ePairing : Steve "Cap" Rogers/James "Bucky" Barnes
Warning : NC-17 - MATURE - /!\ Sexe explicite /!\
Time line : L'histoire se situe après la phase Thanos et n'est basée que sur le MCU
Disclaimer : Les personnages et tout l'univers appartiennent à Marvel (et peut-être un peu à Disney), je les emprunte juste un peu pour jouer avec ; Aucun argent n'est fait avec ces écrits…
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CHAPITRE 4 : La fin du cauchemar
Voilà deux jours que Steve était de repos forcé à l'infirmerie de la base et deux jours qu'il se sentait comme un moins que rien...
Rien. RIEN ne justifiait qu'il ai pu s'octroyer le droit de faire ça à son meilleur ami. Bucky, l'homme qu'il aimait, était sous l'emprise d'une chose qui ne lui permettait pas d'être lucide et Steve lui, avait profité de cette faiblesse. Un bourdonnement permanent brouillait ses pensées, un bourdonnement qui ne laissait qu'une seule information filtrer dans sa conscience : Il l'avait purement et simplement violé.
Steve se répugnait. Considérant qu'il ne méritait plus sa vie telle qu'elle était, il avait décidé qu'il disparaîtrait dès que l'occasion se présenterait et en attendant de pouvoir mettre son plan d'évasion à exécution, il allait passer le reste de la journée seul dans sa chambre, avec pour seule compagnie, le lourd fardeau de sa culpabilité...
Mais alors qu'il se résignait à demeurer pour toujours l'être vivant le plus répugnant de la planète, un raffut pas possible attira son attention depuis les couloirs. Avant qu'il ai pu distinguer de quoi il s'agissait, la porte de sa chambre s'écrasa contre le mur dans un grand fracas et Natasha Romanoff apparut dans l'encadrement, le toisant de toute sa petite taille.
L'air semblait vibrer autour d'elle et Steve comprenait - acceptait - sa colère. Si elle venait pour le tuer, il la laisserait faire...
Apathique, il l'observa faire les quelques enjambées qui la séparaient de lui pour déposer un baluchon sur son lit. D'un ton sans équivoque, elle annonça :
_ "Tu enfiles ça et tu me rejoins dehors. Maintenant."
Et elle quitta la chambre, sans plus d'explication.
Confus, Steve ouvrit le sac et y découvrit sa tenue de Captain America. Ah… mourir dans sa tenue de super-héro... Oui. De cette manière, elle pourrait faire passer ça pour un accident...
Quelques minutes plus tard il la retrouvait - au téléphone et agitée - dans les couloirs de la base, en compagnie de Wanda.
_ "Steve, il faut qu'on te parle..." Dit Wanda, anxieuse.
Soudain, Steve réalisa que ce n'était peut-être pas de la colère qu'il avait lu sur le visage de Natasha, mais peut-être bien de l'angoisse. Elle leur indiqua d'un signe de tête de la suivre jusqu'au hangar numéro 2 et peu après, ils étaient à bord du Quinjet. Pilote automatique en marche, elle les rejoignit à l'arrière et annonça, chagrinée :
_ "Bucky a disparu."
Steve sentit son coeur se briser et baissa les yeux. Evidemment qu'il avait voulu disparaître après ce qu'il lui avait fait… Il n'y avait rien d'étonnant à cela.
Le regard concerné de Nat' se posa sur Wanda qui jouait nerveusement avec ses doigts. Elle posa une main sur la sienne pour l'apaiser.
_ "Tout est de ma faute…" Murmura Wanda, désespérée.
Steve, incrédule, fronça les sourcils tandis que son regard allait de l'une à l'autre.
_ "Ne fais pas ça Wanda, tu n'as pas fais exprès…" Rassura Natasha. Puis La blonde se tourna vers Steve. "Il y a eu un problème après l'explosion du bateau…"
Et elle lui raconta. Elle raconta comme après l'explosion du cargo Sam avait envoyé Redwing pour scanner la surface de l'eau et qu'il les avait repéré sur le port seulement après un très long moment, quand Steve sortait Bucky de l'eau.
Sauf qu'il était déjà trop tard. Lorsque le Quinjet arriva à leur hauteur pour les récupérer, Buck s'était déjà jeté sur Steve. Wanda, qui avait entendu Batroc hurler "rabotnick", n'eut d'autre choix que de projeter des images dans l'esprit du Soldat de l'Hiver pour le stopper. Des images qui suffiraient à le satisfaire suffisamment pour qu'il s'évanouisse, car comme Bucky le lui avait expliqué, le seul moyen connu de le désactiver c'était de "lui faire l'amour jusqu'à ce qu'il s'évanouisse de plaisir"... Le problème c'est que Wanda, blessée par l'explosion et dans la précipitation de devoir le neutraliser le plus vite possible, n'avait pas maîtrisé son tir... et elle les avait atteint, tous les deux.
