Disclamer : Rien n'est à moi.

Bonsoir/Bonjour !

J'espère que vous allez bien ? Ca y est, c'est le week-end !

Je poste un peu plus tard que prévu, mais voici mon nouveau chapitre !

Je tiens à remercier encore une fois toutes les personnes qui ont postés des reviews (surtout les reviewers anonyme a qui je n'ai pas pu répondre.) ainsi que ceux qui ont mis mon histoire en Follow/Favorites.

Je tiens aussi à remercier quelqu'un qui corrige mes innombrables fautes et erreurs : Patmol25. Elle est en train de publier une super Histoire qui s'appelle : "Un Pas de Côté" qui est juste une fabuleuse et extraordinaire histoire ! Si vous ne l'avez pas encore commencé, foncez ! J'ai eu tous les chapitres en avant-première et je peux vous dire qu'elle m'a fait rêvé. La lire soir après soir, a été pour moi un plaisir total. Foncez !

Je vous laisse avec mon prochain chapitre qui je l'espère vous plaira autant que le précédent.

Enjoy,

Khay.


Chapitre 3 :

Accepter de grandir.

Le coude appuyé contre la bordure de la fenêtre, l'avant-bras relevé vers lui, le visage posé sur son poing, Harry continua à lire son livre, sans se soucier de ce qu'il se passait sur le Quai de la Gare. Il avait fait en sorte d'arriver assez tôt et avait demandé à Ellie de le faire apparaître directement dans le dernier compartiment du train qui le mènerait à Poudlard. Et il en était bien heureux en ayant vu quelques instants plus tôt de nombreux membres de l'Ordre patrouillant et farfouillant un peu partout, sûrement à sa recherche.

Depuis son émancipation, il n'avait donné de nouvelles à personne, à part à Fred et Georges Weasley ainsi qu'à Amélia Bones. Il savait très bien qu'il était recherché, discrètement pour ne pas attirer l'attention des Mangemorts, mais personne n'avait jamais réussi à le trouver. En même temps, comment trouver un manoir incartable ? Et quelle meilleure idée que d'utiliser un Elfe de maison comme gardien de secret ? Personne ne soupçonnerait un être qu'il considéré comme une erreur de la nature. Pourtant Harry avait découvert que leurs esprits étaient définitivement inviolables par le lien qu'il y avait entre le maître et l'elfe mais aussi qu'ils étaient sûrement les créatures les plus fidèles au monde.

Lorsqu'il s'était réveillé de sa sieste après son rendez-vous chez les Gobelins, il s'était retrouvé face à une dizaine de regards globuleux admiratifs. Il en avait sursauté et avait eu du mal à empêcher toutes les petites créatures à se faire du mal suite à sa frayeur. Après une dure bataille, il avait pu faire connaissance avec chacun d'entre eux et se lier. Les petits êtres ne lui avaient pas vraiment laissé le choix, décidé à gâter leur Maître. Et c'est ce qu'ils avaient fait. Pendant le dernier mois de vacances, peu importe le moment, l'endroit ou l'activité qu'il faisait, il y avait toujours un elfe près de lui pour répondre à ses questions ou bien pour lui servir à manger. Au début, cela l'avait définitivement perturbé mais après quelques jours, il s'y était habitué et avait arrêté de sursauter dès qu'un de ses elfes apparaissaient près de lui, sans avertissement.

Il avait également été totalement démuni face aux portraits qui se trouvaient dans les couloirs, les pièces de la maison. Chacun d'entre eux semblait le connaître et l'avait de nombreuses fois arrêté pour discuter avec lui. Il avait rencontré ses grands-parents, ses grandes tantes et ses grands oncles. En fait, il avait presque rencontré tout le monde dans chaque pièce. Sauf une seule qui ne voulait pas s'ouvrir à lui. Lorsqu'il avait demandé à l'un des tableaux, ce dernier lui avait expliqué que cette pièce ne s'ouvrait que quand l'héritier Potter était en danger et le recueillait en son sein pour le protéger. Surpris, Harry avait hoché la tête et continué sa route jusqu'à se trouver devant les portraits de ses parents.

