Chapitre moins travaillé que les autres mais à part la fin je n'en suis pas totalement insatisfaite, comme promis on retrouve donc Zeldia et ses « amis » Serpentards.
Disclaimer : rien ne m'appartient, tout est à JK Rowling (hormis quelques personnages de mon propre cru)
Bonne lecture
Chapitre 3 :
Assise dans un coin à l'écart de l'effervescence du bal, Zeldia broyait du noir. Et elle aurait défié quiconque de ne pas en faire autant dans une telle situation. Car elle était vraiment en mauvaise posture. Personne ne semblait avoir remarqué l'état dans lequel elle était plongée depuis trois jours, même chez ses « amis » il n'y avait eu aucune réaction. Ceci s'expliquait peut être par le fait qu'à l'inverse d'une autre, elle évitait d'afficher sa douleur à la vue de tous. Depuis son entrée à Poudlard, elle s'était toujours évertuée à ne rien laisser paraitre, même si elle devait bien reconnaitre qu'elle avait eu quelques ratés dernièrement. Avec Black notamment. Elle s'était morigénée cent fois pour avoir laissé entrevoir au garçon qu'elle avait des problèmes. Partager son fardeau avec une personne du camp adverse ne serait pas une idée des plus avisées, de une elle mettrait cet individu en danger et de deux elle signait son propre arrêt de mort. Et pourtant malgré ces deux raisons, que n'aurait-elle pas donné en cet instant pour avoir à ses côtés une personne qui puisse compatir à sa peine, c'était si dur…
Etrangement, comme si elle avait tenu à l'accompagner dans ses pensées, la musique était d'une tristesse à fendre l'âme, elle s'élevait dans les aigus, retombait brutalement dans les graves et entrainait tout avec elle. D'un air absent, Zeldia observait les jeunes sorciers qui tournoyaient au centre de la Grande Salle, elle suivait machinalement des yeux un couple d'adolescents en particulier, il était difficile de ne pas les remarquer puisqu'ils illuminaient littéralement la scène. Cette lumière lui faisait mal aux yeux, tant de bonheur lui était intolérable, il lui aurait suffit d'un seul mouvement des pupilles pour les séparer mais elle ne pouvait s'y résoudre malgré son désarroi. Comment aurait-elle pu infliger sa souffrance aux autres ? Ils n'étaient pas responsables de ses faiblesses et de cette facilité avec laquelle elle se soumettrait aux bassesses que ses parents comptaient lui faire exécuter.
En examinant Kara Livingston, Zeldia se remémora toutes les paroles ignobles qu'elles avaient eu, Pandora et elle, lorsqu'elles se moquaient de cette pimbêche. Car c'était bien ce qu'était cette mijaurée de Poufsouffle, une véritable bêcheuse qui faisait tous ses coups en douce, aucune fille de Poudlard n'ignorait cet état de fait. Il suffisait de savoir qu'elle avait chargé Black de se désister à sa place auprès de Mark Austin (même Bellatrix avait réagit à cette nouvelle en grimaçant), quelle indécence d'envoyer le nouveau prétendant rembarrer le précédent ! Il n'y avait vraiment que Black pour accepter avec le sourire d'exécuter les quatre volontés de la pire des chipies à partir du moment où il était certain de pouvoir sortir avec elle. D'un œil noir à présent, Zeldia continuait à suivre des yeux le couple phare de la soirée, ce n'est qu'au bout d'un moment qu'elle se rendit compte qu'elle enviait Livingston à en crever. Quels soucis tourmentaient cette fille ? Elle était magnifique, respirait la joie de vivre et non la mélancolie, et plus que tout elle était blottie contre l'un des garçons les plus magnanimes de tout Poudlard. C'était normal d'éprouver de la jalousie, non ? Avec délectation, elle se complut dans ce sentiment pendant quelques minutes encore, c'était effroyablement violent et frustrant à la fois. Zeldia devait lutter contre le désir irrésistible d'envoyer valser Livingston à l'autre bout de la Grande Salle, ses pouvoirs ne l'avaient jamais éprouvé de cette façon. Bien sûr, par le passé, il lui était arrivé en certaines circonstances d'avoir des pensées particulièrement meurtrières à l'égard de certaines personnes, des envies terribles de remettre des gens à leur bonne place mais jamais elle n'avait eu à endurer une telle souffrance. D'un geste brusque de la tête, elle rompit le contact visuel et faillit laisser échapper un cri. Haletante, elle se redressa et s'agrippa à la table ronde priant pour que le malaise passe rapidement. Mais la nausée