CHAPITRE 4 : Tensions


Voilà le nouveau chap : j'espère qu'il va vous plaire. Petite info : en fait, ils sont en sixième année (je sais en théorie ils sont pas sensés être préfets en chef, mais bon… c'est une fic !!).


Contre toute attente, la cohabitation entre les deux préfets en chef se déroula plutôt bien. Comme Cassandre s'en aperçut très vite, Jedusor était le garçon le plus gentil qui soit, à partir du moment où personne ne lui adressait le moindre mot. Ainsi, ils ne parlaient jamais à part lors des réunions de préfets, qui heureusement étaient peu nombreuses.

Jedusor disparaissait pour aller Merlin seul savait où, tandis que la jeune fille retournait souvent à la salle commune des griffondors pour y faire ses devoirs en compagnie de ses amies.

Mais les devoirs ne tardèrent pas à devenir beaucoup plus important ; les professeurs les surchargeaient, et Cassandre, qui comptaient parmi les meilleurs élèves de son année grâce à ses efforts, décida de changer un peu ses habitudes. Au début du mois d'Octobre, elle commença à fréquenter plus régulièrement la bibliothèque afin de pouvoir travailler tranquillement.

Il faisait exceptionnellement chaud encore pour cette période de l'année, et à l'intérieur de la bibliothèque, la chaleur était encore pire. Cassandre, comme tous les autres élèves, avait enlevé sa robe de sorcière ; elle ne portait que sa jupe et son chemisier d'uniforme, dont elle avait même remonté les manches.

Un samedi matin, elle se leva pour se rendre à la bibliothèque ; il était déjà tard, et en arrivant, elle se rendit immédiatement compte qu'elle allait avoir du mal à trouver une place de libre. Elle se maudit intérieurement d'avoir mis autant de temps à sortir de son lit, et commença à se chercher une place. Beaucoup d'élèves de sixième et septième années étaient là. Les cours étaient de plus en plus durs, et il fallait travailler deux fois plus qu'en temps ordinaire.

Finalement, elle avisa une table. C'était une table pour deux, et seul un siège était occupé. La personne assise là disparaissait entièrement derrière un énorme livre de sortilèges, si bien que Cassandre ne pouvait pas savoir de qui il s'agissait. De toute façon, pensa-t-elle, elle n'avait pas vraiment le choix si elle voulait enfin pouvoir s'asseoir et poser ses affaires pour travailler.

Elle s'approcha donc, s'éclaircit la voix et demanda calmement :

- Pardon, est-ce que ça ne te déranges pas si je me mets là ? Il n'y a plus de place ailleurs.

Cela se passa comme au ralenti. Le livre s'abaissa, découvrant le visage de la mystérieuse personne. Cassandre retint son souffle : c'était Tom Jedusor. Il était confortablement installé sur sa chaise, une pile de livres devant lui, et portait son uniforme scolaire au complet, robe de sorcier incluse, comme si rien pas même la chaleur suffocante ne pouvait l'empêcher d'être totalement maître de lui-même.

Je n'ai jamais de chance, Merlin, c'est pas possible !

Jedusor sourit. Il avait lu dans ses pensées. Il faisait souvent cet effet là aux autres élèves, et il s'en réjouissait plutôt.

Il fit de son mieux pour lui envoyer le sourire le plus courtois qu'il pu.

- Mais bien sûr, je t'en prie. Entre préfets en chef, il est de notre devoir de nous épauler.

Cassandre entendait très clairement l'ironie dans sa voix, mais ne releva pas l'insulte. Il ne servait à rien de discuter avec lui, et ce serait un piètre exemple pour les autres élèves de voir les préfets se livrer bataille dans un lieu publique. Elle alla donc s'asseoir. La place n'était pas en face de Jedusor, mais à côté de lui. L'idée d'être aussi proche de lui, de le toucher presque ne la rassura pas.

Si seulement quelqu'un d'autre était aussi à cette table, au moins ce serait un peu moins angoissant.

