Note : Et voici le quatrième chapitre de cette petite fiction ! (qui fait quand même 25 pages sous Word, soit autant, mine de rien, que tous les chapitres déjà écrits de Transfert) J'espère que vous aimerez cette conclusion. Bonne lecture à tous !
Chapitre 4 : Sucre
Le reste de la nuit passa, d'abord peuplé d'éclats de rire puis seulement de la musique douce s'élevant depuis la piste de danse. Tamao bâilla, gardant difficilement les yeux ouverts. Pourtant le jour ne semblait pas avoir prévu son apparition de sitôt.
Pirika avait les yeux fermés, la tête sur les genoux de son frère, et Anna était miraculeusement lovée contre Yoh qui semblait ne pas en croire sa chance. Tamao l'enviait un peu. Non pas pour être près de Yoh, plus pour avoir quelqu'un contre qui s'appuyer et savoir pouvoir s'endormir en toute sécurité. Elle n'aurait plus à se pincer régulièrement pour rester éveillée.
Une partie des shamans étaient déjà partis, d'autres mettaient un point d'honneur à camper sur leurs positions, refusant de s'en aller avant l'arrivée du soleil. C'était le cas des X-laws car Marco avait établi que partir avant le groupe d'Hao serait un signe de reddition, or ces derniers étaient en réalité toujours présents, éparpillés un peu partout. Leur maître n'était en vue nulle part pour l'instant mais tout le monde avait entendu Rakist certifier à Opacho qu'il n'était pas rentré.
Les Gandharas quant à eux étaient repartis, formant un défilé à la suite de Sati. Elle avait tenu personnellement à remercier et féliciter les paches pour l'agréable soirée qu'elle avait passée avant de s'en aller. Ces derniers étaient tous présents, ne pouvant partir tant qu'il resterait un nombre conséquent de shamans sur place. Silva et Karim étaient d'ailleurs venus s'installer à côté d'eux, n'ayant rien à faire en attendant que ce soit leur tour de s'occuper de la musique, poste auquel ils se relayaient tous.
- Et toi Tamao, tu as passé une bonne soirée ? questionna Silva.
La jeune fille mit une éternité à comprendre que c'était à elle qu'il s'adressait et encore plus longtemps à répondre.
- Oui.
- Tant mieux, lui sourit le pache en retour.
- Tu sais, intervint Yoh, si tu es fatiguée, tu peux rentrer.
- Non, non, ça va, répondit-t-elle, précipitamment cette fois.
- Tu tombes de fatigue, tu es sûr que tu ne veux pas que l'un de nous te raccompagne à ta chambre, insista Lyserg qui faisait des allers-retours entre leur groupe et celui des X-laws.
- Non je vais bien, je vous assure, refusa Tamao en rosissant.
Les garçons lui retournèrent un regard sceptique mais passèrent à autre chose.
- Ils sont mignons, commenta Yoh d'une voix pâteuse en regardant Jun et Pyrong danser sur la piste.
- Pff...
Ren détourna la tête et croisa les bras.
- Lyserg…
Le jeune garçon se retourna pour tomber face à Jeanne. Il se releva aussitôt, au garde-à-vous.
- J'aimerai bien…
La sainte fronça les sourcils, essayant de mettre des mots sur ses envies.
- Je voudrais danser.
Ils s'éloignèrent tous deux sous les sourires de Yoh et des autres.
- Eux aussi sont mignons, commenta Silva alors que la vierge de fer entraînait la jeune homme sur la piste. Et ils dansent bien, ajouta-t-il après qu'ils aient effectué quelques passes.
- Lyserg ne nous avait pas dit qu'il avait suivi des cours de danse, enfant ? releva Manta.
- Ca se voit, commenta Horohoro.
- Crâneur, grogna Ren.
- Jaloux ? le taquina son coéquipier aux cheveux bleus.
- Il y a de quoi s'il danse mieux que toi, renchérit Chocolove.
- Tu veux qu'on aille demander à Maiden lequel de vous deux danse le mieux ? reprit Horohoro.
Chocolove ouvrit à son tour la bouche pour enchaîner mais le Gwen Dao de Ren fut le plus rapide et tous deux préfèrent garder le silence, en plus de rester à une distance respectable du chinois en colère.