Steve se leva subitement une main devant la bouche, et resta un long moment planté là, comme statufié, avant de ravaler un sanglot de soulagement.
Il n'avait rien fait alors…? Ils n'avaient... rien fait…
_ "Je suis sincèrement, profondément désolée…" Wanda implorait son pardon et Steve se jeta précipitamment sur elle pour la prendre dans ses bras.
_ "Merci." Dit-il en resserrant son étreinte autour d'elle. "Merci…"
Abasourdie, Wanda voulu le repousser mais Steve s'accrocha.
_ "P- Pourquoi ? Non-Ne… me, j'ai…" Balbutia-t-elle. Et puis finalement, elle se laissa aller et fondit en larmes dans ses bras. "Je suis tellement désolée, Steve... A cause de moi, Bucky a disparu !" Sanglota-t-elle. "Je n'ai- je n'ai pas eu le temps de lui dire que c'était moi… Que ce n'était pas la réalité… Il doit penser qu'il a… Que vous avez… "
Ils restèrent de longues minutes ainsi. Steve berçant tout doucement Wanda qui pleurait à chaudes larmes dans ses bras. Le bourdonnement dans son esprit s'amenuisait petit à petit. Il ne pourrait jamais décrire la force, la puissance avec laquelle il avait été frappé par le soulagement. Certes, dans ce rêve- ce cauchemar, il avait tout de même profité de la faiblesse de Bucky, mais un rêve reste un rêve. L'inconscient n'a pas les mêmes échelles de valeurs que la conscience et Steve savait faire cette différence ; il avait passé beaucoup de temps à étudier le sujet pour tenter de soulager Buck dans sa période de cauchemars…
Tandis que l'étau de la culpabilité se relâchait, Steve se sentait pris d'une toute nouvelle détermination. Il allait - devait- retrouver Buck. Il saisit doucement Wanda par les épaules et planta son regard dans le sien :
_ "Ne t'inquiètes pas, on va le retrouver."
_ "On fera tout notre possible !" Approuva Natasha d'un hochement de tête.
_ "Où était-il la dernière fois que quelqu'un l'a vu ?" Demanda Steve.
Natasha lui expliqua qu'après avoir été rapatriés dans le Quinjet, Steve et Buck avaient tous les deux été amenés à l'infirmerie de la base. Après quelques soins plutôt rapides - aucun des deux n'étant gravement blessé - ils avaient simplement été gardé sous observation et c'est le jour même de leur arrivée que Buck s'était volatilisé.
_ "C'est pour ça que je t'ai sortie de l'infirmerie, tu es le seul qui puisse nous dire par où commencer."
Steve se sentait redevable envers Natasha de ne pas l'avoir écarté des recherches. Elles auraient pu décider de ne rien lui dire sous prétexte de le préserver mais savaient qu'il était le seul à connaître suffisamment Buck pour avoir une chance de le retrouver.
En colère parce que Stark avait d'abord refusé de les laisser partir - ce qui expliquait le raffut dans le couloir de l'infirmerie, Natasha avait dû forcer la décision et accepter de faire ces recherches sans que la mission ne soit officiellement du fait des Avengers. Tony estimait que si Buck avait décidé de disparaître, il était dans son bon droit et personne ne pourrait le forcer à revenir s'il ne s'en sentait pas la force.
Sans financement, les jours qui suivirent furent éprouvants pour le trio. Ils avaient dû accélérer le processus de recherche de tous les endroits connus de Buck, et n'avaient malgré tout trouvé aucune trace de lui, nulle part. Le dernier espoir avait résidé au Wakanda et au grand désespoir de Steve, cette brève escale ne leur apporta rien de plus.
_ "Je suis sincèrement désolé, si le Loup Blanc avait mis un pied sur nos terres, l'information serait montée jusqu'à moi…" Expliquait T'Challa.
Profondément déçus, ils en profitèrent pour se reposer quelques jours avant de se résigner à rentrer définitivement à la base. En tout cas, c'est ce que Natasha et Wanda avaient décidé. Sans financement et sans soutien, elle s'étaient faites une raison. Bucky avait décidé de disparaître et de toute évidence, il ne souhaitait pas être retrouvé. Même Sharon Carter n'avait rien pu faire pour les aider. Considérant que le dossier de James 'Bucky' Buchanan Barnes était clôt depuis bien longtemps, ils n'avaient rien de plus sur lui dans les archives du S.H.I.E.L.D.
