Merci pour tous les commentaires reçus pour les chapitres précédents :) Normalement, j'ai répondu à toutes les reviews reçues mais si jamais j'en avais oublié une, n'hésitez pas à me le dire (et désolée pour l'oubli :/)
Merci à ma beta xAneurysm qui vous a gentiment épargné fautes et maladresses :)
Sans plus tarder la suite de l'histoire!
Enjoy
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Scott mangeait en silence les biscuits secs trouvés quelques heures plus tôt par Jaimie. Ils n'avaient aucun goût, et même pas le mérite de calmer sa faim. Il mâchait le plus longtemps possible, transformant en fine bouillie l'ancien gâteau, dans l'espoir de tromper sa faim. De l'autre côté du foyer aux faibles flammes rougeoyantes, se tenait Silas, au visage chaque jour plus émacié, et Jaimie, qui avait dû, il y a deux matins de cela, ajouter de la pointe de son couteau un trou supplémentaire à sa ceinture. Le triste état de ses compagnons – et le sien – ne fit que le réaffirmer dans sa décision d'impliquer Rick et son groupe dans leur aventure. Et ce soir, il ne pouvait que s'accrocher à ce mince espoir d'un groupe plus fort et plus à même de survivre dans ce nouveau monde. Parce qu'il n'était pas éternel, et que Silas non plus, et que si par malheur Jaimie devait leur survivre, il lui fallait la protection d'un groupe qui ne considérait pas les femmes comme de simples objets. Et c'est l'arrivée de Maggie qui avait ravivé cet espoir disparu depuis la rencontre avec Mark.
Jaimie qui avait fait des siennes. Jaimie qui manquait de patience et de tact. Jaimie qui s'emportait facilement.
Elle discutait avec Silas en ce moment même, inconsciente du danger autour d'elle. Elle avait le sourire aux lèvres, prête à éclater de rire à la prochaine sortie du brun. Le fusil sur les cuisses, les coudes posés sur les genoux, un biscuit entre ses doigts fins, la tête inclinée vers Silas, dans l'expectative de la chute qui lui ferait oublier pendant quelques secondes les zombies, et les hordes, et Mark.
Scott la connaissait depuis le début de la fin. Ils s'étaient retrouvés dans le premier groupe ensemble et avaient toujours réussi à se retrouver quoi qu'il se passe. Elle s'était endurcie entre temps - mon dieu lui aussi avait changé. Le seul qui semblait rester égal à lui-même était bien leur troisième compagnon. Silas faisait partie de la deuxième vague. Il était arrivé un jour, accompagné par quelques autres personnes. Silas la grande gueule, Silas la force brute, Silas le clown de service. A présent, ils étaient sa famille. La seule qui lui restait en tout cas. Il devait tout faire pour les protéger, même contre eux-mêmes.
Alors il ruminait, il analysait chacune des paroles de Rick espérant y trouver des signes positifs, il se remémorait les visages de chacun cherchant un semblant de sympathie ou même de pitié, qui lui permettrait à lui et sa famille de s'en sortir. Ils s'étaient séparés en se donnant rendez-vous le lendemain, à neuf heures là où Jaimie les avait fait s'arrêter. C'était un endroit aussi bien qu'un autre. Rick avait promis une réponse, oui, mais pas forcément positive.
« Demain, nous nous rendrons au lieu du rendez-vous à huit heures et demie, annonça-t-il coupant net le bavardage des deux autres – Silas fit la grimace, sûrement interrompu au moment de la chute. Jaimie, j'aimerais que tu restes ici. »
« Pourquoi ? »
« Parce que je n'ai aucune idée de comment ça va se passer. Si Rick n'est pas celui que l'on croit, je te préfère loin d'eux. »
« En quoi être séparée de vous me garantira une meilleure sécurité ? »
Elle marquait un point. On n'était pas grand-chose tout seul dans ce monde là.