persista et elle perçut l'imminent mal de tête qui menaçait. De l'air, il lui fallait de l'air ! Titubante, elle se dirigea vers la sortie. Certains élèves la dévisagèrent curieusement, peut être pensaient-ils qu'elle avait réussi à se procurer de la Bierraubeure alcoolisée (ce qui n'était pas faux en soi) et qu'elle ne tenait pas la boisson (ce qui était vrai aussi par ailleurs). Elle traversa le Hall d'entrée de l'école dans un état second, tout n'était plus que formes indistinctes et brouillard coloré. C'est tout juste si elle ne trébucha pas dans l'escalier en pierre menant au parc de Pourdlard. Tout en aspirant une grande bouffée d'air glacé, elle se laissa tomber sur la dernière marche, son front moite alla buter contre la rampe gelée, ce qui eut pour effet de tenir le mal de tête à distance. Elle resta dans cette position suffisamment longtemps pour commencer à sentir la morsure du froid sur ses épaules nues. Si elle se concentrait assez fort, elle pourrait faire monter la température de son sang mais il fallait vraiment être très attentif car un seul faux pas et elle risquait l'auto-immolation. Or elle ne se sentait pas encore assez bien pour tenter de se réchauffer par l'intermédiaire de ce moyen totalement unique en son genre. A sa connaissance, seules quelques personnes pratiquant la pyrokinésie de par le monde en étaient capables, possédant elle-même ce don c'était tout naturellement que dès sa première année à Poudlard elle s'était jetée sur toutes les informations disponibles à ce sujet. La liste recensant les individus doués de la maitrise du feu n'était pas très longue mais étant donné que ni Zeldia ni sa mère n'y figuraient, elle en avait conclut que cette suite de noms n'avait rien d'exhaustif.
Un gloussement aigu la tira de sa léthargie momentanée et c'est avec un grognement qu'elle détourna la tête en direction de l'origine de ce caquètement digne d'une dinde. Il s'agissait juste d'une amie de Livinsgton qui draguait outrageusement un septième année de Serdaigle, ne se rendait-elle pas compte qu'elle avait l'air ridicule à se comporter ainsi ?
Manifestement, non.
Zeldia détailla alors ce qui se passait autour d'elle et elle prit conscience que le parc était occupé par de nombreux couples. Certains se baladaient main dans la main, d'autres se murmuraient des cachotteries à l'oreille, d'autres encore s'embrassaient à pleine bouche. Elle reconnut Lily Evans et James Potter assis sur un banc au bord du lac, le jeune garçon avait passé un bras autour des épaules de la rouquine. Ça ne présageait rien de bon pour la suite, car bien évidemment Zeldia pensa immédiatement à Severus et à la peine immense qu'il ressentirait, il ne le montrerait pas évidemment car ce n'était pas dans sa nature d'étaler ses sentiments. Enfin si. Sa haine pour Potter n'en serait que plus forte et ça il ne le cacherait certainement pas. Après un dernier coup d'œil pour le couple enlacé, elle se leva avec l'intention d'aller le retrouver. Elle n'était pas sure de le trouver, il trainait surement avec Mulciber, mais avec un peu de chance il serait seul et disponible.
Elle avait besoin de se confier à quelqu'un.
Alors qu'elle retraversait le hall en sens inverse pour rejoindre les quartiers de Serpentard, elle entraperçut Casper par les doubles portes grandes ouvertes de la Grande Salle. Il discutait avec Nott tout en observant la piste de danse d'un air sombre. Ce genre de festivités ne lui plaisait qu'à moitié mais il était bien forcé d'y participer, ne serait-ce que pour surveiller ses condisciples. Zeldia eut un demi-sourire. C'était ironique quand on y songeait. Casper était réquisitionné pour assurer la sécurité d'élèves dont certains deviendraient probablement, s'ils ne l'étaient pas déjà, des ennemis à éliminer. Son sourire s'effaça presque instantanément; elle était en bonne voie pour devenir l'une de ses alliées. Tout ce que cela impliquait lui serra la gorge et elle plongea plus profondément encore dans l'abîme de désespoir qui était le sien depuis le jeudi précédent. D'un pas lent, elle gagna sa salle commune. Toutes les personnes qu'elle croisa sur sa route évitèrent soigneusement de la regarder dans les yeux, comme s'ils craignaient qu'elle ne leur jette un sort, était-elle si effrayante ? Elle faisait pourtant de gros efforts pour paraitre comme à son habitude. Etrange.