…
Le silence s'installait peu à peu quand Ryu eut une idée pour relancer la discussion.
- Ca vous dit les jeunes un petit jeu de la vérité ? proposa-t-il.
- On n'a rien à cacher, clama aussitôt Horohoro.
- As-tu aimé danser avec Mary ? lança aussitôt Ryu.
Le jeune homme rosit légèrement sous les regards goguenards des autres garçons présents.
- Quelle fille trouvez-vous la plus mignonne ? questionna Yoh. Moi c'est Anna.
- Mignonne ? répéta cette dernière d'une voix glaciale.
- Mignonne, belle, superbe, c'est la même chose, se rattrapa son fiancé en se raidissant.
Cependant la jeune femme ne daigna pas bouger, sans doute trop bien installée dans ses bras.
- Pas tout à fait, rectifia Ryu. Belle je dirai Sati, mais mignonne je dirai Maiden. Et pour superbe Jun.
- Ne t'avise pas de t'approcher de ma sœur ! cracha Ren.
- Elle a déjà son mort-vivant pour la protéger, pas la peine d'un petit frère teigneux en plus, intervint Horohoro, ce qui lui valut un formidable coup de poing.
- La plus mignonne je dirai Pirika, déclara Chocolove pas trop fort, profitant qu'Horohoro soit en train de reprendre ses esprits et ne prête pas trop attention à la conversation.
- Et toi Manta, dis-nous tout, l'encouragea Ryu.
- Les Hanagumi pourraient être belles si elles ne me faisaient pas aussi peur, rit-il. Je dirai Pirika également, surtout en train de dormir dans les bras de son frère.
- On peut savoir ce qui vous fait rire ? s'énerva Ren en avisant les sourires complices que s'échangeaient Karim et Silva.
- On constatait juste que vous n'êtes encore que des enfants, révéla Silva.
Ren les foudroya du regard mais ne bougea pas, contrairement à Horohoro qui essaya de se relever pour les défier. Ce qui bien entendu fit basculer Pirika qui était appuyée sur lui, la réveillant. Elle commença à grogner quand son frère la reprit dans ses bras en s'excusant. Fatiguée, elle referma les yeux et se laissa faire sans trop d'histoire.
- Pourquoi dites-vous cela ? s'enquit Yoh en se tournant vers Silva.
- En vous écoutant, répondit à sa place Karim, on a l'impression que vous êtes en train d'élire la plus adorable des poupées à la place de la plus belle des miss.
- Ce qui signifie ? demanda le décryptage Ryu.
- Nulle autre chose que ce que j'ai dit, répondit Karim, que vous en êtes encore à jouer à la poupée. Ah Silva, je crois que c'est notre tour, pour la musique.
- Tu as entièrement raison.
Les deux paches se levèrent et s'éloignèrent rapidement, laissant sur place la bande d'amis vexés.
- Rien à faire de ce qu'ils peuvent dire, je trouve quand même que la plus mignonne, c'est Mary, se buta Horohoro.
- Bien dit, appuya une voix venue d'en-dehors de leur petit cercle. Et moi Tamao.
La concernée, qui se sentait oubliée depuis le début du débat, rougit alors qu'Hao s'asseyait juste à côté d'elle. Opacho arriva en sautillant à sa suite et s'installa sur les genoux du nouvel arrivant.
- Je n'ai pas le droit de donner mon avis ? fit Hao en remarquant les regards hostiles que lui portaient les garçons.
- Tu n'as pas le droit de t'approcher de Tamao, trancha Anna qui s'était subitement redressée, à la plus grande déception de Yoh.
Hao se contenta de lui retourner un sourire.
- On est censé faire la paix ce soir, non ? souleva Yoh.
Voyant qu'aucune des personnes présentes ne contestait, il posa une autre question.
- Quel garçon trouvez-vous le plus mignon ?
- Seigneur Hao ! s'exclama Opacho en se levant.
- Yoh… soupira Horohoro. Anna et Tamao vont te citer et Pirika dort, tu ne veux pas trouver une autre question ? lança-t-il avec désinvolture.
Tamao piqua du nez, se sentant de plus en plus mal au fur et à mesure de cette fichue soirée.
- Pourquoi ne répondrais-tu pas ? intervint Hao.
