Désolée pour le retard ^^'

Bon, pas grand chose à dire ... Voilà le chapitre 4, j'espère qu'il plaira, bonne lecture :)

Le voyage dans l'ascenseur se fait dans l'un des silences les plus lourds qu'il m'ai été donné de voir. Le même genre que lors de la moisson. Le même que lorsque j'ai appris que Finnick avait été choisi, quelques années auparavant. Le même que lorsque j'ai réalisé que Christian venait ici avec moi.

Bref, cet instant ne me remémore pas de très bons moments.

Doucement, je relève la tête vers Chris, qui semble perdu dans ses pensées, et par conséquent, ne me remarque pas. Je ne peux m'empêcher de l'observer. C'est quand il pense à autre chose que je le trouve le plus mignon. Ses beaux yeux bleus gris se perdent dans le vide, et de petites mèches bouclées et châtaines viennent parsemer son visage. Une bouffée de fierté m'envahi. Dire que c'est mon petit copain. Je ne peux m'empêcher de sourire. Sourire qui s'efface presque instantanément, sitôt que je me rappelle où je suis. Un léger soupir s'échappe alors de ma bouche entrouverte, mais Chris ne le remarque toujours pas. Décidément, je ne regrette pas mon choix de le laisser vivre.

La porte s'ouvre dans un léger crissement, qui me hérisse l'échine, et coupe court à mes pensées. Tant mieux, je n'ai pas besoin de déprimer maintenant. Je me redresse quelque peu, puis prends la main de Christian. Il semble à peine le remarquer, et continue de fixer le vide. J'avance néanmoins pour sortir de la petite pièce, et le traîne derrière moi. Pourquoi ais-je l'impression de m'occuper d'un aveugle ? J'évite de faire une remarque désobligeante –bien que l'envie me démange la langue. Cependant, je me retiens. Tout d'abord parce que je n'ai pas envie de m'énerver avec Chris, et puis aussi parce que deux muets arrivent à notre niveau, pour nous conduire à ce que je suppose être la salle d'entraînement. Je ne voudrais pas me faire ficher comme la névrosée de service dès le 2ème jour.

Une fois les deux individus arrivés, mon ami semble enfin sortir de sa torpeur, puis me fixe d'un regard quelque peu perdu.

- On va à la salle d'entraînement, tu as déjà oublié ? demandé-je plus doucement que je ne le pensais.

Il cligne plusieurs fois des yeux, puis observe les deux personnes devant nous, nous amenant devant une porte qu'ils s'empressent d'ouvrir, avant de nous faire entrer.

Aussitôt, je détourne les yeux de Chris pour analyser les environs. La salle est … plus grande qu'à la télé … Ça paraît logique en un sens, mais je ne m'attendais certainement pas à ça. La décoration, si l'on peut appeler ça comme ça, est plus basique que celle de ma maison, au district 4. Déjà, celle présente devant mes yeux est bien moins jolie et accueillante. Tout est gris. Les murs, le sol, … Tout. Bien sûr, il s'agit de différentes teintes, pour ne pas confondre l'horizontal de la vertical, mais ce n'est que du gris tout de même. C'est déprimant. D'un autre côté, nous ne sommes pas là pour observer différentes décorations de salles. Je me concentre alors sur des choses plus essentielles. La pièce est séparée en deux grandes parties : d'un côté, ce qui concerne le combats, les armes et la défense, de l'autre, tout ce qui touche à la survie.

Je n'ai pas plus le temps de m'attarder sur chaque ateliers, car je remarque un groupe plutôt important de jeunes en face de nous. Jusque là, rien d'alarmant, puisque c'est ici que nous avions rendez-vous. Ce qui pose problème en revanche, c'est le fait qu'ils soient tous en train de nous fixer, et que j'aperçois une femme, surélevée, en train de nous jeter un regard sévère. Je lance un petit regard inquiet vers Chris. Que se passe-t-il ? Il me regarde de la même manière, puis mes yeux descendent vers nos mains. Serait-ce parce que nous nous tenons la main ? Je lâche aussitôt celle de Chris, qui semble comprendre là où je veux en venir. Je fixe de nouveau la jeune femme, qui prend enfin la parole.