Steve en revanche, avait refusé d'abandonner et décidé de prolonger ses recherches seul, quitte à prendre sur ses économies personnelles. De toute façon, il n'était pas en état de faire autre chose. Des mois durants, il avait vivoté d'hôtel en hôtel, délaissant sa santé et son bien-être pour couvrir un maximum de terrain. Il avait parcouru les états-unis en long, en large et en travers, il était allé en Europe, il avait même poussé ses recherches - sans trop y croire - jusqu'en Russie…
Pour rien.
Dépité, accablé, à cours d'idées et d'argent, Steve se sentait tiraillé entre la volonté de garder l'espoir de retrouver Bucky et l'acceptation de sa défaite. Son coeur se serrait comme il sentait le désespoir le gagner. Le reverrait-il un jour ? Représentait-il si peu à ses yeux pour qu'il l'abandonne ainsi ? Etait-il seulement en vie ?
Après ces longs mois de recherches infructueuses et une résignation douloureuse, Steve rentra finalement à New York et c'est l'odeur de renfermé qui le frappa en premier lorsqu'il passa la porte de l'appartement. Et puis le vide. Cet appartement vide et poussiéreux n'avait pas vu âme qui vive depuis leur départ pour la mission contre Batrok...
Un nuage de poussière s'envola autour de lui lorsqu'il se laissa tomber dans le canapé. Il laissa sa tête reposer contre le dossier moelleux, le coeur brisé. Steve se rappela une question que Sam Wilson lui avait posé alors même qu'ils ne se connaissaient que depuis quelques jours :
** T'aurai que l'embarras du choix si tu voulais, qu'est-ce que t'as comme passion ?**
Et Steve n'avait pas su répondre… Dans la même semaine, Bucky était réapparu dans sa vie et Steve avait réalisé que c'était lui le centre de son monde, sa raison de vivre, d'exister. Sans lui…
Steve poussa un soupir douloureux. Et puis il sentit une présence dans son dos et se retourna vivement. Debout dans l'encadrement de la porte de la cuisine, James Buchanan Barnes le fixait, l'air hagard.
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Fouillant méticuleusement dans son sac à dos, il fallut de longues minutes à Bucky pour retrouver les clés de leur appartement. Il avait été très nerveux à l'idée de revenir à New York, à l'idée de confronter Steve après ces longs mois d'absence. Il savait qu'il allait devoir s'expliquer sur ses raisons, expliquer pourquoi ça avait été nécessaires pour lui. Il avait trop longtemps repoussé le temps de la guérison…
Il pénétra dans l'appartement et constata que rien n'avait bougé. Surpris, il ne s'était pas attendu à le trouver complètement déserté. Vu la quantité de poussière, personne n'avait mis les pieds ici depuis bien longtemps, ce qui n'annonçait rien de très bon.
Le voyage avait été long, la gorge sèche, il s'avança vers la cuisine pour se servir un verre d'eau qu'il avala d'un seul trait.
Un clicketit attira soudain son attention depuis l'entrée et il éprouva aussitôt un flot d'émotions très diverses. L'angoisse, l'enthousiasme, l'appréhension, l'euphorie… Il entra dans le salon juste à temps pour percevoir le soupir déchirant de Steve qui venait de se laisser tomber dans le canapé et c'est finalement la consternation qui pris le dessus. Son verre d'eau dans une main, son sac à dos dans l'autre, aucun son ne pu sortir de sa bouche quand Steve, qui sembla ressentir sa présence, se retourna brusquement sur le canapé.
Bucky n'en revenait pas du spectacle désolant que lui offrait son meilleur ami. Il n'avait jamais vu Steve dans un tel état de négligence. De profondes cernes se dessinaient sous ses yeux gris, ses joues étaient creusées, il n'avait même pas pris la peine de coiffer ses cheveux devenus trop longs, sa barbe n'était qu'un fouillis de poils pas taillés, quant à l'état de ses vêtements…
L'instant, aussi bref fut-il, sembla durer une éternité.
Buck stupéfait, ne pu s'empêcher de se demander s'il était responsable de ça. Il comprenait désormais la réaction de Steve quand lui-même s'était laissé aller. Pourquoi il l'avait engueulé. Pourquoi il s'était énervé… De le voir comme ça lui déchirait le coeur.
La suite se passa si vite qu'il fut incapable, en voyant Steve s'approcher d'un pas vif, de prédire s'il allait le frapper ou le prendre dans ses bras.
Et l'étreinte fut brutale.
_ "Steve…" Chuchota Buck.
_ "La ferme !" Répondit-il avec des trémolos dans la voix. "Ne dis rien. Ne parle pas."
Buck obéit et resserra simplement l'étreinte de ses bras sur Steve ; il n'aurait jamais cru provoquer tant de peine. Comment cet individu à l'apparence indestructible pouvait-il sembler si fragile en cet instant ?
