Bonjour, chers lecteurs,
Je suis ravie de voir que vous avez autant apprécié ce début de fiction.
Dans ce chapitre, nous allons voir Harry, son triste quotidien chez les Dursley, et de l'autre côté, Neville, qui vient d'arriver depuis neuf jour à l'orphelinat de Diagon Alley. Neville, pris par ses illusions, décide d'écrire à Harry Potter, qu'il considère comme un héros.
Bonne lecture...
25 avril 1985, 4, Privet Drive
Loin de là, à des milliers de kilomètres, un enfant venait de s'éveiller dans son placard. Il s'agissait de Harry Potter, communément appelé le Survivant car il avait survécu à Lord Voldemort. Toute la communauté sorcière célébrait son nom, et attendait avec impatience son retour.
Or, ledit intéressé n'en savait rien. Premièrement, il ignorait qu'il était un sorcier. Deuxièmement, personne dans son monde ne pensait qu'il était célèbre. Ou, pour le dire mieux, il était tristement célèbre pour être le souffre-douleur de Dudley Dursley et de sa bande à l'école.
Il était d'autant plus obligé de supporter son bourreau juvénile qu'il vivait avec lui. En effet, Harry Potter n'était qu'un orphelin recueilli par charité par son oncle Vernon et sa tante Pétunia, laquelle pouvait prétendre avoir un lien de parenté avec lui. Or, la charmante dame, toute généreuse qu'elle fût, ne lui accordait pas cette grâce qu'était l'amour parental.
Harry ne demandait pas grand-chose, juste un peu d'amour et de tendresse. Oh, bien sûr, il n'était pas non plus fleur bleue, ni hypersensible. Non, il ne fallait pas en tirer des conclusions hâtives. Mais, comme tous les êtres humains, il avait besoin d'un équilibre , personne, encore moins les Dursley, ne lui donnait l'occasion de connaître telle plénitude.
En outre, depuis le jour où il avait atteint l'âge de quatre ans, les Dursley avaient vu qu'ils disposaient d'une main-d'œuvre peu chère, pour ne pas dire gratuite, et corvéable à merci. Ce fut ainsi que Harry Potter devint le serviteur de toute la famille, pour paraphraser un certain Victor Hugo, écrivant à propos d'une enfant surnommée Cosette. Sauf qu'à la différence de celle-ci, Harry Potter était exploité par sa famille.
Sa famille. Comme s'il en avait une, tiens! Comme s'il méritait d'en avoir une, serinaient à longueur de journée les Dursley.
Harry Potter n'avait pas d'ami. Personne ne voulait prendre le risque de salir sa réputation en le fréquentant. Il était mal vêtu, portait les vieux vêtements de son cousin, qui étaient trop grands pour lui, des lunettes cassées, des cheveux toujours en bataille et une vilaine cicatrice en forme d'éclair selon ses soi-disant pairs.
Le petit esclave sortit en catimini du placard et se dirigea vers la cuisine. Il allait préparer le petit déjeuner. Pour tout le monde, bien sûr, sauf pour lui.
La veille, il n'avait mangé qu'un peu de soupe, parce que la tante Pétunia avait daigné lui laisser sa part, disant que les choux donnaient des vents.
Il n'aimait pas ça, c'était fade et insipide, mais il n'avait rien dit, parce que son oncle l'aurait frappé. Et de cela, il n'en voulait pas.
Il n'avait pas le droit de prendre de la nourriture dans le frigo. Les Dursley l'accusaient de tous les maux, pas la peine de rajouter le vol.
Il n'alluma pas la télévision. Il n'aimait pas ce qu'elle diffusait en général, à savoir un ramassis de bêtises. Rien que voir Dudley s'empiffrer de cochonneries devant lui retirait l'envie de faire pareil.
Les œufs brouillés et le bacon prêts, il sortit prendre l'air, s'assurant que personne ne pouvait le voir. Il devrait bientôt aller à l'école, subir d'autres avanies. Cette perspective ne le réjouissait guère. Cependant, quelque chose l'incitait à se dire:
"-Faites que quelque chose arrive, quelque chose d'heureux, pour une fois!"
