CHAPITRE 4 :

–J'ai échoué dans ma mission, O'neill.

–Ne vous excusez pas pour rien. Nous allons retourner là-bas et ramener Carter.

Le Jaffa hocha de la tête et laissa son ami seul. Celui-ci avait une furieuse envie de se taper la tête au mur. Près de vingt-quatre heures s'étaient écoulées et toujours pas trace de son major.

Hammond allait bientôt donner la permission de repartir sur la planète et il devait être en forme pour mener les recherches.

Les événements de l'attaque ne cessaient de passer dans son esprit, rendant plus vivaces chaque bref instant. Il n'avait pas vu Daniel tomber. Carter avait crié « Daniel ! », il s'était tourné vers son ami et ensuite l'avait vu gisant à terre. Carter les avait prévenus que quelque chose allait se produire une ou deux minutes avant l'attaque. Elle faisait son quart pendant que ses équipiers dormaient. Ses bonnes oreilles les avaient sans doute sauvés.

Ils avaient tous sortis leurs armes, près à se défendre mais les bêtes avaient été trop nombreuses. Puis il y avait eu ce tir anesthésiant ratant l'un des montres au pelage pourpre et touchant Daniel. C'était ce tir – peut-être ami – qui laissait penser à Jack que Carter était toujours vivante, quelque part.

Il y avait eu au moins une personne en plus des fauves.

L'alarme de la Porte le sortit de ses pensées. Il fonça vers la salle d'embarquement où Hammond l'avait précédé.

–Activation extérieur non programmée, mon général.

Après que le septième chevron s'enclencha, il ajouta :

–Ça vient de P2X892 !

–C'est Carter, Général !

Ça pouvait être elle. Mais il pouvait s'agir également des mini-soldats armés de lances jaffa…

–Un code d'identification, sergent ?

–Non, Monsieur. Oh, attendez… code identifié comme celui de SG-1 !

–Ouvrez l'iris.

Fébrile, le colonel O'neill fixa le vortex, s'attendant à tout moment à voir son major le traverser. A la place, tous eurent la surprise de voir apparaître un canasson aux poils longs et trempés avec une forme indistincte sur son dos.

La forme en question hurla :

–Ne tirez pas ! avant de retomber sur l'encolure du poney.

L'animal, paniqué par le changement d'environnement, se cabra mais la cavalière tint bon. Puis elle se laissa tomber du dos de la bête et s'écroula sur le sol de la rampe. Xael, rendu nerveux par les nombreux soldats pointant une arme vers lui, tapa plusieurs fois avec ses sabots sur le sol de la salle d'embarquement et rua encore.

A la seconde où Jack avait reconnu la voix de son second, il s'était élancé vers la salle d'embarquement. Hammond confirma l'ordre du major de ne pas ouvrir le feu. L'iris se ferma et la jeune femme, trempée et grelottante, resta immobile sur le sol, complètement inerte.

–Une équipe médicale en salle d'embarquement ! Vite !

Le colonel fit à peine un léger détour pour éviter le poney. Il alla droit vers son major.

–Carter !

–Mon colonel… gémit la jeune femme sans pouvoir empêcher des larmes de souffrance d'inonder son visage, déjà sali par la boue.

Ses cheveux dégoulinaient à cause de la pluie… et elle avait si mal ! Pour l'amour du ciel, où était Janet ?!

Jack se laissa tomber à côté d'elle. Autant la revoir en vie était un soulagement, autant son état le terrifiait. Les pieds nus écorchés et recouverts de boue, son visage d'une blancheur extrême, ses vêtements déchirés et tout ce sang qui tachait son flanc… Elle s'était instinctivement pliée en deux et elle grelottait de froid.

Il n'avait ni couverture ni veste pour la réchauffer. Et il osait à peine la toucher, de peur de la blesser davantage.

–Mon colonel… répéta-t-elle en fermant les yeux sous le coup d'un élancement plus violent.

Seuls les yeux bruns de son supérieur arrivaient à la garder consciente. Elle s'y accrochait comme une bouée de sauvetage. Elle était rentrée, c'était fini. C'était presque fini…

Sa blessure s'était maintenant complètement rouverte, elle en était sûre désormais. Mais elle n'en avait cure. Elle était rentrée.

–Xael… ne faites pas de mal au poney, mon colonel… il m'a sauvé la vie…

–Bien, Carter, restez tranquille. L'équipe médicale est presque là.

–… S'il vous plaît… restez avec moi, Monsieur, murmura-t-elle en fermant les yeux.

