Les semaines qui suivirent, les rapports entre Marvolo et Harry s'améliorèrent. Ils discutaient plus souvent, restaient parfois ensemble le soir, après la réunion des professeurs, et faisaient même leurs rondes ensemble. Ils parlaient du 'bon vieux temps', de leurs années de rivalité à Hogwarts, sans jamais évoquer leur dernière année.

Harry ne savait pas quoi en penser, à vrai dire. Il ne pouvait pas dire qu'il avait aimé Marvolo, au sens de l'Amour avec un grand 'A' lors de leur scolarité, il n'était pas le genre de garçon à aimer passionnément après si peu de temps, mais il avait tout de même développé des sentiments pour lui, il l'avait réellement apprécié. Aujourd'hui, tout était différent. Dix années étaient passées, ils avaient muri, pris de l'expérience avec l'âge, tout en restant les même. Marvolo était toujours aussi ambitieux, intelligent, et beau. Bien plus beau qu'avant. Harry aurait pu en soupirer d'envie, il le faisait souvent en fait, lorsqu'il était seul le soir.

Il était heureux qu'ils se reparlent, même si c'était de tout et de rien, même si c'était juste pour se rappeler des souvenirs qu'ils avaient à peine partager. Parfois Marvolo lui parlait de ses voyages, des enfants à qui il avait appris la magie, ce que lui avait appris d'eux, et il s'émerveillait. Marvolo ne l'avouerait jamais, mais il adorait les enfants, il n'y avait probablement que lui pour ne pas s'en rendre compte. Par contre, ils ne parlaient jamais de leurs amants, de leur vie sentimentale, à côté de Hogwarts. Tout ce qu'il savait, c'est que Marvolo et Snape partaient de Hogwarts tous les vendredis soirs, et s'il brûlait d'envie de savoir ce qu'ils faisaient, il mourrait aussi de jalousie.

Pourquoi Snape ?! Ce bâtard le détestait, et il ne savait même pas pourquoi ! Ce salopard ne cessait de s'en prendre à ses élèves, sans aucune raison, et il n'avait qu'une envie, celle de lui arracher la tête. Le comportement du Maître des potions avait même empiré depuis que Marvolo et lui se reparlaient. C'était insupportable.

Il gronda légèrement en repensant au pauvre Gryffindor qui était venu le trouver, les yeux encore rouge des larmes qu'il avait versé, parce que Snape l'avait humilié devant toute leur classe, après lui avoir crié dessus, retiré quarante points à leur maison et bien sur lui avoir donné une retenue. Le pauvre garçon allait finir traumatiser par cette chauve-souri si ça continuait, si ce n'était pas déjà le cas, bien sur.

C'était d'ailleurs pour ça qu'il était en route pour les cachots, et plus précisément pour le bureau de ce vieil imbécile. Harry n'en avait rien dit à Albus. Il était bien assez grand pour gérer ses problèmes seuls. Il n'avait jamais eu besoin de qui que ce soit pour dicter ce qu'il avait à faire.

Harry arriva devant la porte, où il frappa trois fois. Un 'entrez' sinistre retentit; il ne lui en fallut pas plus pour baisser la poignet de la porte et la pousser. Il pénétra la pièce sombre, rempli de bocaux et d'étagères de livres poussiéreux.

« Potter, que diantre fichez vous ici ? J'ai d'autres chats à fouetter qu'un gamin dans votre genre. »

Il se retint de l'insulter copieusement; il devait rester le plus calme possible, il ne devait pas perdre la face devant Snape.

« Je viens mettre les choses à plat avec vous, Sever-»

« Professeur Snape pour vous, Potter. » Cracha-t-il comme il aurait pu le faire pour une obscénité.

« Professeur Snape. » Dit il le plus poliment possible. « Pourquoi me haïssez vous ? »

« Je ne vous hais pas. Pour haïr il faut avoir aimé, et je ne vous ai jamais aimé. » siffla rapidement l'homme tel un serpent.

« Pourquoi me méprisez vous ? » Demanda-t-il ensuite, fermant les yeux une seconde pour calmer sa rage montante. « Est-ce à cause de Marvolo ? Est-ce que vous êtes en couple ou quelque chose comme ça ? Vous protégez vos plats de bande ? Si c'est le cas je le comprendrai, si ce n'est pas le cas, allez au diable. » Harry s'arrêta devant le bureau de l'homme, plaqua ses mains sur le bois froid et se pencha en avant, avant de dire d'une voix basse et menaçante. « Et cessez de vous en prendre à mes élèves. »

Le visage de Snape était plus rouge que tout ce qu'il avait vu; peut être pas autant que les yeux magnifiques de Marvolo, mais il n'avait jamais vu un visage aussi rouge de rage et de colère. Le Maître des potions se leva avec brouhaha et contourna son bureau, se redressant de toute sa hauteur, et regarda le jeune professeur de métamorphose avec suffisance.