Honnêtement il avait été pétrifié et avait fui alors que ses parents l'avaient appelé encore et encore. Il n'avait pas osé y retourner malgré les encouragements des autres portraits et des elfes. Il ne pouvait définitivement pas faire face à ses parents qui avaient sacrifié leur vie pour lui alors que lui, il en avait fait n'importe quoi. Alors, il s'était plongé dans la lecture pour fuir ses pensées et les regards. Il avait eu divers rendez-vous avec son avocat, son conseiller financier, avec Amélia. Tout pour les fuir. Jusqu'au dernier jour.

La vieille du départ de Poudlard, il n'avait pas résisté et était parti les voir. Il les avait regardé de ses yeux verts, il s'était finalement débarrassé de ses lunettes suite au conseil de son avocat, et n'avait pas osé ouvrir la bouche.

« Salut fiston ! » s'était exclamé son père, heureux alors que sa mère lui avait souri tout doucement. « Je suis heureux que tu ai survécu ! Lily ! C'est super ! Ton sort a super bien marché ! »

Les larmes aux yeux, ils avaient conversé tous les trois pendant des heures et des heures, ne se souciant des repas. Harry leur avait tout livré, sans pudeur et sans peur, après tout il partait pour Poudlard. Ses parents l'avaient écouté calmement, parfois horrifié, parfois amusé ou parfois triste. Ils avaient tant de fois imaginé Harry mort ou bien vivant heureux avec son parrain. Mais ils étaient bien loin de la vérité. Alors, ils avaient gardé un air neutre face à leur fils et avaient tenté de le rassurer. Mais ils savaient au fond d'eux que rien ne guérissait aussi facilement …

« Peu importe ce que tu fais Harry, on sera fier de toi. Que tu sois un mage blanc ou bien noir. Que tu te battes ou que tu fuis. Tu resteras notre fils, notre garçon, alors vis pour nous, » avait murmuré Lily tendrement.

Harry ne s'était jamais aussi senti bien pendant quelques instants. Peut-être était-ce parce qu'il avait la sensation qu'une de ses nombreuses plaies s'était refermée. Même sa nuit avait été légèrement plus calme pour la première fois depuis des semaines. Le lendemain, il s'était encore levé tôt et était parti voir ses parents qui lui avait un peu raconté leur vie avant sa naissance.

« On peut pas tout te raconter en une matinée ! Et puis, comme ça, on sera sûr que tu ne nous fuira pas la prochaine fois ! »avait rigolé James, triste de voir son fils partir.

D'ailleurs c'était lui qui lui avait donné le conseil d'utiliser Ellie pour apparaître dans le train. Après avoir salué toute la famille Potter – à chaque pas vers sa chambre, il s'était fait arrêté, par les tableaux, soit-disant par tradition, il s'était retrouvé devant les elfes larmoyants qui hésitaient à laisser partir leur maître. Après de nombreuses négociations, il avait finalement pu rejoindre Ellie qui lui avait tout simplement sourit et tendu la main pour l'emmener vers sa destination.

Ce mois passé seul lui avait fait définitivement du bien. Il avait pu se retrouver avec lui-même, faire le point sur sa vie, ses ambitions, sa volonté. Ses nombreuses lectures, ses entraînements et ses cours passés avec son conseiller s'étaient révélés être une véritable épreuve de force mais cela lui avait permis de fermer les yeux le soir sans avoir peur de retrouver Voldemort.

« Harry ? »

Ledit Harry tourna sa tête vers la voix et regarda le jeune homme devant lui. Les cheveux blonds chatains, les yeux bleus, grand et un corps affiné, le brun ne faillit ne pas reconnaître Neville Londubat.

« Neville ! »S'exclama-t-il, souriant.

