Enfin arrivés à Poudlard, les élèves eurent la surprise de découvrir le terrain de leur école complètement changé. En effet, les professeurs avaient passé le début des vacances à réaménager le parc en fonction de ses activités estivales. Désormais, il y avait une énorme maison blanche qui trônait à l'aile est ainsi qu'une autre de couleur sable et plus petite. Elles étaient de style colonial. La plus grande était construite sur un seul étage et était de forme carrée. Au centre, un jardin intérieur permettait de s'y reposer et de se détendre. La plus petite, quant à elle, avait deux étages et était située plus près du lac.
Décidément, les professeurs avaient tout fait pour que les élèves apprécient l'endroit! Les maisons étaient splendides!
D'ailleurs, la directrice attendait ses élèves entre les deux maisons, un franc sourire illuminant son visage: après tout, ils étaient la future armée de l'école et c'était la saison estivale. Elle n'avait plus à être aussi stricte avec eux, qui étaient tout de même en vacances.
-Bien le bonjour à tous!, les salua-t-elle chaleureusement. Je suis très heureuse de vous voir aussi nombreux pour ce camp quelque peu spécial. Le professeur Dumbledore a eu cette idée de camp lorsque monsieur Potter et ses collègues avaient créé l'armée de Dumbledore. Nous n'avions pas jugé bon de commencer ce projet jusqu'à tout récemment. Cependant, au vu des avancées des mangemorts et de la violence de leurs récentes attaques, nous avons décidé de vous préparer à la guerre, poursuivit la directrice sur une note plus grave.
- Cet été, vous aurez quatre cours qui vous seront offerts par les élèves de septième et quelques sixièmes années plus expérimentés. Vous serez divisés en quatre groupes afin de maximiser votre apprentissage. Du lundi au jeudi, vous aurez un cours le matin ainsi qu'un cours durant l'après-midi. Le vendredi servira à la simulation de tout ce que vous aurez appris au cours de la semaine. La fin de la semaine sera libre une semaine sur deux. Aux semaines deux, quatre, six et huit, vous partirez en expédition aux endroits que vos tuteurs jugeront bon de vous emmener. Il serait bien que vous sachiez qu'il n'y aura pas de séparation faite entre les maisons cet été. Nous espérons que cela vous permettra de renforcer vos liens avec les élèves des autres maisons et d'optimiser nos chances de réussite. Je crois que pour le moment, ce sera tout. Je tenais tout de même à vous remercier pour l'effort et la détermination dont vous faites preuve en vous présentant ici. Sans vous, nous ne pourrons gagner cette guerre… finit la directrice en un murmure.
Elle reprit cependant ensuite d'une voix plus forte:
-Maintenant, vous pouvez aller choisir vos chambres. Les plus jeunes, comme vous êtes plus nombreux, vous aurez la plus grosse maison. L'aile nord sera réservée aux filles et l'aile sud aux garçons. Les tuteurs, vous restez avec moi, j'ai à vous parler.
Les jeunes se précipitèrent donc vers ce qui serait leur demeure pour l'été, espérant choisir les meilleurs emplacements. Chaque élève serait en collocation avec trois autres. Les chambres étaient petites, mais confortables. Les lits étaient les même que ceux de Poudlard, à l'exception qu'ils n'étaient pas à baldaquin. Rapidement, chacun fut installé et ils ressortirent pour visiter le reste des installations créées par le corps enseignant.
Pendant ce temps, la directrice s'entretint avec ceux qui deviendraient les tuteurs d'une centaine d'élèves. Ils étaient envions une vingtaine à s'être plus ou moins portés volontaires, bien souvent poussés par leur parents.
