Voilà ! enfin le 4ème chapitre ! j'en aurais vraiment bavé pour l'écrire celui là et je ne suis pas encore satisfaite à 100 du résultat mais il faut bien se lancer un jour. Quand je pense que ça doit faire presque un an que j'y suis… heureusement que je n'ai pas des milliers de fans qui comptent sur moi (rires)

Je ne promettrai donc rien pour le 5eme chapitre mais celui là vous aura fait un peu de lecture au moins. Il faut dire qu'il est beaucoup plus long que les autres. Au moins, ça on ne pourra pas me le reprocher (rires)

Et n'oubliez pas : Reviews !


Chapitre 4

THIS IS HALLOWEEN

Une semaine plus tard, les quatre garçons avaient obtenu pratiquement tout ce dont ils avaient besoin. Comme ils s'y étaient attendus, McGonagall avait été méfiante mais Sirius avait réussi à lui arracher les informations qu'il voulait. Il était allé la voir après les cours dans son bureau. Sirius avait préparé son speech avec soin, aidé de Remus.

- Mr Black ? s'étonna t-elle en le voyant apparaître. Je vous en prie entrez. Asseyez-vous.

- Bonsoir professeur, dit-il d'un ton poli en prenant place.

- Un gâteau ? demanda McGonagall en tendant une assiette vers lui.

- Avec plaisir ! Vous savez combien je les aime.

- Si je ne vous connaissais pas Black, je pourrais penser que vous finissez toujours par atterrir dans mon bureau à cause de cela, répliqua t-elle. Que puis-je pour vous ?

Sirius avala sa bouchée et se lança.

- Voilà, à vrai dire, je m'en veux un peu de venir vous déranger pour si peu…

- Dîtes toujours, coupa-t-elle en remontant ses lunettes sur son nez.

Sirius récita alors avec un naturel étonnant, ponctué lorsqu'il le fallait d'hésitations, de silences et d'interrogations, une histoire racontant comment Remus et lui en étaient venus à se disputer à propos de la façon dont le Ministère de la Magie s'y prenait pour répertorier chaque sorcier anglais venant au monde. Lui, pensait qu'il s'agissait de sortilèges peu compliqués émanant de la nature magique elle-même tandis que Remus soutenait que seuls des sorts complexes permettaient de produire de tels résultats.

"Comme nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord, j'ai pensé que la meilleure façon de savoir qui avait raison était de venir vous en parler, conclut-il en regardant McGonagall avec flatterie."

Celle-ci l'observa un instant avec prudence.

- Vous auriez pu vérifier ça à la bibliothèque Black, dit-elle d'un ton ferme.

- Je m'en doute bien, professeur, mais je ne pense pas que Mme Pince m'aurait offert de pareilles merveilles, répondit-il en reprenant un gâteau.

Sirius savait qu'il la tenait. L'expression de McGonagall reflétait une certaine malice qu'elle ne montrait pas souvent. Elle fronça légèrement les sourcils en signe de réflexion puis prit la parole.

"Pour être honnête Black, je ne sais pas exactement en quoi consistent ces sortilèges. Pourtant je peux vous dire que Mr Lupin et vous avez tous deux raison. Il s'agit en effet de la nature magique propre, comme vous le pensez. Chaque sorcier naissant possède sa « marque », ce qui fait qu'il est directement répertorié comme étant né sorcier. Mais votre camarade voit juste quand il affirme que des sorts complexes sont également mis en place. Ces sorts là permettent de suivre le tracé des sorciers pour ainsi dire : où ils habitent, où ils travaillent, etc. Tout ceci étant bien évidemment confidentiel. Vous comprenez ce n'est pas un jeu, continua-t-elle avec une nuance de soupçon dans la voix. Ce système est très important bien qu'il ne soit pas infaillible. Je pense que vous pourriez trouver plus de détails à la bibliothèque néanmoins, puisque cela semble vous tenir à cœur."

Sirius comprit que s'il y montrait trop d'intérêt cela éveillerait les soupçons de sa directrice de Maison qui commençait à bien le connaître, lui et ses stratagèmes. Il répliqua donc que la confirmation que Remus et lui avaient tous deux vu juste lui était amplement suffisante. Il remercia son professeur et alors qu'il s'apprêtait à sortir celle-ci lui rappela qu'elle espérait le voir s'assagir – tout comme Potter - une bonne fois pour toute.

- Vous me connaissez professeur, je serais sage comme une image, dit-il avec un grand sourire…

- Justement Black, je vous connais, alors tâchez d'être sage comme une image Moldue, comprit ? répliqua t-elle sèchement ! (1)

- Je ferais de mon mieux Madame. Merci encore !

Puis il sortit, content d'avoir mener à bien sa manœuvre. Maintenant qu'il avait compris un peu mieux de quoi il s'agissait, leurs recherches en seraient facilitées. Il retrouva aussitôt ses amis et leur raconta l'entretien. Peter trouva qu'ils n'étaient pas beaucoup plus avancés mais promis qu'il ferait des recherches approfondies dans tous les livres de l'école s'il le fallait. Tous les quatre se mirent donc au « travail » entre leurs heures de cours et enfin, Remus finit par tomber sur un chapitre de Magie institutionnelle : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais rien y comprendre, qui expliquait plus ou moins clairement les différentes étapes de fabrication des dossiers Identitaires conservés en lieu sûr au Ministère de la Magie. Bien entendu le Ministère n'avait pas permis qu'on étale leur secret dans un ouvrage à la portée de tous, mais ils en trouvèrent assez pour les satisfaire. Peu leur importait pour l'instant de savoir où vivait un sorcier, ce qu'il faisait dans la vie ou encore combien de fois il était allé voir un Médicomage – quoi que pour Snape ce puisse être intéressant. Il leur fallait juste comprendre clairement comment réussir à isoler les éléments magiques permettant de suivre un sujet comme avec une sorte de traceur. Et c'était bien là le plus compliqué.

- On va mettre des mois à maîtriser ce genre de Sortilèges, et on ne sait même pas exactement comment s'y prendre ! s'exclama Peter.

- C'est bien pour ça qu'il faut qu'on s'y prépare dès maintenant, répondit James. De toute manière on n'a pas encore commencé à dessiner les plans de la carte dans sa version finale, il nous manque encore plein de choses…

- En se lançant dans ce projet on savait qu'il serait long et compliqué à mettre en place, et c'est bien ça qui le rend passionnant, ajouta Sirius en jouant avec sa cravate.

- On devrait commencer par commander le parchemin nécessaire, dit Remus. Ca serait une première étape…

- Tu veux dire la première étape finale mon cher Moony ! Je m'en chargerai.

Le lendemain, James s'occupa donc du parchemin à la pause du midi. La matinée de cours s'était déroulée comme toute matinée de cours à Hogwarts et ils avaient l'après-midi libre pour travailler. Les quatre amis se rendirent donc à la bibliothèque sous les conseils sages de Remus. Sirius en eut néanmoins vite assez et lorsque Snape apparut à une table voisine, il décida de prendre congés pour aller s'installer dans le parc. En rangeant ses affaires il jeta un œil morne sur la lettre toute froissée de sa mère qui traînait dans son sac depuis qu'il l'avait reçu. Il s'était presque décidé à la lire lorsque James le bouscula en lui disant de presser le pas. Lui aussi en avait marre de travailler et ressentait le besoin de prendre l'air. Au final, tous quatre partirent de la bibliothèque et allèrent s'asseoir sous un chêne au bord du grand lac. Lorsqu'elle les vit approcher, Eve Wood, qui était en train de dessiner non loin de là, vint les voir. Elle tendit un parchemin à Sirius qui leva un sourcil.