Le nouvel arrivant regarda son camarade totalement surpris. Alors qu'il l'avait laissé partir l'année précédent maigre et les yeux hagards, il avait devant lui quelqu'un d'autre. Les cheveux bruns avec des reflets roux, légèrement plus long, lui tombait sur le front et quelques mèches glissaient jusqu'à ses yeux verts clairs. Les traits fins, la mâchoire carrée, il avait totalement perdu ses rondeurs enfantines. Le maintien plus assuré, il le regardait souriant.

« Je peux m'asseoir avec toi ? » Demanda-t-il finalement.

« Bien sûr ! Rentres ! »

Un léger silence s'installa entre les deux hommes, qui s'observaient, notant les changements chez l'autre. Le livre délaissé sur ses genoux, Harry se décida finalement à se bouger le premier et attrapa son sac. Il plongea sa main dedans et en attrapa une lettre qu'il tendit à son ami.

« C'est bien que tu sois là, je ne suis pas sûr qu'on aurait eu l'intimité nécessaire à Poudlard pour que je puisse te la donner. »

Neville attrapa la lettre où était notée élégamment son nom.

« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda-t-il.

« Je ne sais pas si tu es au courant, mais ma mère était ta marraine et cet été, en faisant du tri dans le coffre fort des Potter, cette lettre était là. Et c'est comme ça que j'ai appris que ma mère était ta marraine et que la tienne était la mienne, » expliqua calmement Harry, alors que la main de Neville tremblait. « Du coup, cela te revient de droit. Je ne l'ai pas ouverte. »

Le blond regarda son ami, un sourire triste aux lèvres.

« J'imagine que tu sais ce qui est arrivé à mes parents. »

« Oui, » répondit-il calmement, sans s'attarder plus que ça.

Neville laissa glisser ses yeux vers la vitre où défilait le paysage. Il n'aimait vraiment pas en parler. Toute sa vie avait été régi par la maladie de ses parents et son manque de magie quand il était enfant. Personne ne comprenait vraiment qu'il était un enfant calme et qu'il n'avait pas forcément besoin de faire d'acte magique pour savoir qu'il était un Sorcier.

« Tu veux en parler ? » Demanda le Londubat, ramenant son regard sur l'autre homme.

Un soupir aux lèvres, Harry passa sa main dans ses cheveux, les ramenant légèrement en arrière dévoilant sa cicatrice. Le voulait-il ? Il n'en était pas sûr. Il n'était plus vraiment habitué aux interactions sociales. Les dernières personnes avec qui il avait parlé étaient des tableaux ou des elfes. Les rencontres avec son avocat et Amélia ne comptaient pas vraiment, ne les ayant vu qu'une ou deux fois dans le mois.

« C'est à moi de te poser cette question. J'imagine qu'on vit tous les deux la même chose dans une certaine mesure. Toi tu vis dans l'ombre de tes parents quand moi je vis dans l'ombre de mes actions. Alors, si tu veux en parler, je ne te promets pas de comprendre, mais je peux écouter. »

Peut-être était-ce le déclic que les deux hommes attendaient, mais d'un coup, ils se sentirent en parfaite osmose, sur le même chemin.

« J'imagine que si rien de tout cela n'était arrivé, nous aurions grandit ensemble, » murmura Neville, les yeux dans les vagues. « Peut-être que nous aurions passé les vacances l'un chez l'autre. Et qui sait, fait des blagues ensemble. »

L'esprit calme, Harry posa sa main sur la vitre fraîche, imaginant lui aussi ce qu'aurait pu être cette autre vie. Des images défilant dans sa tête le rendant triste et nostalgique. Au final, Neville et lui se ressemblaient bien plus qu'il ne le pensait.

« Peut-être, » chuchota-t-il, n'osant pas briser l'ambiance. « Mais avec nos mères, je doute un peu. Nous aurions été trop vite punis. »

Un léger silence s'installa dans le compartiment. Les deux hommes, perdus dans leurs pensées, finirent par se sourire.

