réponse à Byaren :
Contrat abusif ? Oh oui, sans aucun doute possible, il n'a aucune forme de légalité ! Mais cela pimente l'histoire :) Et, quelle judicieuse remarque, à croire que tu as déjà lu le chapitre 5...
Mais pose-toi la question, qui est amoureux et qui ne l'est pas ? Peut-on être jaloux si on est pas amoureux ? Et n'est-on pas fidèle lorsqu'on l'est.
Je n'en dirai pas plus par peur d'en révéler trop.
Sinon, pour le rythme de publication, tant que j'ai des chapitres d'avance sur lesquels il reste encore la correction à faire, je dirai "hebdomadaire". Mais, cela peut ne pas être aussi régulier que cela : indisponibilité de moi-même ou de ma correctrice, évènement imprévu etc...
La correction peut me prendre plus ou moins de temps, c'est pour cela que les jours de publication ne sont pas réguliers, et comme je relis avant la mise en ligne, histoire de faire un peu de remise en forme et de vérifier qu'il n'y a rien eu de "mangé", il me faut un peu de temps en plus.
En général, pendant les vacances, je ne suis pas très disponible non plus. Il ne faudra pas s'inquiéter.
Chapitre 4
Le transfert
Assis à son bureau dans les quartiers administratifs de la sixième division, le capitaine Kuchiki semblait ne pas pouvoir travailler. Il posait accessoirement son pinceau, ouvrait un nouveau dossier, le refermait, regardait par la fenêtre, se perdait dans les nuages, revenait à son labeur, fixait les chemises à l'en-tête rébarbatif, reprenait son pinceau...
Le capitaine était perplexe.
La matinée s'était déroulée sans accroc jusqu'ici : il s'était réveillé de bonne heure, il avait mis Renji dehors, il s'était entraîné, il avait déjeuné avec son grand-père et était arrivé à son bureau frais et dispos. Rien que de très banal en somme.
Alors, pourquoi n'arrivait-il pas à s'ôter de la tête l'exclamation de Renji : "Même pas un baiser ? Quel tyran vous faites !".
Il s'étonnait de l'effet que ces mots avaient eu sur lui. Pire encore, ils envahissaient ses pensées alors qu'il devrait se consacrer entièrement à l'étude des dossiers qui s'empilaient sur sa surface de travail.
Par quel étrange maléfice ne parvenait-il pas à s'en débarrasser ?
Qu'avait eu donc de si particulier son fukutaichô ce matin-là pour que son image se superposât à tout ce qu'il entreprenait ? Le visage faussement ironique de Renji qui s'était exclamé, transfiguré ensuite par l'expression de sa joie à la perspective du rendez-vous nocturne.
Heureusement, son lieutenant était absent et ne pouvait pas le surprendre en pleine dispersion mentale. Il aurait été bien embêté dans le cas contraire, après s'en être pris si souvent à lui pour la même raison.
Mais par chance, Renji était allé rapporter les incidents de la semaine ayant eu lieu dans leur secteur, aux officiers de la dixième division, laquelle était chargée de la sécurité générale du Seireitei. Le connaissant, cela lui prendrait un certain temps, surtout si la vice-capitaine était dans les parages. Il était presque certain qu'il devrait assurer lui-même l'entretien de la recrue en cours de transfert. Venir à bout de ses dossiers avant son arrivée allait tenir du miracle.
Il revint à la lecture du mémo qu'il avait interrompue. Il émanait de la douzième division et mentionnait la recrudescence de l'apparition des Hollows sur Terre, et plus particulièrement à Karakura. Le graphique qui accompagnait cette constatation était plus qu'éloquent et montrait une augmentation du nombre de Hollows proportionnelle au temps qui passait.
Byakuya classa rapidement la note : rien que le Shinigami en poste et les amis du Shinigami remplaçant ne pussent gérer. Avec un soupir à peine maîtrisé, il ouvrit une autre chemise.
De rapports mineurs en questionnaires fastidieux, la matinée était presque écoulée lorsqu'on frappa à la porte.
« Entrez.
— Taichô, le candidat est arrivé, annonça son troisième siège en lui tendant un dossier supplémentaire.
