Bonjour à tous ! Bonne fin de semaine surtout ! Je vous poste en ce samedi matin (enfin vous le verrez samedi mais il est vendredi soir présentement) la suite de cette fic que j'avais arrêté au moment le plus intéressant ! lol !

Méchante auteure sadique !

Merci pour toutes vos suggestions, certaines sont très intéressantes et je les prends en compte ! Merci aussi à tous ceux qui me laissent des commentaires, ça fait vraiment plaisir ! Je trouve très drôle de voir votre impatience à ce que notre couple préféré soit réuni… prenez votre mal en patience parce que ce ne sera pas de sitôt ! Si dès le début, tout est beau dans le meilleur des mondes, alors il n'y a pas d'histoire, non ? :P

Je n'en dirai pas plus, mis à part que j'espère que vous aimerez ce chapitre même s'il est centré à 50%, peut-être même un peu plus, sur une conversation téléphonique entre Bella et Edward. J'ai essayé que ce soit le plus distrayant possible, mais ce n'était pas évident. Mais ce passage est nécessaire pour la suite !

Bonne lecture et on se retrouve à la fin !

PS pour toutes les personnes qui m'ont suggéré Alice comme voisine d'Edward : allez relire le prologue je vous prie parce qu'Alice est la sœur d'Edward. Et pour celle qui doutait de la réaction d'Edward : juste avant de partir pour l'Université de New-York, il va voir Bella pour lui dire qu'il l'aime… alors on peut déjà deviner… )

CHAPITRE 3- Conversation pv Bella

Un long silence répond à mon affirmation et je sens l'angoisse m'étreindre le cœur. Et s'il m'avait totalement oublié ? S'il ne se rappelait même plus mon nom ?

-Bella ? répète-t-il finalement.

Idiote, idiote, idiote ! Il ne se souvient plus de toi ! Pourquoi penserait-il encore à toi ? Vous n'avez passé qu'une nuit ensemble et ça fait plus de six mois ! Puis, il doit avoir une fille différente chaque soir dans son lit et…

Son éclat de rire interrompt mes pensées. Je fronce les sourcils, me demandant ce qu'il trouve amusant.

-Bella ! s'écrie-t-il.

La joie qui transparait dans sa voix me donne l'espoir de m'être trompé. Soit il joue très bien la comédie, soit il est vraiment heureux de m'entendre.

-Je n'arrive pas à le croire ! C'est vraiment toi ?

-Bi… bien sûr, répondis-je en bégayant, incapable de dire autre chose.

Allez ! Reprend toi Bella ! Il va te prendre pour une imbécile et il va raccrocher ! Allez ! Dis quelque chose d'intelligent !

-Je sais qu'on ne s'est pas vu depuis longtemps mais… j'avais envie de te parler, lâchai-je, lamentablement.

Edward s'esclaffe à nouveau.

-Et tu m'en vois très heureux ! Si tu savais le nombre de fois ou j'ai espéré que tu le ferais…

Je ferme les yeux sous une vague de bonheur telle qu'elle me laisse étourdie et pantelante. Edward ne m'a pas oublié. Mieux encore : il pense encore à moi.

C'est ça ! Il pense tellement à toi qu'il n'a jamais cherché à te revoir ni à te parler depuis six mois… Il te mène en bateau et toi, tu prends tout ce qu'il dit comme un fait !

Je serre les dents, retombant brutalement de ma bulle rose, pestant contre cette maudite voix intérieure. Non mais : c'est elle qui m'a incité à appeler Edward et maintenant que je lui parle, elle remet tout en question ?

D'un autre côté, elle n'a pas tout à fait tort…

-Pourquoi n'as-tu jamais essayé de me joindre, TOI ? demandai-je, essayant sans succès de prendre un ton qui n'est pas accusateur.

Un long silence suit mon éclat et je me mords la lèvre, regrettant de m'être emportée contre lui, craignant qu'il raccroche tout simplement, brisant le faible lien qui m'attache à lui.

-Je suis désolée, murmurai-je en déglutissant difficilement, terrifiée par l'idée qu'il coupe la communication.