« Vous aurez justement besoin de moi si ça tournait au vinaigre. »
« On pourrait toujours lui trouver une plateforme où se positionner, non ? Comme ça elle serait hors de portée et assez loin pour s'échapper s'il le fallait, mais en même temps elle pourrait nous couvrir en cas de besoin, proposa Silas. »
« Ok, répondit Scott après un moment de réflexion. Jaimie, tu prends le premier tour. Sois prudente, on peut s'attendre à plus que des zombies cette nuit. »
Le silence s'installa, Scott venait de ruiner l'ambiance avec ses craintes et ses soupçons. Ils ne tardèrent pas à la laisser faire le guet, se réfugiant dans la tente et le maigre confort qu'elle pouvait offrir.
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Jaimie se redressa un peu sur son perchoir incertain.
« Une plateforme, mon cul oui, grogna-t-elle en sentant déjà des fourmis dans ses jambes. »
Le dos contre le tronc d'une arbre, les jambes presqu'à 90 degrés sur une grosse branche en face d'elle, elle devait se tourner vers sa droite pour voir ses compagnons. Quand on rajoutait le poids du sniper, l'équilibre devenait plus que précaire et elle devait tendre tous les muscles de son dos et de ses jambes pour ne pas risquer de tomber. Elle se demanda furtivement comment elle allait pouvoir gérer le recul si jamais elle se retrouvait à tirer.
« Et bien, espérons qu'on en arrive pas là. »
Elle mit l'œil sur la lunette pour voir ce que faisaient Silas et Scott. Les deux hommes se tenaient au milieu de la route, face à face, Scott les jambes plantées dans le sol, les bras croisés au niveau du torse, alors que Silas gardait ses mains croisées derrières le dos, flingue à la main.
« Et merde, grommela-t-elle en plaquant sa main sur le tronc pour s'empêcher de vaciller. En sécurité, singea-t-elle. Tu parles. »
Silas essaya de voir Jaimie. Il reconnut l'arbre où ils l'avaient laissée quelques minutes plus tôt très rapidement – un pin un peu plus haut que la moyenne et dont les branches touffues lui garantissaient une cachette naturelle - mais il eut beau plissé les yeux, il n'arrivait pas à l'apercevoir et il n'aimait pas ça. Il préférait encore la route et marcher pendant des heures avec Scott devant et elle à ses côtés que cette attente interminable avec une fin imprévisible. Il ne savait que penser du groupe. Rick avait l'air franc du collier comme aurait dit son père, et Glenn, d'un bon gars qui ne cherchait pas les emmerdes, Maggie, d'une fille débrouillarde avec un joli sourire. Quant à Daryl, il ne savait pas. Il avait tout d'un plouc de premier ordre. Mais il faisait aussi preuve d'une loyauté envers Rick qu'il savait déjà exceptionnelle.
« Si nous devions nous retrouver dans une situation critique, ta priorité est de rejoindre Jaimie. »
Silas reporta son regard sur son compagnon.
« Compris ? Insista le blond.»
« Oui. »
« Ils arrivent. »
Rick, accompagné de Daryl et d'une femme aux cheveux gris et courts, venaient de sortir de la forêt à quelques mètres de là, et se dirigeaient vers eux.
« Bonjour, les salua Scott amicalement. »
« Où est la fille ? Demanda aussitôt Rick alors que Daryl scannait les alentours de ses yeux à demi-fermé. »
« Elle prépare le café, répondit Silas. »
« Je m'appelle Scott, et voici Silas, dit le blond en tendant la main à la nouvelle venue. »
« Carol, répondit-elle avec un sourire en acceptant la main tendue, alors que Daryl se rapprochait aussitôt d'un pas. »
« Rick, as-tu eu le temps de te concerter avec ton groupe concernant notre projet ? »
« Oui – il prit le temps de regarder ses compagnons. Nous sommes intéressés par la proposition. Mais nous avons quelques conditions. »
« Le contraire m'aurait étonné. Lesquelles ? »
« Si l'on devait prendre une décision lors du voyage et après, n'importe laquelle, j'aurais le dernier mot. »
« Cela peut se faire. »
« Vous dormirez sans vos armes, au moins pendant un certain temps. »
« Si vous nous assurez une protection lorsque nous sommes désarmés, nous pouvons nous en arranger. Il est clair, cependant, que nos armes nous serons retournées en état dès l'aube. »
Rick hocha la tête, rassuré par les réponses. Il jeta un dernier regard à ses compagnons avant de fixer du regard le blond en face de lui.