« Comment osez vous ! Sale gamin ! Vous n'êtes que le reflet de votre père ! Arrogant, stupide et gâté !»

Harry sentit son esprit bouillir brusquement aux mots de Snape. Il perdit alors son calme.

« Comme j'ose ? Vous, comment osez-vous ? Vous vous en prenez à des enfants innocents, plus faibles que vous, comme un petit caïd de rue ! Comment pouvez vous vous supporter sachant que vous faites souffrir des personnes qui ne vous ont rien fait au lieu d'aller voir la source de votre haine ? Oh pardon, j'oubliais, vous ne me haïssez pas. Vous êtes un être pathétique, Severus Snape. Et vous osez parlé d'un père que je n'ai jamais connu ! » Tempêta-t-il, ses yeux verts brillants dans la pénombre de la pièce humide, faisant reculer Snape malgré sa petite taille. « Je suis peut être stupide, stupide d'avoir cru que venir vous parler était une bonne idée, mais je ne suis ni arrogant, ni gâté. Comment osez vous me parler ainsi lorsque vous ne connaissez rien de moi ? Qu'est-ce qui en moi vous permets de dire ça ? Qu'est-ce qui vous donne le droit de souiller la mémoire d'un père que je n'ai jamais connu ? Vous me rappelez tellement ces petites frappes de mon quartier qui me chassaient et me frappaient pour se sentir supérieur. Je suis sûr que vous prenez votre pied à voir tous ces élèves vous craindre. Vous me dégoutez. » Cracha-t-il haineusement. Il continua après quelques secondes, le temps de reprendre un air plus posé. « Prenez vous en encore une fois à un de mes Gryffindors, et vous le regretterez » Menaça-t-il d'une voix polaire, avant de se détourner prestement, pour partir, claquant la porte si fort qu'elle faillit sortir de ses gonds.

Severus regarda le jeune homme partir, la bouche ouverte, la fermant et l'ouvrant sans qu'un seul son n'en sorte, le souffle coupé. Jamais personne ne lui avait parlé ainsi. Cependant, la porte ne resta pas fermé longtemps, et la silhouette de Marvolo entra dans la pièce. Celui-ci ne souriait pas, pourtant ses yeux pétillaient légèrement. Il avait dû tout entendre, probablement dans les parages lorsque Potter était arrivé pour mettre le chaos dans son antre.

Marvolo avait entendu des élèves dans les couloirs parler du professeur Potter qui se dirigeait vers les cachots, et il avait vite compris, lorsqu'il avait entendu la dernière attaque du professeur Snape sur un des Gryffindor, que Harry allait probablement se confronter à l'homme.

« Que trouves tu drôle, Marvolo ? » Grinça finalement l'homme.

« Je ne l'ai jamais vu autant énervé. Même contre moi, je crois qu'il n'était pas autant énervé. »

« Oh. » Severus retourna s'asseoir à son bureau, légèrement tremblant, bien qu'il ne l'avouerait jamais. « Et qu'as tu fait pour déclencher sa fureur ? »

« Je lui ai brisé le coeur. » Répondit il après une seconde. Marvolo fit le tour de la pièce, touchant les livres du bout des doigts. « C'était il y a longtemps, bien sur. Nous étions encore à Hogwarts. »

« …Vous avez couché ensemble ? C'est pour ça qu'il m'a demandé si nous étions en couple ? »

« Non, il n'y a jamais eu de nous, j'ai gâché toute chance de l'avoir avant que quelque chose ne puisse naître avec Harry. »

Ils restèrent silencieux un moment, repensant tous les deux à la colère du jeune homme. Severus ne pensait pas que le gosse aurait autant de couille pour lui parler ainsi, mais apparemment, il avait le tempérament d'une mère défendant ses enfants, il tenait de Lily, à coup sûr. Marvolo quant à lui, était plutôt émoustillé par la prestation. Harry était tellement impétueux, tellement vif, il lui rappelait le feu mortel du Fiendfire.

