisir un sens compris d'eux seuls, et il fixa Cas', la bouche ouverte.
─ Tu crois ?
─ J'en suis certain, Dean. C'est évident.
─ Oh… oh. Oh !
Sam laissa Dean à ses vocalises pour rejoindre Gabriel au bar. L'Archange lui adressa un clin d'œil complice.
─ Alors, Gigantor, à ton avis, si Dean-o a renoncé à draguer tout ce qui bouge, c'est parce qu'il a réalisé qu'il était fou de Cassou, ou parce qu'ils couchent déjà ensemble ?
Sam réfléchit à la question.
─ La première suggestion. Mais ils ne vont pas tarder à se rapprocher.
─ Pari tenu ! s'enthousiasma Gabriel.
Il jeta un regard à Castiel et Dean.
─ C'est bien que mon petit frère puisse être heureux.
Il y avait quelque chose d'étrange dans son regard. Si Sam avait été joueur, il aurait parié que c'était de l'envie – une envie lancinante, douloureuse. Mais ce ne pouvait pas être ça.
Sam était déçu, d'une certaine façon. Gabriel semblait un peu plus secret, ces derniers temps. Sam était triste de ne plus être son confident et la personne qui le comprenait dans ce monde. Cela lui manquait, et il ne comprenait pas pourquoi Gabriel semblait s'éloigner de lui… sans vraiment s'éloigner, d'ailleurs.
Non, il ne comprenait pas tout. Par exemple, qu'avait réellement sous-entendu Castiel ?
─ Je me demandais…
Sam, installé en vis-à-vis, releva aussitôt la tête pour détailler Gabriel, affalé à l'autre bout du lit.
Ils avaient régulièrement ce genre d'aparté, tous les deux, passant du temps seuls, ensemble. Depuis que Gabriel était revenu d'entre les morts, ça n'avait jamais vraiment arrêté. Le temps que Sam passait à soigner Gabriel s'était simplement converti, lentement, au fil des semaines, en moments complices à deux, durant lesquels ils bavardaient de tout et de rien, ou de choses plus importantes. Sam aimait ces moments où il avait l'impression de pouvoir être tout à fait lui-même, et où Gabriel était également tout à lui, tout à fait honnête, sans barrière et sans chiqué. C'étaient des moments plaisants; c'était aussi les moments où Sam en apprenait plus sur Gabe, et où ils pouvaient se détendre.
Sam connaissait Gabriel comme sa poche, s'il exceptait ces moments où Gabriel semblait lui cacher quelque chose, se dérober petit à petit. Il détestait ça. Il avait l'impression de le perdre. Pourtant, Gabriel continuait à s'accrocher à lui – mais c'était peut-être Sam qui s'accrochait à l'Archange. Ou les deux ?
Donc, Sam connaissait Gabriel par cœur, ou presque – et ce ton sérieux, à la fois un peu timide et un peu inquiet, dissimulé sous un masque (fissuré) d'assurance et d'indifférence, ne lui disait rien qui vaille. Généralement, c'était que Gabriel avait quelque chose qui lui trottait dans la tête – quelque chose de pas très bon.
─ Oui, Gabe ?
Gabriel se pinça les lèvres, l'air de peser le pour et le contre.
─ Lorsque j'ai tenté de t'embrasser… Je me demandais pourquoi tu m'avais repoussé.
Sam baissa son livre et le posa sur ses genoux.
─ Gabe, je te l'ai déjà… Il est hors de question que j'accepte de… de coucher avec toi simplement parce que tu estimes que c'est une façon de me… de me récompenser d'avoir fait quelque chose qui allait de soi !
Sam se sentait toujours nauséeux à l'idée que Gabriel considère son corps avec autant d'indifférence, voire de dégoût – comme s'il était fait uniquement pour faire plaisir à d'autres et pour dire merci d'avoir été soigné.
─ Je n'ai pas pris soin de toi pour ça, reprit Sam. J'ai pris soin de toi pour que tu ailles mieux.
─ Oui, oui, tout ça, c'est bien joli, c'est très émouvant, bla-bla-bla, éluda Gabriel avec un geste de la main. Mais… enfin… est-ce que tu m'as repoussé parce que... (Il hésita.) A cause de ce qu'Asmodeus m'a fait ?
─ Je… non ! protesta Sam, pris au dépourvu. Ce que t'a fait Asmodeus, ça ne te définit pas, je… Ce n'est pas comme ça que je te vois ! Ce n'est pas ce que tu es pour moi !
Gabriel sembla un court instant heureux de l'apprendre, puis son expression sombre chassa aussitôt cette preuve de joie.
─ Alors, c'est moi, conclut-il. C'est moi qui suis trop… ou pas assez… Je te dégoûte, en somme.
─ Mais… mais enfin, non ! balbutia Sam, stupéfait du tour qu'avait pris la conversation.
─ Il avait raison, alors, marmonna l'Archange à part soi.
Sam ressentait une furieuse envie de se cogner la tête contre un mur.
─ N'écoute pas ce qu'Asmodeus te disait, il ne faisait ça que pour te torturer !