Bien que plongé dans sa lecture, Jedusor prenait tout de même la peine d'écouter les pensées de sa camarade. Après tout, il ne l'avait pas souvent à côté de lui, et ce serait certainement un bon moyen d'en apprendre plus sur elle. Evidemment, ce qu'il apprendrait pourrait lui servir. Il décida donc de ne faire que survoler son livre, afin de se focaliser sur l'esprit de la jeune fille. Le livre qu'il avait dans les mains n'était pas, de toute façon, très intéressant.

Bon, alors, il faut que je me concentre : « Les sortilèges de mystification utilisés au XVIIe siècle étaient-ils oui ou non efficaces ? Commentez à l'aide d'exemples. » Eh ben, je suis pas sortie de la bibliothèque. De toute façon, l'histoire de la magie ne sert à rien. Surtout avec Binns pour professeur. Si seulement, il avait pu oublier qu'il était professeur au moment où il est mort !

Jedusor réprima un sourire. Le professeur Binns était mort l'année passée. Et malheureusement, il n'avait pas pour autant arrêté d'enseigner. La remarque de la griffondor visait juste : c'était le cours le plus ennuyeux qui soit. Pour autant, l'histoire de la magie le passionnait, et il espérait bien en faire partie un jour.

A ce moment, un élève de Serdaigle, qui était aussi en sixième année, passa devant leur table et fit un bref signe à Cassandre pour la saluer.

Ouah, Joshua sait que j'existe, pas possible !

Jedusor fit une grimace. C'était tout simplement pathétique que même une fille un tant soit peu intelligente comme Cassandre puisse avoir ce genre de comportements puérils. Lui-même ne se comporterait jamais comme ça. Dieu merci, il savait se contrôler.

C'est fou ce qu'il peut avoir comme charme, je trouve…

Un bref coup d'œil de biais renseigna Jedusor : oui, Cassandre avait effectivement le regard dans le vague, un sourire idiot étiré à ses lèvres. Vraiment, c'était absolument ridicule.

Joshua était assis à une table à l'autre bout de la salle, et de là où ils étaient, Cassandre et Jedusor pouvaient très bien le voir.

Qu'il est craquant !

Non mais n'importe quoi. Ce type faisait perdre la tête à toutes les filles grâce à ses dons pour le quidditch. C'était ridicule, et ça ne faisait pas de lui un être d'exception. Alors que l'intelligence, le savoir, les aptitudes de l'esprit, l'ambition magique aussi… Mais Jedusor fut coupé dans ses pensées par celles de Cassandre.

Je me demande si c'est vrai qu'il embrasse aussi bien qu'on le dit ?

Jedusor eut un hoquet de surprise. En fait, c'était plus du mépris. Cassandre Blake, cette parfaite élève si sérieuse, préfète en chef, fantasmait sur les beaux garçons dès qu'ils passaient à sa portée ? Impensable. Dire que tout le monde pensait qu'elle était si sage.

Mais Jedusor décida d'en profiter. Après tout, ils étaient l'un à côté de l'autre, si proches, et il faisait si chaud. Il y avait peut-être un moyen de s'amuser un peu avec la griffondor.

Il attrapa un livre qui était posé devant lui et le laissa tomber abruptement juste sous le nez de Cassandre. Cette dernière, prise par surprise, sursauta comme si elle allait avoir une crise cardiaque. Elle se tourna vers lui, l'air interrogateur. Il se pencha alors vers elle, très prêt de son visage.

- J'avais l'impression que tu avais du mal avec ton devoir d'histoire de la magie, alors j'ai décidé de t'apporter un peu d'aide.

- Comment sais-tu que je fais un devoir d'histoire de la magie ? répondit-elle aussitôt, sur la défensive.

Il lui fit un sourire et, parfaitement conscient de son effet, avança encore un peu plus son visage du sien, jusqu'à frôler la peau de son cou.

- Je l'ai lu par-dessus ton épaule, répondit-il dans un murmure.

C'est fou ce qu'il a l'air sensuel quand il fait ça.

Jedusor était satisfait de son effet. Avec la chaleur ambiante, elle ne pouvait qu'être troublée. Il s'attarda un peu, à frôler son cou de manière à peine perceptible, et, la regardant d'abord dans les yeux, il fit lentement glisser son regard le long de son cou, pour finir sur le décolleté de son chemisier. Comme il faisait particulièrement chaud, elle avait ouvert quelques boutons de plus à son chemisier. Et de prêt, cela donnait une vue plongeante sur la naissance de sa poitrine. Cassandre rougit violemment, tandis que le regard du préfet se faisait plus insistant.