« C'était vicieux d'attaquer ainsi son père. »

« Je suis un Slytherin, je suis vicieux. Et je détestais son père. Il était réellement arrogant stupide et gâté. Potter junior est le portrait craché de Potter senior. Sauf pour les yeux. Il a les yeux de sa mère. Ils brillaient exactement du même éclat lorsqu'elle me criait dessus. »

Marvolo lança à son ami une oeillade intéressée.

« Tu connaissais ses parents ? »

« Nous étions dans la même promotion à Hogwarts. Eux à Gryffindor, moi à Slytherin, mais je connaissais Lily depuis l'enfance, elle était ma meilleure amie. James lui… Ce n'était qu'un enfant gâté, avec sa bande d'ami, les 'maraudeurs', qui s'amusait à faire des blagues plus ou moins dangereuses, et qui me concernaient souvent, malheureusement. Il a failli me tuer une fois, en m'envoyant dans la tanière d'un loup-garou. Je suis certains que son stupide parrain, ce Black, a dû tout lui raconter. De toute façon, un Potter est un Potter, c'est dans son sang. » Gronda-t-il. « Je ne me laisserai pas humilier. »

Le directeur de la maison Slytherin laissa échapper un soupir de désolation. Severus et Harry était tous les deux aussi têtus l'un que l'autre. S'il ne voulait pas que cela finisse en bain de sang, il allait devoir intervenir.

« Harry n'est pas comme son père. Il a grandi dans une famille de muggle qui le maltraitait et abusait de lui, comme moi, comme toi. Il a été laissé à Pétunia Dursley, la soeur de sa mère. Il a appris qu'il était un sorcier à ses onze ans, et il pensait que son père était un bon à rien de soulard qui s'était tué dans un accident de la route. »

Le visage de Severus devint pâle, et ses mains tremblèrent. Il se souvenait parfaitement de la soeur de Lily, Pétunia Evans, ou Tuny, comme l'appelait la rousse. La blonde avait toujours été jalouse de sa soeur, une peste, qui la traitait de monstre. Il ferma les yeux et prit son visage entre ses mains. Il avait eu faux sur toute la ligne, il s'en était pris à lui en pensant avoir à faire au fils de James, quand il avait en face de lui celui de sa douce Lily.

« Pourquoi ne me l'as tu pas dis ? » Souffla l'homme, désespéré.

« Comment aurais-je pu savoir que tu détestais Harry à cause de sa famille ? Tu ne m'en as rien dit après tout. »

« Tu le connaissais pourtant, tu devais l'apprécier, tu aurais pu le défendre, tu aurais pu me dire ce qu'il avait vécu. Pourquoi tu ne l'as pas fait ? »

Marvolo sourit, puis se releva pour faire quelques pas dans la pièce, se dégourdissant les membres.

« Harry a toujours été d'une grande patience, il a résisté cinq années dans ce Ministère corrompu, je voulais voir combien de temps il mettrait à perdre son calme contre toi. Je dois dire que je n'ai pas été déçu. Sa colère est toujours aussi impressionnante. » Répondit il avec un sourire contenté.

« Tu es encore amoureux de lui ? »

Cette fois-ci, il ne répondit pas.

« J'irai lui parler si j'étais toi. » Dit seulement Marvolo. « Pour faire la paix au moins. Il te vénérerait si tu pouvais lui parler de sa mère, enfin je pense. »

Et Severus suivit son conseil. Marvolo l'accompagna jusqu'aux appartements du jeune homme, et l'y laissa. Il lui souffla un 'bon courage', et le laissa seul.

OoO

Le lendemain, Marvolo vit arriver Snape dans la Grande Salle, égal à lui même, ses yeux noirs foudroyant toutes personnes qui avaient le malheur de croiser son regard. L'homme s'assit à côté de lui, et en constatant son mutisme, il n'osa pas lui demander ce qu'il s'était passé la veille, malgré sa curiosité dévorante.

Harry arriva dix minutes plus tard, et s'assit à l'autre bout de la table, ignorant délibérément le Maître des potions. Est-ce que ça c'était si mal passé que ça ?

« Severus ? » Tenta Marvolo, ne sachant pas si le brun allait lui grogner dessus ou lui répondre.

« Quoi ? » Gronda-t-il, en tournant ses yeux vers lui.

« Eh bien… Comment est-ce que ça s'est passé, hier soir ? Avec Harry ? »

Il ne répondit pas, et au bout d'un instant, Marvolo soupira, et retourna à son assiette. Est-ce que ça s'était si mal passé que ça ?