- C'est le loup-garou que tu m'avais demandé. Je ne savais pas très bien comment tu le voulais alors j'ai finit par le faire en train de regarder la lune. Ce n'est pas très original mais s'il ne te convient pas je pourrais en refaire un, dit-elle d'un ton aimable.

- Euh… Merci Wood ! Je ne pensais pas que tu … waooo ! Tu sais que tu dessines vraiment très bien ?! Regardez-ça les gars !

Lupin ne semblait pas très content mais en regardant le dessin il du admettre qu'Eve était douée.

"C'est gentil. Est-ce que tu veux toujours ton chien noir à l'air stupide ? demanda t-elle à Remus."

Celui-ci acquiesça en lui faisant un grand sourire, sûrement content de trouver une pseudo revanche envers son ami. Avant qu'elle s'en aille, Sirius promit tout de même à Eve qu'il se teindrait les cheveux en rose le jour d'Halloween, ce qui sembla la satisfaire au plus haut point.

- Tu aurais pu en profiter pour l'inviter à la soirée, le taquina James.

- Le problème c'est que j'avais pour projet de le demander à Evans alors…

Pour toute réponse il reçut un coup sur la tête, ce qui déclencha une bagarre amicale entre les deux Gryffindors à laquelle Remus et Peter finirent par être obligé de se joindre.

Le 31 octobre approchant à grands pas, les professeurs commencèrent à s'affairer dès le lendemain à la décoration du château. Chaque année à cette même période, il était bien connu que Potter, Black, Lupin et Pettigrew préparaient une petite surprise dont tout le monde se souviendrait. Seulement, cette fois, le jour d'Halloween tombait un soir de pleine lune. Remus ne pourrait donc pas participer à la concrétisation du projet « Fête Des Morts » (celui-ci ayant pour échéance le soir du bal), ce qui ne l'empêchait pas de collaborer à sa mise en place.

- N'oublie pas que tu auras des cheveux roses, Filch te mettra immédiatement sur la liste des suspects.

- Je pourrais bien m'être métamorphosé en Misses Norris qu'il me soupçonnerait quand même !

- De toute façon il trouvera bien une raison quelconque pour nous punir, ajouta James avec sagesse. Autant l'être pour quelque chose.

- Tu l'es toujours pour quelque chose Prongs ! rit Sirius.

- C'est vrai, la plupart du temps. Mais là ce sera tellement énorme que je jouerai la carte du pauvre petit élève trop stupide pour monter un coup pareil.

Ce dont il ne se doutait pas alors, pas plus que ses camarades, c'est qu'un coup tout aussi énorme se préparait à l'autre bout du château.

La Grande Salle était à présent décorée de centaines de citrouilles qui volaient dans toute la pièce, entourées de chauve-souris qui prenaient un malin plaisir à s'en prendre aux cheveux de ceux qui passaient un peu trop près. Après leur petit déjeuner Remus, Peter, James et Sirius partirent en cours de Défense. Pour la première fois depuis le début de l'année, Black manqua ne pas reconnaître son professeur car ce jour là, Ripper avait laissé son habituelle queue de cheval pour porter ses cheveux lâchés, ce qui renforçait le côté émacié de son visage. Il en devenait encore plus intimidant.

"Installez-vous, commença t'il. Bien. Vous avez pour la plupart fait de grands progrès en Défense depuis le début de l'année. Vous savez vous défendre, vous savez comment attaquer, tout ceci bien entendu dans le cadre d'un duel scolaire. Cependant il vous manque encore à tous la chose la plus importante. Lorsque vous vous battez, il faut savoir anticiper les actions de l'autre tout en l'empêchant d'anticiper vos propres actions. C'est la règle d'or."

Il fit une pause en balayant la classe du regard. Tout le monde écoutait attentivement, comme à chacun de ses cours.

"J'ai remarqué que quelques élèves ici présents avait déjà compris le principe de bloquer l'adversaire en ne lui laissant pas de chance de deviner ce qu'ils étaient sur le point de faire. Je ne sais pas s'ils le font consciemment, cependant je crois qu'il est intéressant d'illustrer ce que je viens de dire. Mr Potter, voudriez-vous prendre votre baguette et me rejoindre au centre de la classe."

James obtempéra avec entrain après avoir fait un clin d'œil entendu à Sirius, et vint se placer en face de son professeur, qui avait lui-même sorti sa baguette sous les regards curieux du reste des élèves.

"Vous allez tenter de m'attaquer Mr Potter, reprit Ripper d'une voix douce. Je n'ai pris ma baguette que pour contrer vos sorts. Faîtes ce qui vous passe par la tête."

Sirius vit James hésiter un instant. Puis il se mit en position. Il tenta tout d'abord un simple sort de désarmement mais avant même qu'il n'eut fini de prononcer le mot « expelliarmus », Ripper avait d'un geste de poignet contré le sort. James refit donc la même tentative, mais sans parler. Second échec. Sirius songea qu'a sa place, il serait impressionné par la soudaine dureté des traits de son professeur. Son regard était perçant, et une espèce de lueur de folie s'y inscrivait. Pendant cinq minutes James essaya de désarmer, d'attaquer, de toucher Ripper mais à chaque tentative ce dernier parait de plus en plus facilement ses sorts. Sirius savait que James était en train de s'énerver, qu'il ne supportait pas de n'arriver à rien. Ses traits se crispaient, il luttait pour contenir les jurons qui perlaient dans son cerveau. Ripper, lui, restait toujours aussi calme et droit. Il aurait presque pu paraître nonchalant. Au final, James rumina :

"Ca ne sert à rien, je ne pourrais jamais vous avoir, vous êtes un auror, dit-il d'un ton agressif."

Beaucoup de Slytherins trouvaient la scène très drôle. On entendait quelques sifflements discrets émanant de certains côtés de la classe.

"C'est là que vous vous trompez Potter, dit Ripper d'un ton dur en se tournant vers ses élèves. Retournez à votre place. Miss Malloy, prenez votre baguette et venez ici."

La jeune fille se leva et croisa James qui au passage lui lança un regard assassin tout en affichant un air digne. Celle-ci n'en prit pas compte mais continua son chemin jusqu'à se positionner en face de Ripper, l'air déterminé. L'auror lui dicta la même consigne puis reprit la même attitude nonchalante qu'il arborait avec James. Malloy n'attaqua pas immédiatement. Elle prit plusieurs inspirations, les yeux fermés, puis finit par relever la tête, un air de défi dans les yeux. Ripper la fixa. Pendant un court instant, tout le monde retint son souffle, mais très vite quelques chuchotements s'élevèrent du côté des Gryffindors. James se plaignait de perdre son temps lorsque, enfin, la Slytherin tenta un premier sort. Elle ne l'avait pas prononcé, personne ne sut donc de quoi il s'agissait, mais tout le monde vit le mouvement de poignet de leur professeur qui venait de la contrer. Malloy fit quatre autres tentatives, toutes soldées d'échec. Cependant Ripper faisait plus d'efforts de concentration. Ses sourcils étaient froncés et sa lèvre supérieure se relevait dans une mimique qui aurait pu être ridicule dans un autre contexte. Des chuchotements s'élevèrent encore une fois de part et d'autre de la classe tandis que Mina abaissait sa baguette. Elle expira, redressa la tête et décréta d'un ton sarcastique :

"J'aurais pu battre Potter en deux sorts, vous êtes plus complexe."

A côté de Sirius, James se leva, baguette en main tandis que quelques ricanements fusaient dans la salle.

- Asseyez-vous Potter, dit Ripper d'un ton ferme sans quitter la Slytherin des yeux. Pourquoi suis-je plus complexe Miss Malloy ?