- Tu répondrais toi ? riposta Horohoro.
- Bien sûr, haussa les épaules Hao. Je dirai Yoh, à condition qu'il laisse pousser ses cheveux.
Tous firent un instant la navette entre Yoh et Hao, silencieux.
- Belle preuve de narcissisme, coupa Anna, abrégeant les pensées de tous les autres qui étaient plus lents d'esprit qu'elle.
- Je suppose que vous auriez mal pris que je me désigne moi-même, répondit Hao avec son éternel sourire.
- Le garçon le plus mignon, ce serait Lyserg, de toute manière, se prononça Ryu.
- Et toi Manta ? demanda Yoh.
- Réponds à tes questions avant d'embêter les autres, se protégea son ami en souriant.
- Jolie répartie, apprécia Hao.
Yoh fit un sourire gêné alors que tous se tournaient vers lui, visiblement décidés à l'entendre s'exprimer.
- Je dirai Hao… déclara-t-il prudemment. A condition qu'il se coupe les cheveux.
- Tu te noieras dans ton reflet, prophétisa Anna.
- Dis Tamao, demanda Hao en se tournant vers la jeune fille, provoquant le raidissement des amis de cette dernière dont il ignora les regards menaçants dans sa direction. Tu trouves vraiment que Yoh est le garçon le plus mignon ?
Tamao serra les poings.
- Te sens pas obligée de répondre Tam, intervint Conchi en surgissant au-dessus de son épaule droite.
- Ouais, réponds pas, renchérit Ponchi, apparaissant sur son autre épaule.
Hao leur lança un regard méprisant mais ne commenta pas.
- Opacho, murmura Tamao.
Les garçons lui adressèrent des regards surpris, lui demandant implicitement de s'expliquer.
- Je trouve que le garçon le plus mignon, c'est Opacho, arriva à formuler la jeune fille alors que simultanément ses joues s'empourpraient.
- Mais non ! rectifia ce dernier, Seigneur Hao est le plus beau !
- Tu as raison, je retire ma proposition de tout à l'heure, fit Yoh, venant à la rescousse de Tamao. Ne m'en veux pas Hao, mais en fait Opacho est beaucoup plus mignon que toi.
- Combien de filles différentes avez-vous déjà embrassé ? enchaîna Anna.
- Une seule, se hâta de répondre Yoh.
- Je le savais, commenta Anna. Moi aucune, ajouta-t-elle sous le regard amusé d'Hao.
- Il faut vraiment répondre à cette question ? rit Chocolove. Parce que pour moi le temps de toutes les compter… aouch !
- Merci Manta d'avoir traduit le ressentiment général, déclara sérieusement Ryu.
- Seigneur Hao, il y a un problème là-bas, les surprit la petite voix fluette d'Opacho qui désignait la piste de danse.
Le petit groupe se leva pour s'approcher voir, Horohoro portant sa sœur dans les bras.
…
Au milieu de la piste de danse, Mach et Lyserg se faisaient face, chacun visiblement furieux, leurs fantômes gardiens à leurs côtés prêts au combat. D'un côté, Mary et Canna essayaient visiblement d'apaiser Mach alors que de l'autre, les anges restaient silencieux.
L'apparition d'Hao créa un véritable remue-ménage parmi les X-laws qui s'alignèrent tous aux côtés de Lyserg, revolvers en mains. Aussitôt, les membres d'Hao se regroupèrent auprès de leur maître, surgissant de parmi la foule, n'ayant attendu que sa présence pour intervenir.
- Il serait dommage, fit remarquer Hao d'une voix claire, qu'un bal aussi convivial se termine en champ de bataille, vous ne trouvez pas ?
Malgré sa remarque, aucun des deux groupes ne sembla faire mine de bouger. Hao s'avança alors vers les X-laws qui s'agitèrent, mais un geste de leur sainte suffit pour les réduire à l'immobilité.
- Danser serait une bonne manière de briser cette tension, non ?
Jeanne hésita brièvement avant de retrouver le visage impassible que sa fierté lui ordonnait. Marco semblait hérissé mais en disait rien. Hao allait tendre la main à Jeanne quand Lyserg s'interposa.
- C'est inutile, déclara-t-il.