« Nous avons parlé. » Dit soudainement Severus. « De sa mère, de son père, des raisons pour lesquelles je me conduisais comme je le faisais avec lui; puis de toi. »

Le directeur de la maison Slytherin se tourna à nouveau vers son ami, surpris.

« …De moi ? Qu'est-ce que je viens faire là dedans ? »

« Tu n'as pas entendu, hier, quand tu nous espionnais ? »

« Je n'ai pas tout entendu, si tu veux tout savoir. Réponds moi maintenant ! » Ordonna-t-il, mort de curiosité de savoir pourquoi les deux hommes avaient parlé de lui.

« Il semblait croire que toi et moi couchions ensemble, et que c'est pour ça que je le traitais ainsi, puisque apparemment, vous avez été ensemble, ou quelque chose comme ça. »

Oh… Oh ! Non ! Il ne couchait pas avec Snape ! C'était… Arg ! Il aimait bien Severus, mais pas à ce point là ! Il l'admirait, et il s'entendait bien avec lui, mais pas pour ça ! Où est-ce que Harry avait été cherché ça ?

« Je pense qu'il t'apprécie plus qu'il ne veut bien le montrer. »

« Tu penses ? » Marvolo se maudit pour la rapidité de sa réponse, qui sonnait comme une demande envieuse qu'une réelle question réfléchie. Il eut cependant la décence de ne pas rougir, et de rester digne, ce qui n'empêcha pas Severus d'avoir un sourire moqueur.

« Fleur bleu, Marvolo ? Mais oui, je pense qu'il était jaloux de notre relation, même s'il ne s'en rend pas compte lui même. Tu devrais l'inviter à dîner. »

Severus soupira en voyant les yeux rouges du Slytherin briller légèrement à cette idée. Il n'arrivait pas à croire qu'il jouait aux entremetteurs entre deux idiots semblant à peine sorti de l'adolescence. Il avait peut être détesté Potter à ce moment là, mais il voyait bien les deux hommes se dévorer du regard dès que l'autre ne regardait pas. C'était dégoûtant, décida-t-il, bien qu'intérieurement jaloux. Il devait s'avouer que si Harry n'était pas déjà si entiché de Marvolo, il aurait bien essayé de le séduire, juste pour voir les yeux verts de Lily briller sous lui. Mais il s'avouait vaincu avant de commencer. Harry et Marvolo crevait littéralement de désir l'un pour l'autre, et aucun d'entre eux ne s'en rendait compte. C'était affligeant.

« Il n'acceptera jamais. » Dit finalement Marvolo. « Il ne voudra pas d'un rendez vous avec moi. »

« Alors invite le à boire un verre entre collègue. »

Le brun aux yeux rouges sembla réfléchir, puis opina. C'est vrai qu'il en avait très envie. Se retrouver avec Harry, juste lui, pas d'élève susceptible de les déranger, pas d'autre professeur…

« Qu'est-ce que tu lui as répondu ? » Demanda-t-il soudainement.

« C'est-à-dire ? » Répondit sarcastiquement Snape, s'empêchant de sourire sadiquement.

« Quand il a voulu savoir si toi et moi couchions ensemble. »

« Que nous n'avions jamais eu ce genre de relation, et que d'ailleurs, tu n'avais eu aucune relation suivie depuis que je te connais. Et avant que tu ne me le demandes, il a réagit par un 'Ah ?' soupiré sur un ton surpris et plein d'espérance. »

Marvolo déglutit discrètement, se demandant s'il était vraiment si facile à lire. Il n'aimait pas être si vulnérable. Certes, Severus était particulièrement observateur, mais il savait aussi que Dumbledore l'était encore plus; le vieil homme l'embêterait avec ça jusqu'à la fin de sa vie.

Il tourna les yeux vers Harry, à l'autre bout de la table, et il tomba directement sur deux grands yeux verts qui, surpris, s'écarquillèrent, tandis que ses joues prenaient une délicate teinte cerise, embarrassé d'avoir été pris sur le fait, pourtant il ne détourna pas le regard, et il lui sourit même légèrement. Marvolo ne put s'empêcher de sourire à son tour, avant de se détourner, tournant les yeux vers un Snape moqueur.

« Tais toi, Snape. » Siffla-t-il.

L'homme ricana, et retourna à son petit déjeuner.

Plus tard dans la journée, Marvolo retrouva Harry dans sa salle de classe. Il entendit vaguement des jeunes filles glousser en le voyant entrer dans la salle de métamorphose, sans comprendre pourquoi.