— Bien, fais-le entrer dans une minute. »
Le capitaine abandonna son travail en cours pour se plonger dans les états de service du soldat qui viendrait enfin compléter les rangs de la sixième division, à condition qu'il s'en montrât digne.
La porte s'ouvrit et se referma. Des pas légers se firent entendre et s'arrêtèrent à quelque distance de son bureau. Le nouveau venu manifesta sa présence.
Au timbre fluet de sa voix, Byakuya redressa la tête et fut stupéfié de voir devant lui une jeune femme de taille moyenne, au lieu de l'homme qu'il s'attendait à accueillir.
« Qui es-tu et que viens-tu faire ici ? demanda-t-il assez sèchement, contrarié par cette nouvelle perte de temps.
— Caporal Kan Utakata(1) de la onzième division ! répondit-elle en se raidissant. J'ai requis mon transfert et je réponds à la convocation pour l'entretien de validation de mon affectation à la sixième division.
— Quelle est cette plaisanterie ?
— Je vous demande pardon mais je ne comprends pas, capitaine Kuchiki, dit-elle d'une voix incertaine.
— Tu n'es clairement pas l'homme que j'attendais.
— ... »
Après cette affirmation catégorique, la personne nommée Kan Utakata resta muette d'embarras. Le capitaine Kuchiki était sérieux. Il avait posé ses deux mains à plat sur son bureau, s'était levé, et elle suivait maintenant son approche avec une anxiété croissante. Il avançait à pas mesurés et la fixait d'un regard froid, progressant vers elle comme un serpent vers sa proie. L'air se raréfia autour d'elle.
Ennuyé, Byakuya soupçonnait une blague d'un goût douteux. Car si le nom correspondait bien à celui du dossier, ce qu'il voyait lui confirmait que le sexe en était l'opposé. Mille questions venaient à son esprit.
Qui cherchait donc à se jouer ainsi de lui et dans quel but ? Y avait-il des femmes à la onzième division en dehors du vice-capitaine Kusajishi ? Cette Kan Utakata était-elle la cible d'une mauvaise farce ? Qui avait eu l'impudence de falsifier des documents officiels ? Pourquoi n'y avait-il pas de photographie sur la fiche d'identité des Shinigamis, ce qui lui aurait épargné les complications actuelles ?
Tout en se faisant ces réflexions, il détaillait sans vergogne la silhouette mal à l'aise qui se tenait debout devant lui. Si sa première impression était fausse et que c'était un homme, il émanait de lui une féminité qui laissait loin derrière le capitaine Ukitake, le plus délicat des hommes Shinigamis qu'il connût, sans vouloir l'offenser.
Son regard inquisiteur balaya rapidement ses cheveux courts, d'un blond doux et lumineux, séparés par une raie légèrement sur le côté ; il traîna sur ses boucles souples encadrant son visage aux traits pâles et fins ; s'arrêta sur ses paupières aux arcs bien dessinés et aux longs cils noirs, à demi-baissés sur des yeux à l'iris si clair qu'ils en paraissaient transparents ; tomba sur un nez droit aux ailes délicates, encadré par deux pommettes hautes, dont la couleur pêche prouvait la gêne de leur propriétaire. Il descendit sur ses lèvres fines et nacrées colorées d'une nuance corail, glissa sur un cou à la pomme d'Adam invisible et s'étendit sur son décolleté gracile qui laissait apparaître le développement d'un buste droit.
Il n'avait pas besoin d'y regarder à deux fois, c'était bien une femme qu'il avait sous les yeux et non pas un de ces Shinigamis pétri d'hormones masculines si chers au capitaine Zaraki.
Il n'allait pas perdre plus de temps dans cette mascarade et décida de s'en remettre à la voie administrative pour régler le problème. Si des plaisantins étaient à l'origine de cette farce, ils seraient découverts bien assez tôt.