« Tu as changé, » parlèrent-ils en même temps.

Neville éclate de rire alors qu'Harry secouait la tête, amusé. Les choses étaient peut-être en train de changer pour eux deux, et pas dans le mauvais sens pour une fois.

« Racontes-moi un peu, »demanda Neville. « J'ai remarqué que la Gazette des Sorciers t'avait laissé tranquille mi-août. »

En effet, alors que depuis le début des vacances, le journal s'était déchaîné contre le Potter, à la moitié des vacances, plus rien. Ils avaient totalement changé de sujet. Neville se rappelait très bien un jour où sa grand-mère était rentrée, un sourire aux lèvres murmurant qu'il était temps qu'il se bouge. Sur le coup, il n'avait pas vraiment compris, mais maintenant en regardant Harry, il se demanda si elle ne parlait pas de lui.

« Ah ! Il faudrait que je te raconte tout depuis le début, » sourit le brun, amusé. « Je crois que j'ai quelque peu chamboulé certaines personnes. »

Un sourire sadique sur les lèvres d'Harry, Neville se sentit impatient d'entendre ce que son ami avait bien pu faire. Sans le quitter des yeux, il le regarda sortir sa baguette et lançait un sort d'intimité et verrouiller la porte du compartiment. Pendant qu'il jouait avec sa baguette, Harry commença alors à lui raconter le début de ses vacances, comment il n'avait voulu voir personne, la manière dont il avait rejeté son parrain, les membres de l'Ordre du Phénix, son émancipation et sa rencontre avec les elfes de maison des Potter.

« D'ailleurs, cela serait bien que tu viennes à la maison un jour pour pouvoir parler au tableau de ma mère, elle sera sûrement heureuse de te rencontrer, » invita-t-il. « Pour la Gazette, j'ai vraiment cru que j'allais avoir du mal. Mais en fait pas du tout ! Savais-tu que la famille des Potter avait des actions ? Du coup, mon avocat, Anderson Jones, et Amélia sont partis voir le responsable et lui ont dit que s'il n'arrêtait pas leurs articles, ils le traîneraient en justice et demanderaient son renvoi ! Depuis, je suis totalement tranquille à ce niveau-là ! »

Amusé, Neville regarda le bonheur sur le visage de son ami.

« Ca t'a rendu heureux, n'est-ce-pas ? » Rigola-t-il.

Après avoir éclaté de rire, Harry reprit la suite de ses vacances, expliquant qu'il avait passé trop de temps avec son Gobelin financier qui l'avait torturé pour qu'il comprenne son héritage. Mais qu'il avait appris de nombreuses choses grâce à la bibliothèque des Potter.

« Et toi ? » Demanda Harry. « Où est passé l'ancien Neville ? »

Un sourire aux lèvres, il croisa ses jambes et attendit patiemment que l'autre garçon parle. Il voulait vraiment savoir ce qui était arrivé à Neville Londubat pour que ce dernier change autant et gagne confiance en lui.

« Après l'année scolaire, mon oncle Algie est venu passer quelques semaines de vacances chez nous, » commença Neville. « Quand il a apprit que tu as réussi à gagner le Tournoi, il m'a demandé pourquoi je ne prenais pas exemple sur toi. Il avait encore un léger doute sur ma magie, semblerait-il. »

Alors qu'Harry ouvrait la bouche pour protester, Neville leva simplement sa main, lui indiqua calmement se taire.

« Je ne t'en ai pas voulu. Honnêtement, je ne t'envie pas. Je sais à quel point ce tournoi a été dur pour toi, et combien toutes ces années ont été cruelles. Donc ne t'excuses pas pour des paroles qu'un vieux sorcier a prononcé. »

Neville glissa sa main dans sa poche et en sortit sa baguette magique.