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Steve sortait de la douche et attrapa une serviette de toilette pour s'essuyer. Encore confus par les évènements de cette journée, il n'arrivait toujours pas à penser correctement. Il ne savait plus s'il devait être fâché ou soulagé de cette rencontre inopinée. Et s'il avait le droit de ressentir un peu des deux, il ne savait pas du tout comment faire.
Cette douche lui avait fait un bien fou, mais ne lui avait pas permis de remettre de l'ordre dans ses idées… Tout ce temps passé à le chercher partout, absolument partout, et il avait simplement suffit qu'il revienne à la maison pour le trouver, là…C'était juste fou.
Après avoir enfilé un t-shirt propre et un bas de pyjama, il eut besoin d'un moment avant de réussir à sortir de la salle de bain. C'est la main tremblante et la peur d'entendre ce que Bucky avait à dire qu'il parvint finalement à ouvrir la porte.
Dans le salon, Buck l'attendait l'air pensif, assis dans le canapé, deux tasses de café fumant posées sur la table basse. Steve s'installa avec appréhension dans le fauteuil juste à côté de lui.
_ "Est-ce qu'on peut discuter ?" Commença le brun, hésitant.
En silence et sans le regarder, Steve attrapa une tasse et souffla sur le breuvage avant d'en siroter une petite gorgée. Puis de but en blanc, le regard fixe sur la fumée de son café, il annonça :
_ "On n'a rien fait, tu sais." Il marqua une pause et leva les yeux vers Buck. "Sur les quais…"
_ "Je sais." Répondit humblement Buck.
_ "Alors, pourquoi ?"
_ "Parce que je t'aime."
Steve eut l'air sidéré et Buck sourit tristement avant de poursuivre, les yeux dans le vague :
_ "A mon réveil - à l'infirmerie - je le savais déjà. Instinctivement je savais que ça n'avait pas pu se produire réellement. Ce…" Il hésita. "Cet incident m'a fait comprendre des choses…" Il posa ses yeux sur un Steve confus. "Ce qu'il faut que tu comprennes, c'est que les semaines avant la mission Batroc ont été extraordinaires pour moi - sincèrement. J'ai enfin pris conscience que je ne suis pas seul, que des gens m'aiment pour moi, que personne ne me juge pour ce que j'ai pu être et faire par le passé... Quand je me suis réveillé, quand j'ai réalisé le fiasco qu'avait été cette mission, j'étais convaincu que je devais arrêter d'être lâche. Je devais accepter de me faire aider, de me débarrasser de ce fardeau... Et j'ai appelé Shuri…" Il baissa honteusement la tête, conscient que c'était précisément là la raison de la colère de Steve. "Dans l'heure, elle sautait dans le Faucon Royal pour venir me chercher."
La mâchoire de Steve se décrocha.
_ "Au Wakanda ? Tu étais au Wakanda ?!"
Buck acquiesça d'un signe de tête, l'air embarrassé.
_ "C'est une plaisanterie ?! T'Challa nous a affirmé que tu n'y étais pas..."
_ "A ma demande…"
Steve tombait des nues et ne comprenait pas pourquoi il avait fallu que ça devienne un secret absolu ? Pourquoi vivre sa guérison comme un patient clandestin ?
_ "J'avais besoin de faire ça seul, Steve" Expliqua Buck, comme s'il avait lu dans ses pensées.
_ "Et je ne t'en aurai jamais empêché !" Se vexa-t-il
_ "Non bien sûr ! Tu aurais même insisté pour venir avec moi, tu m'aurais épaulé, tu aurais été présent, tout le temps…"
Steve admit d'un hochement de tête qu'effectivement, il aurait probablement fait ça.
_ "... et ça aurait pu tout gâcher."
_ "Je te demande pardon ?!"
_ "Ta présence apaise trop de choses chez moi." Se justifia Buck. "Je voulais être dans un état le plus juste possible, que le pire se révèle réellement pour être sûr que Shuri puisse… recommencer à travailler, proprement. Sur le vrai, la totalité du problème !"
Il fallut un temps à Steve pour admettre qu'il pouvait être considéré comme un obstacle. En soi, ses explications n'étaient pas dénuées de sens… Mais tout de même, c'était dur.
_ "Bon, d'accord, admettons… Admettons que ma présence sur les lieux aurait pu te gêner… Ca ne justifie pas le silence radio. Tu aurais au moins pu laisser un mot à quelqu'un, indiquer que tout allait bien… "
Cette fois, Buck sembla hésiter avant de répondre :
_ "Pour être honnête…Je ne partais pas très optimiste..."
_ "Comment ça… ?"