-Comme vous l'avez entendu, le professeur Dumbledore et moi avons décidé qu'il n'y aurait pas de maison durant le camp. Vous serez donc tout simplement des élèves de Poudlard. Bien entendu, vous devrez montrer l'exemple aux plus jeunes. C'est donc pourquoi je vous ai séparés de façon égale dans chaque cours. Il y aura donc 16 tuteurs qui enseigneront et 4 autres qui s'occuperont des loisirs et de l'animation des jeunes. Dans chaque cours, il y aura un tuteur provenant d'une maison, apportant de cette façon, un équilibre pour les jeunes. Le cours de sortilèges de défenses sera donné par miss Granger, miss Parkinson, monsieur Corner et monsieur Flinch. Celui d'attaque par Monsieur Potter, monsieur Malefoy, miss Bones et miss Chang. Le cours de combat physique sera offert quant à lui par messieurs Weasley, Zabini, Goldstein et Smith. Finalement, les tuteurs qui enseigneront les artifices seront messieurs Nott, Longdubat ainsi que miss Lovegood et miss Habbot. Les placements des tuteurs sont définitifs. Ils ont été choisis en fonction de vos personnalités et de vos capacités. Vous devrez donc vous entendre pour planifier les cours et ce qui les entoure. Je vous laisse maintenant vous aussi aller découvrir vos nouveaux quartiers. Je vous souhaite la meilleure des chances pour l'été en vous rappelant toutefois que la réussite de ce projet est essentielle à la guerre. Ne gâchez par cette chance…
-Merci professeur, lui répondirent les tuteurs tous en cœur avant d'eux aussi aller visiter leur maison commune sans malgré tout se précipiter comme les enfants.
La maison qu'ils habiteraient était parfaite. En entrant, il y avait une immense salle à aire ouverte. Au fond à gauche se situait une cuisine très moderne pour ceux qui aimaient faire à manger sans la magie. À sa droite se trouvait la salle commune avec des sofas, une petite bibliothèque et deux jeux d'échec. Près des fenêtres, il y avait deux longues tables prêtes à accueillir une dizaine de personnes chacune. Un petit couloir au fond menait à une salle de bain et aux escaliers qui eux-mêmes conduisaient aux chambres à coucher en haut.
Les murs étaient tous blancs, alors que les accessoires avaient été colorés en fonctions des quatre maisons. C'est donc dire que le rouge, le bronze, le vert, le bleu et le noir ponctuaient la salle de couleurs.
Chacun fut estomaqué par la première impression que leur laissa le rez-de-chaussée. Hermione se précipita bien vite sur les livres, pendant que les garçons se dirigeaient vers la cuisine ou les jeux d'échecs. On entendit rapidement des exclamations de contentement:
-Eh bien, on peut dire que les professeurs ont fait du bon boulot cette fois-ci! Je ne m'ennuierai définitivement pas du manoir!, prononça tout haut Blaise.
-Je n'arrive pas à croire ce que je m'apprête à dire, mais pour une fois, je suis d'accord avec toi, Zabini, lui lança un Ron plus qu'enchanté par ce qu'il découvrait.
-Et si nous visitions l'étage du dessus? Question de savoir s'ils ont aussi fait du beau boulot du côté des chambres?, proposa alors Ginny.
-C'est une bonne idée, lui concéda Harry en lui souriant. Je suis curieux de savoir comment ils ont organisé tout ça!
La seule réponse que Ginny lui fit fut un sourire éclatant accompagné d'un teint pratiquement aussi rouge que celui de son frère lorsqu'il rougissait. Ils se dépêchèrent donc de gravir les escaliers, rapidement suivis par le reste de la cohorte. Ils ne furent pas déçus.
Le deuxième, relativement semblable au premier, était également à aire ouverte. Les chambres étant réparties en demi-cercle, le centre jouant le rôle de salle de séjour, avec un autre jeu d'échec, des sofas, des livres et des revues à potins.
Comme ils étaient vingt tuteurs et que chacun partagerait son espace avec un autre, il y avait donc dix chambres à l'étage. Sur les côtés nord et sud, il y avait trois chambres et sur la face ouest, la face la plus grande de la maison, il y en avait quatre. Les professeurs avaient laissé le soin aux élèves de choisir eux-mêmes la décoration de leur espace. C'est donc dire que chaque pièce n'était meublée que de deux lits simples, avec tiroir en dessous et d'un bureau pour y travailler.
La répartition ne fut pas longue et bientôt, tout le monde choisi sa chambre avec son nouveau colocataire. Il y avait cependant une condition au placement des tuteurs: il ne devrait pas y avoir de chambre mixte et les sexes devraient être séparés. Il y eut donc un côté homme et un côté femme. C'est sans surprise que les jeunes hommes choisirent l'aile Sud. Étant plus proche de la Forêt interdite, ils pourraient ainsi mieux surveiller le terrain et prévenir d'éventuelles attaques. Les jeunes filles emménagèrent donc du côté nord, les moins rapides de tous se retrouvant sur le côté ouest.