Il remonta alors son visage et murmura, tout contre l'oreille de la jeune fille :

- Est-ce vraiment une tenue appropriée pour une préfète en chef ? Vraiment ?

Il s'écarta d'elle et la regarda droit dans les yeux. Elle rougit encore plus violemment, ne pouvant soutenir son regard.

Jedusor rassembla alors ses affaires et les livres qu'il avait pris, se leva, et quitta la salle sans un regard de plus pour Cassandre. Il avait remporté cette partie avec une facilité déconcertante. Il était pour le moins satisfait de lui-même.

Après qu'il fut sorti, Cassandre repris ses esprits. Que venait-il de se passer. Jedusor avait essayé de la déstabiliser, rien de plus. Et elle n'avait pas opposé la moindre résistance. Elle s'était faite avoir comme une pauvre petite élève de première année sans défense, ce qu'elle n'était plus depuis longtemps. Elle n'était pas faible ; et il était hors de question de laisser Jedusor gagner et s'en sortir aussi facilement.

Bien déterminée à montrer sa façon de penser à son « collègue », elle se leva à son tour et sortit de la bibliothèque. Elle scruta les couloirs : où avait-il bien pu aller ? Elle pensa à leur dortoir commun, et pris donc le couloir de droite. Elle se mit à courir, et, à un détour, elle l'aperçu enfin. Elle courut jusqu'à sa hauteur, le rattrapa et le dépassa, le forçant ainsi à s'arrêter.

Il la dévisagea de haut en bas, un petit sourire moqueur rivé à ses lèvres. Cassandre se jeta un bref coup d'œil à elle-même : avec ses cheveux décoiffés d'avoir couru et toute sa tenue défaite, elle avait une allure des plus ridicules.

Je parie qu'il pense que j'ai l'air d'une folle maintenant. Il va se moquer de moi…

Mais Jedusor n'avait pas envie de se moquer ; elle avait tord. En fait, il devait bien avouer qu'il la trouvait attirante comme ça. Ce côté sauvage lui allait bien, et elle était indiscutablement sexy. « sexy » ? Avait-il réellement pensé ça. Ça y est : il commençait à penser comme les autres adolescents stupides de son âge. C'était inadmissible.

Comme il ne disait rien, Cassandre prit la parole.

- Jedusor, je voudrais savoir à quoi tu viens de jouer avec moi ? Je suis préfète en chef, je te le rappelle. Je ne suis certainement pas comme tous ces autres élèves fragiles que tu peux effrayer facilement. Alors, la prochaine fois que tu as envie de jouer à je ne sais pas quel jeu tordu que tu aimes tant, arrange-toi pour te trouver un de tes serpentards comme camarade de jeu, parce que je te préviens que je sais parfaitement me défendre !

Elle reprit son souffle, et ajouta d'un ton encore plus ferme et déterminé qu'avant.

- Et je sais aussi attaquer quand il le faut.

Sur ces derniers mots, elle tourna les talons sans lui laisser le temps de répondre, et retourna à la bibliothèque.

Jedusor resta un petit moment là, immobile au beau milieu du couloir. Finalement, cette fille était encore plus intéressante qu'il ne le pensait. Elle avait du caractère, une chose qu'il appréciait. Les griffondors en avaient souvent, mais cette qualité s'alliait rarement chez eux à l'intelligence nécessaire pour faire un grand sorcier. Pourtant, Cassandre Blake avait les deux qualités. Elle aurait été parfaite pour la maison de serpentard, pensa-t-il. Dommage… ça aurait pu être intéressant de l'avoir du même côté que lui. Mais après tout, l'année ne faisait que commencer, et il était clair à présent qu'il allait garder un œil sur elle.


Coucou, c'est fini pour cette fois… je sais, vous voulez la suite. Ben, moi je veux des REVIEWS ! voui, c du chantage, je sais… bisous à tous. Bientôt le prochain chap !!