Diagon Alley, Orphelinat.
Neville se sentait mal à l'aise. Il était à l'orphelinat depuis maintenant neuf jours,et il avait déjà envie de quitter cet endroit pour toujours.
Premièrement, les locaux étaient plutôt n'y faisait pas tellement bon vivre. Deuxièmement, les personnes qui s'occupaient de ce bâtiment, des sorcières au visage austère, n'étaient guère sympathiques. Elles étaient froides et distantes.
De plus, Neville devait partager une chambre misérable avec trois garçons qu'il n'appréciait pas tellement. Bruce, Terence, et Melvin n'étaient guère amènes. Non pas qu'ils fussent méchants, mais leur compagnie n'était guère enrichissante. Ils ne parlaient en général que de Quidditch, et cela agaçait Neville.
Les repas se déroulaient dans une ambiance plutôt lugubre, comme les cours. Mais au moins, ce n'était pas injuste. Tout le monde recevait la même part et bénéficiaient d'une égalité de traitement, ce qu'appréciait vraiment le jeune garçon lunaire. Mais, à part cela, il trouvait que la vie n'avait rien de bien folichon dans cet endroit.
Non, ce qui était vraiment insupportable dans ce lieu austère, c'était qu'il avait appris que les orphelins qui étaient pensionnaires de cet établissement, bien qu'ils fussent sorciers, et bien qu'ils eussent été inscrits à Poudlard à leur naissance, ne seraient jamais admis à l'école. Ils ne recevraient pas leur lettre.
C'était Judith qui l'avait dit. Judith était une jeune sorcière de douze ans, très gentille. Elle avait accueilli Neville à l'orphelinat, et lui avait dit qu'il pouvait lui parler en cas de besoin.
Elle avait fondu en larmes, la veille, apprenant par Mrs Jorkins, la sous-directrice de l'établissement, qu'elle ne recevrait pas la lettre de Poudlard, car les pensionnaires de l'établissement n'étaient pas admis à Poudlard. Albus Dumbledore l'aurait décidé, selon les rumeurs.
En voyant Judith pleurer dans les bras de deux de ses meilleures amies, qui avaient aussi été refusées à Poudlard, Neville avait senti la colère l'envahir. Non pas une colère vive, mais une colère froide, glacée, qui ne lui ressemblait pas.
Il en voulait aux Carrow d'avoir fait de sa vie un enfer. Il en voulait à Crabbe et à Goyle de l'avoir traité comme de la vermine. Il en voulait à Albus Dumbledore d'avoir décidé de le priver de l'instruction nécessaire à son développement personnel, en l'envoyant dans cet orphelinat, dans cette prison de laquelle il ne pourrait sortir que pour faire des travaux subalternes. Non pas qu'il fût dévoré par l'ambition, mais il voulait faire quelque chose qu'il aimerait, se voyait prendre ses responsabilités dans un travail qui libère, pas qui aliène, tel était son désir.
Une image gaie le traversa tout à coup. Celle de Pomona Chourave. Cette brave dame lui avait montré les plantes, et avait dit que cela s'appelait "botanique" et que cela s'apprenait à Poudlard. Sauf,que maintenant, c'était fini. Il ne recevrait pas sa lettre de Poudlard, et resterait dans cet endroit sordide jusqu'à sa majorité.
Enfin, il en voulait à cet homme aux cheveux noirs et au nez crochu de l'avoir abandonné sans raison, alors qu'il semblait prêt à créer un lien avec lui.
Les grandes personnes ne sont vraiment pas dignes de confiances, se disait-il en pleurant doucement,dans son lit; la nuit, quand personne ne l'entendait.
La lune venait de se lever. L'enfant au visage lunaire se leva. Une image occupait son esprit. Celle de Harry Potter. Le Survivant.
Ils en avaient parlé pendant la récréation. Bruce disait qu'il était célèbre et vivait dans un manoir infiniment plus somptueux que celui des Malefoy, qui faisaient partie de l'aristocratie sorcière et le garçon à la cicatrice, bien qu'il n'eût plus de parents, vivait entouré de personnes qui l'aimaient, selon les dires de Bruce. Il était promis à un grand destin et sauverait le monde.