Harry et Ron héritèrent de la première chambre à gauche, Neville et Nott de celle du centre et Drago et Blaise de la dernière à gauche. Ce fut sensiblement la même chose du côté des filles Hermione et Ginny prirent la première à droite, Luna et Parkinson celle du centre et Cho et Hannah Abbot choisirent la dernière au bout de l'allée.
L'aile Ouest fut séparé entre Padma et Parvati, Juno Adkins et Susan Bones d'un côté et Zachary Smith et Justin Finch-Fletchey, Anthony Goldstein et Michael Corner de l'autre.
Il ne fallut pas très longtemps avant qu'on entende différents sorts de décoration fuser des chambres et, finalement, tout le monde fut satisfait de son emplacement.
Hermione et Ginny s'apprêtaient à sortir de leur chambre lorsque Parkinson débarqua. Tout d'abord méfiante face à leur ennemie de toujours, les deux jeunes filles restèrent sur leurs gardes. Ce fut la Serpentarde qui prit la parole la première.
-Écoute-moi bien Granger, tu n'es pas mon amie, je ne suis pas ton amie et je ne souhaite pas qu'on le devienne. Par contre, je ne suis pas stupide. Il semble que nous allons passer l'été ensemble à enseigner à des morveux. Pour notre bien à toutes le deux et à notre entourage, je te propose une trêve. Tu resteras pour moi une sale sang-de-bourbe qui a volé les pouvoirs d'un sorcier pur-sang et je te détesterai toujours autant. Cependant, je ne ferai que le penser et tâcherai d'être civilisée à ton égard, comme mon éducation d'aristocrate le recommande. Qu'en dis-tu ? Et sache que je ne répéterai pas cette offre deux fois.
-Eh bien, ma foi, je suis tout à fait d'accord avec cette trêve. Je suis assez surprise que tu viennes m'en parler toi-même d'ailleurs. Je tiens quand même à te préciser que je continuerai aussi de mon côté de te détester et de penser que tu es une sang-pur prétentieuse qui ne connait rien de la vie. Tout comme toi, par contre, je ne ferai que le penser. Alors c'est d'accord.
Les deux jeunes femmes se serrèrent donc la main et, aussitôt qu'elles se lâchèrent, Pansy tourna les talons et partit rejoindre son clan.
Les deux Gryffondors, encore sous le choc de ce qui venait de se produire, ne pipaient mot. Ce fut finalement Ginny qui, des milliers de questions dans les yeux, regarda sa meilleure amie et lui demanda:
-Est-ce que tu as compris quelque chose, toi ?
-Pas vraiment… mais il semble que je sois en trêve avec Parkinson, lui répondit son amie, peu certaine de ce qui venait de se produire.
-Eh bien… l'été débute d'une bien drôle de façon je trouve…., éluda la rousse.
-Moi aussi, Ginny, moi aussi, murmura Hermione.
Se secouant un peu, les deux jeunes femmes sortirent finalement de leur chambre pour aller rejoindre le reste des Gryffondors dans la chambre des garçons. Elles devaient absolument mettre au courant Harry et Ron qui auraient très certainement une opinion à ce sujet. Elles ne furent pas déçues. Le rouquin, fidèle à lui-même, explosa.
-Une trêve! Mais il délire le pékinois! Depuis quand est-ce que les Gryffondors et les Serpentards font des alliances? C'est complètement ridicule! Je te parie que quelque chose se cache là-dessous, ces sales vipères ne font jamais rien qui ne leur soit pas utile. Et toi, tu lui as serré la main! Voyons, Hermione, à quoi as-tu pensé?
-Que voulais-tu que je fasse Ronald, lui répondit alors Hermione, acide. Je n'allais tout de même pas lui refuser ça! Et puis je ne suis pas stupide, je crois que tu es relativement au courant! Nous pourrons continuer de les espionner même si JE suis en trêve avec elle! Je pourrai sûrement lui soutirer des informations d'ailleurs, on ne peut pas dire que Parkinson soit la personne la plus discrète de Poudlard. Je pense que même Mimi Geignarde sait mieux garder un secret.