Je n'aurais plus jamais le courage de le rappeler…

-Non. Ne t'excuse pas : tu as raison, réplique Edward. J'aurais dû… j'aurais dû t'appeler. Mieux encore : j'aurais dû revenir te voir dès le lendemain. J'aurais dû rester à Forks et te supplier jusqu'à ce que tu acceptes de sortir avec moi.

Il fait une pause, prend une grande inspiration et lâche dans un soupir :

-Mais tu m'as demandé une nuit Bella. Une seule. J'ai cru que tu n'avais pas envie de me revoir…

-Je ne pouvais pas imaginer que tu aurais envie de plus avec moi ! m'écriai-je aussitôt en me dirigeant vers mon lit pour m'y laisser tomber.

Mes jambes tremblantes ne me supportent plus. Ce peut-il que depuis le début, dès notre conversation téléphonique, Edward est ressenti la même chose que moi ? Peut-on vraiment tomber amoureux d'une simple voix ?

Je suis maintenant persuadée que oui, car dès que j'ai commencé à discuter avec Edward, j'ai su que c'était LUI. Et j'ai prié de toute mon âme pour le rencontrer un jour, sans croire que cela arriverait. Puis il est apparu devant moi et je l'ai reconnu sans jamais l'avoir vu… parce qu'en croisant son regard, mon cœur a fait ce drôle de saut périlleux, le même qu'il avait fait lorsque j'avais entendu sa voix.

-Et tu n'aurais pas eu besoin de me supplier, ajoutai-je d'une voix rauque. J'aurais accepté avec plaisir.

-Très bien alors, dit Edward et je peux sentir le sourire dans sa voix. Bella, veux-tu sortir avec moi ?

Mon souffle se coupe sous l'émotion. Je secoue la tête, malgré le fait qu'il ne puisse me voir, des larmes envahissant mes yeux. Je n'arrive pas à croire à ce qui m'arrive. C'est… trop pour moi ! Je n'ai jamais imaginé même un instant qu'une simple conversation téléphonique avec lui nous amènerait là !

-Oui ! Bien sûr que oui !

Edward éclate d'un rire joyeux, mais aussi soulagé et je l'imite, riant à travers mes larmes de bonheur. Je suis pathétique, mais je ne me suis pas sentie aussi bien depuis… depuis la nuit que nous avons passé ensemble en fait.

-Où es-tu ? demande-t-il soudain, sa voix me semblant fébrile. Peu importe où c'est, j'arrive !

-Que… quoi ? balbutiai-je, sous le choc.

-Où es-tu ? Je viens te rejoindre !

-Non ! Non ! Tu ne peux pas ! Je veux dire… je suis occupée pendant la fin de semaine et je n'aurai pas de temps à te consacrer ! Je préférerais qu'on se voit à un autre moment… pourquoi pas à Forks, pendant la semaine de relâche ?

-Hors de question ! s'oppose aussitôt Edward. C'est bien trop loin.

Je bondis sur mes pieds, en proie à un sentiment de panique, et je commence à faire les cents pas dans ma chambre.

-Bella, je crois que tu ne réalises pas à quel point j'ai envie de te revoir. À la vérité, si je te le disais, je suis certain que tu prendrais tes jambes à ton cou !

Je m'arrête un instant, prenant une grande inspiration pour retrouver mon calme. Edward veut me revoir… et je le veux aussi. Plus que tout. Mais pas maintenant, pas tout de suite. Je dois régler certaines choses avant. Je dois… je dois être digne de lui, je dois devenir une fille intéressante et captivante pour lui. Je ne veux pas le perdre aussitôt que je l'aurai retrouvé. Je ne pourrai pas le supporter.

Gagne du temps. Ça ne devrait pas être trop compliqué !

Pour une fois, j'approuve aussitôt les conseils de ma conscience. Gagner du temps. Quelques jours, quelques semaines… qu'importe ! En autant que je sois certaine de le revoir un jour et aussi, que j'ai une chance, une toute petite chance, pour obtenir plus de lui qu'une autre nuit…

-Il n'y a vraiment aucun risque que ça arrive, répliquai-je d'une voix douce. Alors peut-être pourrais-tu… essayer de m'expliquer ?