— Vous êtes en retard, dit-elle simplement sur un ton glacial.

« … C'est tout ? » pensé-je avec une expression légèrement hébétée. Je pousse un petit soupir, puis m'avance à l'arrière du regroupement, talonnée par Christian. Nous écoutons tous le discours de la femme, qui nous explique rapidement comment vont se dérouler les prochains jours, et nous donne ensuite les pourcentages de pertes des candidats dans l'arène. Super. Comme si les pourcentages nous disaient quelque chose. Pour ma part, les chiffres ne veulent rien dire.

La femme conclut son monologue en claquant dans ses mains, puis déclare d'un air monotone une phrase encrée dans ma mémoire depuis ma plus tendre enfance. « Et puisse le sort vous être favorable ».

Je lève les yeux au ciel, ou plutôt, vers le plafond. Sincèrement, qui est assez stupide pour penser que les jeux ne sont dû qu'au hasard et à la force des jeunes présents dans l'arène ? M'est avis que seuls les habitants du capitole sont dupes. Évidement que nous essayons de survivre comme nous pouvons dans l'arène, mais je suis persuadée que les organisateurs des hunger games choisissent à l'avance leurs gagnants. Ou du moins qu'ils ont leurs préférences. Et qu'ils font tout pour le faire gagner. Voilà pourquoi ce sont généralement les districts 1 et 2 qui gagnent. A la rigueur, le district 4 ne s'en sort pas trop mal. Mais il est vraiment très rare que les districts au-delà du 5 aient des vainqueurs. Et pourquoi ? Parce que les préférés du capitole sont les districts 1 et 2. Non, je ne fais pas de crise de jalousie. Il ne s'agit que d'une démonstration magistrale de ce qui saute aux yeux.

- Hélène … Euh … Ça va ?

Je mets quelques secondes avant d'émerger, et de voir que Chris se tient face à moi, légèrement penché, pour avoir sa tête au niveau de la mienne. En observant les alentours, je vois que tout le monde s'est dispersé pour aller aux différents ateliers. Mes yeux retombent sur mon ami.

— Oui ça va. Je réfléchissais, répondais-je lacement.

Il acquiesce doucement.

— Tu réfléchis trop, regarde dans quel état tu te mets, tu devrais arrêter.

Je ne comprends tout d'abord pas où il veut en venir, et pense qu'il ne s'agit que d'une farce de sa part pour me faire retrouver le sourire. Mais un petit élancement dans mes mains me fait baisser les yeux sur ces dernières. Je les amène lentement vers ma tête, et les ouvres, afin d'observer mes paumes.

Oups. J'ai du les serrer trop fort. Je ne pensais même pas que j'étais capable de faire ça. J'ai planté mes ongles dans ma peau tellement fort que je me suis faite saigner. Rien de très alarmant, mais un peu de sang s'en échappe. Je hausse les épaules, laisse retomber mes mains le long de mes flancs, puis redresse la tête.

— Que fait-on ? Le mieux est peut-être de nous séparer non ?

Christian acquiesce, je l'embrasse rapidement sur la joue, puis tourne les talons pour me diriger vers la partie de la salle destinée aux armes.

Je me prends une énième feinte, et me retrouve une fois de plus au sol. Mon souffle se coupe un bref instant, avant de repartir d'un rythme saccadé. Je fixe le tatami disposé juste en dessous de moi, et reprends une respiration plus calme. Pfff ... Je ne suis vraiment pas douée dans le combat à mains nues. Inconsciemment, je me redresse, et fais de nouveau face à la personne désignée pour nous entraîner.