-Hermione a raison Ron, cette trêve pourrait s'avérer nous être plus utile qu'on le pense, alors calme-toi et assieds-toi s'il-te-plait, tu risques de défoncer le plancher neuf de notre chambre à force de le marteler comme tu le fais.
-Nous devrions peut-être retourner en bas, avança alors la cadette des Weasley. Les autres vont penser qu'on complote quelque chose et ce n'est pas ce que nous voulons, n'est-ce pas, termina-elle en fixant son frère.
-Pourquoi c'est moi que tu regardes! Et arrête de me fixer comme ça, tu n'es pas maman!, s'exclama-t-il, encore échauffé par les révélations d'Hermione.
-Peut-être parce qu'en ce moment, tu es aussi subtil que Parkinson, argua Harry. Allez, mon vieux, respire un bon coup et descendons rejoindre les autres.
-C'est toi qui décides vieux… abdiqua Ron. Mais ne me demandez pas de faire copain-copain avec eux !
***
Arrivée en bas, Hermione se dirigea rapidement vers la bibliothèque du salon, pressée de découvrir toutes les petites merveilles qu'elle recelait. Elle fut toutefois surprise de voir que quelqu'un d'autre était déjà passé. Pensant tout d'abord qu'il s'agissait des Serdaigles, eux si studieux d'habitude, elle fut de nouveau surprise lorsqu'elle aperçut Théodore Nott confortablement installé dans l'un des fauteuil, un livre à la main.
Elle allait lui lancer une pique, mais se ravisa à la dernière seconde. Nott ne l'avait jamais malmenée durant ses années à Poudlard. Il avait été le seul des Serpentards à ne jamais l'avoir insultée dû à ses origines. Elle n'allait tout de même pas l'enquiquiner ici! Elle devenait une adulte maintenant et une adulte n'agissait pas ainsi! Elle choisit donc un livre de métamorphose et alla, elle aussi, se caler dans les coussins d'un fauteuil pour débuter sa lecture.
Ron fit un petit arrêt à la cuisine pour se dégoter quelque chose à grignoter (ou engouffrer dans son cas) et rejoignit Harry qui s'était installé à la deuxième table d'échec, la première étant prise par Malefoy et Zabini.
Les Gryffondors allaient débuter leur partie quand la voix trainante d'un certain blondinet retentit dans le dos du rouquin.
-Je plains madame Weasley, mon cher Blaise, et tu sais pourquoi ?
-Non, mais explique-moi je t'en prie, très cher Drago, lui quémanda le métis, tout sourire.
-Je crois qu'Arthur Weasley ne rapporte pas assez d'argent à la maison, élucida le Serpentard. C'est sûr qu'avec autant de bouches à nourrir, c'est difficile d'arriver… On a qu'à regarder Weasmoche engouffrer tout le réfrigérateur dès son arrivée pour comprendre qu'il est sous-alimenté. Je crois que je vais en glisser un mot à mon père quand je le reverrai, peut-être qu'il pourrait faire quelque chose.
Blaise allait ajouter quelque chose, mais avant même qu'il ait pu ouvrir la bouche, le bruit d'une chaise qui se fracasse au sol l'interrompit. Ron s'était levé d'un bond et avait attrapé Malefoy à la gorge, l'appuyant au mur sans ménagement.
Il s'apprêtait à lui faire rencontrer son poing mais une voix s'éleva soudain dans pièce, l'empêchant de poursuivre son geste.
-Non, mais vous avez fini?, s'exclama Zachary Smith. Vous vous comportez comme de véritables enfants! Je vous rappelle que l'époque où on était à Poudlard est désormais terminée. Nous sommes tous égaux maintenant et nous avons la responsabilité d'une centaine de gamins! Vous ne pouvez pas être adultes ne serait-ce qu'un été? Vous n'êtes pas les seuls dans cette galère et chaque geste de l'un d'entre nous a des répercussions sur l'ensemble de nous tous! Alors grandissez un peu MAINTENANT et agissez comme des hommes responsables. Est-ce que c'est clair!
