Coucou !
J'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre, car j'aurais voulu dire tout ce que ressentait Sirius dans le chapitre 3, mais le ré-écrire entièrement de son point de vue aurait été barbant et répétitif. (Le plus-que-parfait est un temps un peu lourd à lire je trouve) Alors, tant pis. ^^
J'ai failli reporter l'écriture de ce chapitre, car je viens d'être sélectionnée dans la formation que je vise, et je dois maintenant préparer les épreuves. Mais pour toi, Ptite Pointe, qui suit cette fanfiction depuis le début et me laisse une review à chaque fois (ça me fait toujours super plaisir d'avoir tes retours ! ^.^) je me devais de poster la suite dans les temps.
D'ailleurs, j'ai un peu revu le chapitre 3, et j'ai essayé de prendre en compte tes remarques que je trouve très justes. ^^ Sauf pour ton idée de la suite, ça aurait été une possibilité intéressante à écrire aussi ( il faudrait faire des fanfictions où les lecteurs puissent choisir la réaction du personnage et aller au chapitre correspondant, avec plusieurs fins possibles !:p ) mais j'avais déjà écrit le plan de cette fanfic' et je préfère me tenir à ce que j'avais décidé pour cette fois. ^^
Bonne lecture !
A l'instant-même où Sirius avait reconnu l'odeur de Remus dans la maison, à l'instant-même où il avait repris forme humaine, abandonnant l'esprit simple du chien, la peur et la culpabilité s'étaient frayées un chemin à travers la haine, et la folie avait menacé de l'engloutir, encore. Ces sentiments terribles avaient ramené devant ses yeux le corps étendu dans l'entrée, à Godric's Hollow, et à l'envie de meurtre, de vengeance, s'était ajoutée une pensée obsédante : pas Lunard, pas lui aussi.
Bien sûr, Sirius s'était attendu à ce que Remus s'interpose, car il ignorait tout du changement de gardien du secret. Comment aurait-il pu le lui reprocher, alors même que c'était sur son initiative qu'il avait été tenu à l'écart ? Pourtant le voir là, dressé en protecteur devant le traître lui avait serré le cœur.
Le pire avait été de découvrir les blessures de son ami : sa douleur avait encore été exacerbé au possible. Il ne savait pas que la pleine lune était récente. Ces derniers mois, les transformations de Lunard ne l'avaient plus préoccupé. Il l'avait abandonné, et la montée en puissance de Lord Voldemort ne l'excusait pas.
Aussi, lorsque Remus l'avait questionné sur sa trahison à Cornedrue, Sirius avait serré les dents, évité son regard. C'est certain qu'il y aurait vu la même lueur de reproche que dans les yeux morts de James, et il ne pouvait le supporter. Rongé par les remords, cette baguette pointée sur son torse lui avait semblé une menace méritée, et si Peter n'avait pas été encore en vie, si ce rat n'avait pas fait encore enfler sa haine en trouvant refuge derrière un ami blessé, peut-être aurait-il pu se laisser tuer de cette façon...
Ce face à face avec Remus l'avait rendu incapable de réagir pendant quelques minutes. Quel troll ! Au moment où ils avaient heurté le mur tous les deux, ça aurait été un jeu d'enfant de subtiliser la baguette de son ami et de l'écarter de force du combat, mais il n'avait rien fait. Heureusement, Remus n'avait cessé d'hésiter à lui jeter un sort, et une seconde d'inattention avait suffit...
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Qu'importe que la baguette lui échappe ! Le plus important était d'écarter Remus du combat, car désarmé, sa seule utilité aux yeux de ce sale traître devenait celle d'un otage, et c'était précisément ce que redoutait le plus Sirius.
Peter tira Remus avec brutalité en arrière, et comme lui-même tenait toujours son ami par les bras, ils basculèrent tous les trois ensemble. Le choc fut violent pour le rat et lui coupa le souffle. Sans doute qu'il n'avait pas prévu d'amortir la chute de Lunard qui ne tenait plus du tout sur ces deux jambes, et cela arracha un ricanement mauvais à Sirius. Ce dernier, preste, avait lâché son ami dans leur chute pour pouvoir se réceptionner sur ses bras et ainsi éviter de s'écrouler sur Remus, mal en point. Il ne désirait pas du tout aggraver son état déjà catastrophique au vu de la quantité de sang qu'il perdait.