« Il y a eu une erreur manifestement, sans doute créée par une homonymie à l'origine. Je vais régler cela avec la onzième division et le service de recrutement. Tu peux disposer. »
Byakuya s'en retourna vers son siège sans plus jeter un regard sur le sous-officier, considérant l'affaire close. Cependant, celui-ci, libéré de la domination visuelle, affermit sa prise sur la poignée de son zanpakutô et déclara en prenant le ton le plus ferme possible :
« Il n'y a pas d'erreur, je viens de la onzième et je vous assure que malgré mon apparence, je suis bien un homme, capitaine Kuchiki. »
Celui-ci fit demi-tour et posa un regard plein de mépris sur la femme qui osait ainsi le défier.
« Je n'aime pas que l'on se moque de moi. Si tu persistes, il t'en coûtera, menaça-t-il alors, d'une voix dont la tonalité calme ne laissait rien présager de bon.
— Je peux vous le prouver, insista cependant Kan Utakata sans hésiter.
— Procède » permit Byakuya d'un geste de la main, avec une légèreté qui cachait la curiosité qui aiguisait à présent son intérêt : comment allait-elle s'y prendre ?
Et le capitaine Kuchiki resta impassible alors que Kan dénudait son torse et découvrait une poitrine plate. Il baissa simplement la tête et continua son examen impitoyable.
Un torse imberbe et finement musclé, résultat d'un entraînement quotidien.
Une taille mince et un maintien qui laissait deviner la cambrure des reins.
Des hanches légèrement rebondies sur lesquelles reposait maintenant la veste de kimono noire.
Même Rikichi, l'intendant le plus jeune de sa division, n'avait pas une allure aussi peu masculine.
« Poursuis, ordonna Byakuya sans pitié, décidé à éprouver la résolution du sous-officier, et donne-moi la raison de ta demande de transfert. »
Il pensait qu'un homme avec un physique pareil serait un handicap et manquerait de courage et de caractère. Le fait qu'il voulût quitter la onzième division en était d'ailleurs un signe.
Il s'attendait à ce que le caporal refusât son ordre et il en aurait eu le droit. Mais Kan s'exécuta sans broncher, et tout en s'expliquant, dénoua son hakama et son dessous :
« Peu de temps après mon arrivée à la onzième, il est devenu évident que je ne convenais pas au standard requis. Pourquoi j'y avais été intégré en premier, je ne le sais pas. J'ai demandé mon transfert mais nous étions en pleine guerre, les mutations étaient figées. Bien que j'aie été promu caporal, j'ai renouvelé ma demande dès que cela a été possible. ».
Il n'avait pas l'air particulièrement emprunté en se déshabillant sous le regard de Byakuya, ce qui prouvait son caractère, à moins que ce ne fût sa soumission, comme s'il avait l'habitude de ce genre de chose.
« Le standard requis ?
— Foncer tête baissée sans autre considération que le combat, risquer sa vie pour éprouver sa force pendant que vos compagnons sont là, à regarder votre duel. »
Kan acheva sa phrase en même temps que sa délicate entreprise et releva la tête. Tenant entre ses doigts longs et fins les ceintures qui retenaient ses pantalons, il laissa voir sans trembler l'appendice qui validait son existence en tant qu'homme.
Byakuya, comme si de rien n'était, continuait son interrogatoire :
« Tu n'aimes pas te battre ?
— Je suis Shinigami, le combat est une deuxième vie pour moi et je ne demande pas ma mutation pour fuir. Je pense l'avoir prouvé au cours de la guerre, capitaine Kuchiki. »
En dépit de sa condition que n'importe qui aurait trouvée humiliante, il se tenait droit en fixant Byakuya dans les yeux de son regard limpide, comme si sa fierté avait été blessée par la supposition qu'il avait agi par lâcheté. De fait, ses états de service étaient élogieux, se souvenait le capitaine.
Les Utakata étaient une ancienne Famille de la noblesse, de peu de pouvoir mais connue et honorable. Byakuya était intrigué par le comportement du jeune homme et par les raisons qui l'avaient fait devenir Shinigami alors qu'il aurait pu jouir d'une vie tranquille et confortable où son apparence aurait été un atout plutôt qu'un obstacle. Mais il n'avait pas à évoquer un tel sujet avec lui.
« Bien, tu as tous les attributs d'un homme. Tes états de service sont corrects. »
Byakuya soupira et retourna s'asseoir : « Tu peux te rhabiller ».
