Chapitre 4 : Les limites sont faites pour être franchies

La citation utilisée dans ce chapitre est le refrain de « How To Save A Life » de The Fray

10 :00 – Institut Xavier

Pour Logan qui était en haut de la tour, comme pour les élèves qui regardaient du bas, la chute sembla durer une éternité, ralentie dans un silence sourd ; personne ne criait. Et puis dans un fracas qui n'avait plus rien de sourd, Izzie et s'écrasa au pied de la tour ; et là tout le monde se mit à crier en même temps.

Wolverine dévala les escaliers dans un brouillard de peur et d'incompréhension. C'était scientifiquement impossible qu'elle ait survécu à la chute, l'impact devait l'avoir tuée sur le coup. Cependant il voyait chaque jour les limites du scientifiquement possible repoussées par les mutants ; il espérait juste que cette limite là aussi serait repoussée.

Izzie était étendu sur le sol, face contre terre, entourée d'un cercle d'étudiants effarés, immobile. Logan perça la foule pour se précipiter à ses côtés. Il la retourna doucement, appréhendant horriblement de voir son visage.

Il était intact. Ses yeux étaient morts, grand ouverts, et des larmes avaient perlé au coin de ses yeux – sans doute à cause du vent. Seul un mince filet de sang s'écoulait d'entre ses lèvres entrouvertes. Son bras droit en revanche semblait littéralement disloqué, et au vu de sa poitrine elle devait s'être cassé la moitié des côtes ; ce qui n'avait en soi aucune importance puisqu'elle était morte.

-Qui c'était ? demanda un étudiant.

-Elle est morte ?

-Est-ce qu'elle a sauté volontairement ?

Ceci c'était la voix d'un adulte. La voix de Tornade. Logan acquiesça sourdement. Puis il souleva le corps de la jeune femme et le porta à l'intérieur.

'Where did I go wrong, I lost a friend

Somewhere along the bitterness

And I would have stayed up with you all night

Had I known how to save a life'

Les deux mutants étendirent le corps sur le lit qu'elle n'avait même pas eu le temps de défaire. C'était tellement étrange. Elle avait sauté juste pour avoir le dernier mot et, de cette façon, Tornade ne pouvait pas dire à Logan que ce n'était pas de sa faute ; c'était en partie de sa faute.

Il le savait, il pensait la même chose. Il avait perdu le contrôle et il avait hurlé, alors qu'il aurait dû d'abord la ramener sur la terre ferme. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui, c'était à cause de lui qu'elle avait sauté.

Tornade sortit. Logan tira les rideaux et, dans la pénombre de la chambre, observa une dernière fois la jeune femme qu'il connaissait à peine et qui lui avait déjà fait tant de mal. Elle aurait pu en dire autant. Dans un accès de rage muette, il quitta la pièce, claquant la porte.

Plus personne ne repassa dans la chambre de toute la journée. Sans doute avaient-ils décidé qu'ils s'en occuperaient le lendemain. Certains étudiants s'arrêtaient devant la porte, la fixaient quelques secondes, puis repartaient.

D'ailleurs, même s'ils s'étaient donné la peine d'entrer, ils n'auraient vu autre chose qu'un cadavre sur un lit. Mais, s'ils avaient regardé d'un peu plus près, par curiosité, par rigueur, ou juste pour être sûrs, ils auraient pu voir que la poitrine se soulevait lentement sous les côtes cassées, ils auraient pu sentir un mince filet d'air s'échapper d'entre les lèvres. Et, s'ils avaient collé leur oreille sur la poitrine et écouté très attentivement, ils auraient pu entendre le cœur battre faiblement.

Izzie ne reprit connaissance qu'au milieu de la nuit. Ses paupières s'ouvrirent lentement, et elle resta immobile jusqu'à ce que ses yeux s'habituent à la pénombre. Elle essaya alors de se redresser et une vive douleur transperça son corps. Elle retomba en gémissant sur le lit, prenant conscience de la souffrance qui l'habitait. Chaque respiration était une épreuve, chaque mouvement une torture, et il lui semblait qu'elle ne pourrait plus jamais se servir de son bras droit. Mais elle était en vie. Elle poussa un long soupir, qui n'avait rien d'un soupir de soulagement.

Elle passa une nuit horrible. Il lui était impossible de dormir, impossible de bouger ou même d'appeler au secours, et elle avait l'impression d'asphyxier à chaque seconde tant ses côtes cassées l'empêchaient de respirer ; mais elle savait qu'elle n'asphyxierait pas.

Les ténèbres semblent éternité lorsque l'on regarde les moindres rayons de l'aube les percer peu à peu ; on se dit qu'il ne fera jamais jour, on désespère mais on regarde encore. Et quand enfin on aperçoit le soleil, c'est comme un nouveau souffle de vie. Peu à peu il y eut des bruits de pas, les couloirs de remplirent, les étudiants sortirent de leurs lits. Tous passèrent devant sa chambre, aucun n'entra.

Izzie resta encore ainsi une bonne heure, espérant à chaque fois qu'un bruit de pas s'approchait, murmurant de toutes ses forces quand il était là, désespérant quand il s'éloignait. Enfin, la porte s'ouvrit.

La lumière l'aveugla et elle cligna des yeux. Il y eut un bruit de tissu qui tombe au sol. Lorsque sa vue se fit nette, elle aperçut Logan qui la fixait, abasourdi.

-Mais que… mais comment… mais t'es pas morte.

Izzie hocha la tête de gauche à droite, et ce simple mouvement lui arracha une grimace de douleur.

-Oh merde. Tornade !!!!!!!!!!!

Voilou en fait ça fesait super longtemps que j'avais écrit ce chapitre mais j'avais oublié de le publier désolée si vous lâchez des reviews je publie demain le chapitre 5 vu qu'il est déjà écrit!!!! bisouxxxxxxxxxxx