- Je suppose que la question ne vise que le propos de ce duel, donc je vais faire court : parce-que vous arrivez à « deviner » quels sorts je vais vous lancer.

- Voici de votre part une conclusion très simpliste, je suis certain que vous pouvez faire mieux.

Malloy ne prit pas la remarque de travers. Au contraire, Sirius la vit esquisser un sourire puis se redresser d'un air conquérant. Elle prit son temps, sans doute pour appuyer son effet, et pesa ses mots :

"Vous… lisez dans mes pensées."

Aussitôt, une grande partie de la classe dont James et Sirius se mit à rire.

"Bravo Malloy, beaucoup plus pertinent ! s'exclama Potter."

Le vacarme envahit la salle et c'est alors qu'il se produisit quelque chose que personne ne comprit. Mina prononça un « expellia… » qu'elle ne put pas finir tandis que de sa baguette elle visa les jambes de son professeur. Ce dernier contra le sort de désarmement, mais se figea subitement, tombant à la renverse. Le silence fut immédiat, excepté Diony qui se mit à applaudir en criant « Bravo Mina ! Je sais pas comment t'as fait mais tu es une digne Slytherin ! ». Personne n'y fit réellement attention mais tous se levèrent pour regarder le corps allongé de leur professeur qui roulait toujours des yeux. A peine une seconde plus tard, Malloy avait prononcé le contre-sort et Ripper se relevait, le visage et les mains parcourus de tics nerveux. Il dit d'un ton un peu étrange :

- Belle parade Miss, je ne l'avais pas vu venir. J'accorde 10 points à Slytherin pour cette brillante manœuvre. Surprenante, mais intelligente.

- Merci professeur, répondit la concernée. Désolée pour la chute.

Ripper lui sourit bizarrement et ordonna au reste de la classe de se rasseoir. Tout le monde parlait pour essayer comprendre ce qui venait de se passer, excepté Snape, qui était resté silencieux et assis tout du long. Sirius lui-même était obligé de s'avouer intérieurement que Malloy avait fait fort. James, lui, n'en ruminait que d'avantage. Apparemment, elle avait prononcé à voix haute un « expelliarmus » afin de détourner l'attention, tandis que dans sa tête elle se concentrait sur le réel sort qui avait frappé le professeur.

Lorsque le silence fut à peu près revenu, Ripper demanda qui dans la classe pouvait lui expliquer quelles étaient les différences entre les deux « duels » auxquels ils venaient d'assister.

- Malloy vous a mis chaos ! lança Diony, un grand sourire aux lèvres.

- En effet Miss Syliss. Mais je parlais en terme d'analyse comportementale.

- James est comme un petit taureau furieux alors que Mina est un grand singe sage et penseur assis sur son arbre ? supposa t-elle alors.

- C'est exact. Vous tenez précisément le point que je voulais aborder.

Diony était contente d'elle alors que le reste de la classe cherchait à comprendre le sens de ce qui venait de se dire. James mourrait d'envie de protester, ne supportant pas l'affront de la situation. Sirius le voyait remuer sur sa chaise, le regard assassin.

"Mr Potter, vous fonctionnez à l'instinct, ce qui est une grande qualité, poursuivit Ripper. Cependant il vous manque une aptitude : celle à ne pas vous laisser emporter par la colère. Voyant que vous ne me touchiez pas, vos sentiments ont pris le dessus, ce qui vous a empêché de vous concentrer correctement sur vos attaques. Miss Malloy, elle, a compris tout de suite où je voulais en venir. Elle a donc essayé de fermer son esprit à tout sentiment parasite. Ainsi elle savait qu'elle me bloquait l'accès."

Cette fois les élèves sourirent plus qu'ils ne rirent.

"Vous semblez trouver ça drôle, pourtant il ne s'agit pas d'un jeu. Avez-vous déjà entendu parler de la légilimancie ? demanda Ripper, un sourire presque sadique aux lèvres."

Sirius regarda James un sourcil levé, puis Remus qui ne semblait pas plus savoir. Le silence se fit dans la salle. Snape leva la main.

"Il s'agit de la faculté d'extraire des sentiments ou des souvenirs de l'esprit de quelqu'un, dit-il d'un ton froid."

Ripper acquiesça et continua d'une voix profonde:

"En effet Mr Snape, c'est cela même. La légilimancie fait partie des branches obscures de la magie. Miss Malloy a parlé de « lire les pensées », ce n'est pas entièrement vrai, mais le principe est là. L'esprit n'est pas un livre, il ne se parcoure pas à volonté. Cependant, les Legilimens sont capables d'extirper d'un esprit une information qu'ils recherchent. Ils peuvent ressentir les émotions de la personne se trouvant en face d'eux et accéder à certains souvenirs."

Sirius commençait à trouver tout ceci nettement moins drôle. Il n'était même pas étonné que Snape soit à priori le seul à connaître la définition exacte de ce mot. Les élèves se taisaient à présent, tous pendus aux paroles de leur professeur :

"Bien sûr il faut pour cela que certaines conditions soient réunies. Le contact visuel est primordial dans la plupart des cas. Je suppose que vous comprenez tous à présent l'utilité de la démonstration qui a précédé. Après vous avoir beaucoup observé j'ai choisi de vous montrer en combat deux personnalités très différentes. Potter, qui est quelqu'un d'instinctif, en s'énervant, m'a laissé la porte ouverte sur ses ressentis et de part ce fait, il était facile de contrer ses sorts car je savais à quels moments il allait les lancer. Malloy, quant à elle, est une personne plus posée. Elle a l'esprit calculateur et observateur, et réagit très peu sur ses sentiments. Il m'a donc été beaucoup plus compliqué de parvenir à « deviner » ce qu'elle allait faire."

Sirius jeta un coup d'œil à Malloy. Elle affichait un air hautain qu'il lui avait rarement vu, du moins depuis qu'il faisait un temps soit peu attention à elle. Ripper la fixait d'un regard placide.

"Elle a donc joué son rôle de Slytherin à la perfection en mettant au point une magnifique tactique de diversion. N'est-ce pas Miss ? Je suis certain que vous n'avez pas employé les mots « lire dans mes pensées » au hasard."

Les lèvres de Mina s'étirèrent en un léger sourire tandis que ses yeux pétillaient de malice.

"Vous saviez que vous alliez provoquer une réaction générale qui vous permettrait de vous concentrer sur un sort tandis que pour me tromper vous en lanciez un autre, dit-il avec un sourire étrange."

James n'y tenait plus. Il marmonna qu'elle était ce qu'il avait toujours dit, une manipulatrice de la pire espèce et que la preuve venait d'en être faite. Sirius commençait à penser qu'il avait raison, même si au final sa technique avait brillamment fonctionnée. Lily demanda la parole :

- Il existe donc un moyen d'empêcher les Legilimens d'extraire nos souvenirs et sentiments, professeur ?

- Exact Miss Evans. S'en est heureux pour nous. Il s'agit de l'Occlumancie : la capacité de fermer votre esprit aux intrusions extérieures. Mais toutes deux requièrent des aptitudes que peu possèdent. Je n'ai pas le droit de vous enseigner ces techniques en ma qualité de professeur, néanmoins il m'en faut vous apprendre les bases. C'est pourquoi nous allons survoler une approche de l'occlumancie ensemble. Le but étant de vous rendre capable de contrôler suffisamment vos émotions afin de vous éviter de devenir des cibles trop faciles. Lorsque vous vous battez, vous ne devez jamais sous estimer un adversaire, cela vous conduirait à votre perte. Vous devez contrôler chacun de vos mouvements, de vos pensées et rester le plus calme possible face à l'ennemi. C'est du moins mon opinion. Et c'est ce que nous allons travailler pendant le reste du cours.