« Si jamais vous nous tendez un piège… Si jamais vous tentez quoi que ce soit contre nous…Vous n'aurez pas de seconde chance. Vous avez deux minutes pour en discuter entre vous et faire marche arrière. »
« Cela ne sera pas nécessaire, garantit aussitôt Scott, nous sommes prêts à vous suivre. »
« Vous aviez un pick-up hier. »
« Nous l'avons toujours. Mais la jauge est dangereusement basse.»
« Il faudra le laisser de côté. Nous serons trop nombreux, et nous sommes à pieds. »
« Et c'est reparti pour la randonnée, rétorqua Silas en soupirant. »
« Vous avez dit que le campement était à une cinquantaine de kilomètres, nous pourrons y arriver en trois jours maximum, ajouta Rick. »
« Et vous êtes combien exactement ? Demanda Silas. Pour organiser la fondue de ce soir. »
« Nous sommes une dizaine, lui répondit Carol en cachant un sourire.»
Ils ne réussirent pas à masquer leur surprise. Leur groupe était plutôt impressionnant.
« On se sent tout de suite plus rassuré concernant la protection la nuit, rétorqua finalement Silas. »
« On a surtout une chance, souffla Scott. On a une chance. »
« Nous fais pas une crise cardiaque maintenant, mec. »
« Ta gueule. »
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« Et maintenant descend de ton arbre… pourquoi on viendrait t'aider, rejoins-nous directement, grommelait Jaimie en ajustant son fusil contre son dos. »
Elle se poussa du tronc pour attraper la branche de ses deux mains, l'écorce rêche écorchant ses paumes.
« Tu es notre petit singe, tu vas y arriver, continuait-elle en se laissant glisser jusqu'en bas de la branche. »
Elle attrapa prudemment le tronc qui était trop large pour qu'elle puisse en faire le tour. Avec prudence, elle étendit sa jambe jusqu'à toucher la branche du dessous.
« Nous on va t'attendre tranquillement sur la route. »
Une fois son appui sûr, elle glissa sa deuxième jambe.
« Tout ça, c'est pour ta sécuri… Oooooh »
Son pied ripa et elle se sentit partir en arrière. Elle agita désespérément les mains, cherchant à se rattraper à n'importe quoi. Et atterrit un mètre plus bas, à plat sur le dos. Elle eut le souffle coupé pendant quelques secondes alors que quelques épines venaient se déposer sur elles en virevoltant.
« Je traîne trop souvent par terre ces derniers temps, grogna-t-elle en se relevant. »
Elle passa sa main sur l'arrière de sa tête mais ne sentit rien. Elle allait juste avoir une grosse bosse.
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Silas jeta un coup d'œil à sa voisine et posa sa main sur son épaule, appuyant un peu en signe de réconfort. Il lui lança un regard interrogatif et elle hocha la tête en guise de réponse. Rassuré, il laissa retomber sa main sur son fusil.
Trois heures qu'ils marchaient. Sauf qu'au lieu de leur trio, c'étaient un groupe d'une quinzaine de personne qui avançait sous le soleil froid du mois d'octobre. Plus de personnes qu'il n'en avait croisées depuis des semaines. Le sentiment était étrange. Pour la première fois depuis un moment, Silas était mal à l'aise. Leur position au milieu du groupe – qui ne devait rien au hasard – le rendait paranoïaque. Il avait l'impression de sentir leur regard de tous les côtés.
Scott se tenait toujours devant eux, mais il ne menait pas pour autant la troupe. Rick était en première ligne avec une femme noire appelée Michonne.
Les présentations avec le groupe avaient été froides et expéditives, Scott et Rick voulant profiter au maximum de la journée pour avancer, les autres trop méfiants encore pour montrer un intérêt aux conversations polies de base. Il ne se souvenait même pas de tous les prénoms. Il devait se l'avouer : le nombre de femmes l'avait impressionné et – on ne se refait pas – réjoui.