- Pouvoir, marmonna-t-elle à l'adresse du portrait qui gardait l'entrée de sa maison.
Ridicule, pensa-t-elle comme à chaque fois qu'elle devait prononcer ce nom de code. N'importe quel élève de Poudlard pourrait le trouver en moins de trois tentatives. Poussant un soupir dans lequel perçait la désolation, elle pénétra dans les lieux. La salle était bondée d'élèves, presque principalement des premières, deuxièmes et troisièmes années. Elle survola la grande pièce des yeux et finit par repérer près d'une cheminée la tête aux cheveux noirs pétrole qu'elle cherchait. Hélas, Severus n'était pas seul, Mulciber était planté à côté de lui comme s'il regardait quelque chose par-dessus son épaule. Une troisième année toute endimanchée trépignait d'impatience à ses côtés. Certaines filles étaient vraiment prêtes à tout pour assister au bal d'Halloween, Zeldia se demanda si une soirée dansante pouvait se révéler intéressante lorsqu'on y allait accompagné de William Mulciber. Elle en doutait fort, mais au moins cela signifiait qu'il allait bientôt déguerpir, c'était tout ce qu'elle voulait savoir. Severus lui fit un petit signe de tête tandis qu'elle prenait place dans le minuscule sofa face à lui, son acolyte se contenta de la déshabiller du regard comme il le faisait toujours avec elle, il se montrait toutefois un brin plus discret lorsque Casper était dans les parages.
La fille lui jeta un regard torve puis tira légèrement sur le bras de son cavalier, ce dernier ne sembla même pas le remarquer.
- Tu ne profites pas du bal ? S'enquit Severus en pliant la feuille de parchemin qu'ils examinaient une minute auparavant.
Elle aurait aimé savoir de quoi il s'agissait.
- Non, Pandora danse depuis le début, quant à Bellatrix moins je la vois mieux je me porte. Je ne comprends toujours pas comment elle s'y est prise pour convaincre Knight de l'escorter au bal. Elle lui a peut être jeté un sort, avança Zeldia, songeuse.
Severus se limita à un hochement de tête, puis il jeta un coup d'œil à Mulciber et à sa compagne qui dévisageait à présent Zeldia avec stupeur. Qu'est-ce qu'elle avait celle-là ?
- Tu as un problème ? Demanda-t-elle d'un ton hautain.
La fille s'empressa de faire « non » de la tête et tira encore un peu sur la manche de Mulciber. Cette fois-ci il consentit à la suivre, et ils eurent tôt fait de disparaitre.
Elle reporta son attention sur Rogue, lequel fixait les flammes d'un air pensif, il ne semblait pas disposer à discuter. Ils restèrent ainsi sans parler durant quelques minutes, et alors qu'elle s'était faite à l'idée que ce n'était pas encore ce soir qu'elle pourrait se libérer de sa mauvaise nouvelle, il prit la parole.
- Tu as vu Lily, n'est-ce pas ?
Cette question posée sans la regarder. Comme s'il n'était pas sur de maitriser totalement son voile d'impassibilité. Que devait-elle lui répondre ? Elle méditait la chose lorsqu'il parla à nouveau,
- Elle m'a dit des choses affreuses cette après-midi. Tu sais… lors de notre rendez-vous de métamorphose.
Son regard était toujours perdu dans le brasier.
Que pouvait-elle dire ? Il considérait leurs séances de travaux en commun comme des rendez-vous… Même quelqu'un d'extérieur aurait perçut sa tristesse. Pire que ça même, il agonisait. L'amour pouvait-il vous rendre à ce point vulnérable ? C'était effrayant.
- Tu amplifies peut être les choses étant donné que tes sentiments à son égard ne sont pas neutres.
Une façon subtile de lui faire répéter ce qu'Evans avait bien pu lui cracher à la figure. Mais il ne s'y laissa pas prendre, le problème avec les gens intelligents c'est qu'en général ils sont difficilement manipulables or Rogue était loin d'être un crétin.