_ "J'avais… plus ou moins décidé de ne pas revenir du tout, en cas d'échec…"
Steve ressenti soudain le besoin urgent d'écraser son poing sur ce visage qui lui avait tant manqué. Il se ravisa toutefois, inspirant un grand coup.
_ "Tu es un idiot." Dit-il simplement.
_ "Je sais…"
_ "Un véritable idiot…" Répéta-t-il.
_ "Je sais….."
_ "..."
_ "Je comprendrais que tu m'en veuilles…" Murmura Buck qui baissait la tête l'air coupable.
Steve ne pouvait pas nier l'évidence, il était heureux de retrouver Bucky et de toute évidence, ce dernier n'avait pas pris cette décision par gaîté de coeur. Comment lui en vouloir alors qu'il supportait déjà le poids de sa propre culpabilité ?
La colère retombée, Steve se sentit soudain affecté par le besoin irrépressible de le toucher. Pour la première fois depuis trop longtemps, l'homme qu'il aimait était à porté de main. A quelques centimètres seulement de lui. Il profita de quelques secondes pour l'observer un peu… mesurer la longueur de ses cheveux bruns, apprécier leur façon d'onduler légèrement ; puis il s'égara en suivant ses épaules solides, la ligne de sa mâchoire, l'arête de son nez et puis il nota la courbe légère de ses lèvres fines…
Sans le quitter des yeux, Steve avala son café d'un trait, puis posa la tasse sur le rebord de la fenêtre à côté de lui. Tout doucement, il se laissa glisser sur les genoux et s'avança jusqu'à Buck :
_ "Dis-moi que tu es de retour pour de bon…"
Steve tendit une main vers son visage et avant même qu'il puisse l'atteindre, Buck la saisit et l'embrassa longuement dans la paume. C'est la voix brisée par l'émotion que le brun répondit :
_ "Je suis de retour pour de bon."
Steve poussa un soupir de soulagement et posa son front contre le sien. Il laissa sa main gauche vagabonder jusqu'à frôler la nuque de Buck qui entremêlait ses doigts à son autre main. Le contraste entre la peau douce de cette nuque et le rugueux de sa paume l'électrisait. Steve s'éloigna de quelques centimètres seulement, puis libéra sa main pour prendre son visage en coupe. Les yeux dans les yeux, il fit remonter ses doigts lentement, très lentement, depuis sa barbe naissante jusque dans ses cheveux qu'il empoigna fermement mais avec douceur et décida que plus jamais il ne laisserait Bucky disparaître.
Le regard de Steve était si intense que Buck se senti subitement rougir. Il avait l'impression qu'il était sur le point de le manger tout cru. Et il avait envie d'être mangé tout cru. Il avait travaillé si dur pour pouvoir revenir. Il avait tellement attendu ce moment, ce moment où il pourrait à nouveau serrer Steve contre lui. L'embrasser…
N'y tenant plus, il passa son bras autour de la taille de Steve pour l'attirer contre lui, le serra fort de ses deux bras et sans attendre la permission, l'embrassa fiévreusement. Avec toute la passion de son corps, toute la fureur de son coeur qui battait sourdement dans sa poitrine. Steve sans se faire prier, entrouvrit immédiatement les lèvres afin de permettre à Buck de glisser sa langue à l'intérieur de sa bouche. Dans un gémissement, il s'arqua contre lui et Buck resserra encore plus l'étreinte de son corps contre le sien. Leurs langues se cherchaient et surtout se retrouvaient avec avidité. Cela faisait si longtemps...
A cet instant, il n'était plus question ni de fuir, ni d'en vouloir à qui que ce soit. Il ne restait plus que cette alchimie caractéristique de leur corps retrouvant et répondant instantanément à celui de l'autre.
Luttant contre ses propres pulsions, Buck dû fournir un effort incroyable pour interrompre ce baiser et contrôler le brasier naissant dans son bas-ventre.
_ "Je suis désolé Steve..."
Il attrapa sa main pour l'aider à se relever et Steve retint un hoquet de surprise lorsqu'il le sentit le soulever brusquement. Les bras de Bucky fermement resserrés autour de sa taille, il ne tarda pas à comprendre que c'est dans sa propre chambre que les pas de Buck les menaient. D'abord hébété, la tête baissé sur ce visage déformé par la résolution, Steve sourit tendrement.
_ "Je t'aime" Dit-il simplement.
Sous l'effet de surprise, Buck trébucha en se prenant le pied dans le tapis de la chambre et manqua de les faire tomber. Déséquilibré, il dû reposer Steve - qui pouffait de rire - pour ne pas s'étaler comme une crêpe.
_ "Ha c'est comme ça…?" Un brin vexé, mais surtout suffisamment joueur pour répondre à la moquerie, Buck lui rendit son sourire et l'air prédateur posa son index sur le creux de la clavicule de Steve pour le pousser et le forcer à reculer.
