Sam poussa la porte d'entrée avec un soupire. Le soleil l'obligea à plisser les yeux. Après avoir enfilé ses lunettes fumées, il avança d'un pas plus déterminé qu'au moment où il était entré dans cette clinique. Sam n'avait jamais pensé se rendre là un jour. Franck et le comité d'enquêtes internes l'avaient obligé à consulter un psychologue pour l'aider à gérer l'angoisse. « C'est n'est qu'une rencontre de routine Sam, une simple formalité » lui avait dit Franck la veille, quand ils étaient au Penny.

C'était davantage le fait d'être obligé de consulter, sous recommandation de Frank, son ami et patron, qui a secoué l'homme normalement inébranlable. La rencontre avec le psy lui simplement permis de mettre des mots sur les émotions qui se bousculaient depuis quelques temps dans sa tête. Ce n'était pas une mauvaise chose de consulter, et Sam avait un grand respect pour les gens qui en ont besoin, mais lui, en avait-il vraiment besoin. Sans doute que oui après tout …

Une fois assis derrière le volant de son véhicule, Sam regarda l'heure pour la première fois depuis plusieurs heures. 16h38, normalement, à cette heure là, il se dirigerait vers le Black Penny. Il hésita un moment, en se rappelant la conversation qu'il venait juste d'avoir avec le docteur Montgomery. Il démarra le moteur et décida de choisir la voie de la sagesse et de se rendre directement chez lui.

En débarra la porte d'entrée de sa propre demeure, Sam ne s'y reconnaissait plus. La vaisselle sale empilée près de l'évier; les boites de pizza vides sur la table du salon; les bouteilles de bière vides; et surtout l'odeur nauséabonde l'ont surpris plus que jamais. Il ne savait même plus combien de temps s'était écoulé depuis la dernière fois qu'il était entré à la maison avec toute sa tête. Il remplit ses poumons à pleine capacité, afin d'aller chercher toutes les doses de courage possible et sortit un grand sac poubelle. Il y jeta tout ce qui trainait, déchet ou non.

Quelques heures et trois sacs bien remplis plus tard, Sam ouvrit le réfrigérateur pour se concocter son premier souper complet depuis le départ d'Andy, quelques semaine plus tôt. Comme il ne lui restait pratiquement plus de denrées fraiches, il opta pour un spaghetti tout simple. Il s'installa à la table de cuisine et termina son plat au même moment où le soleil se cachât derrière les bâtiments voisins. Après avoir rangé la cuisine, il se dirigea vers la chambre, pour enfiler une paire de shorts et des espadrilles. Il ne pouvait pas rester assis, son cerveau se remettrait indéniablement à ressasser des idées noires, et il en avait vraiment assez. Il profita donc de l'air frais de la nuit qui tombait pour oxygéner ses muscles.

Quelques coins de rues plus tard, les oreilles de Sam ont accrochées sur ce qui semblait être des pas qui le suivaient. Il accéléra donc la cadence tout en refusant de se retourner. Plus il accélérait, plus les pas semblaient se rapprocher. L'autre coureur ralenti juste au moment où il était rendu au niveau de Sam. Un peu agacé, Sam se retourna discrètement.

« Mais qu'est-ce que tu fais là? Je croyais que tu étais parti … » dit Sam une fois ressaisit.

« Tu pensais vraiment que j'allais t'abandonné mon vieux? J't'ai juste laissez un peu d'air»

« Je suis content de te voir Jerry! »

« Alors tu sors de ta tanière? » continua Jerry tout en courant

« Ouais, semblerait-il que je n'ai pas le choix, ordre de mon super nouveau psy… »

« Tant mieux, j'étais tanné de te voir démoli comme ça! »

« Je n'étais pas démoli… juste un peu perdu c'est tout… » Répondu Sam un peu plus sur ces gardes qu'il n'aurait voulu le laisser paraitre.

« Ouais, ouais, comme tu dis » renchéri Jerry « Alors, on court ou pas? »

Après quelques minutes supplémentaires, Jerry lança : « Et puis? A ton psy, lui as-tu parlé de moi? »

« Bien sur que non, je suis pas fou quand même! »

« Non, non, t'es pas fou, tu fais juste discuter avec ton meilleur pot mort il y a trois mois! » renchérit Jerry en pouffant de rire.

« Haha c'est ce que je dis, il m'aurait enfermé si je lui avais dis ça! »

« Ouais sans doute! » conclus Jerry avec encore quelques traces de rire dans la voix. « Mais tu sais quoi, moi je sais ce qu'il te faut… Tu dois la retrouver Sam! Et j'te dis, t'es pris avec moi jusqu'à ce que tu acceptes que je t'aide. »

Sam resta muet sur le dernier commentaire de Jerry. Les mots ont fait leur chemin jusqu'à son cerveau... Il devait la retrouver, il devait savoir si elle s'en sortait bien, et surtout, s'assurer qu'elle était en sécurité.