Neville avait alors demandé naïvement:
"-Peut-être qu'on pourra le rencontrer?"
Bruce avait répondu, d'un air méprisant:
"-Lui? Attends, Longbottom, tu te figures qu'on va le rencontrer, lui. Tu penses que même si cela arrivait, il ne t'adresserait pas un regard, pas plus qu'à nous. Nous sommes des orphelins sans destin, rien de plus. Tu crois vraiment qu'il va penser à toi, alors que tu ne lui arrives pas à la cheville, mon vieux. Tu te fais trop d'illusions. Lui va se lier avec les meilleurs élèves de Poudlard, l'élite. Alors que toi, Longbottom, non seulement t'es quasiment Cracmol, mais franchement, tu pourras pas aller à Poudlard, sang-pur ou pas. T'a pas le niveau, franchement. Déjà que tu galères ici...faut pas rêver, mon vieux."
Puis voyant que Neville s'apprêtait à pleurer, Bruce, bien qu'un peu rude, n'était pas méchant, et il l'avait pris par l'épaule pour le réconforter:
"-Allons, Longbottom. Personne d'ici n'a pu aller à Poudlard. Je doute sérieusement qu'on puisse y aller. Déjà on a pas d'argent, et faut beaucoup d'argent pour pouvoir y étudier. Déjà, acheter une baguette n'est pas à la portée de tous les sorciers. Ceux qui sortent d'ici ne contrôlent pas vraiment leur magie. Ils font des boulots où il n'y a pas de baguette.
"-Les potions, avait demandé Neville, plein d'espoir.
"-Peut-être, mais là encore ça reste trop compliqué. Non, la plupart deviennent commerçants ou apothicaires. Je doute même qu'ils deviennent apothicaires. Plutôt commis d'apothicaire,je dirais."
Neville n'avait jamais autant haï le bonhomme à la longue barbe blanche qu'en cet instant.
Maintenant, Neville était devant la fenêtre de sa chambre. Il méditait silencieusement. Maintenant, il n'était plus tenaillé par la faim, la nourriture étant plutôt correcte. Des lentilles au lard avec de la soupe aux légumes, voilà ce qu'ils avaient eu comme souper. Franchement, il ne pouvait pas se plaindre. C'était toujours mieux que chez les Carrow.
Soudain, une idée traversa son esprit, lumineuse et claire comme une étoile. Il allait écrire à Harry Potter.
Il sortit en catimini de la chambre, prit la direction de la salle de classe voisine,qui n'était pas verrouillée.Là se trouvaient des pupitres avec des plumes et du parchemin, ainsi que de l'encre. Il se saisit d'une des plumes et écrivit.
Lorsqu'il eut fini de rédiger sa lettre, il se demanda comment il allait l'envoyer. Soudain, il vit un hibou grand duc qui le regardait par la fenêtre. Pris d'une audace surprenante pour sa fragilité, il ouvrit la fenêtre, puis remit la lettre au hibou, en lui disant à voix basse:
"-Pour Harry Potter!"
Puis s'assurant que personne ne pouvait le voir, ni l'entendre, il ferma la fenêtre, et repartit dans la chambre en catimini. Les autres garçons dormaient déjà.
Il se glissa dans son lit, et des larmes lui vinrent aux yeux. Il les laissa couler, tout doucement, sans bruit, en pensant "Pourvu qu'il ouvre cette lettre. Pourvu qu'il ne me rejette pas."
Puis il s'endormit, pendant qu'un hibou grand duc s'envolait au-dessus de Londres, quittant peu à peu la capitale pour déposer le mystérieux courrier à l'adresse de son destinataire.
Alors, chers lecteurs, comment vous trouvez ce chapitre? Harry? Neville?
Je me ferai un plaisir de répondre à vos reviews, vos commentaires, vos questions! :)
Dans le prochain chapitre, on verra Severus Rogue et Narcissa Malefoy, ainsi que Drago! Ces personnages feront partie intégrante de l'histoire.
De même, on verra le destinataire de la lettre , à savoir Harry ;-) :-P !