Ripper fit faire des paires aux élèves. Jamais Sirius ne s'était battu en duel de la sorte. Il était tout comme James une personne instinctive qui réagissait sur le moment. Pour la première fois, il fut obligé de réellement calculer ses coups. Il avait déjà appris à réagir sur le caractère de l'adversaire, à cerner la personne à qui il avait à faire. Mais il n'avait jamais cherché à travailler sur son propre esprit. Ce fut l'un des cours de Défense les plus compliqués qu'il n'ait jamais fait, et lorsqu'il en sortit, il était dérouté. Il lui était quasiment impossible de ne pas réagir à l'instinct car chaque fois qu'il essayait de se vider de tout ressenti, les sorts de James le touchaient. Il pensait qu'agir en tant qu'occlumens était aller contre la personnalité d'un sorcier.

- C'est aller contre ta personnalité Sirius, lui dit Remus. Tu es quelqu'un d'impulsif, les sentiments c'est ce qui te fait réagir. Voilà pourquoi tu n'arrives plus à te battre quand tu tentes d'en faire abstraction.

- Tu es en train de lui dire qu'il devrait ressembler à une fille perfide comme Malloy ? l'attaqua James.

- Tu confonds tout Prongs, ce n'est pas ce que j'ai dit, continua patiemment son ami. J'essai de vous dire qu'il est plus facile pour quelqu'un comme elle ou comme moi, d'arriver à cet état. Pas parce-que nous n'avons pas de ressentis, mais parce-que nous savons comment les cacher, alors que Sirius et toi, vous êtes plus tête-brûlée.

- En clair tu me dis que comme tu es quelqu'un de calme et de secret, il t'est plus facile de contrôler tes émotions, puisque c'est ce que tu fais sans arrêt, demanda Sirius très sérieusement.

- Oui, c'est un peu ça. Tu as du mal à intérioriser les choses, alors tu exploses souvent sous le coup de la colère. Moi je n'arrive pas à extérioriser, alors je me tais trop souvent. Ce n'est pas un jugement comme tu as l'air de le penser James, je fais un constat sur nos caractères.

- Ouais ! Moi je constate que tu donnes la part belle à Malloy dans cette histoire ! cracha celui-ci.

- Arrête James, s'interposa Sirius. Ce n'est pas comme ci Moony venait d'écrire un pamphlet en son honneur, il a raison en disant qu'elle est presque toujours impassible, qu'on arrive jamais à la cerner. Du coup ça la change pas trop ce genre d'exercice.

- Oui, rajouta Peter. Ca veut pas dire qu'il reproche à Sirius d'être… spontané, et que la personnalité de cette Slytherin est mieux. C'est juste que Sirius aura plus de travail à donner qu'elle pour parvenir au même résultat.

- C'est bon, j'ai compris ! C'est la voir avec cet air suffisant qui m'insupporte. Ripper lui a bien fait remarquer, c'est digne de sa maison d'être sournoise à ce point.

- Chacun trouve sa force là où il le peut, conclut Peter. Quand il s'agit de gagner tu le dis toi-même, tous les moyens sont bons.

Sirius approuvait. Il savait que Remus lui reprochait souvent son côté irréfléchi alors que lui-même ne comprenait pas comment son ami pouvait rester si posé face à tout genre de situations. C'est d'ailleurs pourquoi il avait mis du temps à lui faire confiance : il considérait les gens trop secrets comme des personnes à tendance malhonnête. Au final ce cours lui fit prendre conscience qu'il devrait faire un travail sur sa personne s'il voulait parvenir à de bons résultats en occlumancie, mais s'il savait bien une chose à propos de lui-même, c'est que malgré tous les efforts qu'il pourrait faire, sa nature le rattraperait toujours.

"Je trouve tout de même les méthodes de Ripper un peu… étranges. C'est vrai, c'est bien de nous apprendre à réfléchir comme l'ennemi, mais nous donner ses techniques. C'est un peu risqué non ?"

Peter avait attendu d'être couché pour revenir sur le sujet.

- Tu veux dire que ça pourrait faire son bout de chemin dans un esprit un peu tordu, comme celui de Snape ? demanda James en s'appuyant sur le coude. Ouais, c'est ce que je me suis dit souvent aussi. Mais y a pas de solution miracle. Soit il ne nous apprend qu'à nous défendre, ce qui est utile quand tu es du genre à prendre la fuite, soit il nous apprend aussi à attaquer, ce qui me permet de commencer une formation d'auror dès maintenant. Personnellement, je le vois comme quelqu'un qui nous forme pour la seconde solution, et c'est pas plus mal.

- Au moins lui il arrête de nous traiter comme des gamins, ajouta Sirius. Avec ce qui se passe en dehors du château, on sait qu'on peut se retrouver face à la menace n'importe quand. Et dans ce cas je préfère être un minimum préparé. Quitte à y laisser ma peau, je compte bien en emporter dans la tombe avec moi !

Les quatre garçons se regardèrent, un sourire entendu aux lèvres. Sirius s'était toujours senti invincible lorsqu'ils étaient ensembles, et si parfois il se laissait aller à imaginer un avenir sombre, il ne l'imaginait pas sans eux à ses côtés, unis contre l'ennemi jusqu'à la mort. Il envoya un coussin dans la tête de Remus, qui renchérit aussitôt. James et Peter se mêlèrent à la bataille, qui ne finit jamais vraiment. Lorsque Sirius s'endormit ce soir là, il se sentait heureux et chanceux d'être là où il était. Il n'aurait échangé sa situation pour rien au monde, d'autant que le lendemain s'annonçait un jour encore meilleur.

Ce matin là, Sirius arborait une magnifique chevelure rose bonbon lorsqu'il entra dans la Grande Salle, suivit de ses trois acolytes qui pouffaient de rire depuis une bonne demi-heure. Halloween, enfin ! Les quatre Gryffindors étaient très fiers de la blague qu'ils avaient préparé pour le soir même. James avait proposé de lancer le plan plus tôt que prévu pour que Remus puisse en profiter un peu mais ce dernier avait refusé. Il leur faisait confiance pour tout savoir par la suite sur le déroulement du bal. Lorsque Sirius fit son entrée, une ovation de la part des trois quarts de la salle s'en suivit.

"Vous êtes bien en beauté Miss Black ce matin ! s'esclaffa Anders."

Sirius fit une courbette des plus ridicules sous le fou rire général et alla s'asseoir dignement à sa place. Il eut droit à toutes sortes de remarques de la part de ses camarades et cela semblait beaucoup l'amuser.

"Vous savez, j'ai toujours hésité à me lancer. Heureusement grâce à Eve, c'est maintenant chose faite !"

Wood se réjouit. Elle n'aurait pas pensé que Sirius le fasse vraiment, le connaissant. Après lui avoir assuré encore une fois que cette couleur lui allait à ravir, elle retourna à sa table. La bonne humeur était de la partie ce matin pensèrent les quatre Gryffindors. James avait surpris le regard amusé de quelques professeurs. Et même les remarques désobligeantes des Slytherins ne parvint pas à altérer l'allégresse de ce début de journée. Au contraire, Sirius ne s'en sentait que plus enthousiaste.

Ainsi la matinée se déroula dans une ambiance assez festive, d'autant que tous les élèves étaient très excités à l'attente du bal qui suscitait des conversations allant du choix du partenaire – parfois secret – au questionnement futile du « comment choisissent-ils leurs citrouilles ? ».