« 33,02 cm, crin de licorne, bois de cerisier, » parla-t-il. « J'ai inconsciemment lancé mon grand-oncle contre le mur après qu'il ait dit que tu avais menti pour le retour de Voldemort. J'étais en colère contre lui. Alors ma magie a réagi à ma demande. Et je me suis imposé à lui, face à toute ma famille. Je leur dis que je n'étais pas mes parents, que je ne voulais plus leur rendre visite comme on rend visite à un mort. J'ai aussi expliqué que j'étais Neville Franck Londubat et que si cela ne plaisait pas, je m'en fichais. Que c'était ma vie et que je ne laisserai personne me dicter mes choix. »

Impressionné, Harry ne pût détacher son regard de l'homme face à lui. Il savait très bien que le jeune homme était un pur et dur Gryffondor mais qu'il restait terrifié face à sa grand-mère. Du coup, savoir son coup d'éclat le laissait vraiment admiratif.

« Suite à ça, ma Grand-mère s'est levée et m'a prise dans ses bras, me disant que j'étais bien un Londubat, » rigola le blond. « Après quoi, elle m'a emmené voir Ollivander et j'ai eu enfin une baguette à moi. Elle m'a laissé toutes les vacances tranquille, alors j'ai commencé à me cultiver tout seul, et à grandir peut-être. Après tout, la guerre arrive, avec Voldemort qui est de retour. »

Neville se mordilla la lèvre, se sentant mal de remettre en avant le Mage Noir face à son ami qui l'avait affronté quelques mois auparavant.

« Alors tu t'y prépares ? » Soupira Harry tristement. « A la Guerre. »

Alors qu'il rejetait sa tête en arrière, le Potter grimaça lorsque sa tête rencontra le dossier du fauteuil. Sa main dans ses cheveux, il laissa glisser quelques doigts vers sa cicatrice, la caressant distrait. Avant qu'il ne puisse parler, ils entendirent quelqu'un frapper à la porte. Pendant qu'Harry enlevait ses sorts, Neville ouvrit la porte, dévoilant les jumeaux Weasley, souriant.

« Il semblerait que nous ayons finalement …, » commença Fred amusé.

« ...Retrouvé nos petit Griffys ! » rigola Georges en entrant dans le compartiment, lançant les mêmes sorts qu'Harry avait lancé peu de temps avant.

Un sourire aux lèvres, ils observèrent leurs cadets.

« J'espère qu'on dérange pas, » demanda Georges. « On t'a cherché un peu partout Harry, avant de noter que Neville aussi n'était pas là. »

« Et on s'est dit que l'endroit le plus calme était définitivement le dernier compartiment du train, » expliqua Fred.

Harry rangea son livre dans son sac puis le posa à ses pieds, invitant les deux roux à s'installer avec eux.

« Non, on parlait de la Guerre, » soupira Harry.

Un léger silence s'installa entre les quatre adolescents, chacun perdu dans ses pensées. Il est vrai qu'avec leur rentrée à Poudlard, les choses allaient changer. Ils seraient à nouveau face à de nombreuses responsabilités qu'ils avaient peut-être délaissé pendant ses deux mois.

« Selon l'Ordre, Il est resté assez discret pendant ce dernier mois, » murmura Fred. « Après, ils étaient tous occupés à te rechercher alors j'imagine qu'ils n'avaient pas vraiment le temps de penser à Lui. »

Les regards tournés vers Harry, ce dernier se gratta inconsciemment sa cicatrice, réfléchissant aux événements du mois d'août.

« Je pense qu'il prépare quelque chose. Il est trop calme pour que cela soit normal. Amélia m'a dit que Lucius Malfoy avait rendez-vous presque tous les jours avec le Ministre de la Magie, » soupira Harry. « D'une certaine manière, je me dis que Malfoy doit « l'aider » à ne pas croire à son retour. »

La main devant sa bouche, Neville observa discrètement le Potter.