- Et toi, tu n'as rien à me dire ? La questionna-t-il en la regardant en face pour la première fois depuis que Mulciber et sa bécasse les avaient laissés.
Elle déglutit à la vue de son visage inexpressif. Ses yeux étaient d'un noir d'encre, impossible d'y déceler quoique ce soit. Il devait vraiment être mal ! Mais elle l'était surement presque autant que lui.
- J'ai reçu une lettre, répondit-elle simplement.
- Une lettre ? De qui ? Demanda-t-il en laissant filtrer une minuscule once de curiosité à travers toute cette noirceur.
- De mes parents.
Elle vit la compréhension naitre au fond de ses yeux et son intérêt croitre éclipsant ainsi peu à peu ses propres tourments.
- C'est pour quand ?
Une larme roula sur la joue de la jeune fille.
- Aux vacances de Noël, bredouilla-t-elle.
Il changea de place et vint s'asseoir à côté d'elle.
- Je ne te comprends toujours pas Zeldia, bon sang tu le savais non ?! J'ai l'impression que tu prends cette nouvelle comme si tu ne t'y attendais pas.
- Mais je n'en veux pas de cet horrible tatouage, chuchota-t-elle sur un ton agressif.
Elle risqua un coup d'œil vers lui et ne rencontra que deux glaçons en guise de regard.
- Je n'aurais pas du te parler de ça, proféra-t-elle à présent accablée.
Elle n'avait pas prévu ce genre de réaction, il était toujours de son côté d'ordinaire. Il y'avait peut être une explication au fait que depuis trois jours elle ne cessait de repousser ce moment. Peut-être qu'inconsciemment elle connaissait déjà la manière dont il prendrait la chose. En plus de cela il y avait fort à parier que ses soucis avec Lily le rendaient moins indulgent par rapport à d'habitude. Elle qui recherchait simplement du réconfort, pour le coup elle était servie.
- Si. C'est le genre de chose qu'on dit à ses amis, affirma-t-il avec force.
- Peut être.
- Mais tu attendais une autre réaction de ma part, n'est-ce pas ?
Elle préféra ne pas répondre et il prit son silence pour une confirmation.
- Que veux-tu que je te dise ? Que je suis désolé pour toi ? Mais tu sais très bien que ce n'est pas le cas. Je compte recevoir cette marque moi aussi, et contrairement à toi à qui elle est donnée, il faudra que je fasse mes preuves. Que je montre ce que je vaux.
- Je peux te poser une question ? S'enquit-elle froidement.
Il opina du chef.
- Qu'est-ce qui te pousse le plus à vouloir servir ce type ? A devenir son esclave ?
- Nous ne serons pas des esclaves, justes des adeptes, corrigea-t-il. Et pour te répondre…
… je dirais que c'est avant tout par intérêt, mais ce n'est pas seulement pour ça.
Elle était bien consciente de l'importance de ce qu'il venait de lui révéler.
- Ce n'a donc rien à voir avec des idéaux quelconques, conclue-t-elle en étudiant sa réaction.
- Bien sur que si, en partie également, s'empressa-t-il d'ajouter.
- Mais ce que tu veux c'est Lily, pas vrai ? Tu te fiches bien de ce que peut prôner ce mage noir, tout ce que tu désires c'est la récupérer.
Elle le vit pâlir dangereusement, et son expression se durcir sensiblement.
- Tu ne sais pas ce que tu dis. Naturellement que oui je me retrouve dans les principes qu'il proclame, gronda-t-il d'une voix sourde. Je ne te permets pas d'en douter. Je crois qu'on a assez parlé de ça avec les autres pour que tu puisses ne serait-ce que le contester un seul instant.
- Ne peux-tu pas comprendre tout de même, toi, pour qui les « idéaux » ne sont pas prioritaires, comprendre qu'ils ne sont pas en tête de liste de mes convictions personnelles et que c'est pour cette raison que je réagis ainsi ?
Il se perdit de nouveau dans la contemplation des flammes vertes et bleues. Zeldia ne parvenait toujours pas à dire à quoi il pensait, mais il avait l'air de s'être calmé. Adoptant un air grave, il tourna à nouveau la tête vers elle.
- Ne le ferais-tu pas pour Casper ? Tu l'aimes non ?
Elle se tortilla, légèrement mal à l'aise. Qu'est-ce qu'elle devait lui répondre ? La vérité ?
