On s'était échangés des regards inquiets. On pensait que Gibbs allait mettre une tape derrière la tête de Tony, qu'il allait se mettre en colère, mais on avait jamais pensé à ça.
Alors, Tony avait couru le rejoindre dans l'ascenseur. Il m'a expliqué ensuite ce qui s'était dit.
Flash-back
« Gibbs , je …
-Tais toi.
-Mais...
-Si j'ai créé la règle numéro douze, c'est qu'il y a une raison, DiNozzo !
-Justement, Gibbs. J'aimerais la connaître.
-J'ai déjà fait cet erreur. Trop de complications. Aussi bien pendant qu'après.
-Après ?
-Quand tout est terminé !
-Ziva est la bonne, patron. Et tu sais que je sais que c'est la bonne. Tu sais qu'on peut le savoir. Tu l'as su, toi . Avec Shannon. Tu crois vraiment que c'est un coup de tête ? Je suis pas si stupide. On est pareils qu'avant. On sait faire la différence entre boulot et vie privée. On est ensemble depuis près d'un an Gibbs. Et même toi t'as rien vu.
-Bon.
-Bon ?
-Oui. Mais si jamais je vois un seul écart au NCIS... »
Fin du flash-back.
Il restait Abby. On avait pas pensé à elle non plus, on avait cru qu'elle se réjouirait pour nous, qu'elle sauterait partout.
Alors on a été la voir.
Flash-back
« Abby ? Ça va ? Tu...
-Alors, vous êtes ensembles ?
-Oui.
-Oh Mon Dieu !
-Abby, pourquoi …
-Vous êtes ensembles et moi, moi j'ai rien vu du tout ! Rien. Paf , je me suis laissée avoir, comme une bleue ! »
On a ressenti un soulagement. On croyait que c'était pire que ça.
« Alors, tu n'est pas fâchée contre nous ?
-Non, pourquoi je serais fâchée ?
- …
-Je me suis fait avoir, Tony ! J'ai rien vu ! Rien du tout !
-Même Gibbs n'a rien vu , Abby , on a été des pros sur ce coup-là .
-Vous... Depuis combien de temps vous êtes ensemble ? »
On a échangé un regard avec Tony, ne sachant pas si c'était une bonne idée.
«Une semaine ? » Tenta Abby .
Voyant nos regards, elle continua
« Deux semaines ? Un mois ? Oh mon Dieu, un mois ! J'ai rien vu pendant un mois !
-Euh, Abby, en fait...
-Quoi ? Plus qu'un mois ? Dites -moi !
-Ca va faire un an le mois prochain, Abs.
-UN AN ! OH MON DIEU. »
On s'éclipsa discrètement alors qu'Abby faisait les cent pas.
Fin du flash-back
McGee ne s'en est pas remis tout de suite . Abby, une fois le choc passé, était aux anges. Gibbs faisait comme si il n'y avait jamais rien eu entre nous. Au boulot, nous étions de simples amis qui avaient une entière confiance l'un en l'autre, même quand on se disputait en dehors du travail.
Sauf qu'un jour, Tony m'a demandée en mariage. Allez donc l'annoncer à un Gibbs anti-mariage déjà pas trop enthousiaste vis à vis de notre relation.
Flash-back
On était dans l'ascenseur, Tony, Gibbs et moi.
D'un coup, les lumières se sont éteintes et l'ascenseur était immobilisé.
« Gibbs, c'est toi qui a arrêté l'ascenseur ?
-Non. »
Alors, on avait compris. Panne d'ascenseur. On s'était assis par terre pendant que Gibbs essayait d'appuyer sur tous les boutons.
« C'est pas la peine, patron. On est coincés. Tu te fatigues pour rien.
-DiNozzo a raison, Gibbs. Et croyez-moi, c'est pas que ça m'endanse d'être coincée ici avec lui.
-Que ça m'enchante, Ziva.
-Quoi ? Oh, C'est la même chose ! »
Gibbs sourit. Il savait qu'on se taquinait toujours autant.
Tony et moi avons échangé un regard. On pensait la même chose. Il faudrait bien lui dire un jour où l'autre, de toute manière.
« Heu, Gibbs ? J'aurais quelque chose à dire. Ce n'est peut être pas le bon endroit, vu qu'il n'y a pas de témoins, ni d'endroit où s'échapper, mais bon.
-Qu'est ce que tu cherches à me dire, DiNozzo ?
-Ce qu'il cherche à dire c'est que... On va se marier. »
J'ai fermé les yeux, comme lors d'un réflexe pour se protéger. Au lieu d'entendre hurler, j'ai entendu un grand éclat de rire. Quand sa crise de rire fut finie, il nous regarda et nous dit
« Bonne chance »
Fin du flash-back.
Le mariage ne nous a pas changé . Ca a juste été un jour merveilleux, suivi de la plus courte que j'ai jamais vécue. Abby en demoiselle d'honneur était quelque chose à ne pas manquer. Et je crois que McGee, le témoin, était plus nerveux que Tony, qui riait en le voyant à bout. D'ailleurs, Tony et Abby lui avaient collé les mains sur la table pour l'occasion. Je revois encore l'air de défi qu'avaient mon père et Tony toute la journée. C'était à celui qui lançait le plus de piques à l'autre.
Je me souviens de la crise cardiaque que Tony avait manqué de peu quand son père m'avait mis une claque sur les fesses devant lui, et du slap monumental que Tony avait reçu de la part de Gibbs une fois sortis de la mairie.
Au travail, je suis toujours l'agent David. A la ville, je suis Ziva DiNozzo. Tony en est fier, et moi aussi, à vrai dire.
Rapidement, on a voulu avoir des enfants, alors on a fait construire une maison. On vivait toujours chez lui, en attendant.
Flash-back
« Tony, lève-toi, tu vas être en retard.
-Hmmm
-Moi, j'y vais.
-Hmmmmt'aimemmmh
-Moi aussi . »
Gibbs avait cru que, comme on était ensemble, Tony arriverait à l'heure. Raté. A l'heure où moi je partais, lui était encore au lit, le plus souvent. J'arrivais donc au NCIS à l'heure, comme d'habitude.
McGee m'interrogea
« Pourquoi il est pas là ce matin ? Panne de réveil ? Bouchon ?
-Je crois qu'il va sûrement prétexter qu'une jolie fille l'a tenu éveillé toute la nuit...
-Ah, euh... »
J'adorais mettre McGee mal à l'aise, sans en dire trop, bien sûr, mais je me laissais prendre au jeu assez souvent, comme Tony me l'avait appris.
A 11 heures, McGee a commencé à s'inquiéter, je lui ai dit de ne pas s'en faire. A midi et demi, j'ai commencé à m'inquiéter et j'ai téléphoné. Même pas de sonnerie.
« Le numéro que vous avez demandé n'est plus attribué »
Alors, Gibbs, McGee et moi avons été dans notre appartement. Il n'était pas visible de la rue, mais je savais que quelque chose n'allait pas. Une odeur ? Un pressentiment ?
J'ai couru. J'ai ouvert la porte. C'est comme si je fonctionnais en accéléré alors que les autres étaient au ralenti.
J'ai vu un corps étendu sur le ventre au milieu de la pièce.