George Hammond les avait rejoints. Il observait les échanges de regards entre ses deux officiers. Jack avait posé une main sur celles de Sam pour l'aider à comprimer la plaie sur son côté et avait posé l'autre sur l'épaule du major. Son visage était juste au-dessus du sien et il lui parlait calmement d'une voix rassurante. On aurait dit qu'il promettait quelque chose.

Tout en elle évoquait la souffrance. Elle allait s'évanouir d'une minute à l'autre. Mais rien que pour le colonel, elle tenait bon. Et ça, Hammond le voyait.

Quand l'équipe médicale déboula dans la salle d'embarquement, le docteur Fraiser s'élança vers Sam, le brancardier à sa suite. Après avoir évalué rapidement la situation et vérifié le pouls de sa patiente, elle voulut atteindre la blessure au ventre. Du sang s'écoulait en continu mais nulle artère n'était touchée.

–Major, restez avec nous ! Est-ce que vous m'entendez ?

Elle avait fermé les yeux au moment-même où Jack s'était éloigné pour laisser de la place au médecin. Elle les rouvrit au prix d'un effort considérable.

–Sam ! Êtes-vous blessée ailleurs qu'au ventre ?

–… je ne crois pas. Dieu, ça fait tellement mal, Janet ! sanglota-t-elle sans pouvoir se retenir.

Elle n'osait croiser le regard des officiers autour d'elle. Elle n'avait pas une attitude digne de son grade, elle en était consciente. Mais elle était vraiment à bout… c'était au-dessus de ses forces !

Comme dans un brouillard, elle entendit Janet Fraiser donner l'ordre qu'on lui donne de la morphine. Ensuite, la doctoresse éloigna avec le plus de douceur possible les bras de Sam pour pouvoir jeter un œil sur la blessure. Le mouvement, ou simplement les somnifères injectés par Janet, fit basculer la jeune femme dans l'inconscience.

Elle ne perçut pas le juron de Janet ni ne se rendit compte qu'on la plaçait sur le brancard avant de courir vers l'infirmerie.

& & & & &

Il fallut moins de vingt minutes au Docteur Fraiser pour décider que Sam avait besoin d'être opérée. Il n'en fallut que cinq pour que la plupart des officiers et civils présents dans la base se rejoignent devant l'infirmerie.

Daniel avait été le premier, escorté par Teal'c. L'archéologue avait absolument tenu à se lever de son lit pour attendre des nouvelles mais son corps gardait encore le souvenir de l'anesthésiant alien, aussi n'était-il pas rare que ses jambes le lâchent sans prévenir. Le Jaffa se tenait debout, droit comme un i, à ses côtés et le rattrapait avant qu'il ne touche le sol. Ce fut ainsi jusqu'à ce qu'un infirmier n'apporte une chaise pour le patient.

A partir de là, le couloir fut obstrué par un siège et un tas de soldats, hommes et femmes, tous debout dans l'attente.

Daniel reconnut sans peine le colonel McDowell et le major Green qui avaient fait partie de la mission de sauvetage revenue bredouille. Tous les autres membres de SG-8 et SG-22 s'étaient déplacés. Mais il y avait aussi d'autres équipes, ainsi que le personnel de la base non indispensable en ce moment.

Ce n'était pas la première fois que l'archéologue était témoin d'un rassemblement devant l'infirmerie. Ca s'était déjà produit plus d'une fois pour Jack, et aussi pour Reynolds quand il avait été grièvement blessé. A chaque fois qu'un homme était entre la vie et la mort, après avoir fait son travail et risqué sa vie sur une planète inconnue, tous étaient solidaires.

Ca rappelait à Daniel, seul civil présent, les méthodes des pompiers ou des forces de l'ordre. Ce n'était pas parce qu'ils étaient militaires que les gens du SGC réagissaient autrement.

Jack n'aurait pas tenu longtemps dans cette ambiance.

De toute façon, il n'aurait pas quitté Sam même si on avait posé le canon d'un Zat sur sa tempe.

Il était entré dans l'infirmerie en même temps que les brancardiers. Hammond était le seul à l'avoir suivi, les autres choisissant de rester à l'écart afin de ne pas encombrer les médecins.

Quand Janet annonça au Général que sa patiente avait une plaie profonde qui avait déjà commencé à s'infecter, Jack était présent et il les vit pousser le lit de Carter jusqu'au bloc. Ils avaient besoin d'un milieu stérile pour soigner l'infection et la recoudre.

Normalement, ensuite, tout aurait dû rentrer dans l'ordre.

A SUIVRE…

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