- Je l'aime bien…oui, hésita-t-elle. Mais peut être pas assez pour ça.
Avait-t-il perçu son inconfort ? Son manque de détermination lorsqu'elle disait bien aimer Casper ? Seulement « bien l'aimer » ? Peu importe, il avait bien du s'en apercevoir tout seul auparavant, enfin peut être pas…
- Pas assez ? Répéta-t-il abasourdi.
Non, définitivement il ne s'en était pas rendu compte.
Par la barbe de Merlin ! Elle n'avait jamais eu l'intention d'en arriver à évoquer sa relation avec Killwood. Dans quel pétrin s'était-elle encore fourrée ? Rogue allait-il en parler à Mulciber ? Ou à Nott ? Ou même à Casper en personne ? Elle était décidément trop naïve.
- Enfin ce n'est pas ce que je voulais dire, tenta-t-elle d'expliquer pour s'extirper de cette situation. En tout cas cette histoire de marque ne devrait pas dépendre de lui, je n'ai pas l'intention de me baser sur ses choix pour faire les miens, tu comprends ?
Elle-même ne voyait pas trop où elle voulait en venir, mais n'importe quoi ferait l'affaire du moment qu'elle ferait dévier la conversation vers des zones moins marécageuses.
Severus hocha légèrement la tête, ça lui parlait apparemment.
- Tu ferais mieux d'aller le retrouver, suggéra-t-il en reprenant sa place en face d'elle.
Un peu découragée, elle ramena les pans de son jupon en tulle noire et se leva avec raideur. Finalement, faire part de ses ennuis à Severus ne lui avait rien apporté de bon, elle ne se sentait pas mieux pour autant. Si elle s'était ouverte à Sirius Black, aurait-il pris les choses aussi légèrement ? Non bien sûr que non, c'était évident. Il aurait probablement été jusqu'à la supplier de refuser. Mais hélas, même si tout son être lui hurlait déjà de se révolter contre cette infamie, elle ne pourrait pas s'y dérober,
Chère enfant,
c'est avec grand plaisir que nous t'annonçons en ce jour l'extrême honneur qui sera alloué à notre famille durant la période des fêtes de Noël.
En effet, par l'entremise du père de ton promis, Sir Hector Killwood, le Seigneur Noir tout puissant a accepté d'étudier ta candidature et c'est donc avec une joie immense que nous t'apprenons aujourd'hui qu'il a pris la décision de te compter parmi ses précieux serviteurs. Il s'agit d'un formidable privilège qui nous est ainsi accordé et il va sans dire que tu ne peux y déroger. La marque te sera attribuée en cette fin d'année.
Affectueusement,
tes parents Rosalynd et Arthur Hess
Il n'y avait aucun échappatoire, même un aveugle s'en serait rendu compte. Pendant des heures, elle avait tourné et retourné la lettre entre ses mains, à tel point qu'elle en était toute chiffonnée. Elle avait versé des larmes également.
Severus n'avait pas eu tord lorsque, quelques minutes auparavant, il lui avait rappelé qu'elle était au courant des projets de ses parents depuis des années. Et le fait que Casper ait reçu la marque l'été dernier aurait du la réveiller. Mais à côté de ça, c'était si simple de ne pas y penser, d'oublier, de faire comme si cela n'allait jamais arriver.
Elle se demanda fugacement si elle aurait mal, si elle souffrirait beaucoup. La réponse lui apparaissait presque comme une évidence et c'est pour cette raison qu'à l'instar des fois précédentes elle repoussa cette idée très loin dans un petit coin de son cerveau.
Cheminant avec lenteur le long des couloirs qui la ramenaient à l'entrée du château, elle se fit cette réflexion : il lui restait un peu moins de deux mois pour se préparer mentalement à ce qu'elle avait refoulé depuis près de sept ans. Elle n'avait pas le choix.