Trouver une compagne pour le bal s'était avéré un peu compliqué cette année. En effet, les garçons étant à Hogwarts depuis maintenant six ans, Sirius trouvait que le choix se restreignait. Il ne pouvait décemment pas demander à l'une de ses ex d'être sa cavalière, ni à piocher dans les plus jeunes années. Slytherin était inenvisageable, et Hufflepuff mauvais pour sa réputation. La sélection se limitait donc aux trois dernières années de Gryffindor et Ravenclaw. Il y avait bien certaines filles qui venaient faire leur demande mais en général, cela ne lui plaisait pas. C'était à lui de décider. Il trouvait insultante l'idée qu'on puisse émettre des critères sur lui afin de le qualifier de « meilleur cavalier pour le bal d'Halloween » - bien que quelque part ce fut flatteur. Au final il s'était donc décidé pour la personne à laquelle on s'attendait le moins, bien que l'idée ne vienne pas de lui à la base. Et elle avait dit oui. Lui, le tenait pour secret, ce qui agaçait les autres. James, de son côté avait bien entendu proposé d'être le cavalier d'Evans, qui l'avait envoyé sur les roses. Il s'était donc rabattu sur Hamill – « si on ne peut pas sortir avec l'élue, autant choisir quelqu'un de proche » – qui avait accepté malgré les remontrances insinuées de Lily. Remus, lui, ne voulait inviter personne, puisqu'il savait pertinemment qu'il ne pourrait être là pour le bal. Cependant, Peter lui avait fait remarquer qu'il serait louche de ne prendre aucune cavalière alors que le plan explicatif de son absence consistait à faire croire qu'une urgence familiale l'avait obligé à quitter Hogwarts sur-le-champ. A contre cœur, Lupin avait donc fini par se lancer. Lola Cheppe-Aqua était « la malheureuse élue », selon les termes du Gryffindor. Il s'en voulait à cause de cette « fausse invitation ». Sirius aurait pu penser qu'il s'agissait alors seulement de la gentillesse légendaire de son ami, mais il resta sur l'idée que Remus aurait vraiment voulu aller au bal avec elle. Quant à Peter, James avait du le torturer pendant presque deux semaines avant qu'il n'ose aller proposer à une fille de l'accompagner. C'était toujours la même chose avec lui, il devenait complètement godiche devant les filles. Une fois de plus, Sirius lui fit tout un discours sur la façon dont il devait s'y prendre, et encore une fois Peter avait tout raté lorsqu'il s'était retrouvé en face de la fille. Mais à son grand étonnement, elle avait tout de même accepté. Il s'agissait de Marion Watson, une Hufflepuff de 4ème année totalement méprisante.

Lors du cours de Métamorphose, l'agitation des élèves se dissipa rapidement. McGonagall savait toujours comment se faire respecter. Bien qu'elle soit d'une sévérité extrême, elle était le professeur préféré de Sirius. Il savait où étaient les limites, et par dessus tout, il savait comment l'amadouer. Elle représentait dans sa vie la seule emblème d'autorité qu'il ait jamais respecté sincèrement, avec Dumbledore.

"Black ! Je suis contente de constater que vous prenez vos exercices de Métamorphose au sérieux, cette couleur vous donne un teint agréable, mais si vous continuez à déconcentrer Mr Pettigrew je me verrai dans l'obligation de vous trouver une robe assortie pour ce soir, compris ?"

Sirius cessa immédiatement d'envoyer des sorts de Barbutisme à son camarade qui, lui, tentait désespérément de se faire pousser une moustache. James et lui se mirent donc à faire les pitres dans le dos de leur professeur en se faisant pousser une toison dorsale des plus incongrue pour amuser Lupin, qui commençait déjà à ressentir les douleurs caractéristiques de sa future transformation.

Lorsque midi sonna, les garçons se précipitèrent dans la Grande Salle, morts de faim. Ils remarquèrent à peine les groupes d'élèves attroupés ça et là sur leur chemin, pas plus que ceux qui dévisageaient étrangement Sirius en passant. Mais lorsqu'ils arrivèrent dans le Hall, ils ne purent plus échapper à l'affiche géante qui trônait sur le mur. Avant qu'ils n'aient eu le temps de s'en approcher suffisamment pour voir de quoi il retournait – puisqu'une flopée d'élèves formait un amas devant – la voix d'Harker retentit dans l'escalier :

"Alors Black, on déshonore son rang ? Remarque, ça ne m'étonne pas, il suffit de regarder tes fréquentations. A la place de ta mère, c'est à la naissance que je t'aurais renié."

Sirius cracha une insulte peu élégante à la Slytherin qui était comme toujours entourée d'un groupe d'abrutis particulièrement amusés par la situation. Dans la tête de Sirius en revanche, l'activité subissait comme des accélérations très fortes entrecoupées de passages à vide. Il tourna les yeux vers l'affiche alors qu'à présent la plupart de ses camarades n'osaient pas le regarder ou tentaient de réprimer un sourire. Il vit Remus, plus blanc que jamais, revenir vers lui :

"Viens Padfoot, on ferait mieux d'aller…"

Mais Sirius ne l'écoutait plus, il fonça vers le mur tandis que les élèves s'écartaient de son chemin, et se pétrifia subitement. Comment… ? Il se décomposa intérieurement au fur et à mesure qu'il lisait les mots inscrit en grosses lettres sur le parchemin. Il s'agissait de la lettre de sa mère, qui disait :

« Sirius,

La déception que tu m'as toujours inspirée s'est aujourd'hui muée en dégoût. Grâce à ton escapade de cet été, tu n'existes plus dans la glorieuse histoire des Blacks que comme brûlure au bas de notre arbre généalogique. J'ai mis trop de temps à comprendre que la vermine rejoindrait la vermine et que si tu traînais avec ce Potter c'est qu'il n'y avait plus d'espoir. Tu as choisi de trahir ton sang, tu as longtemps été la honte de cette famille, aujourd'hui tu n'es qu'un bâtard sans famille.» (2)

Et cela continuait encore sur une demi-page : toute la hargne, toutes les inepties que Walburga Black avait à débiter sur « son fils », avant d'imposer sa fière signature. Sirius ne finit même pas de lire ce qui était écrit. Il resta là, à fixer un point vague, l'esprit embué. Il essayait presque de se mentir en se disant que non, ce n'était pas arrivé, qu'il ne se trouvait pas là au milieu de son école, face à la plus grande humiliation qui puisse jamais lui être faite en public. Une colère sourde commença à s'insinuer en lui, une envie de hurler, de frapper. Cette rage s'emparait de la partie de lui qui mourrait de honte, qui avait envie de disparaître dans la masse. Il n'était pas blessé, ni même peiné par les mots qu'il venait de lire. Il ne savait que trop bien à quoi s'attendre de sa mère. Non, ce qui le rendait fou de rage, c'était le fait que tout le château puisse être au courant, c'était l'humiliation imposée par … par qui d'ailleurs ? James, Remus et Peter s'efforçaient déjà de décoller l'affiche par tous les moyens mais rien à faire, elle ne bougeait pas. Sirius, lui, était loin de tout cela. Il s'était maintenant retourné vers l'agglutination d'élèves qui l'entourait, les défiants du regard pour leur faire comprendre que quiconque tenterait un mot, une expression ou une pensée en rapport avec ce qu'ils venaient de voir, se retrouveraient aussitôt six pieds sous terre. Il tentait de conserver une dignité et un calme apparent, mais il sentait ses poings se serrer et ses muscles se contracter. Sans qu'il ne s'en aperçoive, James lui lançait sans cesse de petits regards, ne sachant pas comment réagir, pas plus que Lupin ou Pettigrew.