─ Enfin, il devait bien avoir raison dans le fond, puisque visiblement, je repousse les gens, grommela Gabriel.
─ C'est faux ! protesta Sam.
Comment pouvait-il faire avaler la vérité à cet empaffé d'Archange trop têtu ?
─ Enfin, Gabriel, ça n'a rien à voir ! Tu ne me repousses pas, c'est juste que… Enfin, comment veux-tu que j'aie accepté dans ces conditions ?
Gabriel se redressa en le fusillant du regard.
─ Ah oui, parce que si je t'avais demandé sans que j'aie été torturé au préalable, tu aurais accepté, peut-être ?
Sam ouvrit la bouche, prêt à répondre, puis hésita, Dieu seul savait pourquoi. Quelque chose sur son visage, ou dans son attitude, dut trahir son trouble, car Gabriel fronça les sourcils, oubliant manifestement d'être fâché.
─ Sammish ?
─ Je ne… Là n'est pas la question !
─ La question est totalement là !
─ Arrête de considérer que tu n'es que ce qu'Asmodeus a voulu faire de toi, parce que c'est faux ! s'agaça Sam. Tu fais partie de la famille, Gabe, il est temps que tu comprennes ça. Tu comptes pour moi, et pour Dean, et pour Cas', et pour Jack. Tu comptes pour nous tous, et si on a pris soin de toi, c'est justement pour ça.
─ Parce que je compte tant que ça que pour vous ? renifla Gabriel, non sans mépris.
─ Evidemment ! (Sam prit une grande inspiration.) Ecoute, je n'ai pas été tout à fait honnête avec toi. Lorsque je t'ai dit que j'aurais fait ça pour n'importe qui… ce n'est pas tout à fait vrai. Je ne l'aurais pas fait pour n'importe qui, Gabriel. Je ne serais pas devenu proche de n'importe qui. Je ne me serais pas autant investi pour quelqu'un que je connaissais à peine.
Ça faisait plus de bien qu'il ne l'aurait pensé, de dire ce qu'il avait gardé pour lui pendant si longtemps. Sam ne savait pas très bien s'il l'avait toujours su, ou s'il l'avait réalisé quelque part pendant les mois précédents; mais c'était la première fois qu'il le formulait véritablement, et il était conscient que ça avait toujours été vrai. Est-ce que Gabriel était déjà aussi important pour lui avant qu'il n'arrive au bunker, ou son importance n'avait-elle fait que grandir au fur et à mesure ? Sam l'ignorait. Sûrement un peu des deux.
─ Tu l'as fait… parce que c'était moi ? répéta Gabriel, les yeux brillant de mille feux.
─ Parce que c'était toi, confirma Sam.
Il croisa mentalement les doigts pour que Gabriel laisse tomber le sujet, et qu'il n'ait pas à s'avancer dans des zones plus troubles.
─ Et… (Gabriel hésita de nouveau.) Si je te disais que je veux vraiment que j'ai vraiment, vraiment envie de commencer quelque chose avec toi, et que ça n'est pas pour te remercier ?
─ Quoi ?
Gabriel leva les yeux au ciel.
─ Tu m'as très bien compris, Samsquatch. Si je voulais t'embrasser, là, tout de suite, maintenant… sachant que c'est sincère, que j'en ai vraiment envie – enfin ce n'est qu'une hypothèse de travail, évidemment – bref, que ça n'a à voir qu'avec ta charmante personne, tu dirais quoi ?
Sam sentit sa bouche s'assécher et ses paumes devenir moites. Est-ce que c'était vraiment en train de se produire ? Etait-il possible que pendant tout ce temps, ils n'aient fait que construire quelque chose tous les deux ?
Ils étaient presque un couple, de toute façon, réalisa-t-il. C'était comme ça qu'ils se comportaient, comme ça que tout le monde les voyait, comme ça que Cas' et Dean et Jack et même Mary, Ketch ou les autres les considéraient. Il ne leur manquait que…
─ Je dirais oui, souffla-t-il.
Cette fois-ci, lorsque Gabriel se pencha pour l'embrasser, Sam ne le repoussa pas, au contraire.
Sam ouvrit les yeux pour trouver Gabriel, paisiblement endormi, enlacé contre lui. Sam sourit en repoussant une mèche qui tombait sur les yeux de son Archange. Ils dormaient ensemble depuis qu'ils s'étaient avoué leurs sentiments, mais cette fois-ci était différente. La nuit précédente, ils avaient fait l'amour. Ils avaient attendu un bout de temps, afin que Gabriel se sente tout à fait à l'aise et réconcilié avec lui-même; et c'était arrivé, doucement, naturellement.
Il resta immobile plusieurs minutes à regarder son Archange profondément endormi. Gabriel dormait paisiblement, un petit sourire aux lèvres.
Sam ne s'était jamais senti aussi bien.
Il savait que c'était réciproque.
Cette nuit-là, réalisa-t-il en embrassant le front de son amant, Gabriel n'avait fait aucun cauchemar.
FIN
La review finale qui fait du bien ?