Tout à ses pensées négatives, elle ne fit pas attention aux cris et aux bruits étranges qui auraient du l'alerter immédiatement, ce n'est que lorsqu'un éclair rouge passa à quelques centimètres de son visage qu'elle prit conscience que quelque chose ne tournait pas rond. Au centre du Hall d'entrée, légèrement accroupis deux sorciers se faisaient face, et se lançaient sort sur sort. Un public commençait à se former autour d'eux, principalement des élèves qui revenaient de leur balade dans le parc. Les organisateurs qui se trouvaient dans la Grande Salle ne s'étaient probablement pas encore aperçus qu'un duel se déroulait à cet endroit. Zeldia reconnut le chevalier servant de Bellatrix et l'autre garçon qui, si ses souvenirs étaient bons, devait appartenir à Serdaigle. Pourquoi se battaient-ils ainsi ? Pour Bellatrix ? Elle éclata de rire à cette hypothèse, s'attirant par là-même des regards soucieux. Les gens devaient vraiment la prendre pour une folle. Bon peu importait la raison, le plus important était d'aller chercher quelqu'un avant que l'un d'entre eux ne soit vraiment blessé. Tandis que selon leur préférence les élèves continuaient à encourager et à acclamer l'un des deux duellistes, elle se mit à raser les murs pour atteindre les portes de la Grande Salle et s'arrêta net lorsqu'elle vit Remus Lupin en jaillir avec sa cavalière sur les talons. Enfin elle supposait que cette jolie demoiselle devait être avec lui, vu la façon dont elle le collait de près. Le jeune homme sortit sa baguette avec dextérité et la dirigea droit sur le Serpentard. Logique, pensa Zeldia mais curieusement elle n'en voulut pas au Gryffondor de réagir ainsi. De toute façon, elle était prête à mettre sa main au feu que c'était Knight qui avait lancé l'offensive. Un mec qui acceptait de sortir avec la pire garce de la maison vert et argent était forcément moins bien sous tous rapports qu'un Serdaigle vêtu avec autant de classe. Pendant un court laps de temps, elle songea à intervenir car après tout elle était en mesure d'aider. Mais Lupin maitrisa le Serpentard en moins de deux et par effet domino le Serdaigle se calma instantanément. La plupart des élèves présents applaudirent à tout rompre. Les propres mains de Zeldia la démangèrent, le préfet de Gryffondor s'était bien débrouillé il fallait le reconnaitre. Elle sourit et se détourna pour enfin passer les portes de la Grande Salle, c'était sans compter sur Poppy Cartwright qui la bouscula sans ménagement.
- Pousses toi Hess, ils ont besoin de moi là bas !
Mais bien sûr. Passez donc votre altesse.
Zeldia ne prit même pas la peine de lui signaler qu'elle arrivait trop tard. Haussant les épaules elle reprit son chemin et pénétra dans l'immense pièce au plafond changeant. Ce soir, il était constellé de milliers d'étoiles. C'était vraiment magnifique. Elle ramena la tête au niveau des tables rondes et eut tôt fait de repérer sa petite bande de Serpentard. Manifestement, ils ne la virent pas venir car lorsqu'elle arriva à leur hauteur, ils se turent tous en même temps. De quoi parlaient-ils ? Elle commençait vraiment à en avoir assez de tous ces mystères. Rogue d'abord, et maintenant eux. S'agissait-il de la même chose ? Pourquoi était-elle tenue à l'écart ? Le mieux à faire était sans doute de se comporter comme si elle n'avait rien remarqué. Elle prit donc place aux côtés de Casper et de Pandora, cette dernière lui adressa alors un sourire éblouissant. Peut-être qu'elle se faisait des idées en fin de compte.
- Bella, ton cavalier s'est battu avec Walter Russel, Lupin vient de les séparer, lui annonça Zeldia avec indifférence tout en se servant une nouvelle bièraubeurre.
Bellatrix qui était assise de l'autre côté de la table ronde lui répondit sans même la regarder qu'elle se fichait totalement de cet imbécile.
- Si Russel ne s'en était pas chargé, je l'aurais assommé moi-même, c'est bien la première fois qu'un Serdaigle sert à quelque chose, lâcha-t-elle d'un ton méprisant.
- En même temps qui aurait eu l'idée d'aller au bal avec cette idiot de Knight ? Se moqua la gourde de Mulciber.
Avec l'un de ses regards qui faisait froid dans le dos, Bella la foudroya littéralement sur place. Zeldia vit la fille se tasser sur sa chaise comme si elle avait voulu disparaitre. Quelle idiote.
- Tu danses Will ? Demanda Bellatrix sans quitter la blondinette des yeux.
C'était elle tout cracher ça, mettre l'autre fille au défi de protester, si la malheureuse prenait le risque de dire quoique ce soit elle était cuite. Heureusement, elle eut assez de jugeote pour ne rien répliquer. Mulciber se leva et tendit sa main à Bella qui s'en saisit avec un dernier coup d'œil provoquant à l'égard de la troisième année.