Harker se trouvait toujours dans les escaliers, entourée de ses acolytes. Elle savourait le spectacle avec délectation. Le reste des élèves tentait quant à eux de s'éloigner le plus possible de la scène, à présent. Une voix rauque retentit, celle-là même de Sirius, mais il ne la reconnaissait pas :

- Je vous préviens, je trouverai la personne responsable, et vous n'avez même pas idée de ce que je lui ferai subir.

- Fais attention Black, tu deviens encore plus risible qu'avant !

- Je pourrais te soupçonner d'avoir voulu combler ta pathétique existence Harker, mais il te manque les aptitudes et l'intelligence suffisante pour avoir..

- Pour avoir quoi Mr Black ?

Filch fit son entrée en scène, Misses Norris dans les bras, l'air plus mauvais que jamais.

"Menace envers ses camarades, je retire 5 points à Gryffindor. Et bien ? Que se passe t-il Black ? Vous n'aimez pas la nouvelle décoration du château ? Il est vrai qu'il est dommage que toutes les autres affiches ne soient pas de la même taille que celle-là, mais il ne fallait pas trop en faire."

Sirius sentit un grondement sourd rugir à l'intérieur de lui. Il pâlit. Serait-il possible que ce soit Filch qui… ? C'est alors que derrière la lignée d'élèves qui s'était figée sous les menaces, il vit passer Snape. Ce fut comme un déclic, une certitude. Qui d'autre ? Filch continuait à débiter son venin lorsque le professeur McGonagall l'interrompit en plein : « regrettable incident pour… ».

"Mr Filch ! Je vous prierais d'aller chercher le professeur Flitwick afin qu'il règle le problème. Black, vous venez avec moi."

Elle avait parlé d'un ton sec et irréfutable, avec cependant une pointe de douceur lorsqu'elle s'était adressé au Gryffindor – bien que seuls les spécialistes aient pu s'en apercevoir. Le concierge ne fit pas une moue et fila droit. Le groupe des élèves s'éparpilla sous les ordres de la femme, et seuls Sirius et ses trois camarades de chambre restèrent dans le Hall.

"Je veux aller manger, lança Sirius alors que ses cheveux revenaient à leur état naturel."

Il était sur la défensive.

"Vous mangerez ensuite. Pour le moment, j'aimerais que vous me suiviez car j'ai à vous parler."

Il regarda ses amis. Remus lui fit un signe approbateur de la tête. James demanda à accompagner son ami.

"Désolée Potter, répondit le professeur. Il s'agit d'un entretien privé. Votre camarade vous rejoindra dans peu de temps."

Peter partit vers la Grande Salle, suivi de Remus qui regarda Sirius de son air le plus réconfortant, tandis que James lui donnait une brève pression sur l'épaule en signe de solidarité. Sirius ne broncha pas, bien qu'il leur en soit reconnaissant.

Il suivit McGonagall dans le château, renfrogné, sombre. Il revoyait Snape passer devant lui. Il l'avait à peine regardé, mais Sirius avait lu la satisfaction sur son visage et en un éclair de seconde il avait compris. Il ne savait pas encore comment Snape avait pu entrer en possession de la lettre. Il essayait de repenser aux circonstances. Quelle était la dernière fois où il avait fait attention à cette lettre ?

"Le directeur a demandé à vous voir dès qu'il a appris ce qui se passait."

La bibliothèque.

"Croyez-bien que nous trouverons qui est responsable de ceci Sirius. Vous n'êtes peut-être pas l'élève le plus respectable de cette école mais personne n'a le droit d'agir de la sorte, quelle que soit la chose que vous lui ayez faite."

Sirius revint à ce qui se disait.

- Ce que j'ai fait ? gronda t-il sans s'en rendre compte.

- Comme je le disais, vous n'êtes pas l'élève le plus responsable. Vous avez fait à vos petits camarades nombre de choses répréhensibles, pointa t-elle d'un ton légèrement accusateur. Néanmoins, vous n'êtes pas quelqu'un de méchant au fond et rien n'excuse le comportement fâcheux du « farceur ».

- Ca m'est égal. Le château a besoin d'animation, c'est tombé sur moi. Ca n'arrivera pas deux fois.

Sirius parlait d'une voix dure, et il ne pensait pas exactement ce qu'il disait. Cela n'arriverait pas deux fois, c'était une certitude, car il trouverait un moyen de se venger de Snape. McGonagall semblait lire dans ses pensées, car alors qu'ils arrivaient devant la gargouille qui menait au bureau de Dumbledore, elle se retourna vers lui et le regarda fixement :

"Ecoutez Black, je commence à vous connaître. Je sais ce qui trotte dans votre tête en ce moment et c'est bien pour cela que le directeur tient à vous voir. Laissez au personnel de cet établissement le soin de régler le problème. Le coupable sera puni en conséquence, croyez-le."

Il avait regardé la lettre posée dans son sac. Il était même presque prêt à l'ouvrir, sans bien savoir pourquoi. Et à ce moment là, James lui avait donné un coup de coude.

- Black !

- Oui ? Oui je vous ai entendu professeur.

La femme se redressa, sans doute peu convaincue. Elle annonça un mot de passe à la gargouille qui gardait l'entrée puis pris congé. Sirius monta les escaliers puis frappa à la porte du directeur, qui l'invita chaleureusement à entrer et à s'asseoir. Sirius n'avait pas souvent eu l'occasion de s'entretenir avec Dumbledore. Ce devait être la troisième fois depuis qu'il était entré à Hogwarts.

- Un bonbon ?

- Non merci, Monsieur.

- Oui tu as sans doute raison. C'est le professeur Cuizin-Surpriz qui me les a offerts à la rentrée, je n'ai pas encore osé y toucher. Ceci reste entre nous bien entendu, ajouta Dumbledore en faisant un clin d'œil malicieux.

La lettre avait pu tomber à ce moment là sans que Sirius n'y prenne garde. Il ne voyait que ça. Et Snape se trouvait à quelques mètres seulement, le nez gras plongé dans un stupide bouquin. C'était lui, nul doute possible.

Dumbledore restait silencieux, comme s'il laissait à Sirius le temps de compléter son cheminement personnel. Il ne se remit à parler que lorsque ce dernier releva la tête.

- Je suis embêté par cette situation Sirius, dit-il très calmement. J'essai de me mettre à ta place et d'imaginer ta réaction.

- Je vais bien, coupa l'élève.

- Oui, oui je me doutais que tu dirais cela. Pourtant, je ne pense pas que tu ailles aussi bien que tu le prétends.

Sirius resta silencieux. Dumbledore croisa les mains devant ses lunettes en demi-cercle. Il avait l'air pensif.

- C'est un affront très grave que tu viens de subir. Il ne fait aucun doute que la personne qui a mis en place cette « petite plaisanterie » cherchait à te blesser.

- Je ne suis pas blessé ! se défendit l'intéressé.

- Si tu le dis, alors je te crois. Mais pourrais-je savoir pourquoi tu me réponds d'un ton aussi agressif, si tel est le cas ?

La réplique bloqua Sirius. Il ressentait encore si profondément la colère de l'humiliation, et à présent c'était contre le directeur qu'il était en colère. Ne pouvait-on pas le laisser tranquille ? Il se tut pendant de longues minutes alors que son esprit vadrouillait d'un sentiment à un autre.

"Vous devez savoir que ma mère est…"

Dumbledore lui sourit en signe d'encouragement. Sirius reprit d'un ton assez dur :

- Je n'aime pas parler de ma famille, je ne me suis jamais senti comme appartenant à elle et je suis fier de ne pas être comme la plupart d'entre eux. Ce que ma mère pense de moi m'indiffère, et ce qu'elle m'a écrit dans cette lettre ne me touche pas, ce sont des mots que j'attendais.

- Mais ?

- Il n'y a pas de mais.