Sur ces entrefaites, précédé d'un « toc ! toc ! » retentissant, la porte s'ouvrit sur Renji.
Il n'avait pas fait deux pas qu'il se pétrifia sur place. Sa mâchoire se décrocha et ses yeux sortirent de leurs orbites. Son cerveau resta bloqué sur le traitement de l'image qu'il avait devant lui : des mèches blondes bouclant sur une nuque délicate, le grain sans défaut d'une peau à la texture moirée recouvrant un dos cambré et la naissance d'une croupe arrondie et blanche, le tout offert au regard de son précieux taichô qu'il ne voulait que pour lui seul.
Il en perdit tout contrôle tactile et les dossiers qu'il tenait glissèrent de ses bras sans qu'il en eût conscience. Les feuilles blanches, remplies de lettres noires, dansèrent un instant dans l'air avant de s'éparpiller en un froufrou irréel sur le sol.
Inconsidérément, Kan se retourna vers le nouvel arrivant et lui fit face, toutes voiles dehors. La créature de rêve s'était transformée en un dangereux rival ! Renji, sous le choc, tenta un redémarrage de ses esprits :
« Ca- ca- ca- ca- ca- cap-...
— Ah ! Renji, tu reviens juste à temps » fit Byakuya, royal dans son ignorance volontaire de l'état de son fukutaichô, au bord de l'arrêt cardiaque, et splendide d'esprit de suite en dépit de l'incongruité de la scène qu'ils présentaient. « Je te présente le caporal Kan Utakata. Il intègre dès aujourd'hui la division. Montre lui les lieux et son affectation.
— Je m'en remets à vous, Abarai fukutaichô » claironna Kan tout aussi détaché de la situation, avant de prendre soin de remettre en place sa tenue.
Ledit vice-capitaine restait muet et regardait son supérieur sans comprendre. Mais celui-ci se désintéressait déjà de la suite des événements et se concentrait sur la reprise de son labeur. Une violente colère l'envahit qu'il maîtrisa avec difficulté, il laissa monter une flambée de reiatsu, parfaitement ignorée de son capitaine, « maudit article 2 ! » pensa-t-il en un instant, et il adressa un regard irrité à celui qu'il soupçonnait dorénavant d'avoir cherché, et réussi, à circonvenir son amant par des moyens vils et vulgaires.
« Suis-moi ! » dit-il, et il sortit.
Kan, rhabillé à toute vitesse, évita les papiers épars sur le sol et se précipita derrière l'officier à la chevelure de feu avant de se faire distancer. Il avait eu le temps de remarquer son air agressif accentué par ses tatouages faciaux, et il redoutait sa réaction mi-compréhensible, mi-étrange.
Le long du corridor, Renji marchait à grandes enjambées et fulminait. Il ne se donna pas la peine de vérifier si oui ou non le nouveau lui avait emboîté le pas.
« Abarai fukutaichô, attendez-moi ! Attendez-moi, s'il vous plaît ! » cria loin derrière lui Kan, tout en s'élançant d'un pas vif pour le rattraper avant qu'il ne bifurquât à un croisement et qu'il ne disparût à sa vue.
La tête du troisième siège, alerté, sortit du secrétariat, l'archiviste laissa tomber à terre un des rouleaux qui formaient une pyramide instable au creux de ses bras et Rikichi, en route vers l'intendance avec une récolte toute fraîche de papillons spirituels, se colla contre le mur pour laisser passer le lieutenant furieux.
« Veuillez m'excuser » lança au passage Kan au Shinigami qu'il entrevit par la porte ouverte des archives, et il sauta avec grâce par-dessus le parchemin qui roulait dans le couloir. Un moment interdit, il s'arrêta à une intersection et regarda à droite et à gauche, cherchant son chemin, puis tourna à gauche en jetant à la volée un « merci ! » au porteur de la cage emplie d'insectes voletant en tous sens qui lui avait fait signe. Il emprunta la porte au fond du corridor et se retrouva dehors sous une véranda, laquelle bordait l'extrémité d'une grande cour rectangulaire où l'attendait le vice-capitaine.