- Tu n'as pas beaucoup dansé, fit remarquer Pandora.
La fille secoua la tête de droite à gauche, puis elle se mit à rougir violemment lorsqu'elle comprit que Pandora ne s'adressait pas à elle mais à Zeldia.
Les autres ne le remarquèrent même pas, et Zeldia fit comme si de rien n'était, inutile de la mettre encore plus mal à l'aise qu'elle ne l'était déjà.
- Non, répondit-elle à Pandora. Mon cavalier n'avait pas de temps à me consacrer.
Casper qui discutait toujours avec Nott, entendit sa tirade et se tourna vers elle avec mécontentement.
- Tu m'as pourtant répété je ne sais combien de fois que tu n'aimais pas danser, dit-il d'un ton légèrement irrité. Tu veux danser ?
- Tu me le proposes avec une joie si authentique que je ne peux décemment pas refuser, déclara-t-elle avec ironie. Par ailleurs, je n'ai jamais dit que je n'aimais pas les slows.
Sans relever le sarcasme, il se mit debout et lui attrapa la main pour l'entrainer sur la piste. Elle suivit sans résistance. Après tout, elle n'avait pas dansé une seule fois ce soir.
- C'est la danse des balais, constata-t-il au bout de quelques secondes. Ça te dit toujours ?
- Dis plutôt que c'est à toi que ça ne dit plus rien, rétorqua-t-elle.
Avec sa jalousie extrême, il n'apprécierait surement pas de la voir dans les bras d'un autre. Et bien qu'il aille au Diable.
Elle l'amena au centre de la piste et se colla contre lui sans lui laisser le temps de se rebiffer. Il était tendu mais il plaça tout de même ses mains autour de sa taille et progressivement elle le sentit se détendre au grès de leurs tournoiements.
La danse des balais est relativement simple à exécuter, il suffit simplement de changer de cavalier(e) lorsque la musique se modifie. On est censé choisir la première personne qui se présente à nous. Fille ou garçon peu importe.
La tête calée sous le menton de Casper, Zeldia regardait les autres couples évoluer autour d'eux. Elle eut un sourire pour Pandora qui dansait avec Nott un peu plus loin. A côté d'eux, James Potter et Lily Evans semblaient perdus dans leur propre bulle, elle doutait qu'ils se séparent lorsque la musique changerait. Un peu plus loin elle reconnut Remus Lupin et sa copine de tout à l'heure.
Elle fut arrachée à sa contemplation pour se retrouver presque immédiatement dans les bras d'un garçon qu'elle ne connaissait pas. Il ne semblait pas très à l'aise car il la tenait presque à bout de bras pour éviter qu'ils ne se touchent. Casper devait les avoir à l'œil, aucun doute là-dessus. Elle soupira un peu et prit son mal en patience en attendant le prochain changement. Ce ne fut pas très long car quelques secondes plus tard elle changeait à nouveau de bras et cette fois-ci elle dansa avec une fille de sixième année de Serpentard. Cette dernière la serrait sans aucune gêne, Casper ne devait plus l'avoir dans son champ de vision, et puis à dire vrai il aurait probablement préféré qu'elle ne tourbillonne qu'avec des filles.
En général avec la danse des balais, il y avait quatre ou cinq changements de partenaires puis le divertissement se terminait par un slow complet après la dernière permutation.
Zeldia fut soulagée lorsque la fille la relâcha enfin, elle se tourna avec empressement et tomba sur …
Black qui la dévisageait avec incertitude.
Bien entendu, il n'avait certainement pas oublié les dernières paroles qu'elle lui avait jetées à la figure. Elle fit un pas vers lui hésitante. Et il se décida à l'attraper par les hanches pour la ramener vers lui. Elle se laissa faire, le cœur battant la chamade. Il allait l'entendre, c'était obligé. Et elle tremblait un peu aussi. S'il ne le remarquait pas, ce serait un miracle. Timidement elle plaça ses bras autour de sa nuque. Il était grand quand même. Et il sentait toujours aussi bon. Par la barbe de Merlin, il fallait qu'elle reprenne le contrôle d'elle-même. Là tout de suite ! Elle releva un peu la tête pour l'épier et crut qu'elle allait s'étouffer avec sa propre salive lorsqu'elle croisa son regard bleu nuit. Il ne la quittait pas des yeux, mais elle était incapable de dire s'il la regardait avec animosité ou s'il ne faisait que la contempler, tout ce qu'elle savait c'est que si elle ne détournait pas la tête elle allait se noyer.