« Ma grand-mère m'a dit que lors du procès de Barty, sa marque était foncée et qu'il était heureux en disant qu'il serait récompensé. Elle a eu des doutes à ce moment-là. Elle pense d'ailleurs que c'est pour ça qu'Amélia a demandé à ce qu'il soit condamné au baiser et non pas à la prison à perpétuité. »

« Pourtant, il a été condamné à la prison, non ? » Demanda Harry, en fronçant les sourcils. Il savait que le ministre avait pensé que Barty était celui qui avait tué Cédric et apposé la marque sur son bras.

« Oui, »répondit Georges. « Mon père nous a dit que c'était parce le père de Barty était un fonctionnaire qu'il n'a pas écopé du baiser. »

« Ce gouvernement est définitivement pourri jusqu'à la moelle, » cracha Fred.

Un silence suivit suite à ses propos, chacun réfléchissant à ce qui pouvait les attendre dans le futur.

« Quoiqu'il arrive, on devrait rester sur nos gardes, » soupira Neville. « Fred et Georges, vous êtes considérés comme des « traîtres à votre sang », moi comme un cracmol et enfin Harry, tu es toi. On est définitivement des ennemis à abattre pour les Mangemorts. »

« J'imagine que oui, » chuchota Harry. « On devrait vraiment être prêt à tout. »

Chacun perdu dans ses pensées, ce fut finalement Fred qui se reprit le premier et laissa échapper un énorme sourire.

« Vous saviez que notre Ronnie est devenu Préfet ?! » S'exclama-t-il. « Nous sommes déçus ! Encore un nouveau Percy dans la famille ! »

Éclatant de rire, Harry et Neville écoutèrent les plaintes des jumeaux. Avoir un nouveau préfet dans la famille était vraiment une insulte pour eux. Et comme si cela était un échappatoire pour eux, ils continuèrent à parler des choses légères, s'amusant des blagues que les roux avaient prévu de faire, ainsi que certains événements passés. Ne voyant plus le temps passé, ce fut lorsque Ron et Hermione, tous deux préfets, arrivèrent dans le compartiment qu'ils se rendirent compte qu'ils arrivaient à l'école.

« Salut, » commença Ron, légèrement rouge. « On arrive à Poudlard, vous feriez mieux de vous habiller. »

Neville et les jumeaux observèrent comment l'ancien trio se regardait, chacun semblant marcher sur des œufs. Finalement, Hermine sortit patienter dehors le temps que les garçons s'habillent. Une fois cela fait, Ron sortit la rejoindre.

« On se retrouve à la Grande Salle. On doit diriger les premières années, »expliqua Ron, récoltant un soupir de soulagement d'Harry.

Désireux de ne pas en parler, les garçons continuèrent leur chemin vers la sortie de la gare, sans prêter aux nombreux regards qui les fixaient pour diverses raisons. Arrivé dans le chemin, Harry remarqua que les carrosses étaient attelés cette fois-ci. Des créatures, ressemblant à des cheveux tiraient les diligences. Sans chaire, un pelage noir collant à leur squelette, de grands yeux blancs sans pupille, un regard fixe et vide, une paire de grandes ailes noirs se trouvaient à la hauteur du garrot. Quelques semaines auparavant, Harry les aurait trouvé effrayantes et sinistres mais aujourd'hui, il avait appris que ce qui était sombre n'était pas forcément effrayant.

« Est-ce que l'un d'entre vous voit ces créatures ? » Demanda-t-il.

Autant les jumeaux que Neville secouèrent négativement la tête ne sachant pas de quoi parlait leur camarade. Ils ne voyaient aucunes créatures, que les diligences. Sans s'attarder, ils montèrent dans un des carrosses et remarquèrent alors une jeune fille blonde assisse qui tenait un journal à l'envers.