-Je peux essayer, souffle Edward d'une voix grave et suave qui envoie de nouveau des frissons dans mon corps. Mais tu dois me promettre que tu ne raccrocheras pas quand tu sauras.

-Promis, répondis-je en levant les yeux au ciel.

Comme s'il pouvait dire quoique ce soit qui pourrait me donner envie de m'éloigner de lui !

-Depuis… depuis que je suis parti de chez toi, ce matin-là, pas un instant n'a passé sans que ton souvenir envahisse mon esprit. Parfois, comme en ce moment, j'ai tellement envie de pouvoir te toucher, de simplement prendre ta main dans la mienne, sentir ta peau douce sous mes doigts, observer ton visage, plonger de nouveau mes yeux dans ton regard… que ça en est douloureux.

La main sur mon cœur, les yeux fermés, j'écoute ces paroles que je n'aurais jamais cru entendre… ou plutôt, que je n'aurais jamais cru m'être destiné.

-Je sais que ça fait clicher ou à l'eau de rose, mais c'est ce que je ressens. Je suis aussi conscient que c'est fou de s'être attaché autant à quelqu'un que je n'ai connu que quelques heures il y a plusieurs mois… mais c'est ainsi. Je n'arrive pas à t'oublier. J'ai l'impression… non, j'ai la certitude que tu es la seule à me connaître vraiment, la seule qui m'ait vu tel que je suis.

-Ce n'est pas fou, répliquai-je avec un petit rire. Ou plutôt si, mais nous le sommes tous les deux ! Ce que tu dis là : c'est ce que MOI je ressens pour toi !

Nous nous taisons, savourant en silence les révélations qui viennent d'être faites. Mon cœur bat si vite que je ne serais pas surprise de le voir exploser sous peu. Mon esprit s'agite, répétant sans cesse le même mantra :

Edward tient à moi. Il veut me revoir le plus tôt possible. Il n'a jamais réussi à m'oublier.

Ouais, parce qu'il ne te connaît pas vraiment ! grogne ma voix intérieure. Mais même elle n'arrive pas à gâcher ma bonne humeur en cet instant. Ma résolution de devenir une nouvelle Bella est encore plus forte maintenant. Je vais devenir une fille dont Edward pourra être fière ! Une fille qu'il pourra aimer…

-Ce n'est pas fou Edward, répétai-je, ma voix enrouée par l'émotion. C'est toi qui… c'est toi qui m'a poussé à réaliser mes rêves. Après notre nuit, j'ai réalisé que je ne pouvais pas tout simplement retourner dans ma vie d'avant, que je devais faire quelque chose. Alors j'ai changé mes plans et je me suis inscrite dans une autre université, comme je le souhaitais vraiment.

-Je sais, répond Edward et je sens qu'il est lui aussi ému. Je suis passé chez toi il y a quelques semaines et ton père me l'a dit. Je suis heureux pour toi. Vraiment. Même si j'aurais aimé pouvoir te revoir avant ton départ, mais c'est ma faute : j'ai mis trop de temps pour revenir.

-Oui, tu étais parti faire… le tour du monde ? demandai-je, n'arrivant toujours pas à y croire. C'est fantastique !

Edward éclate de rire et j'imagine son sourire en coin alors qu'il secoue la tête.

-Le tour du monde, c'est un grand mot ! Après… notre nuit, j'ai laissé tomber mes études de médecine. J'ai dit à mes parents que j'avais besoin de réfléchir et je suis parti. Au départ, je devais seulement faire le tour du pays pour visiter toutes les Universités intéressantes. Puis de fil en aiguille, j'ai rencontré des gens qui me parlaient de certaines places qu'ils avaient visité et ça m'a donné envie d'y aller. Je suis allé en Amérique du Sud, au Mexique, puis je suis revenu sur mes pas pour aller au Canada et même en Alaska ! C'était fantastique !

-Pourquoi es-tu revenu ?

-J'avais laissé plusieurs personnes derrière moi : mes parents, ma sœur et une fille que je n'arrivais pas à oublier…

Mon cœur rate quelques battements. J'attends quelques instants, mais réalisant qu'il ne rajoutera rien, je prends mon courage à deux mains et je demande timidement:

-Moi ? C'est moi LA fille ?