« Je pense que je dois changer mon déodorant, lâcha-t-il sans même y réfléchir. »
« Pourquoi ça ? Demanda Jaimie, fatiguée, mais les coins de la bouche déjà prêts à s'étendre dans un grand sourire. »
« C'est ça, où nous avons déjoué les lois de la physique et créé notre propre champs de force. »
Elle fronça légèrement les sourcils, cherchant à comprendre avant de s'apercevoir qu'un cercle invisible s'était tracé autour de leur trio. Elle éclata de rire.
Il devait se l'avouer, il adorait réussir à la faire rire. Elle était un public facile, toujours prêt à réagir. Il n'allait pas s'interdire ce plaisir juste parce que leur groupe s'était agrandi.
« Ça me rappelle mon été en Floride. »
« Celui avec Bernadette ?»
« Content de voir que tu suis. On devait visiter les Everglades. A l'entrée, les rangers nous donnent les instructions de sécurité classique, Bernadette n'en mène pas large, terrorisée par tout ce qui est bébêtes. Et là, avant de nous laisser les clés de la Range-Rover, le chef – un mec énorme, me demandais bien comment il pouvait être ranger – nous rappelle de ne pas oublier de nous mettre du répulsif. Bernadette se tourne alors vers moi – une fois le gars parti – et me demande à quoi ça sert. Et je lui explique que c'est du répulsif à alligator. Au début, elle me croit pas, alors je lui explique que des scientifiques ont mis ça au point en se rendant compte que ces sales bêtes ne s'approchent jamais d'un certain type de plante. Qu'ils ont réussi à déterminer quel composant exactement repousse les reptiles et l'ont synthétisé en un spray. »
« Elle t'a cru ? »
« Une heure plus tard, elle sort de la voiture et se met à courir vers le lac tout en se déshabillant me criant de la rejoindre dans l'eau. »
Jaimie écarquilla grand les yeux, peinant à y croire.
« J'ai réussi à la rattraper de justesse et à la ramener vite fait dans la voiture. »
Il s'aménagea une pause avant de poursuivre
« Par contre, on a eu bien du mal à expliquer au ranger pourquoi elle avait fini la ballade à poil. »
De nouveau cet éclat de rire. Bref, sec, mais joyeux et spontané. Il entendit aussi deux ou trois pouffements derrière lui. Il ne put s'empêcher de sourire, il avait plus d'un spectateur à présent.
« Pauvre Bernadette, souffla-t-elle en s'essuyant les yeux. »
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Scott secoua doucement la tête en entendant ses deux compagnons parler derrière lui. Mais il ne fit aucun commentaire. Il pouvait déjà noter le changement d'attitude dans le reste du groupe. Inconsciemment, les autres se rapprochaient pour écouter les anecdotes du brun. C'est comme ça qu'ils allaient réussir leur intégration : grâce à l'humour de Silas et à la bonne humeur de Jaimie, toujours partante pour une bonne blague et le cœur sur la main. Leur fort n'était certes pas la discrétion, mais ils avaient les qualités humaines que les gens recherchaient.
« Mes comics, répondait d'une voix assurée Jaimie, à l'instant. C'est ce qui me manque le plus. »
« 'Spèce de geek. »
« Hey, protesta-t-elle en donnant un petit coup dans l'épaule de Silas. J'avais quand même un peu de vie sociale. Mais j'avais une collection impressionnante. »
« Je parie que tu les gardais sous plastique. »
Jaimie rougit violemment, provoquant les rires de Rosita, Carol et Carl qui suivaient à présent la conversation avec intérêt.