« Ce sont des sombrals, » murmura-t-elle. « Seuls ceux qui ont vu la mort peuvent les voir. »

Harry le remercia d'un hochement de tête et tenta du mieux qu'il pût de ne pas se rappeler de la raison pour laquelle il pouvait les voir. Comme si Neville avait entendu ses pensées, il demanda si l'un d'entre eux savait qui était le nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Et c'est dans cette légère ambiance qu'ils arrivèrent dans la Grande Salle. La jeune blonde – Luna Lovegood- les salua et se dirigea vers la table des Serglaides alors qu'eux s'installaient ensemble sur celle des Gryffondors, saluant Nick-Quasi-Sans-Tête au passage.

Harry prit une brusque inspiration avant de lever la tête vers la table des Professeurs. Assis au centre de la table, le Professeur Dumbeldore le regardait avec soulagement lui souriant légèrement, espérant probablement qu'Harry lui réponde. Mais ce dernier détourna rapidement la tête vers son professeur de potion qui le fixait aussi, en fronçant les sourcils.Désireux de ne pas avoir des soucis dès le début de l'année, il glissa son regard vers un des professeurs qu'il n'avait jamais vu.

Une femme épaisse était assise près de Dumbeldore. Ses cheveux châtain courts et bouclés, ses yeux gros et globuleux cernés, elle le regardait fixement elle aussi. Un bandeau rose autour des cheveux ainsi qu'une veste en laine rose, elle semblait totalement antipathique. Rien qu'en la voyant, Harry était sûr et certain qu'ils ne s'entendraient jamais. Et au vu de la mine de ses camarades, ces derniers devaient penser la même chose.

« Eh bien, » entendit-il Neville dire, « cette année va être marrant ! On a un crapaud comme enseignant ! »

Les quatre garçons éclatèrent alors de rire attirant l'attention de nombreux élèves, étonnés de voir le Survivant avec d'autres personnes que ses acolytes. Puis les préfets arrivèrent et Ron et Hermione se dirigèrent vers Harry en souriant.

« Notre nouveau professeur s'appelle Dolorès Ombrage, elle était sous-secrétaire au ministère, » leur chuchota Ron conspirateur. « Je suis sûr qu'elle est là pour toi, Harry. »

Un sourire aux lèvres, Harry ne prêta pas plus d'attention à Ron. Il était déjà au courant de qui était Dolorès Ombrage. Lors d'un de ses rendez-vous avec Amélia à propos de la politique, il l'avait entendu pester contre cette femme et ses lois anti-créatures. Quelques jours avant sa rentrée, Amélia l'avait averti que le Ministre avait l'intention d'envoyer un membre du ministère comme Professeur afin qu'il ne déborde pas.

« Peu importe Ron, elle ne m'intéresse pas, » lui répondit-il, avant de se concentrer sur l'arrivée des Premières années.

Malgré les nombreux regards qui lui étaient lancés tout le long du repas ainsi que les tentatives de Ron et Hermione de discuter avec lui, Harry resta léger et calme, n'accordant pas plus d'importance aux sujets fâcheux. Même quand le Directeur glissait de nombreuses fois son regard vers lui, Harry l'ignorait, se concentrant sur Neville qui expliquait aux jumeaux la propriété d'une plante qui pouvait les aider pour leurs blagues.

Une fois que Dumbeldore leur permit de regagner leur dortoir, Harry se leva avec ses amis alors que Ron et Hermione allaient récupérer les premières années. Il commença à partir, lorsqu'une main se posa sur son bras. Après s'être retourné, il regarda le professeur McGonagall qui l'avait appelé. D'un geste de la tête, il invita ses amis à s'avancer un peu leur affirmant qu'il les rejoindrait dans quelques instants.

« Monsieur Potter, je suis heureuse de vous voir ici à Poudlard. Le Directeur souhaiterait avoir un entretien avec vous, » lui expliqua-t-elle.

Harry se mit face à son professeur, regardant par dessus elle le Directeur qui lui adressait un sourire.

« Cela a-t-il avoir avec l'école ? » Demanda-t-il calmement.

« Non, » répondit surprise sa Directrice de Maison.