-Bella, dit Edward dans un souffle. Tu accapares toutes mes pensées en ce moment. Il n'y a pas de place pour une autre fille, crois-moi.

Je ferme les yeux, repensant à ce moment où j'ai appelé chez lui, quelques mois plus tôt. C'est une voix féminine, jeune et joyeuse, qui m'a répondu. Lorsque j'ai demandé Edward, elle m'a dit qu'il s'était absenté pour un long moment.

-Il est retourné à Darthmouth ?

Mon interlocutrice a éclaté de rire, un rire pur qui me rappelait celui d'Edward.

-Non. Il est parti bien plus loin… pour un tour du monde !

J'ai eu l'impression que mon estomac chutait pour tomber sous mes talons.

-Un tour du monde ?

-Oui ! Il avait besoin… d'espace, d'aventure.

-Et est-ce que… est-ce qu'il y a un moyen de le rejoindre ? avais-je insisté, ne pouvant croire après tout le courage que cela m'avait pris pour appeler, que je n'arriverais pas à discuter avec Edward.

-Bien sûr ! Il a son cellulaire avec lui. C'est un appareil de la dernière technologie, qui marche partout dans le monde ! Mes parents ont insisté pour qu'il en achète un ! Tu veux le numéro ?

-Ce serait gentil…

-Tu n'es pas l'une de ces groupies quand même, hein ? m'a demandé celle que je devinais être la sœur d'Edward, sa voix ayant pris un ton soupçonneux. Parce qu'il me tuerait s'il recevait encore des appels d'admiratrice.

-Heu… non. Je suis une amie.

-Ouais, elles disent toutes cela ! Écoute, je suis désolée mais je ne peux pas te le donner sans son accord. Rappelle dans quelques mois, il sera de retour.

-D'accord, avais-je dis, tentant de retenir ma déception. Merci quand même.

Puis j'ai raccroché, mais le téléphone a sonné quelques secondes plus tard. J'ai décroché et un éclat de rire m'a répondu.

-Désolée, je devais m'assurer que tu disais la vérité ! Je devais être certaine que tu étais LA fille. Celle dont il est amoureux.

Ma joie est retombée d'un coup. Je ne l'ai pas démenti alors qu'elle me donnait le numéro de son frère, mais je savais qu'elle se trompait : je n'étais pas cette fille. Edward n'était pas amoureux de moi. Il a rencontré quelqu'un d'autre.

J'ai pris le numéro en note, avec la ferme intention de ne jamais l'utiliser et d'oublier Edward une fois pour toute.

-Ne t'inquiète pas trop : il va revenir très bientôt. Je le sens, a dit la sœur d'Edward juste avant de raccrocher.

Et j'ai pensé qu'il revienne ou non, cela ne changerait rien. Il était trop tard.

C'est ce que j'ai cru à l'époque, mais maintenant… Edward m'affirme que je suis cette fille. Est-ce possible ? Est-il vraiment… amoureux ou sa sœur s'est-elle trompée ?

-J'ai de la difficulté à le croire, dis-je finalement, au bout d'un moment, le regard rivé au sol alors que ma main joue nerveusement dans mes cheveux.

-C'est parce que tu ne te vois pas comme moi je te vois. Je suis à New-York Bella, je me suis inscrit dans le programme de musique, si je performe bien, peut-être que je serai admis à Julliard l'an prochain. J'aime mes cours, j'ai rencontré de nouvelles personnes et je me suis même fait de nouveaux amis et tout ça, c'est grâce à toi. C'est toi qui m'as donné l'envie de faire ce que je voulais vraiment !

-Non : c'est ton talent et ta force qui t'ont amené là. Moi je n'ai fait que te dire ce qui était évident.

Je me sens rougir, malgré moi, ne pouvant accepter de tels compliments. Edward a un petit rire incrédule.

-Je n'arriverai pas à te faire changer d'idée, hein ? Tu es plus têtu qu'une mule d'après ce que tu m'as dit !

-Ce n'est qu'un de mes nombreux défauts, répliquai-je, un sourire aux lèvres.

-Un ADORABLE défaut, me contredit Edward, d'un ton séduisant.