Sirius ne réfléchit pas : le temps que Peter se reprenne, il ceintura Lunard d'un bras, le souleva et se redressa. Il avait de la force, et le poids du lycanthrope ainsi que sa maigre résistance ne lui causaient aucune difficulté.
- Attends... Ne tue pas... Queudver...
Il le sentait confus et désorienté, ce qu'il comprenait tout à fait, mais il n'avait ni le temps ni la tête à lui expliquer plus la situation. Maintenant qu'il éloignait Remus du rat, ses inquiétudes étaient balayées, et l'envie de tuer, d'accomplir sa vengeance lui dévorait à nouveau la poitrine. Une bête sauvage grondait en son corps, impatiente. Alors, sourd aux protestations de son ami, il le tint avec fermeté et le traîna jusqu'au lit où il s'effondra à bout de force.
- Reste là, grogna-t-il.
Dans son état, il était convaincu qu'il ne pourrait plus bouger de là de toute façon, et Sirius s'abandonna totalement à la haine. Il se tourna vers le traître qui s'était relevé et grimaçait encore de douleur. Son regard affolé qui allait de lui, à Remus, au couloir l'amusa, et il éclata de rire.
- Tu as compris que tu ne vivras plus très longtemps, le rat ?
L'intéressé secoua la tête, ses lèvres remuaient sans qu'aucun son ne les franchisse. Alors que Sirius, sans plus de préambule, bondissait dans sa direction, il sursauta et fit un écart pour l'éviter. Dans son élan, le brun heurta le mur de plein fouet. Il poussa un hurlement de fureur comme Queudver, avec une rapidité qui ne lui était pas coutumière, se précipitait sur la baguette et parvenait à la récupérer. Il le vit tourner ses petits yeux humides vers lui, lever le bras sans trembler :
- Avada Keda ...!
Sirius ne lui laissa pas le temps de terminer la formule. Hors de question de mourir sans avoir venger James. En un instant, il fut sur le traître et il roulèrent tous deux au sol. Il lui arracha la baguette des mains, et la rompit d'un coup sec. Certes, d'un seul sort il aurait pu le tuer, mais sa fureur était telle que cette mort paraissait douce. Sirius éprouvait le besoin impérieux de le frapper, encore et encore, alors il rua de coups Peter qui couinait et gémissait sous lui. Un craquement sinistre lui indiqua que des os s'étaient brisés, des côtes peut-être, et le traître hurla. C'était un son terriblement plaisant, et Sirius recommença à rire comme un fou.
- James, siffla-t-il, James, regarde... ce rat immonde ! Je vais... venger ta mort...
Et il continuait à rire, à frapper partout où il pouvait l'atteindre, et ne comprenait même plus ses propres paroles, son propre délire. La fièvre lui faisait perdre la tête. Pettigrow suppliait, et plus il faisait ça, plus sa violence augmentait. Il se délectait de son air terrorisé, de ses grimaces, de ses larmes, de son visage qui enflait et saignait. Sirius jubilait littéralement, car ainsi, il n'éprouvait plus le vide en son cœur. Il voulait finir sa vie là, à le frapper pour toujours.
Il y eut un vague mouvement non loin de lui, mais Sirius n'y prit pas vraiment garde, concentré sur son œuvre. Des deux mains, il enserrait maintenant le cou de Queudver, et le regardait suffoquer lentement, en transe. Le teint du rat devint violet, tandis que ses bras grassouillets s'agitaient tout autour de lui pour tenter de se libérer. Il était ridicule, et Sirius riait et se moquait de lui.
- Arrête !
C'était un cri, mais il ne lui sembla pas plus qu'un murmure. Deux autres mains se refermèrent sur les siennes et voulut leur faire lâcher prise. Pendant un moment, furieux, Sirius se demanda d'où elles pouvaient venir, à qui elles appartenaient. En levant les yeux, il rencontra le regard perdu et voilé de Remus. Il avait occulté sa présence et la surprise le laisse un instant hébété. Néanmoins, la colère le submergea très vite. Il était à l'apothéose de son meurtre, personne n'avait le droit de briser ce moment jouissif, personne n'avait le droit de s'interposer, pas même Lunard.
- REMUS ! NE T'EN MELE PAS !
La folie et la haine étouffaient la culpabilité. Sans prendre garde à l'état de son ami, sans contrôler sa rage, il le repoussa avec férocité. Le lycanthrope tituba et s'écroula sur le dos dans une plainte sourde, et le sang rouge qui détrempait sa robe de sorcier accrocha alors son regard. L'effet fut instantané, comme si on venait de lui jeter un seau d'eau glacé à la figure. Sirius regretta aussitôt son geste emporté, sa colère s'envola, et la douleur dans son cœur se réveilla.