Le reiatsu de son tout nouveau supérieur était suffisamment étendu pour l'inciter à tenir serrée la poignée du zanpakutô qu'il portait à la hanche gauche. À sa décharge, il fallait dire que son passage à la onzième division l'avait rendu prompt à réagir à la provocation.
Se tenant au centre de l'esplanade, Renji avait tout le temps de le détailler de la tête aux pieds alors que Kan, progressant vers lui, se demandait à quelle sauce il allait être mangé. Aux alentours, plusieurs Shinigamis s'étaient arrêtés et observaient le duo, curieux et intrigués par l'air peu aimable de leur fukutaichô face à une jeune et jolie femme qui semblait prête à la bataille.
Simultanément, chacun des deux acteurs de cette scène tout droit sortie d'une parodie de western se livrait à un exercice mental qui passa inaperçu des spectateurs rassemblés.
Renji se récitait en boucle tous les articles du fameux contrat qu'il avait passé avec le capitaine et arriva à se calmer. Kan passait en revue le règlement pour y trouver la punition en cas d'assaut sur un supérieur, que celui-ci ait porté le premier coup ou non. Ayant conclu à la prison, ce qui entacherait son dossier et son honneur, il relâcha la poignée de son zanpakutô.
« Abarai fukutaichô, je crains qu'il n'y ait eu un malentendu, commença-t-il.
— J'ai parfaitement vu ce que j'ai vu, Utakata gotchô (2).
— Certes, mais vous faites de toute évidence une mauvaise déduction sur ce qui m'a conduit à … ». Kan s'interrompit, regarda de droite et de gauche pour s'apercevoir qu'ils étaient l'objet de l' attention de beaucoup et reprit, en chuchotant cette fois-ci : « Enfin, vous voyez ce que je veux dire.
— Je n'ai aucune envie d'en connaître la raison. Le capitaine t'a intégré à la compagnie, peu importe ce que j'en pense personnellement. Pour l'instant, ainsi qu'il me l'a demandé, je vais te montrer les lieux et tes quartiers. Puis je te conduirai au commandant de ton escadron. »
C'est ainsi que Renji clôtura l'affaire, bien décidé à mettre tout cela au clair le soir venu.
Fin du quatrième chapitre
Notes :
(1) Que les puristes ne m'en veuillent pas d'utiliser ainsi un grade dont je ne suis pas sûre qu'il existe dans le Gotei.
Je m'en explique : dans Bleach, on parle très peu de l'organisation des divisions, de l'ordre hiérarchique, je prends donc souvent des libertés par rapport à cela, de façon à mettre en scène la vie dans les divisions.
(2) caporal
Scénette Renji/Byakuya, commencée au chapitre 3 : deuxième et dernière partie
Byakuya, encore un peu pâle, s'est redressé, et, le buste appuyé sur les oreillers, demande une fois encore :
— Renji, répète-moi tout depuis le début, veux-tu ?
— Encore ? Mais vous voulez ma mort !
— Ne fais pas l'enfant, Renji. Il y va de mon honneur et de mon rang.
— Tout est parti d'un magazine de bande dessinée et d'un auteur de talent, Tite Kubo...
*le temps passe*
*le temps repasse*
*et repasse encore...
Renji raconte les xxx chapitres, les xx volumes, l'animé, les DVD, les goodies, les traductions en plusieurs langues, etc... et passe sous silence les cosplays de peur d'une nouvelle syncope.
— C'est... aberrant. Tu dis que nos vies ont été inventées et que nous ne vivons que dans la tête des personnes qui les lisent.
— Voilà, c'est ça. Et il faut compter également parmi les auteurs, les fans qui nous font vivre des aventures qui ne sont pas celles d'origine.
— Mais c'est horrifique !
— Horrifique ?
— C'est absoluement interdit ! Je me révolte violemment contre cette utilisation de nos existences, quand bien même elles ne seraient que pure fantaisie sur du papier.
— Taichô, sans cela, vous ne m'auriez pas dans votre lit.
Un silence, puis :
— Tu marques un point.
— Après tout, tant que l'auteur ne me ridiculise pas...
Et donc, avec l'assentiment du Seigneur Kuchiki, je me permets de continuer cette histoire :
Prochain chapitre : Amour sucré, amour amer