« Alors je ne vois pas la raison de cet entretien. »

Minerva sursauta et resta pendant quelques secondes bouche-bée face à son élève, avant de reprendre contenance face à l'insolence du jeune homme.

« Enfin Monsieur Potter ! » Commença-t-elle. « Je ne ... »

« Rien du tout. Il est mon Directeur d'Ecole et c'est tout. Et si vous pensez que je dois le voir pour des raisons autre que scolaire, je suis sûre que ma marraine, Amélia Bones, serait heureuse de les entendre, » trancha-t-il froidement. « Maintenant, si vous permettez, Professeur, c'était une longue journée. Bonne soirée. »

La tête haute, il avança sans flancher. Il ne savait vraiment pas comment il avait fait pour débiter tout ça, sans bégayer. Sa main trembla dans sa poche alors qu'il essayait de calmer sa respiration. Il ne pouvait pas baisser la tête tant qu'il n'avait pas quitté la Grande Salle.

« Tu as bien répondu, » murmura Neville, un bras autour de ses épaules, le dirigeant vers leur tour, une fois qu'il sortit de la salle.

Dans un silence religieux, ils rentrèrent dans leur salle commune, encore pleine. A leur arrivée, de nombreux regards se tournèrent vers eux, les jugeant. Assis sur le fauteuil, Seamus et Dean semblaient légèrement hésiter. Debout près des escaliers menant à leur dortoir, Ron et Hermione chuchotaient entre eux. D'autres élèves étaient dispersés un peu partout, mais pourtant le silence s'installa.

« Est-ce que …, » commença tremblant Seamus, avant de se reprendre. « Est-ce que c'est vrai ? Tu-sais-qui est vraiment de retour ? »

Les yeux verts parcoururent la salle avant qu'il ne soupire et regarde Neville. La tête haute, il fixa son regard sur l'irlandais.

« J'ai déjà dit ce que j'avais à dire sur cela, Seamus. Je ne reviendrais pas sur mes mots. Crois ce que tu veux. »

Alors qu'il pensait que la conversation était finie, Harry se dirigea vers les escaliers, accompagné de Neville, désireux se coucher.

« Pour ce que cela vaut, ma Grand-mère et moi soutenons Harry, » sourit Neville, en posant une main sur l'épaule de son ami.

« Ma mère ne voulait pas que je revienne à Poudlard ! » S'exclama Seamus en voyant que les garçons partaient sans lui accorder plus d'importance. « Par ta faute et ce que tu racontes partout, elle ne veut pas que je sois dans le même dortoir qu'un cinglé! »

Les mots dépassant sa pensée, Seamus ouvrit grand les yeux se rendant compte de ses paroles. D'un coup, un regard vert glacial se fixa sur lui ainsi qu'un autre bleu l'accusait.

« Cinglé ? » Questionna Harry, avant de rire ironiquement. « Peut-être le suis-je. Peut-être que ta mère a raison. J'ai arrêté de me battre pour me faire entendre. » Se détournant, il se dirigea vers les escaliers avant de s'arrêter et de pencher uniquement sa tête vers Seamus. « Mais si jamais je ne le suis pas et que Voldemort est vraiment de retour, le jour où tu te trouveras devant sa baguette ou celle d'un mangemort, ne viens pas me voir. Je ne suis pas assez cinglé pour me battre pour toi. »

Et dans un silence glacial et inconfortable, Harry monta les escaliers avec Neville.

« Tu as changé, » entendit-il venir de Ron.

« Je n'ai pas changé, Ron. J'ai tout simplement mûri, tu devrais essayer, » riposta-t-il.


Fin du chapitre.

Mon Harry commencé à sortir les crocs et grandir.

Qu'avez-vous pensé de mon petit et adorable Neville ? Est-ce que Harry et lui vont finalement faire face ?

Dites-moi tout !

En attendant, je rappelle : Une review = Un Preview !

A très vite,

Khay.