« Harry. » L'appela-t-il en le voyant fourrager dans son bureau. Le petit brun sursauta, mais un petit sourire éclaira son visage.

« Marvolo ? Qu'est-ce que tu fais ici ? » Demanda Harry, surpris, mais stupidement heureux de le voir dans sa salle de classe.

« Je voulais te proposer de venir boire un verre avec moi ce soir, entre collègue, ça nous changera des couloirs. » Dit-t-il, en précisant bien le caractère non romantique de leur entrevue, s'il l'acceptait, bien sur.

« Oh… Tu ne sors pas avec Severus normalement ? »

« Pas ce soir, non. Alors, tu veux bien ? »

Harry fit oui de la tête, sans hésiter un instant.

OoO

Harry ne stressait pas.

Non ! Il ne stressait pas ! Ce n'est pas parce qu'il sortait avec Marvolo, entre ami, qu'il devait être anxieux.

En fait, il ne pensait pas que Marvolo l'inviterait à sortir avec lui un jour. Cette idée ne lui avait jamais traversé l'esprit, peut être parce qu'il se sous-estimait, ou il ne savait pas. En tout cas, il était heureux. Ca serait sa première sortie de Hogwarts depuis qu'il travaillait en temps que professeur, et il devait avouer qu'il avait besoin de faire une petite pause. Ce travail était vraiment bien, mais tellement épuisant. Une soirée, en tête à tête avec Marvolo serait reposante.

En tête à tête. Il rougit malgré lui. Seul. Avec Marvolo.

Harry se maudit intérieurement. Il agissait comme une maudite fille à son premier rendez vous. L'idée d'aller se changer rapidement lui avait même traversé l'esprit, mais il s'était retenu.

Non, cette sortie était l'occasion pour lui de remercier Marvolo d'avoir poussé Severus à venir lui parler après leur violente dispute. Le Maître des potions lui avait dit que c'était lui qui l'avait poussé à venir lui parler, et qui lui avait expliqué sa situation. Grâce à lui, ils avaient pu s'expliquer, et parler. Lui avait parlé des abus que lui avait fait subir sa famille, et Severus lui avait parlé de ses parents, de sa mère, qu'il connaissait depuis qu'ils étaient enfant, et de son père, qu'il avait détesté avec passion.

Ils avaient finalement décidé de ne pas se reparler pendant un moment, puis d'apprendre à se connaître au fil du temps. C'était mieux ainsi.

Il sortit de sa salle de classe, et au même moment, il vit Marvolo à l'autre bout du couloir, d'un pas sûr, et habillé de vêtements riches. Il était encore plus magnifique que d'habitude. Il regarda ses vêtements rapidement. Mince, il aurait vraiment dû se dépêcher pour aller se changer et revenir.

« Bonsoir Harry. » Ronronna presque l'homme, et il fit un effort surhumain pour ne pas rougir à la voix chaude. « On y va ? »

« Bonsoir Marvolo… Je… Je devrai peut être aller me changer, tu l'as fait alors… »

« Tu es parfait ainsi. » Le coupa l'homme, qui lui prit une de ses mains dans une des siennes. « Allons y. »

Harry acquiesça, et se laissa traîner par son collègue, pas très sûr de quelle façon il devait se comporter.

Ils marchèrent jusqu'à Hogsmead, parlant de tout et de rien, des élèves cancres, ou des je-sais-tout, levant sans cesse la main, et aussi de la soirée du Samhain qu'il prévoyait pour la nuit du 31 octobre, comme chaque année, laquelle était autorisée à tous les élèves. Slytherin, Gryffindor, Ravenclaw et Hufflepuff, tous pouvaient venir. Au cours de cette nuit, la maison ne comptait plus. Ils n'étaient que des sorciers qui fêtaient la magie, tous ensemble, sans distinction.

« Tu devrais venir aussi. » Dit il, « Je ne sais pas si tu l'as déjà fêté. »

« Non. » Avoua-t-il, un peu honteux de ne pas connaître les rituels sorciers. « Ron ne les a jamais fait, à cause de son père qui est 'fan' des muggles, il veut absolument leur ressembler. Et Hermione est une née-muggle, et peu de livre décrive ces rituels. »

« C'est normal, ils passent à l'oral, dans les familles de sang-pur. Il est dommage que les anciennes familles décident ainsi de ne plus les faire, à cause d'une stupide lubie. Ces rituels sont importants, ils permettent de renouveler la magie, en se servant de la magie que l'on donne ces soirs là. La magie est comme le sang, elle a besoin de la renouveler, et si on ne la nourrit pas, alors elle mourra doucement, et nos descendants finiront par être des cracmols, puis de simples muggles. »

« Je ne savais pas que c'était si important ! » S'alarma Harry.