Personne ne dit mot pendant quelques instants, soufflés par les paroles du Poufsouffle, eux qui d'ordinaire étaient si paisibles. Finalement, les regards convergèrent vers Ron et Drago, ce dernier toujours contre le mur, les yeux brillants d'une colère contenue.
Le rouquin relâcha doucement la pression sur la gorge de Malefoy et, se rassoyant brusquement sur sa chaise, avança un pion sur le jeu d'échec.
Le blondinet, quant à lui, épousseta sa chemise et se dirigea d'un bon pas vers la sortie. Blaise regarda leur partie d'échec qu'il s'apprêtait à gagner d'un air dépité, puis se leva pour suivre son meilleur ami.
Dès que les deux Serpentards eurent quittés la pièce, la pression retomba d'un coup et plusieurs tuteurs allèrent féliciter Zachary qui ne réalisait pas encore ce qu'il venait d'accomplir. Le pauvre garçon était aussi rouge que Ronald et ne savait que faire de tant d'attention.
Finalement, tout redevint calme et on ne revit les deux jeunes hommes qu'au souper commun le soir venu. Les paroles du Poufsouffle avaient fait leur chemin autant dans l'esprit des Gryffondors que des Serpentards. Hermione était d'accord avec Zachary: ils avaient finit leur scolarité à Poudlard et, pour le bien des enfants et de la survie du monde sorcier, il était temps de mettre les vieilles rivalités de côté. Par contre, elle restait suspicieuse et sur ses gardes. Après tout, un Serpentard reste un Serpentard !
Drago réalisait aussi l'importance de ses actions dans sa mission. Il devait s'infiltrer chez les lionceaux. Ce n'était certainement pas en se battant avec Weasmoche qu'il allait atteindre son objectif! Se traitant mentalement de tous les noms, il glissa un regard vers ses futurs «amis». Granger semblait soucieuse, tout comme le balafré, alors que Weasley ne disait rien et s'empiffrait de tout ce qu'il trouvait. Visiblement, ce n'était pas la joie parmi le trio d'or…
Il devait trouver un moyen d'isoler la Sang-de-bourbe pour lui soutirer des informations, mais de façon assez discrète pour qu'elle ne le réalise pas. L'idée de la séduire, bien que totalement repoussante, lui effleura l'esprit. Toutefois, arriverait-il à feindre assez bien pour qu'elle le croit? Il devait avouer que la jeune femme était loin d'être stupide… il allait devoir sortir ses meilleurs atouts !
Tout à ses pensées, le jeune Malefoy ne remarqua pas le regard qui pesait sur lui. La plus jeune des Weasley avait très bien entendu Zabini parler d'un projet à Malefoy dans le train après la petite altercation qui les avait opposés. De le voir ainsi observer l'homme de sa vie, sa meilleure amie et son frère ne la rassurait pas le moins du monde. Elle devait en parler à quelqu'un en qui elle avait confiance, sans que ce soit un membre du trio. Ceux-là devaient feindre de s'entendre avec les vipères et ce n'est certainement pas en ayant des doutes quant à d'éventuels projets qu'ils allaient y arriver. Elle décida donc de se référer à Neville, le jeune homme ayant prouvé sa bravoure plus d'une fois.
Ce dernier partageait ses craintes et promit donc à Ginny de surveiller les agissements de Nott lorsqu'ils enseigneraient ensemble les cours d'artifices. Ils devaient d'ailleurs se rencontrer avec les deux autres tuteurs pour décider de ce qu'ils allaient apprendre aux plus jeunes le premier cours. Ce serait le moment idéal pour lui d'observer son collègue.
D'un commun accord, ils prirent la décision de se faire des rapports le plus souvent afin de parer les attaques et les ripostes le plus rapidement possible. Sellant cet accord d'un sourire de connivence, ils poursuivirent leur repas, mine de rien, ne voyant pas le regard douloureux que leur lançait un jeune homme.
Harry n'avait rien manqué de l'échange entre la sœur de son meilleur ami et Neville. En amoureux éperdu et complètement jaloux, il n'avait nullement saisi le but des paroles chuchotées ni le sens du sourire que les deux jeunes gens s'étaient échangé. Croyant à une nouvelle idylle entre celle qu'il aimait et un ami de longue date, il se replongea dans son assiette, le moral au plus bas.
Lui qui croyait qu'elle l'aimait bien…