Sans leur laisser le temps de répliquer, il traversa la piste pour aller tendre la main à Mach.
- Je ne comprends pas à quoi il joue, souffla Horohoro en fronçant les sourcils.
- C'est pourtant simple, intervint Manta. Pour désamorcer le conflit, il faudrait que deux personnes de clans différents dansent ensemble, ce serait un moyen de signer une trêve. Hao allait proposer cette danse à Jeanne car ce sont eux les têtes dirigeantes, mais Lyserg l'a pris de vitesse. Il ne veut pas mettre sa chef dans l'embarras donc va résoudre l'affaire tout seul. Ainsi le différent entre les X et les équipes d'Hao redevient juste ce qu'il était initialement, une affaire entre Mach et Lyserg.
- Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, c'est compliqué, geignit Horohoro.
- En bref, récapitula Manta, qu'Hao danse avec Jeanne ou Lyserg avec Mach, cela reviendra au même, ça établira une paix temporaire.
Pendant ce temps, Mach examinait avec suspicion la main tendue de Lyserg, comme si cette dernière cherchait à la mordre. Elle se résigna finalement à la prendre et tous deux allèrent danser au milieu de la piste, ressemblant à un couple de pantins, chacun tenant l'autre le plus éloigné possible et avec une expression de dégoût ou de profonde colère sur leurs visages. Cependant, leur danse eut l'effet escompté car chacune des deux parties se dispersèrent, leurs membres respectifs retournant vaquer à leurs occupations.
- On l'a échappé belle, fit remarquer Yoh.
Anna acquiesça gravement de la tête, le visage sombre.
…
Tamao regarda de loin la piste de danse où les coalitions sous les ordres de Jeanne et Hao se dissolvaient. Elle n'avait pas suivi les autres jusqu'au bord de la piste, préférant rester à l'écart, même si désormais elle était seule. Un vent frais se leva et elle frissonna. Prenant la décision de rentrer, elle se mit en marche, s'éloignant des lumières et des bruits.
Elle atteignait les premières constructions, les bras serrés autour d'elle dans l'espoir de conserver la chaleur de son corps, quand l'air autour d'elle sembla se réchauffer considérablement. Elle écarta les bras, les laissant retomber le long de son corps, et chercha des yeux la cause de ce changement de température. Elle n'aperçut personne aux alentours mais désormais il faisait juste bon.
- Comment faites-vous ça ? demanda-t-elle timidement dans le vide.
- Je me contente de réchauffer la masse d'air qui t'environne, lui répondit Hao en apparaissant dans son dos.
Tamao sursauta et baissa les yeux, n'osant pas le regarder.
« Qu'est-ce que vous voulez ? » pensa-t-elle très fort, incapable de formuler sa question à voix haute. Elle sentit ses doigts se poser sur son visage et il appuya sur sa joue pour la forcer à relever la tête.
- N'avais-tu pas une question sans réponse, tout à l'heure ? fit-il avec légèreté. Une histoire de chocolat, de caramel et de sucre.
Tamao ferma les yeux pour se soustraire à son regard, essayant en dernier recours la technique de l'autruche. Elle était totalement paralysée et se crispa en sentant le souffla d'Hao venir chatouiller son visage.
- Tu ne voulais pas savoir quel goût avait mes lèvres ? murmura-t-il.
Cette fois-ci c'était certain, Tamao était maudite. Depuis le début de la soirée, elle allait de situation désastreuse en situation désastreuse et celle-ci était la pire de toutes, amenant sa gêne à son paroxysme.
Visiblement Hao attendait une réponse que Tamao lui donna en secouant faiblement la tête de gauche à droite. Non, elle ne voulait surtout pas savoir, elle ne voulait rien savoir de lui, elle voulait partir.
- Dommage, enchaîna-t-il.
Pendant un bref instant, Tamao crut qu'il allait s'éloigner et la laisser tranquille, crut qu'elle allait être débarrassée de lui. Elle s'était trompée.
- Parce que moi j'ai bien envie de connaître le goût des tiennes, continua-t-il.
Tamao retint sa respiration en sentant la bouche d'Hao se poser contre la sienne. Son estomac devait être en train de jouer au saut à l'élastique dans son ventre, d'après ce qu'elle ressentait. Elle lutta contre l'envie d'attraper la cape du jeune homme comme elle l'avait fait précédemment dans la soirée, gardant obstinément les bras le long du corps. Son esprit commençait un peu à tourner et elle entrouvrit très légèrement les lèvres.