C'est une femme, en combinaison noire lui remontant jusqu'au cou, et descendant jusqu'à ses pieds, où des lourdes chaussures de la même couleur prennent place. Ses cheveux blonds sont noués en un chignon impeccable. À croire qu'elle ne se bat pas depuis 2 heures. Moi, en revanche … Je dois faire peur à voir. Bien que je ne me voie pas, je peux sentir les gouttes de sueur dégoulinant de mon front et de mes tempes, ainsi que mes cheveux se plaquant de plus en plus contre mon crâne. Sans parler de mon souffle, que j'ai de plus en plus de difficultés à calmer. Ce qui m'étonne en un sens, car j'étais persuadée d'avoir plus d'endurance que ça. Il faut croire que la pêche est bien moins fatiguant que le combat à mains nues.

Je m'essuie grossièrement le visage d'un revers de main, puis dévisage la femme. Je ne veux pas me battre contre elle. Je sais que je suis nulle dans ce genre de combat. Moi, ce que j'aime, et sais faire, c'est allumer un feu, et faire cuire des poissons que j'ai pêché grâce au trident. Ce dernier, d'ailleurs disposé avec plusieurs autres armes juste derrière la blonde, me fait du pied depuis tout à l'heure. Je ne peux l'ignorer puisqu'il est pile dans mon champ de vision.

Une envie me démange de m'élancer vers cette arme. Outre le fait que je sache m'en servir, cela me rappelle également quelque chose de chez moi, puisque seul le district 4 se sert de cet outil.

Au lieu de continuer à rêver sur le trident, je me reconcentre. Je fléchis quelque peu mes jambes, et place mes points devant mon visage. Je sais qu'elle va attaquer la première. Alors, en attendant, je me force à reprendre une respiration normale. Puis, une nouvelle fois, je divague. L'objet paraît vraiment étincelant avec la lumière qui se reflète sur le métal. Impossible de l'ignorer. Il serait tellement plus facile de battre cette femme avec le trident …

Je ne la vois même pas arriver. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je me retrouve de nouveau au sol, sans trop savoir ce qu'il vient de m'arriver, complètement sonnée.

Un grognement s'échappe sans que je ne puisse me retenir, et je cligne plusieurs fois des paupières. Avant que je ne me relève, un rire moqueur parvient à mes oreilles. Cela peut être dirigé contre n'importe qui dans cette salle. Mais surement à cause de ma paranoïa, je songe immédiatement que cela m'est destiné. Je redresse la tête un peu trop vite, et je ne vois qu'une image floue durant quelques secondes. Puis, je vois plus nettement. Je découvre alors une jeune fille, de 16, peut-être 17 ans, en train de s'esclaffer tout en me regardant.

Cette fille, je la reconnais. Je l'ai vu à la télé, lors de la présentation des sélectionnés de la moisson. Et je dois avouer que je ne suis pas étonnée que ce soit elle qui se moque. C'est Ashley, la tribut du 2, si je me souviens bien. Je suis pratiquement sûre qu'il s'agit d'elle en fait. Dès la première fois que j'ai vu son visage, bien que ce ne soit qu'en photo à travers un écran, j'ai tout de suite su que ça ne collerais pas entre nous. Déjà, parce que c'est un autre tribut. Ensuite, parce qu'elle vient du district 2. Enfin, parce que sa tête ne me reviens pas du tout. Et si je me fie à ce que je vois, je peux assurer que c'est réciproque.

Bien que la brune ai remarqué que je l'avais vue, elle continue à pouffer, en me fixant des ses yeux marrons. Alors, sans trop savoir pourquoi, je me sens bouillonner. Puis, une pensée me vient à l'esprit : « Comment ose-t-elle se moquer de moi ? ». Mon sang ne fait qu'un tour, je me redresse bien plus rapidement que les autres fois, et m'élance vers cette fille. Cette dernière semble par ailleurs réellement surprise, et arrête automatiquement de rire. Un air sérieux de quelqu'un qui veut vous tuer prend place sur son visage, mais je ne me démonte pas pour autant.