Sirius eu la sensation que son directeur avait très bien compris qu'il mentait, mais ce dernier ne le fit pas remarquer.

"As-tu une idée de qui aurait pu trouver cette lettre personnelle pour s'en servir de la sorte ?"

Le Gryffindor réfléchit à sa réponse.

- J'ai plusieurs idées, mais on accuse pas les personnes sans preuve n'est-ce pas ?

- En effet, ton raisonnement est juste. Cependant, pour obtenir des preuves autant faut-il savoir où les chercher. C'est pourquoi je te pose cette question.

- Je ne sais pas Monsieur.

Sirius ne savait plus trop pourquoi il mentait. Il savait que si Dumbledore ou un quelconque autre professeur démasquait le coupable, il le punirait sévèrement. Mais ce ne serait jamais suffisant pour une vermine comme Snape.

- Bien. Alors je ne te retiendrais pas plus longtemps. Tu peux aller rejoindre tes camarades pour le repas. Les professeurs se chargent d'enlever les affiches. Si jamais une idée te venait en tête, n'hésite pas à venir me voir.

- D'accord Monsieur. Merci.

- Je garde les bonbons en attendant. Il faut toujours user des arguments les plus convaincant pour empêcher les coupables de réitérer.

Lorsqu'il sortit du bureau, Sirius tenta de poser ses pensées. Il savait que la vengeance n'était pas la meilleure solution au fond de lui, mais l'affront était trop énorme pour le laisser passer. D'un autre côté, si Snape voyait combien il était perturbé et touché par la situation, cela ne renforcerait que son plaisir. Il était hors de question de lui laisser cette satisfaction, pas plus qu'à quiconque. Sa décision fut prise. Il n'allait pas faire comme si rien ne se passait, d'autant qu'il était difficile d'échapper à toutes les affiches qui étaient apparues dans le château. Il allait simplement agir comme si cela ne le touchait pas le moins du monde. Il prétendrait même n'avoir aucune idée de qui avait pu manigancer tout cela. Mais il n'en resterait sûrement pas là, et bien qu'il ne sache pas encore comment il allait faire pour se venger, il imaginait déjà les pires tortures à infliger à son ennemi.

Arrivé près du Hall, il s'arrêta un instant, les yeux rivés sur le bout d'affiche géante qu'il voyait. Il sourit. Après tout, il avait fait ça des milliers de fois. Chaque fois qu'il était chez lui, depuis des années, il avait appris à faire comme si rien ne l'atteignait. Il s'était forgé une carapace qui avait peu à peu disparue lorsqu'il se trouvait à Hogwarts, mais qu'il était capable de reconstituer comme s'il s'agissait d'une seconde nature. Il rangea donc sa rancœur au fond d'un tiroir et sortit sa panoplie du Sirius prêt à faire la fête. Et puis, rien qu'à l'idée de la blague du soir, son moral remontait au plus haut point. Il fit donc reprendre leur couleur rose à ses cheveux, s'arma de son air le plus fier, et entra dans la Grande Salle. Alors qu'il parcourait les rangs pour rejoindre ses amis, les regards se tournèrent plus ou moins vers lui, mais il ne montra aucune marque d'attention. Il s'assit à côté de Remus, demanda à Peter de lui servir de la purée pendant qu'il attrapait une cuisse de poulet, et se mit à dévorer son repas. James le regardait d'un œil surpris.

"Un problème Prongs ? demanda Sirius."

James s'enquit alors de la façon dont c'était passé l'entretient avec McGonagall.

"Très bien. Dumbledore a voulu me voir aussi. C'est fou comme les gens deviennent attentionnés quand ils pensent que tu as un problème. En tout cas, j'aimerais pas être à la place du petit plaisantin !"

Sirius avait dit cela du ton le plus sûr qui soit, et il avait ponctué sa phrase par un petit rire bien placé. Il n'en fallut pas plus aux trois autres pour comprendre que le sujet était clos et que toute cette histoire ne faisait que commencer.

Exceptionnellement, en raison du bal, les élèves finirent leurs cours à 16 heures ce jour là. Les quatre Gryffindors remontèrent donc dans leur dortoir. Tout d'abord parce-qu'ils fallaient qu'ils se préparent pour le bal, mais surtout pour s'occuper des dernières préparations avant de lancer le compte à rebours du plan « Fête des Morts ». L'idée était tout simplement grandiose.

Alors que James et Sirius revenaient un jour d'une retenue avec Filch, ils en étaient arrivés à râler à propos des injustices dont ils étaient victimes – souvent à raison tout de même, comme le leur avait remarqué Remus. L'idée avait alors cheminée jusqu'à ce que :

- Et si on tentait un pari complètement fou ? avait dit James.

- Parle ! ordonna Sirius. Ou tu mourras dans d'atroces souffrances. (il reçut un oreiller dans la tête)

- Imaginez qu'on trouve un moyen pour accéder aux sabliers des Maisons.

- C'est très simple mon cher James, tu tournes à droite après l'entrée du château. (deuxième oreiller)

- Je disais donc, avant que cet idiot ne m'interrompe, qu'on pourrait trouver un accès magique aux sabliers, et trouver un stratagème pour y mettre notre petite touche personnelle.

- Comme ? demanda Remus, qui semblait tout aussi sceptique qu'intéressé.

- Je sais ! s'écria Sirius. On pourrait faire punir les Slytherins à la place des Gryffindors !

- A la place de toutes les autres maisons pendant qu'on y est, renchérit Lupin comme si de toute manière il n'était plus à ça prêt.

- Génial ! Tu es tout simplement génial Moony, et je n'utilise pas un mot de la même racine que « génie » pour rien !!

Si l'idée n'était au départ qu'un simple fantasme totalement irréalisable pour les quatre garçons, Peter les avait bien vite décidé que s'ils étaient arrivés à quelque chose pour la carte, ils trouveraient un moyen pour ça aussi. Et finalement, tout s'était avéré beaucoup plus simple que prévu. Ce qui revient à dire que toute leur imagination et leur savoir-faire fut de mise pour l'événement car il en resterait historique dans l'histoire de leur scolarité. Sans que les honneurs ne leur soient donnés ouvertement, bien sûr.

Alors que Peter était parti se préparer dans la salle de bain, et qu'ils étaient maintenant au calme, James en profita pour lancer le sujet qu'il avait voulu aborder depuis l'incident lié aux affiches. Lui qui d'ordinaire était si prompt devant l'école entière, prit des pincettes pour parler à son ami du sujet qui avait depuis longtemps été catalogué comme « tabou ». Comme le voulait la coutume, il vint s'avachir sur le lit de Sirius – et par conséquent, sur Sirius lui-même. Ce dernier sentit la discussion sérieuse arriver.

- Bon, mon ptit chien fou, faut qu'on parle ! plaisanta James comme il le faisait souvent dans ce genre d'occasion.

- Hmm, fit le concerné.

- J'imagine que ce qui s'est passé ne te laisse pas de marbre…

Sirius haussa les sourcils. Il ne laissait pas la tâche facile à son ami. Timidement, Remus prit la parole en venant s'asseoir au pied du lit :

- Tu as peut-être une idée de qui à fait ça ?

- J'ai une idée Moony, comme tu en as sûrement une malgré l'air que tu donnes. Mais je crois qu'on ne devrait pas parler de ça maintenant, tu es beaucoup trop fatigué et moi je ne suis pas d'humeur, je préfère penser à ce soir.

- Je suis fatigué depuis 3 jours déjà, ce n'est pas ça qui m'empêchera d'aider mon ami.