Steve fit un premier pas, intrigué par ce geste, puis un second, et ce n'est qu'au troisième qu'il sentit son pied butter contre un obstacle. Déstabilisé, il se sentit brusquement basculer en arrière. Dans sa chute, il tenta vainement de se rattraper à Buck et s'écrasa sur son propre lit. Refusant toutefois d'admettre sa défaite, Steve se redressa aussitôt, attrapa Bucky par le col de son t-shirt et l'attira vers lui. Il agit suffisamment vite pour que Buck n'ai pas le temps de réagir et suffisamment fort pour ne rencontrer aucune résistance lorsqu'il en profita pour l'embrasser à nouveau.
L'ancien Soldat de l'Hiver se retrouvait à quatre patte au dessus de Steve et répondait avec ardeur à son baiser. En appuie sur les coudes, et d'un mouvement de hanches habile, Buck parvint à se positionner entre les jambes de Steve qui l'accueillit ardemment, les nouant autour de lui.
_ "Je n'ai aucune intention de m'arrêter cette fois, alors si tu changes d'avis, il vaut mieux le dire..." Murmura Buck entre deux baisers fougueux.
_ "Comme si c'était mon genre." Répondit Steve, haletant.
En effet, vu son niveau d'excitation, Steve n'avait pas du tout l'intention de faire machine arrière et était même ravis d'entendre que cette fois Buck ne se défilerait pas non plus. Ce dernier se défit très vite de son t-shirt, puis de celui de Steve, et pris quelques instants pour admirer et toucher ce corps qui lui avait tant manqué. Il posa ses mains sur ses épaules musclées et en dessina la courbe. Du bout des doigts il suivit les clavicules et lorsque ses doigts se rejoignirent, il les fit descendre entre ses pectoraux dont il apprécia la fermeté dans le creux de ses mains.
Le souffle de Steve s'accélèrait. Il était troublé de se voir là, les jambes très largement écartées, allongé en dessous de Bucky qui le torturait littéralement de ses caresses. Ses mains rugueuses glissaient trop lentement sur sa peau, et la sensation brûlantes laissées par le bout de ces doigts qui redessinaient les contours chacun de ses muscles allumaient un brasier dans le creux de ses reins, mettant sa patience à rude épreuve. Il posa ses mains sur les avant-bras de Buck tandis que celui-ci semblait encore s'extasier sur ses abdominaux et d'une voix presque plaintive, l'appela très faiblement :
_ "Bucky…"
Comme s'il sortait soudain d'un rêve, Buck leva les yeux vers lui et, réalisant son état : pantelant, les joues rosies par le désir, le pantalon tendu par son érection, écarquilla les yeux, puis se pencha pour murmurer contre ses lèvres :
_ "J'ai tellement attendu ce moment… Je veux te toucher, goûter chaque centimètre de ta peau, je veux-"
Mais Steve le saisit par la nuque pour l'interrompre d'un fougueux baiser.
_ "On aura toute la vie pour ça, là je n'ai plus la patience, Bucky..." Prévint-il avant de l'embrasser à nouveau.
Excité et impatient, il introduisit sa langue dans sa bouche, gémissant et se tortillant sous Buck tout en essayant de se défaire de son pantalon de pyjama devenu trop étroit.
Au dessus de lui, le brun semblait avoir abdiqué et se défit du sien puis poussa un grondement rauque lorsqu'il le prit en main. De sentir son sexe dur et épais dans le creux de sa main provoquait un sentiment presque hystérique chez Steve dont l'impatience redoubla. Il avait envie de plus, de tellement plus… Penché sur lui, en appuie sur un seul bras, Buck l'embrassa et repoussa tendrement sa main - provoquant au passage un geignement frustré de la part de Steve - avant de descendre sur son torse, accompagnant son geste du bout de la langue, depuis son cou jusqu'à la fine toison blonde de son bas ventre.
Du bout du nez il effleura l'érection de Steve qui tressauta brièvement, du bout de la langue il en effleura le gland. Une fois, deux fois… Puis le prit entièrement en bouche, suçant très lentement - trop lentement - et délicatement. L'enfonçant profondément dans sa gorge. Les hanches de Steve bougeaient d'elles-mêmes sous la délicieusement torture et il bondit lorsque soudain, d'un geste ferme, Buck le saisit par les genoux pour lui relever les cuisses et dévoiler une partie encore plus intime de lui. Un nouveau coup de langue sur son sexe, puis sur une testicule, puis sur l'autre, et finalement encore plus bas…
Steve sursauta lorsqu'il sentit la langue chaude et moite de Buck se faufiler jusqu'au muscle sensible de son anus pour s'y poser franchement. D'abord tendre et large, les caresses était mouillées et douces, puis elle se fit plus dure, tentant de se frayer un chemin à l'intérieur de lui. Steve qui n'avait jamais été touché à cet endroit découvrait cette sensation extraordinaire et ne pu retenir un sanglot de plaisir. C'était juste délicieusement bon.