« Tu les gardais vraiment sous plastique ? Se récria Silas. »
« Seulement certains numéros spéciaux. Ça peut valoir une fortune sur le marché ! Quand je suis partie de mon appart, j'ai même hésité à les prendre. »
« Qu'est-ce que je fais avec toi ? Soupira dramatiquement son ami. »
« Tu lisais quoi comme comics ? Demanda finalement Carl, à la droite de Jaimie. »
« J'adorais Spiderman. Mais j'avoue que j'avais aussi un faible pour Elektra. »
« Je connais Spiderman. J'ai vu un des films avec l'acteur, Tobey machin. »
« Je suis sûre que je pourrais mettre la main sur une bd ou deux lors du prochain raid. Il faut absolument qu'on s'occupe de ta culture mon grand, lui sourit-elle. Sinon, mais dans un style bien différent, tu as aussi Invincible. »
« Invincible ? Une sorte de Superman j'imagine ? »
« Sur l'idée de base, peut-être. Mais le traitement est complètement différent. Tu adorerais. »
« Carl, ton père voudrait te voir, intervint alors Carol avec son sourire doux. »
« Tu me raconteras plus tard ? »
« Oui, on aura tout le temps qu'il faut pour ça. »
Jaimie décida de ne pas prendre ombrage de l'interventionnisme flagrant de Carol. Après tout, ils prenaient leur précaution. Elle était aussi reconnaissante envers Silas qui l'aidait à surmonter la tension palpable en racontant ses anecdotes. Elle était impressionnée par ce groupe qu'elle sentait soudé, et fort, très fort. S'ils n'étaient pas venus avec une solution pour l'hiver à venir, ils auraient pu se passer d'eux sans aucun problème. La plus grande surprise était venue sous la forme de Judith, un nourrisson d'à peine un an. Elle n'avait jamais croisé d'enfants depuis le commencement, encore moins de bébé et Rick avait les deux, encore en vie.
« A part les comics, tu collectionnais autre chose ? Lui demanda Silas. »
« Une dépendance à la fois, c'est suffisant. »
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Ils firent une pause une heure plus tard, sur le bord de la route, à l'ombre de la forêt. A la demande de Scott, elle entreprit de grimper dans l'un des arbres, et ainsi repérer le chemin à venir. Elle se tenait sur une des plus hautes branches, le sol et ses compagnons bien loin d'elle à présent. Elle se permit de souffler enfin. Plus habituée à autant de personnes autour d'elle, elle n'avait pas réalisé jusqu'à présent la tension de ses épaules.
Silas se laissa tomber lourdement sur le sol et utilisa son sac à dos comme dossier. Il se sentit bien seul entouré d'étrangers qui même s'ils n'étaient pas hostiles, ne s'intéressaient pas non plus à lui. Scott s'entretenait avec Rick un peu plus loin, hors de portée de voix.
« J'ai repéré sur la carte un ancien hameau de quelques maisons. On devrait pouvoir en sécuriser une pour ce soir, expliqua Scott à Rick, carte en main. »
« A combien de kilomètres ? »
« 6 ou 7 kilomètres. On devrait y être avant la tombée de la nuit. »
Rick leva les yeux au ciel et repéra la position du soleil.
« Si on ne perd pas de temps… »
« Si on repart dans une vingtaine de minutes et qu'on ne fait plus de pause, on devrait l'atteindre à temps et profiter des derniers rayons pour nettoyer l'endroit avant la nuit. »
« Sauf que l'on a besoin de vivres, et nous ne pouvons pas prendre le risque de ne rien trouver dans les maisons. On va passer à côté de Fortsyth. Ça vaudrait le coup de faire un détour. »
« Si l'on fait un détour, nous n'aurons jamais le temps de sécuriser l'endroit avant la nuit tombée. »
Rick regarda son groupe, tous assis par terre, la tête baissée, épuisés.
« Il y a une zone commerciale au nord de la ville, on n'aurait même pas besoin d'entrer dans la ville. »
« L'autre solution serait de diviser le groupe, proposa alors Scott. »
Rick lui envoya aussitôt un regard méfiant.
« Utilise des éclaireurs pour soit dévaliser ton Wallmart, soit prendre de l'avance sur le refuge de ce soir. Choisis l'un de nous si cela peut te rassurer. »
« Tu proposes qui exactement ? »
« Cela dépend de ce que tu veux faire : pour les raids, fais confiance à Jaimie. Elle a l'habitude de ce type d'action et sait entrer et ressortir des pires endroits sans une égratignure. Si tu veux t'occuper des maisons, prends moi ou Silas. Nous sommes plus forts et capables de nous battre contre plusieurs zombies en même temps. »
« Je n'aime pas l'idée de nous séparer. »
« Je sais que l'union fait la force, approuva Scott, mais nous sommes tous épuisés. Si tu nous en demandes trop, nous finirons par faire des erreurs qui nous coûteront la vie. Il vaut mieux favoriser la prudence. Nous sommes plus qu'assez à présent pour nous organiser et attribuer les ressources nécessaires aux actions à accomplir. »
Rick eut un petit rire sec,.