« En pratique, peu de personnes le savent. Ce sont des théories, mais elles se vérifient. Il y a de plus en plus de cracmols, et la population sorcière baisse, en Angleterre du moins. Et avec l'arrivée massive des nés-muggles dans notre monde, les théories et pratiques se sont perdues. On fête les fêtes muggles, comme Halloween ou Noël, à la place pour les mettre à l'aise. C'est stupide, et c'est ce que j'essaie de rectifier. Je n'ai pas encore assez de poids, malgré mon titre d'héritier de Slytherin. »

Harry lui sourit, et comme Marvolo l'avait fait, lorsqu'il était venu le chercher, il lui prit la main.

« Je suis certains que tu y arriveras. Si tu expliques au Conseil des gouverneurs de l'école comme tu viens de le faire avec moi, ils seront d'accord. » Marvolo lui sourit, et, comme si de rien n'était, croisa ses doigts avec ceux de Harry, se rapprochant un peu plus de lui. « Mais toi, tu pensais être un né-muggle, et pourtant tu as trouvé tout ça. »

« C'est l'avantage d'avoir été à Slytherin. » Expliqua-t-il. « Tous ces sorciers de sangs-purs fêtent le Samhain et Yule, et j'ai pu dès ma première année m'immerger dans les livres qu'ils me prêtaient, et qui venaient de la bibliothèque familiale. »

Le regard vert se fit suspicieux. Slytherin n'était pas connu pour être une maison tolérante. Il y avait très peu de nés-muggles, presque pas, et croyant qu'il en était un, Marvolo avait réussi à se faire accepter en si peu de temps ? Comment avait il fait ? Certes aujourd'hui il savait qu'il était l'héritier de Slytherin, mais à 11 ans, comment avait il pu le prouver… Puis Harry se rappela de cette soirée, dix années auparavant, où Marvolo lui avait révélé qu'il avait dans son sang celui du Basilic, et que ses yeux provenaient des plumes rouges que les mâles avaient sur la tête.

« Tu es fourchelangue ! » Déduisit il, s'exclamant brusquement, sa tête tournée vers le jeune homme aux yeux rouges.

« Quoi ? Comment est-ce que tu as…? » Marvolo était autant surpris qu'amusé de voir Harry passer ainsi du coq à l'âne. « Et qu'est-ce que ça à voir ? »

« C'est comme ça que tu as pu t'imposer dans la maison Slytherin, et que tu as pu te faire respecter par autant de sang-pur, c'est parce que tu es un fourchelangue. J'aurai dû y penser avant ! »

Marvolo se mit à rire, souriant avec tendresse au brun, amusé en comprenant par le cheminement par lequel il était arrivé à cette explication.

« Je plaide coupable, je suis fourchelangue. Je parle aux serpents depuis tout petit, et c'est vrai que ça m'a bien aidé, en plus de ma mémoire photographique et de mon exceptionnelle intelligence. »

« Vantard. »

« Réaliste. »

Harry aussi se mit à rire, et quelques minutes après, passés en silence par les deux bruns, leurs mains toujours accrochées ensemble, ils arrivèrent en dehors des barrières anti-transplanages, et ils disparurent dans un 'pop' discret.

Ils réapparurent au Chaudron Baveur, et Marvolo l'entraîna côté muggle. Harry l'observa un instant, désireux de savoir où ils allaient, surtout du côté du Londres muggle. L'endroit devait être formidable s'il avait réussi à attirer le sorcier, alors même qu'il détestait les muggles. Ils arrivèrent finalement dans un salon de thé à moitié rempli. Les murs étaient recouverts d'étagères et de livres, donnant un air ancien à la pièce, où se trouvait une grande mezzanine. Marvolo tira doucement Harry derrière lui, lui faisant prendre les escaliers pour monter au deuxième étage, et ils s'assirent à une table au fond.

« Tu aimes ? » Demanda Marvolo avec un sourire.

« Oui ! Je ne savais pas que des endroits comme ça existaient ! Je comprends que tu aimes, petit rat de bibliothèque. » Se moqua gentiment Harry. Les yeux rouges de Marvolo flashèrent, et le Gryffindor se mit à rire.