Buck le fouillait méticuleusement. Il prenait son temps, il voulait que Steve le réclame, qu'il ait véritablement envie de lui. Au dessus, le blond gémissait et se tortillait si bien que Bucky devait redoubler d'effort pour maintenir ses cuisses... Sauf que Steve était fort… Très fort. Craignant que dans un geste désespéré le blond ne parvienne à lui briser la nuque avec ses jambes, il décida de le retourner sur le ventre pour pouvoir continuer plus sereinement. Il lâcha les cuisses de Steve et ordonna simplement d'une voix suave :
_ "Retournes-toi."
Puis saisit un coussin qu'il plaça en dessous du ventre de Steve qui obtempéra sans discuter et se positionna à nouveau derrière lui. A deux mains, il ouvrit les fesses musclées de Steve et se remit consciencieusement au travail. Tout comme les gémissements de Steve s'intensifiaient, les muscles de son anus se détendaient, et Buck de constater du bout de la langue qu'il était clairement prêt à aller plus loin.
Il se redressa pour s'asseoir sur l'arrière des cuisses du Super Soldat et positionner sa propre érection sur la raie de ses jolies fesses rebondies. Très lentement, il les prit en main, les malaxa doucement avant de faire remonter ses mains, jusqu'aux omoplates.
Steve grognait de plaisir sous la sensualité de ce bref massage, la tête paresseusement posée sur son oreiller, les yeux clos. Il sentait le sexe de Buck tressaillir derrière lui et gémit impatiemment lorsqu'il le sentit longer la raie de ses fesses. Aller et retour, cette provocation attisait chez Steve un besoin urgent de sentir cette zone érogène hypersensible stimulée à nouveau. Buck mordillait doucement le creux de son épaule, léchait, suçotait, et grognait derrière son oreille. Les sensations que Steve ressentait étaient délirantes, il se cambrait espérant le sentir plus, à chaque aller et venue. Lorsque le gland frôlait la chair sensible de son anus, il ressentait brutalement la faim, l'envie, le besoin absolue de le sentir pénétrer à l'intérieur de lui.
Et derrière lui, Buck le savait parfaitement. Il sentait Steve fébrile en dessous de lui, tremblant et gémissant plus fort à chaque passage. Parfois d'un mouvement de hanche il appuyait un peu plus fort, parfois pas du tout, il jouait avec sa frustration pour attiser son envie… Afin de conserver le maximum de maîtrise de ses propres pulsions, il décida de laisser Steve gérer la pénétration. Il ralentit peu à peu le rythme de ses vas et viens, positionna son gland gonflé tout contre l'anus accueillant de Steve et imprima une légère pression contre celui-ci. Steve était si désireux de le sentir en lui qu'il lui suffit de se soulever de quelques centimètres seulement pour s'empaler dessus.
Cette douce pénétration arracha à Steve un râle animal obscène et Buck manqua de perdre son self-contrôle. Il se retira immédiatement, provoquant à nouveau la frustration de Steve, mais le pénétra à nouveau subrepticement, avant de se retirer encore. Puis recommença, s'enfonçant à chaque fois un tout petit peu plus loin, se retirant immédiatement pour lui laisser le temps de s'habituer à l'épaisse intrusion.
Mais Steve ne l'entendait pas de cette oreille. Lassé, il se savait prêt, il voulait le sentir, il voulait être baisé comme il avait baisé Buck dans ce rêve étrange, il voulait se sentir pilonné, il voulait sentir son membre épais, entièrement enfoncé à l'intérieur de lui.
D'un seul mouvement de hanches parfaitement maîtrisé, il parvint à se hisser sur ses genoux, présentant ainsi sa croupe à Bucky et libérant par la même occasion l'accès à sa propre érection qu'il prit en main pour se masturber vigoureusement, et lui ordonna :
_ "Maintenant !"
Buck qui s'était retrouvé assis sur ses talons se redressa, saisit ses fesses et lécha obstinément l'anus de Steve qui poussa une longue plainte de déception :
_ "Maintenant ?" demanda-t-il amusé.
_ "Maintenant !" insista Steve qui était au bord de l'implosion mentale.
Et Buck céda. Il se redressa sur ses genoux, positionna son sexe contre son anus et le pénétra brutalement, entièrement, d'un seul geste il s'enfonça jusqu'à la base de son sexe et Steve poussa un long râle de plaisir comme il le sentait glisser jusqu'au plus profond de lui.