- Je ne te hais pas, chuchota-t-elle pour elle-même.
Il était totalement impossible qu'il ait pu l'entendre avec la musique mais elle le sentit la serrer un peu plus fort contre lui. Ce fut presque imperceptible. Enhardie elle posa sa tête sur son épaule droite. Il ne la repoussa pas. Son cœur s'emballa de plus belle. A quoi ou à qui pensait-il ? Kara Livingston ? Les mots affreux qu'elle lui avait dits ? Le fait qu'il tenait une Serpentarde dans ses bras ? Ou peut être qu'il ne songeait à rien du tout. Peut être qu'il trouvait ce slow terriblement ennuyeux. Mais elle avait du mal à croire qu'il ne ressentait rien du tout alors que tout son être à elle était en ébullition. Le simple contact de son corps lui donnait des frissons. C'était vraiment paradoxal. Elle avait très chaud mais en même temps elle tremblotait. Elle avait l'impression d'avoir couru un marathon ou d'avoir ingurgité tout une bouteille de bieraubeurre alcoolisée.
Simultanément à ce torrent d'émotions et de sensations, elle ne pouvait s'empêcher d'être ahurie par ce déferlement. Depuis quand était-elle attirée par Sirius Black ? Cinq jours ? Alors qu'elle le côtoyait depuis plus de six ans ? C'était totalement insensé. Elle l'avait déjà observé auparavant et même si comme toutes les autres filles il ne la laissait pas indifférente, jamais elle ne se serait imaginée une chose pareille. Car il se passait bien quelque chose, qu'il en soit conscient ou non. Elle n'avait jamais rien ressenti de tel avec Casper. Casper ! Nom d'un chien, s'il la voyait en ce moment agglutinée contre Black, il ferait une attaque. Elle écarta un peu la tête pour voir s'il était dans leur périmètre immédiat. Sirius sembla se réveiller et se mit lui-aussi à jeter des coups d'œil alentour. Pas de Casper en vu. Zeldia pria pour qu'il soit à l'autre bout de la salle totalement accaparé par une fille comme Poppy Cartwright.
Un peu rassérénée, son corps se décrispa et presque sans réfléchir elle reprit sa position initiale. Black resta raide encore un moment puis tout comme elle, il se laissa aller à nouveau. Il comprenait sans doute, elle l'espérait en tout cas, que ce moment là était un peu hors du temps. Ils tournoyèrent ainsi pendant encore quelques instants puis la musique prit fin. Ils se détachèrent l'un de l'autre et restèrent vaguement hébétés, les bras ballants sans vraiment savoir quoi dire ou faire. Il ne la quittait pas des yeux, un peu comme s'il ne l'avait jamais vu. C'était du moins ce qu'elle éprouvait.
Zeldia eut du mal à se ressaisir et à ne pas ressentir un profond déchirement lorsque Kara surgit et se pendit au cou de Black avec un sourire rayonnant. Cette fille était dingue de lui.
Ils échangèrent encore un long regard puis elle s'éloigna d'eux lentement.
Elle ne voulait surtout pas tomber sur Casper, aussi se faufila-t-elle discrètement hors de la Grande Salle. C'était la deuxième fois en l'espace d'une heure qu'elle manquait d'air au point de sentir sa poitrine la brûler. Black lui avait fait tout oublier durant trois minuscules minutes, toutes ses peines avaient disparu, reléguées au fin fond de son esprit.
Alors qu'elle hâtait le pas pour se mettre à l'abri des regards indiscrets, elle ne put retenir ses larmes et elle sentit son cœur exploser de douleur.
Bon voilà pour le chapitre trois ^^
J'espère qu'il vous a plu.
Certains d'entre vous penseront peut-être que je m'avance lorsque j'écris que Lily a dit des choses horribles à Rogue mais j'ose croire qu'il a gardé pour lui quelques souvenirs qui n'étaient pas indispensables à la compréhension de Harry à la fin du tome 7.
Si vous avez des remarques, des critiques ou autres, n'hésitez pas à m'en faire part.
A la prochaine avec le chapitre 4