Sirius fit un grand sourire avant d'ébouriffer affectueusement les cheveux blonds de son « ptit loup ». En langage siriusien cela voulait dire « merci de t'occuper de moi ». Il leur expliqua donc qu'il se moquait éperdument du contenu de la lettre de sa mère, mais le fait qu'elle ait été ainsi rendue publique l'humiliait comme cela aurait été le cas pour chacun d'eux si ça leur été arrivé.

- Snape le paiera, je le promets ! Je n'sais pas encore comment, mais j'aurais ma revanche.

- Tu ne crois pas que la meilleure solution serait de le dénoncer auprès de Dumbledore ou d'un prof ? demanda Remus sans grande conviction.

- Tu parles ! Je peux régler mes problèmes seuls. Et puis ils lui feraient quoi ?

- Et toi, qu'est-ce que tu comptes lui faire Sirius ? Es-tu déjà sûr qu'il s'agit bien de lui ?

- De qui d'autre ? répondit James.

- Il y a beaucoup de monde dans ce château.

Sirius se redressa comme pour expliquer la chose à un enfant :

- Ecoute Moony, je sais ce que tu penses de notre « relation » avec Snape même si tu ne le dis pas souvent. Mais avoue que c'est lui qui a lancé les hostilités et à côté de lui on passerait presque pour Merlin. L'autre jour on était à la bibliothèque, la lettre de ma mère était encore dans mon sac. Quand James m'a donné un coup de coude, elle a très bien pu tomber sans que j'en m'en rende compte. Et devines qui se trouvait justement à quelques mètres de là ?

- C'est possible, je l'admets. Mais il y avait beaucoup d'autres personnes à la bibliothèque. Ne te méprend pas Padfoot, je suis de ton avis, moi aussi je pense que c'est Snape le coupable, mais ce que j'essaie de te dire, c'est que tant que tu n'en es pas sûr, tu ne peux pas…

- Alors selon toi, coupa Sirius, il suffit que je me présente à lui, que je lui demande si c'est bien lui qui a fait ça et il me servira ses aveux sur un plateau d'argent ?

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, tu ne me laisses jamais finir mes phrases. Et de toute façon tu es déjà parti dans ton idée. La vengeance n'est pas la solution !

Sirius savait que Remus commençait à perdre patience. Non pas qu'il ait élevé le ton ou même qu'il ait l'air irrité. C'était dans son regard, celui qui avait don de faire culpabiliser Sirius lorsqu'il s'emportait un peu trop. James coupa court.

- Ecoute Moony, moi aussi je crois que c'est Snape le coupable, mais peu importe le fait que Sirius ait raison ou tort, c'est notre ami, il a été offensé et on se doit de le défendre, tout comme si quelque chose t'arrivait nous te défendrions.

- Je le sais James, vous avez tous tellement fait pour moi et vous ne pouvez même pas imaginer à quel point je vous en suis reconnaissant m…

- On le sait aussi Mumus (il tiqua). Tu crois qu'on a pas compris que tu supportais nos caractères de chien parce-que tu te sens redevable ou quelque chose dans le genre ?

- Parle pour toi Padfoot ! J'ai pas un caractère de chien moi ! se défendit James.

Il était rare que les garçons aient ce genre de discussion à cœur ouvert. Tous se rendaient compte de cette espèce de lien tenu au silence qui s'était tissé entre eux, mais en parler ce n'était pas vraiment leur truc. Remus baissa la tête. James et Sirius échangèrent un regard tandis que Peter revenait de la salle de bain.

- Je te dis ça parce-que je le pense vraiment Moony, pas pour te gêner, continua Sirius.

- Je sais.

Peter ne comprenait pas trop dans quoi il arrivait, mais il avait l'air très élégant dans sa robe de bal. Il s'assit également sur le lit de Sirius, qui se mit à râler en disant que tout allait finir par s'effondrer.

- De quoi vous parliez ? demanda Peter.

- On parlait de Snape, répondit James. De la façon dont on pourrait se venger de ce qu'il a fait à Padfoot.

- Qu'est-ce qu'il lui a fait ?

- Parfois je me demande si tu es vraiment stupide ou si c'est juste un air que tu te donnes, lança Sirius assez froidement.

- Les affiches Wormtail ! Tu sais bien, celles qui parcourent le château depuis midi, continua James.

- Ah ! s'exclama Peter. Et vous pensez que c'est Snape ?

- Qui d'autre ? dit Lupin dans une sorte de râle.

- Bon ! Assez parlé de ça ! cria Sirius. J'en ai pas encore fini, mais j'aurai bien l'occasion de le faire souffrir un peu ce soir. Sans compter que les Slytherins vont s'en prendre plein la figure et j'ai bien l'intention d'en profiter pleinement !

La discussion sérieuse était close. Comme d'habitude, Sirius savait qu'ils s'en étaient tous sortis avec des non-dits. Mais ce soir, il voulait vraiment profiter du bal pour faire toutes sortes de bêtises qui retomberaient sur le compte de la maison ennemie. Au pire des cas, les professeurs seraient forcés de remettre les compteurs à zéro, puisque jamais ils n'arriveraient à savoir combien de points précis chaque maison avait fait perdre à l'autre. Tout le génie était là.

James et Sirius se préparèrent chacun à leur tour tandis que Remus était parti rejoindre Mme Pomfrey à l'infirmerie. Ils utilisèrent la cape d'invisibilité pour filer jusqu'aux sabliers de l'école. Peter les devançait histoire d'éviter les collisions qui auraient pu avoir lieu avec d'autres élèves qui se seraient vus frappés par le vide. Et puis, lui tout seul, on ne le soupçonnerait jamais de manigancer quelque chose de peu sorcier. Arrivés sur les lieux du « crime » ils attendirent que le hall soit vide pour lancer un sortilège de Confusion un peu personnalisé. En apparence cela ne changeait rien, il fallait donc tester. Ils traversèrent un couloir voisin et alors qu'un Hufflepuff passait, James envoya un sort de Croc-en-jambe. Filch, qui se trouvait à quelques mètres de là, pris immédiatement Peter pour fautif, puisqu'il ne vit que lui. « 5 points de moins aux stupides Gryffindors » fut la sentence qui tomba. Peter se fit renvoyer dans ses dortoirs sans demander son reste tandis que James et Sirius retournaient aux sabliers. Les grains rouge destinés au Gryffindors étaient restés bien en place, par contre 5 petits grains vert étaient tombés de celui des Slytherins. Pas besoin de plus de preuve, tout avait fonctionné comme prévu, et ils s'en félicitèrent.

A 19 heures précises, Flitwick fit claironner sa baguette pour annoncer le début officiel du Bal d'Halloween 1976. Sirius, en parfait gentleman, était allé chercher sa cavalière devant sa salle commune – bien qu'en réalité il ait prétendu être arrivé là totalement par hasard (les élèves n'étant pas censés connaître l'emplacement des salles communes adverses). Il avait laissé James se débrouiller avec Hamill qui, il fallait bien l'admettre, était magnifique ce soir là. Peter lui, attendait Waston dans le Grand Hall. Jusqu'au dernier moment Sirius avait caché à ses amis qui l'accompagnerait pour le bal. Seul indice de dernière minute : elle ne faisait pas parti des Gryffindors. L'excitation dû à la soirée mémorable qui se préparait lui avait presque fait oublier l'histoire des affiches, qui avaient pu être retirées à temps, même celle du Hall. Malheur à Snape s'il le croisait cependant, mais qui serait assez stupide et inconscient pour vouloir partager sa soirée de toute façon ?

à suivre...

(1) Nous savons tous que les images sorcières s'animent parfois un peu trop … (rires)

(2) Merci à Cram pour la rédaction de cette lettre qui est beaucoup mieux que ma version de départ !