Non, ce n'était pas douloureux. Ce n'était pas douloureux du tout même. C'était juste différent de tout ce qu'il avait connu jusque là. C'était un plaisir primitif et sauvage et maintenant il voulait que Bucky bouge.
Buck sentait les chairs brûlantes de Steve pulser autour de son sexe, comme une invitation à le baiser brutalement. Faisant confiance à son instinct, il entreprit de le pénétrer fermement et sans ménagement parce que c'était exactement ce que Steve voulait. Parce que ce dernier ne retenait plus ses cris, ni ses gémissements, mordait dans son coussin, se cambrait quand il voulait ajuster la direction que Buck prenait et c'était juste l'extase absolue.
Steve se rendait compte qu'il était à mille lieux d'imaginer qu'un tel plaisir pouvait résulter de la communion - si parfaite - de leur deux corps. Jamais - de sa petite expérience - il n'aurait pu imaginer ressentir un plaisir aussi brutal. Il voulait toujours plus, toujours plus fort, plus loin, plus profond et Buck décryptait le langage de son corps à la perfection, répondant instantanément à ses envies, grognant, gémissant et haletant avec lui.
Grisé par le plaisir évident de son amant et par cette queue qui le baisait sans ménagement, frôlant délicieusement sa prostate à chaque passage, Steve sentait l'extase qui menaçait d'imploser dans sa cage thoracique monter inexorablement. Le rythme des hanches de Bucky devint soudain frénétique, Steve sentait ses doigts se crisper dans la chair de ses hanches puis tout son corps se figer brusquement contre ses fesses. Enfoncé au plus loin à l'intérieur de lui, Bucky gémit sourdement tandis qu'il laissait gagner par l'apogée de sa propre jouissance et Steve sentit une vague de chaleur humide se déverser en lui par accoups. La main fermement resserrée sur sa propre érection et le dos complètement arqué, c'est dans un long râle que Steve se libéra à son tour dans le plus puissant, le plus violent et le plus rapide des orgasmes qu'il ai jamais eu. Mis K.O par la pureté aberrante de son plaisir, il s'effondra sur son oreiller, à bout de souffle.
Buck se retira avec beaucoup de délicatesse, attrapa le coussin que Steve avait rejeté sur le côté et se laissa tomber, le souffle court, à ses côtés.
En silence, tous deux laissaient tranquillement leur souffle se calmer à mesure que disparaissaient les derniers vestiges de cette effervescence de sensations.
Le visage enfoui dans son coussin, Steve se sentit soudain extrêmement gêné par l'abandon total de soi qu'il venait d'expérimenter. Il ne se serait jamais cru capable d'une telle chose. Contre lui, il sentit le corps de Bucky bouger et une main caresser sa nuque.
_ "...Tout va bien ?" Murmura Buck près de son oreille.
D'un hochement de tête, Steve lui fit signe que oui, tout allait bien. Et c'était le cas. Ca allait bien, parfaitement bien, merveilleusement bien même. Il était juste trop gêné pour pouvoir le dire tout de suite.
Il sentit ses lèvres se poser sur son épaule puis la main sur sa nuque descendre sur son dos et se poser dans le creux de ses reins.
_ "Je t'aime. Je t'aime tellement, Steve…."
Timidement, Steve releva la tête et osa jeter un oeil sur celui qui était désormais son amant. Dans ses yeux bleus, dans ce regard intense, il ne vit que de l'amour et en oublia immédiatement sa gêne. Il sourit tendrement :
_ "Je t'aime aussi…"
En se levant ce matin-là, Steve Rogers n'aurait jamais cru que le soir-même serait le soir de leurs retrouvailles, de leur union, de leur "première fois". Ce matin-là, il avait été si malheureux qu'il avait même décidé d'abandonner tout espoir de retrouver Bucky un jour et c'est une leçon qu'il n'était pas prêt d'oublier. Ne jamais arrêter d'y croire.
_ "Ne me fais plus jamais le coup de disparaître sans rien dire..." Bougonna-t-il.
_ "C'est promis."
_ "Même si tu penses que c'est pour mon bien…"
Buck s'approcha de Steve pour déposer sur ses lèvres le baiser le plus chaste et le plus timide qu'ils aient jamais échangé.
_ "Je te le promets."
Rien n'arrive par hasard, James Buchanan Barnes en était désormais persuadé. Accepter sa lâcheté et se faire soigner une bonne fois pour toute avait été la meilleure décision de toute sa vie.
Il arrivait à présent à imaginer leur vieux jours. Et la vision que Steve avait partagé avec lui lui convenait parfaitement : une cabane paisible au bord d'un lac, de longues promenades, des journées à faire l'amour…
Il attendait ces jours avec impatience.