« Je ne suis pas un rat de bibliothèque, maudit joueur de Quidditch. »

« Si tu n'était pas au courant, le Quidditch, c'est cool, et j'étais un très bon joueur ! Dois-je te rappeler qui a gagné tous les matchs de septième année ? »

Marvolo bougonna légèrement, et Harry soupira, un air heureux sur le visage. Il posa alors sa main sur celle du Slytherin qui était posé sur la table, et la caressa du pouce. L'homme aux yeux rouges se mit finalement à lui sourire, et fit de même. Leurs doigts se mêlèrent à nouveau, et leurs regards s'encrèrent l'un dans l'autre.

« Excusez moi ? » Ils se lâchèrent, leurs mains repartant sur leurs genoux, et leurs yeux se détachèrent. « Vous avez choisi ? »

Harry se racla légèrement la gorge, et pris un thé, suivi par Marvolo. Une fois que la serveuse fut partie, ils évitèrent de se regarder, stupidement gêné par leur présence réciproque. Finalement, Harry releva les yeux vers son 'ami', s'il pouvait toujours l'appeler ainsi.

« Merci. »

Marvolo le regarda sans comprendre, relevant ses yeux rouges interrogatifs vers lui.

« De ? »

« Pour Snape, merci de l'avoir poussé à venir me parler. »

« De rien. » Sourit-il. « Ca m'a fait plaisir, même si vous voir vous bouffer le nez était très amusant aussi. C'était surtout pour tes élèves, ils souffrent bien plus que les autres. » Se justifia-t-il.

À nouveau, le silence se fit, jusqu'à ce que leur thé leur soit servi.

« Marvolo. » Dit il doucement. « Je peux te poser une question ? » Il opina. Harry prit sa respiration, et sans sourire, demanda. « Pourquoi as tu finalement décidé de ne pas entrer au Ministère ? »

Marvolo parut soudainement gêné, et Harry voulut découvrir encore plus fort ce qui se cachait sous cette histoire.

« Je ne te l'ai pas déjà dit ? » Répondit le jeune homme, ses yeux rouges fixés sur ceux verts du Gryffindor.

« Non, tu m'as juste dit que tu avais finalement abandonné cette idée. J'aimerai juste savoir pourquoi. Ca semblait tellement important pour toi… Tellement que… » Harry ne finit pas sa phrase, détestant repenser à cet instant.

« Tellement que je t'ai abandonné ? » Il hocha la tête. « Harry… Je t'assure que je n'ai jamais voulu te faire souffrir, et si j'avais le choix, je reviendrai dans le passé pour changer ce que j'ai fais ce jour là, le lendemain du bal d'Halloween. » Un long soupir s'échappa de ses lèvres, il se passa une main dans ses cheveux longs, les détachant au passage, gêné, et pratiquement sûr qu'il rougissait. « La dernière fois que l'on s'est parlé, je t'ai blessé, mais je me suis aussi blessé. J'étais anéanti, parce que tu es la seule personne pour laquelle j'ai ressenti quelque chose de si fort. Je ne pouvais pas travailler au Ministère, sachant que pour garder mes soutiens, j'avais dû te briser le coeur, et le mien. Je ne pouvais pas travailler avec et pour les personnes qui m'avaient en quelque sorte persuader de ne pas me montrer avec toi. »

Harry était entièrement rouge, et ses yeux brillaient légèrement.

« Dire que je te prenais pour un coeur de pierre, et que je l'ai pensé toutes ces années… » Se mit-il à rire tristement. « Je… Je ne sais pas quoi dire… » Murmura-t-il ensuite, le regard baissé sur son thé fumant.

« Je l'ai probablement été, un coeur de pierre, d'ailleurs peu de chose m'attriste, il n'y a que toi, toujours toi. » Harry leva les yeux vers lui. « Je… J'ai beau tenter de m'aveugler, je ressens toujours quelque chose pour toi, Harry. Et ça m'énerve, parce que j'ai l'impression d'être faible, à cause de tous ces sentiments, qui m'empêchent de penser clairement, d'être rationnel et logique, je-»

Marvolo ne put continuer à parler. Harry s'était brusquement levé, sa chaise reculant dans un long grincement, et s'était penché sur lui, l'embrassant avec passion, l'empêchant d'aller plus loin. Il regarda avec choc le visage rouge du jeune professeur en face de lui, ses yeux fermés, tandis qu'il continuait de l'embrasser. Décidant de ne plus faire de débat intérieur, il posa une de ses mains sur la joue de Harry, répondant à son baiser avec tendresse.