Je souris : il flirt avec moi et je dois avouer que… j'aime beaucoup ça !

-Il est certain que ça peut être très utile… quand je veux quelque chose, par exemple, je m'y accroche de toutes mes forces.

-Hum… intéressant. Et s'il s'agit de… quelqu'un ? Un mec par exemple ?

-Je m'y accroche encore plus fort ! répondis-je d'un ton badin.

-Mais dans quelques circonstances, c'est une tare ! réplique Edward en riant. Par exemple, quand j'ai une folle envie de te voir et que tu refuses que je vienne…

J'ouvre la bouche, stupéfaite qu'il revienne de nouveau sur le sujet mais ravie qu'il souhaite autant être avec moi. Qu'il le désire autant que moi je le désire…

Je reste muette, incapable de dire quoi que ce soit de cohérent.

-Tu es certaine que tu n'as pas quelques heures à me consacrer ce week-end ? insiste-t-il. Je me fiche de devoir faire plusieurs heures d'avion, mais j'ai tellement envie de te voir… Je t'en prie.

Il a pris une voix suppliante à laquelle j'ai de la difficulté à résister. Je serre les dents, tenant de garder ma résolution. Je ne dois pas le revoir tout de suite. Pas si je veux avoir une chance de le garder auprès de moi pour toujours.

-S'il-te-plaît Bella. Je pourrais rester juste quelques minutes même. Juste le temps de te serrer dans mes bras, de t'embrasser si tu me le permets…

Oh ! Mais je te permettrais bien plus que cela !

Des images défilent dans mon esprit. Edward qui vient cogner à ma porte. Nous nous observons en souriant pendant un long instant, puis il s'avance vers moi et sans pouvoir m'en empêcher, je me jette dans ses bras. Il me serre contre lui, murmurant mon prénom inlassablement. Je m'éloigne alors de lui pour pouvoir observer son visage et il se penche sur moi, déposant ses lèvres sur les miennes.

Je gémis. Je m'accroche à son cou, plongeant dans ce baiser comme si c'était le dernier. Je passe mes mains dans ses cheveux si doux, puis je le tire un peu plus vers moi, entrant de force ma langue dans sa bouche, ou elle entame une douce danse avec la sienne. Edward passe doucement ses mains sous mon chandail, me laissant le temps de le repousser si je le veux…

Mais il n'y a rien que je désire plus que de sentir de nouveau ses mains sur ma peau.

Alors je me sépare à contre-cœur de sa bouche et avec un regard coquin, je retire lentement mon chandail, puis mon soutien-gorge que j'envois valser par terre. Edward grogne avec de m'attirer de nouveau contre lui, déposant ses mains sur ma poitrine, la pétrissant durement alors que sa bouche dépose des dizaines de baiser dans mon cou.

-Bella ? insiste Edward d'une voix douce, me ramenant à la réalité.

Un feu s'est réveillé dans mon ventre et ma volonté vacille. Pourquoi donc est-ce que je ne veux pas le voir tout de suite ? Là, dans l'instant, je n'arrive plus à m'en souvenir alors que ça me semblait si important il y a quelques instants…

-Je… je… d'accord. Mais pas chez moi. Donnons-nous un point de rencontre.

-D'accord. Peu importe où tu me diras d'aller, j'y serai !

Je me lève, les jambes flageolantes et je cours vers mon garde-robe pour en sortir ma valise.

-Tu n'aurais rien contre faire quelques heures de route ? demandai-je à Edward, tout à fait consciente que je semble surexcitée.

-Je roulerai toute la nuit s'il le faut.

J'ai un rire nerveux.

-Alors on se rejoint à Boston, devant l'hôtel Palace.

-Tu es sérieuse Bella ?

-Tout à fait ! Je suis en train de préparer mon sac et je pars aussitôt que c'est fait…

-J'y serai avant toi ! s'exclame Edward avec bonne humeur. On se voit dans quelques heures ?

-Oui… j'ai hâte d'y être.

-Moi aussi. Tu ne sais pas à quel point !