- Lunard ! Mais pourquoi... ?
Il ne termina pas sa phrase. Horrifié à l'idée d'avoir blessé plus encore son ami, il n'avait pas sentit le poids sous lui disparaître. Peter avait profité de cette distraction pour s'échapper et il réapparut dans son champs de vision, juste à côté de Remus, un canif à la main.
- Non !
D'où le sortait-il, cette saleté de couteau ?! Il voulut bondir, mais Pettigrow appuyait déjà la lame sur la gorge de son ami. Jamais il n'avait vu autant de douleur et de confusion dans les yeux de Lunard.
- Peter, gémit celui-là d'une voix éteinte. Qu'est ce que tu fais ? Alors... C'était vrai ?
- Pourquoi a-t-il fallu que tu te lèves ? s'exclama Sirius.
Mais alors qu'il fixait la lame avec horreur, son ton manquait de colère. Ce doux moment où il avait pu se déchaîner sur le traître s'était achevé beaucoup trop vite, prenant une tournure épouvantable. Celle-là même qu'il avait cherché à éviter, celle-là même dont il s'était cru débarrassé en traînant son ami jusqu'au lit.
- Je ne t'ai pas menti, Lunard ! Peter était le gardien du secret !
A quoi cela pouvait-il servir de dire ça maintenant ? Pourquoi la situation évoluait-elle de cette façon ? Le sort s'acharnait contre lui et un profond sentiment d'injustice lui broya les entrailles.
Pettigrow soutenant Remus d'un bras, essoufflé par l'effort, recula dans le couloir :
- Ne t'approche pas, ne tente rien, sinon je le tue !
- Si tu fais ça, gronda Sirius en le suivant à distance raisonnable, il n'y aura plus personne pour te protéger.
- Je ne bluffe pas ! couina Queudver de sa voix aiguë.
- Si tu fais ça, le rat, je t'arracherai les doigts un à un, les bras, et puis les jambes.
Tendu, il suivait le traître des yeux, guettant l'occasion de lui reprendre son ami. Peter n'avait plus rien à perdre, et Sirius gardait à l'esprit tous ces moldus morts dans la rue. Le rat était tout à fait capable de tuer Remus.
- Cette fois, Lunard, je t'attacherai au lit, dit-il en jetant un regard noir à l'intéressé.
Peter avait reculé jusqu'aux escaliers, quand la porte au rez-de-chaussée s'ouvrit avec fracas et il entendit plusieurs personnes débouler à l'intérieur de la maison. Ils sursautèrent tous les deux.
- Monsieur Lupin ?!
Il reconnut cette voix tout de suite. Williamson, un jeune auror. Ils avaient été rapides à retrouver sa trace ! Il y eut un instant de flottement durant lequel Sirius et Peter se regardèrent, puis soudain le canif tomba au sol, il n'y eut plus personne derrière Remus pour le soutenir, alors qu'il était à peine conscient. Inutile de le voir pour savoir qu'un rat dévalait en ce moment-même les escaliers...
Sirius réfléchit très vite. Même sous sa forme canine, échapper aux aurors et rattraper le traître une deuxième fois semblait difficile. Un chien, dans cette maison si petite, ne passerait pas aussi inaperçu que dans la rue.
Et il y avait Remus, qui tombait en arrière. Dans cette chute dangereuse, il allait se rompre le cou, peut-être se briser le crâne. Pourquoi, par Merlin, par Godric, avait-il fallu qu'il s'interpose alors qu'il l'avait écarté ? Que pouvait-il faire ? Poursuivre Peter, rattraper Lunard ? Venger la mort de son meilleur ami ou sauver le dernier qu'il lui restait ? Le temps lui manquait et une seule option était possible...
Alors, qu'est-ce que vous en avez pensé ? ^^ Quel choix va faire Sirius à votre avis ?
La suite le 21 Juin ! Ce sera le dernier chapitre de cette petite fanfiction.
PS : Je ne sais pas vous, mais chez moi le sortilège de mort devient une fois traduit "ouvrir la recherche". XD Je préviens pour ceux chez qui le problème se poserait aussi. Ca fait bizarre au milieu du texte, mais je n'ai pas réussi à changer ça.