Lorsqu'ils se séparèrent, le brun aux yeux verts se rassit sur sa chaise, le visage plus rouge qu'un instant auparavant. Ses yeux se levèrent timidement vers lui, et il ne put s'empêcher de sourire, prenant sa main pour poser un doux baiser sur sa paume.

« J'ai toujours pensé à toi toutes ces années, Harry. » Souffla Marvolo, sa main toujours dans les siennes. « Je n'ai jamais voulu personne que toi. »

« Moi aussi, Marvolo, tu es le seul que je veux. »

OoO

Ils revinrent une heure après à Hogwarts. Ils avaient peu parlé, et s'étaient surtout dévorés du regard comme deux jeunes amoureux transis, leurs coeurs palpitants dans leurs poitrines.

Marvolo raccompagna Harry jusqu'à ses appartements, ayant décidé d'un commun accord de ne pas se sauter dessus immédiatement. Pas que l'envie leur ait manqué, mais après dix années à attendre, ils avaient conclu qu'ils pouvaient bien patienter encore un peu, pour construire quelque chose de solide, et non pas basé sur le sexe. Quoique le sexe allait être fantastique.

Non, c'était mieux d'attendre.

« Bonne nuit. » Dit il simplement Marvolo, heureux, même s'il maudissait le côté fleur bleu de leur soirée. N'avait il donc pas grandi depuis qu'il était adolescent ? C'était trop romantique comme ambiance pour lui. Harry sembla deviner ses pensées parce qu'il l'attrapa par la nuque et l'embrassa passionnément, collant leur deux corps ensemble, le Gryffindor sur la pointe des pieds pour être à sa hauteur, se frottant presque contre lui. Marvolo passa un bras autour de la taille pressée contre lui, leurs langues se trouvant enfin.

« Bonne nuit. » Souffla Harry contre ses lèvres, se décollant doucement de lui. Il ouvrit la porte et disparut dans ses appartements, le laissant seul dans le couloir, le visage rougit et le corps tremblant de désir.

Hm, pourquoi devaient ils attendre pour coucher ensemble déjà ?

Après quelques secondes à se demander pourquoi il n'était pas déjà dehors, pour retourner chercher Marvolo, Harry ouvrit la porte et vit son… Petit ami ? Compagnon ? Leur relation n'était pas réellement clair. Bref, Marvolo était toujours planté devant la porte. Le Slytherin eut la décence de rougir légèrement, au grand amusement de Harry. Le brun aux lumineux yeux verts attrapa son compagnon par sa cravate à moitié défaite, et l'attira à lui, collant à nouveau ses lèvres aux siennes.

« Allez, entre, tu me fais de la peine. » Se moqua Harry en entraînant son futur amant dans ses appartements. Celui-ci, bien loin de protester, emprisonna sa taille entre ses bras, le soulevant, et fermant la porte d'un coup de pied.

FIN

Finish~!

J'espère que vous avez apprécié ce chapitre, bien dégoulinant de sentiment à la fin :P vous serez contentes (contents) d'apprendre que la suite est déjà en route, même si j'ai très peu de temps pour écrire avec la fac qui me prend tout mon temps. Je suis consciente que cette fin peut vous laisser l'estomac un peu vide, donc j'écris dès que je suis pas trop fatigué pour le faire, que j'ai le temps et que je suis motivée :P

Je remercie aussi tous les reviewveurs, toutes les personnes qui me lisent, même si j'aimerai avoir plus d'avis, même des négatifs (même si ça fait pas plaisir, au moins je sais que ma fic vaut quelque chose), des remarques, bref, du com ! Je suis aussi désolée de ne pas pouvoir vous répondre cette semaine, ça me prend toujours du temps, du temps que je devrai passer sur mes tds.

Vous aurez aussi remarqué que j'ai fait des efforts sur les traductions. On m'a reproché d'utiliser trop les noms vo (quelque chose que je ne comprends pas, mais soit), donc j'ai essayé de plus traduire certains mots qui me semblaient évident (je sais que ce n'est pas le cas pour tout le monde, surtout que je lis quasi que en anglais, donc je ne me rends probablement pas compte), donc j'espère que vous êtes heureux x)

Voilà voilà :P

J'espère très bientôt vous retrouver, et je poste la suite dès que je l'ai écrite :D

Sedinette