Puis il raccroche et je continue mon sac, courant d'un côté à l'autre de l'appartement pour prendre tout ce dont j'aurai besoin. Je sais que ce que je fais est totalement irréfléchi, que ça va à l'encontre de tout ce que j'ai décidé… mais je ne peux m'en empêcher.

Une seule chose compte : je vais revoir Edward ! Dans à peine quelques heures, je serai auprès de lui. Ça aurait même pu être dans quelques minutes si je l'avais voulu…

Mais j'ai choisi Boston comme destination, plutôt que de rester dans la ville que tout deux nous habitons.

Pourquoi ?

Je ne sais pas trop en fait. Une sorte d'instinct de préservation m'y a poussé. Un pressentiment que je ne dois pas mélanger Edward à ma vie ordinaire. Il est trop… exceptionnel. Notre rencontre, notre histoire est belle, magnifique et excitante. Et je veux qu'elle le reste.

Boston est donc suffisamment loin pour qu'il ne se doute de rien… mais suffisamment près pour qu'on puisse se revoir assez facilement si l'envie nous en prend.

Et j'ai l'impression que l'envie va te prendre… souvent !

C'est vrai que l'idée d'avoir des rendez-vous secrets avec Edward est plutôt excitante. Avoir une double vie, différente de celle ennuyante que je mène tous les jours…

Après avoir fourré tous mes vêtements dans mon sac, je prends mes clés et je me rue vers ma camionnette. Maudite camionnette qui ne peut excéder les 90 kilomètres à l'heure ! Et encore ! Il faut que je la pousse à fond pour cela !

Peut-être même que je la pousse un peu trop parce que trente minutes après être sorti des limites de la ville, elle commence à faire un bruit étrange. Elle crachote, puis ralenti de plus en plus…

-Oh non ! C'est pas vrai ! marmonnai-je en me garant sur le bord de l'autoroute.

Je donne un puissant coup de poing sur le volant, puis je sors pour observer le moteur qui fume, faisant comme si j'y connaissais quelque chose. Ce qui n'est assurément pas le cas. Je pousse un nouveau gémissement et laisse tomber ma tête contre le métal dur de la voiture.

Et voilà ! En quelques minutes, mes plans viennent de tomber à l'eau !

Chiotte ! Merde ! Merdouille ! Et tout autre gros mot que je peux trouver ! La vie est vraiment injuste !

« Tu as bien raison. »répondis-je à ma voix. Mais c'est peut-être un signe… un signe de Dieu ou du destin qui ne veut pas que je revois Edward tout de suite, qui me fait comprendre que cette escapade était de la folie.

Mais on s'en fou du destin ou même de Dieu ! Je VEUX voir Edward !

Je pousse un soupir, puis retourne dans ma camionnette pour prendre mon téléphone cellulaire. Un malheur n'arrive jamais seul dit-on. Pour moi, ce dicton est toujours vrai : je suis la fille la plus malchanceuse au monde ! Et bien sûr, la panne de ma camionnette ne suffisait pas ! Il faut, en plus, que la batterie de mon téléphone soit à plat ! Comme ça je ne peux rejoindre, ni remorqueuse, ni Edward !

-PARFAIT ! C'EST PARFAIT ! m'écriai-je avec rage.

D'accord. J'ai compris. Je ne dois pas revoir Edward, pas tout de suite du moins. Ce serait une catastrophe, un échec total. J'ai compris… alors maintenant, ne pourrait-il pas y avoir un bon samaritain qui s'arrêterait pour me porter secours ?

Non ! Ce serait trop facile pour moi !

Je me vois donc obligé de retourner à pieds vers New-York et quelques minutes à peine après avoir commencé ma marche, la pluie se met à tomber. Je m'arrête un instant, éclatant d'un rire dément, puis je me remets en route alors que des larmes coulent sur mon visage.

Je marche sur le bord de l'autoroute à New-York, en plein milieu de la nuit. Dans quelques heures, deux peut-être trois, Edward arrivera à Boston et je ne serai pas là. Je serai encore ici, à marcher pour retourner chez moi. Il m'en voudra, croira que je n'avais pas envie de le revoir finalement et peut-être qu'il ne voudra même plus répondre à mes appels. Alors j'aurai raté ma seule chance d'être de nouveau dans ses bras…

Il vit dans la même ville et va dans la même école que toi, je te signale ! réplique ma petite voix, agacée par mon propre pessimisme.