La même odeur flottait autour d'elle, mélange sucré de chocolat et de caramel. Prise de curiosité, elle laissa Hao approfondir le baiser quand il attrapa son visage en coupe dans ses mains. Elle avait eu raison, c'était sucré.
Hao se recula et elle rouvrit brutalement les yeux, le souffle court. Ses jambes devenaient flasques et elle vacilla un instant, cherchant à retrouver l'équilibre. Les mains du jeune homme la rattrapèrent par la taille, l'aidant à tenir sur ses pieds. Elle l'entendit rire doucement et baissa la tête, vexée.
- Ne boude pas, souffla-t-il en posant ses lèvres contre son front.
A quoi jouait-il ? Il n'y avait personne autour d'eux à faire enrager, juste lui et elle. Ne pouvait-il pas s'en aller tout simplement et cesser de l'humilier ?
- Crois-moi si j'avais voulu t'humilier, je ne m'y serai pas du tout pris ainsi, prononça-t-il distinctement.
Tamao frissonna, le sentant menaçant, et n'osa pas lever les yeux vers lui. Elle n'imaginait que trop bien les yeux de feu qui la transperceraient instantanément.
- Allez viens, je te raccompagne, soupira-t-il en la lâchant.
Il se mit en marche et Tamao hésita à le suivre. Pouvait-elle lui faire confiance ? Elle jugea que oui et le rattrapa rapidement avant de caler son pas sur le sien, le visage dissimulé derrière ses mèches roses. Le trajet passa en silence et il ne leur fallut que quelques minutes pour arriver devant la construction où logeait l'équipe Fumbari Onsen et leurs amis, dont Manta et elle.
- Merci, chuchota Tamao.
En épiant Hao du coin de l'œil, elle eut l'impression qu'il était surpris. N'était-il pas habitué à recevoir des remerciements ? Peut-être pas de la part de l'ennemi.
- Tu nous considères comme des ennemis, remarqua-t-il doucereusement.
Tamao détourna la tête, mal à l'aise. Elle ne pouvait pas répondre que oui, il la tuerait sur le champ. Et même si ce n'était pas le cas… Danse-t-on avec son ennemi ? De toute manière, elle était une quantité négligeable. Hao voulait détruire les humains, les X-laws, le Gandhara et Yoh et ses amis l'en empêcher. Et elle dans tout ça ? Elle ne voulait pas que les humains soient détruits mais ne pouvait pas se battre. Cependant elle soutenait Yoh, avait tenu tête aux Hanagumi. S'il y avait deux camps, elle n'était pas dans celui d'Hao.
Un autre détail lui revint en tête, un épisode raconté par Ren. Les X-laws considéraient que ceux qui n'étaient pas avec eux étaient contre eux, avec Hao. Yoh avait répliqué qu'il n'était dans aucun des deux camps. C'était certes vrai, mais s'il n'était pas l'ennemi des X-laws, il ferait quand même de son mieux pour empêcher son frère de devenir Shaman King. En outre il ne partageait pas l'idéologie des X et s'opposaient à ce qu'ils tuent sans distinction, ayant par ce fait protégé des compagnons d'Hao.
Que c'était compliqué ! Finalement, elle ne serait pas ennemie avec Hao et pas alliée avec les X-laws.
- Laisse tomber, intima Hao.
Elle allait protester qu'au contraire, il ne fallait pas qu'elle abandonne ses réflexions car il était important qu'elle sache se positionner mais il l'attira vers lui, la rendant muette.
- Bonne nuit, fragile poupée de porcelaine.
Tamao rosit alors qu'il déposait un baiser léger sur ses lèvres. Elle le regarda reculer de quelques pas, se baisser, sauter. Elle le suivit des yeux alors qu'il atterrissait souplement sur le toit de la demeure, lui lançait un dernier sourire puis disparaissait derrière les constructions. Le nœud dans son ventre se défit lentement et elle entra dans la maison, rejoignant son lit comme l'aurait fait une somnambule.
En fin de compte, elle avait plutôt passé une bonne soirée.