« Tu as travaillé comme consultant avant tout ça ? On dirait du langage de ressources humaines. »
« Pas exactement, sourit à son tour Scott. Alors, qu'est-ce que tu décides ? »
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Jaimie redescendit de son arbre au bout de quelques minutes. La route était déserte sur plusieurs kilomètres, aucune surprise ne devrait les attendre. Elle atterrit en souplesse sur le lit d'épines de pins et alla rejoindre Silas, sur le point de s'endormir. Elle lui donna un petit coup d'épaule pour le réveiller.
« On ne va pas tarder à partir, lui glissa-t-elle. Mange. »
Il attrapa le biscuit qu'elle lui tendait avec un remerciement.
« Ils parlent de quoi là ? Demanda-t-elle en pointant du menton les deux hommes en conciliabule. »
« Aucune idée. Top secret. Nous n'avons pas le grade nécessaire pour accéder à ce genre d'information. »
« J'aime pas ça, grommela-t-elle en regardant autour d'elle. »
Scott se tourna vers eux et il la pointa du doigt avant de lui faire signe de se rapprocher.
« Regardez qui vient d'avoir une promotion, railla Silas. »
« Crétin, dit-elle en donnant un coup sur le bras. »
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Jaimie hochait de la tête, penchée sur la carte, une main sur le sol pour la maintenir en équilibre, l'autre accrochée à la bandoulière de son fusil. A sa droite, Scott, agenouillé aussi, à sa gauche Rick, et en face, Daryl. Tout ce qu'elle trouvait à faire, c'était hocher la tête. Pas comme si on attendait autre chose d'elle de toute façon.
« On se séparera à ce niveau-là sur Juliette Road. Vous remonterez sur le nord, vous devriez atteindre la zone commerciale assez rapidement. Nous, nous suivrons Juliette Road jusqu'à Creek River, continua Rick en remontant son doigt le long de la route. Nous nous arrêterons ici. Scott a repéré un hameau. Nous nous chargerons de le sécuriser en attendant votre retour. »
Jaimie finit par jeter un regard incertain à Scott. Depuis quand ils se séparaient ? Elle voulait lui parler mais il évitait soigneusement son regard, concentré sur la carte.
« Ça te convient Jaimie ? L'interpella Rick, conscient de son trouble.»
Elle resta silencieuse, cherchant les mots pour exprimer son malaise sans froisser pour autant leurs hôtes.
« Silas peut venir ? Finit-elle par lâcher du bout des lèvres. »
« Non. On aura besoin de lui, trancha Scott sans pour autant la regarder. »
Rick la regarda se mordiller la lèvre inférieure. Un silence pesant s'installa.
« J'vais pas t'sauter d'ssus, t'sais, grommela Daryl. Pas mon genre, d't'façon. »
Rick se passa la main sur le visage, désespéré. On pouvait toujours compter sur Daryl pour mettre les pieds dans le plat.
« Quand c'est la fin du monde, vous avez tendance à ne plus avoir de genre, rétorqua-t-elle, les joues un peu rouge d'avoir été dévoilée ainsi. »
« J'ai toute confiance en Daryl, intervint Rick en se tournant vers elle, les yeux dans les siens. Tu as vu notre groupe, tu t'imagines bien que cela ne marcherait pas si on laissait passer ce genre de comportement. »
« Je sais. Mais vous pouvez aussi piger pourquoi je ne suis pas enthousiaste à l'idée de me retrouver seule avec un inconnu. »
« Deux, ça suffira ? Questionna Daryl, considérant le sujet clos. »
« On ne sait pas ce qui nous attend au hameau, et nous devons nous préparer au pire. Vous serez plus discrets et rapides à deux. »
« On a encore deux heures de marche avant que l'on se sépare. C'est le temps qui vous reste pour mémoriser la carte. Vous devrez connaître le chemin pour arriver à la zone commerciale et ensuite au campement par cœur. »
« Ce s'ra pas un problème, répondit Daryl en attrapant le carnet et en se relevant. »