Je soupire. Comment ne pas tout voir en noir alors que j'ai plusieurs heures de route sous la pluie à faire, dans une ville reconnue pour son haut taux de criminalité ? Chanceuse comme je suis, un homme va s'arrêter pour m'aider, mais il va s'agir d'un tueur en série ou je ne sais quoi d'autre !

À cette idée, je frissonne et je regrette soudain de ne pas avoir amené la bombe lacrymogène que mon père a glissée dans mon sac avant mon départ. Je resserre mes bras autour de mon corps, priant à présent pour que personne ne s'arrête.

Mon vœu est exaucé et pendant un temps qui me paraît une éternité, je marche sous la pluie froide, mon corps de plus en plus gelé, mon esprit ankylosé. Mon coupe-vent ne me protège plus à présent tant il est trempé et mes souliers sont emplis d'eau. Le pire, c'est que je suis encore bien loin de la Grosse Pomme !

À ce moment, une voiture ralentie à côté de moi et je sursaute lorsque la femme qui la conduit m'adresse la parole :

-Hey ! Tu as besoin d'aide ? C'est dangereux de marcher seule à cette heure !

-Je… je sais. Ma voiture est en panne, répondis-je en grelotant, mes dents s'entrechoquant si forts que ça me fait mal.

-Allez, monte. Je vais appeler une remorqueuse et t'amener là où tu vas !

Je ne me fais pas prier et je grimpe dans la voiture, me fichant bien de tremper les bancs en cuir blanc qui doivent valoir une fortune. Ma sauveuse monte le chauffage à fond et elle le dirige vers moi.

-Merci, murmurai-je en fermant les yeux, épuisée.

-Ça me fait plaisir, ma chère enfant. Si cela avait été ma fille sur le bord de cette autoroute, j'aurais voulu que quelqu'un lui vienne en aide ! Et tu as de la chance : mon mari est propriétaire de deux garages, seulement à New-York. Sans compter tous ceux qu'il possède ailleurs aux États-Unis. Je l'appelle à l'instant : il va remorquer et réparer ta voiture gratuitement !

-C'est beaucoup trop… merci.

Je peine pour garder les yeux ouverts, alors que la femme me fait un sourire compatissant. Son visage me rappelle quelqu'un… mais je n'arrive pas à trouver qui. Elle est magnifique, ça il n'y a pas de doute et je ne me souviens pas d'avoir déjà rencontré une personne aussi belle qu'elle…

Sauf Edward.

-Ce n'est rien, ce n'est rien ! À quoi cela sert-il d'être riche si on ne peut aider les plus démunis ? C'est ce que je dis à mon mari et ma fille chaque jour, mais ils me prennent pour une folle ! Ils croient que mon bénévolat et mon aide humanitaire n'est qu'une lubie et que je vais bientôt revenir sur Terre ! Comme si aider son prochain pouvait être une mauvaise chose !

Elle secoue la tête et je sursaute, réalisant alors que j'allais m'endormir sur son babillage.

-Au fait, je suis Éléanore Hale. Et toi, quelle est ton nom ma chérie ?

-Bella… Bella Swan, réussis-je à répondre, juste avant de sombrer dans le sommeil.

Et voilà, un autre chapitre de terminer. Je ne sais pas encore si le prochain sera un autre point de vue de Bella ou le premier point de vu d'Edward depuis l'épilogue… je suis encore en décision ! Disons que je n'avais pas du tout prévu ce qui s'est passé dans ce chapitre, à l'origine, Bella ne devait pas accepter de revoir Edward alors la panne et la rencontre avec madame Hale n'existait pas dans mon plan… lol. Je me suis laissée dicter par mes perso dira-t-on ! Donc j'y réfléchis. La suite… je ne sais pas quand parce que là je veux me remettre à Peu importe où tu iras qui va me prendre beaucoup de temps. Disons deux, trois semaines max (mais on sait jamais peut-être moins).

Et à votre avis… que va-t-il se passer maintenant ? Dites-moi vos prévisions, j'adore lire ce que vous pensez ! )