— T'as un problème ? lâchais-je une fois arrivée à sa hauteur.

Maintenant que je me tiens face à elle, je remarque qu'elle me dépasse bien d'une demi-tête. Il faut dire qu'elle est plus âgée que moi.

— Moi non. Mais toi, tu vas en avoir un dans l'arène si tu ne sais pas te battre, réplique-t-elle en me jaugeant du regard.

— Je suis bien plus forte que toi, répliqué-je du tac au tac.

Et c'est vrai. J'ai eu le meilleur des entraîneurs.

La fille hausse un sourcil, puis sourit étrangement.

— Tu sais ce qu'on raconte ? Que ton frère a gagné seulement parce qu'il était le chouchou du capitole. Désolée de te l'apprendre, mais tu es bien moins appréciée que lui. Tu vas te faire taillader dans l'arène.

Entendre sa petite tirade me donne envie de vomir. Comment peut-elle dire quelque chose comme ça ? Qu'elle insinue que je vais me faire battre, c'est une chose, parce que c'est surement ce qu'il va se passer, et que je me moque de ce qu'elle peut dire à ce sujet mais qu'elle parle de Finnick comme ça … Ça ne passe pas.

Je ne suis pas du genre à agir sans réfléchir. Je ne suis pas non plus du genre à enfreindre les règles. Mais cette fois, elle m'a poussé à bout.

Un bruit retenti dans la salle. Un bruit parmi les autres, mais il me semble pourtant résonner bien plus fort que n'importe quel autre.

Ashley n'a absolument rien compris de ce qui lui arrivait. Comme lorsque je me suis retrouvée au tapis, durant les deux dernières heures.

Sa joue commence déjà à devenir rouge, et je ne peux pas cacher que je suis plutôt contente de moi. Je sais bien que je n'ai pas le droit de me battre contre les autres tributs tant que les hunger games n'ont pas commencés, mais il ne faut pas me chercher. Elle n'a eu que ce qu'elle méritait. Et elle a eu de la chance que je n'ai pas un trident à portée de main.

Cependant, je vois dans son regard la haine l'envahir. Avec le recul, je me dis que je n'aurais peut-être pas dû la gifler. Mon petit air satisfait s'efface instantanément.

Je la vois à son tour lever la main, mais en serrant son poing. Et, je ne sais pas pourquoi, mais je ne bouge pas. Mon seul réflexe est de fermer les yeux, et me préparer au coup.

Qui n'arrive pas.

Deux secondes plus tard, trouvant que le coup s'éternise, je rouvre les yeux. Tout doucement, comme pour éviter qu'elle me remarque.

Ce que je vois me fait cligner quelques fois des yeux. Chris tient fermement le bras d'Ashley, qui lui jette un regard assassin.

— Lâche-moi ! s'écrie-t-elle en effectuant coup sec.

Chris obtempère, puis croise les bras, en se posant à côté de moi.

— Ne t'avise même plus de t'approcher de ma copine, dit-il d'un air menaçant.

Si la situation n'était pas grave, j'aurais des étoiles dans les yeux, et sautillerait partout. Il est trop mignon ! J'adore quand il fait ça. Je me rappelle, une fois où je me faisais embêter par un garçon, en revenant chez moi …

La brune grince des dents, ce qui me sort de ma rêverie. Elle pivote de 180°, puis part rejoindre ce qui me semble être l'autre tribut du district 2.

C'est à ce moment qu'une sonnerie retentit dans la salle, et qu'une voix s'élève :

— Pause d'une heure et demie. La salle de restauration se situe à droite de l'entrée. Ne soyez pas en retard pour la reprise !

Voilà voilà ^^ J'espère poster la suite bientôt, tout dépend de mes disponibilités :) Quoi qu'il en soit, j'essaierai de ne pas poster la suite dans 6 mois :p